24/12: Histoire

 Comme il est question d'histoire pour ce dernier jour de l'avent, je vous propose une histoire vraie que j'ai transformée en ce qui pourrait être un conte de Noël.

 Cela se passait au siècle dernier. Nous étions enfants dans cette petite chaumière, au creux de la vallée du ruisseau des Enclos. Quel âge avions nous ? Je ne sais plus. Une dizaine d'années peut  être Moins... ? Ma petite soeur 3 de moins et les plus petits bien moins. 

Dans un village voisin, un vieux monsieur, parcourait la campagne, vivant d'errances et de bons ou de mauvais soins  relatifs à son indigence. Nous l'appelions "pépé". Nous avions le notre de pépé, mais celui ci était un peu particulier. Comme un bonus au royaume des pépés. 

Sa maison au village de la Fayolle n'était plus qu'une ruine, partiellement dépourvue de toiture. D'ailleurs, il mourut seul au fond de sa cave, le plancher pourri ayant cédé sous le poids de son corps déjà si meurtri par les douleurs de la vie. 

Les restes de la maison 


 Il  se déplaçait sur les chemins enveloppé dans un vieux manteau gris et mité. Son bâton à la main. Pour se défendre des chiens et sans doute aussi des mauvais gamins, qui écoutant un peu trop les ragots de leurs parents, l'importunaient sans vergogne et sans ménagement. 

A la maison, il entrait, jamais sans y avoir été invité. Pour lui, comme il le faisait souvent pour un ami ou un familier,  mon père dépliait le chanteau (gros morceau de pain bis) lui payait un canon (verre de vin rouge, tiré au tonneau) sortait du placard le fromage et le saucisson et l'invitait à se rassasier, avant de lui offrir un dernier verre et un peu de lard tiré du saloir, qu'il fourrait  dans sa musette lors de son départ.

Voilà donc l'histoire et ... c'est une réal-iction que je vais vous raconter :

Devinez qui vient diner ce soir ?

- Ce soir c’est Noël. Je n’ai rien préparé, se dit la Simone avec tristesse.

Cette année a été une année de misère, comme toutes les autres. Les récoltes et les foins ont pourries avec les pluies de cet été. Les vaches n’ont pas eu beaucoup de lait. Les veaux se sont mal vendus. Les enfants vont encore être déçus. Si ma mère était toujours là, on aurait passé Noël ensemble. Elle aurait tricoté un pull, des chaussettes ou un gilet bien chaud à chacun, pour affronter les durs frimas de l’hiver ! Depuis que les plus grands vont à l’école, il faut les équiper, cela coûte bien cher. S’ils ont perdu leurs illusions, les petits croient encore au père Noël, et il n’y a rien pour leurs petits sabots. Quelle vie que la notre, et quelle épreuve pour une mère, de ne pas pouvoir offrir à ses enfants ne serait-ce qu’une modeste bricole mais qui les satisferait tant ! 

Seul depuis des années, Jean Pradel n’était attendu par personne. L’été dormant à la belle étoile, l’hiver glanant quelques fagots, il jouissait d’une liberté totale. Mendiant son pain, usant ses nippes et trainant ses guenilles, il passait d’une année à l’autre sans se soucier du lendemain.

En ce 24 décembre, n’ayant plus rien à se mettre sous la dent, il prit son chemin en quête d’une âme généreuse qui lui offrirait un quignon de vieux pain rassis et une tranche de vieux lard ranci.

De gros nuages s’amoncelaient dans le ciel, la neige serait au rendez vous pour Noël. Prenant son courage à deux mains, Jean Pradel enfila sa cape trouée, chaussa ses gros sabots cloutés se coiffa de son vieux chapeau feutré puis muni de son bâton de buis, il se mit en chemin.

Il neigeait à présent. De l’étable toute proche, se dégageait une bonne odeur de foin séché. Les vaches ruminaient tranquillement, faisant tinter leur chaîne à chaque mouvement. Tout à l’heure, il faudrait les sortir pour qu’elles s’abreuvent, puis viendrait l’heure de la traite.

Comme ce soir c’est Noël, on mangerait après avoir fini le travail, la veillée serait ainsi plus longue, les enfants en profiteraient pour découvrir leur paquet (un malheureux jouet fabriqué dans un vieux bois à chaque heure de répit de la morte saison). Histoire de fêter quand même Noël.

L’épaisse couche de neige entravait la progression de Jean Pradel. Il ne se déplaçait plus que difficilement, à présent, ne distinguant plus son chemin. A plusieurs reprises, il faillit trébucher. La fatigue et la faim aidant, il s’étala dans la fange du fossé. Trempée, sa lourde cape ne le protégeait guère. Il savait que s’il ne se relevait pas, l’engourdissement ne tarderait pas à le gagner. Ce serait la fin d’une longue vie d’errance et de désillusions…

Tout à coup, il sentit quelque chose de chaud sur son visage. Un souffle si proche de son oreille, le fit tressaillir. Il se releva péniblement. C’était Lorette, le bon chien de berger du Raymond. Il ne devait pas être loin de Lossedat. Le chien lui fit fête, et l’attendait, calquant sa marche sur le pas lourd de Jean.

IL faisait nuit, maintenant, dans le ciel, pas une étoile, seule la neige continuait à tomber. Lorette et Jean Pradel cheminaient de concert jusqu’à la grande maison d’où, par la cheminée, une bonne fumée s’échappait. L’odeur d’une soupe aux choux chatouillait les narines. Un fumet délicat embaumait l’intérieur de la demeure.

Trois petits coups grattés à la porte.

- Maman, c’est la Lorette, elle veut rentrer !

- Fais la entrer, les vaches ont fini de boire à présent. Avec cette neige, ce n’est pas un temps à laisser un chien dehors !

- Maman, maman :  avec la Lorette, y a le pépé Jean !

- Où ça, le pépé Jean ?

- Là dehors, il a froid, c’est la Lorette qui est allé le chercher !

- Hum, fais le vite entrer, lui aussi. Bonnes gens !

Tout étonnés, les enfants  accueillirent  le Pépé Jean.

On le fit entrer. Papa lui donna de vieux habits du grand père. Maman ajouta un couvert. La Lorette s’assit près de la cheminée, à ses côtés. Le repas commença dans la joie. Chacun ayant soin d’être attentionné envers cet invité de fortune.

Vêtu de sec, rassasié d’une bonne soupe bien chaude partagée à la chaleur d’un bon feu, bien callé dans le fauteuil du grand-père, Jean Pradel s’endormit. Les cris des enfants, leur joie et leur agitation ne parvenaient pas jusqu’à lui.

Quand les 12 coups de minuit tintèrent à la grosse horloge, poussant une dernière buche dans la cheminée, les enfants entonnèrent une cantate en l’honneur de Jean Pradel.

Qu'importe les sabots garnis d'une simple papillote et d'un Jésus en sucre. Le père en habit rouge avait oublié cette maison, mais Jean Pradel, lui, l'avait garnie de sa présence. 

Ce fut cette année-là, un Noël inoubliable. Un merveilleux Noël.

















 

23/12: Attendre


Attendre, oui, attendre...Attendre sans y croire. 
Il y a tellement de choses qu'on attend. Tout d'abord le grand soir, mais là j'ai bien peur que celui là ne soit pas encore prêt, surtout si on reste les bras croisés, se contentant d'espérer. 
 Sinon, j'attends mon heure. Celle où je pourrais enfin mettre en oeuvre le règlement de compte à mes ennemis de 30 ans. Le temps passe, les choses ne s'arrangent pas, même elle s'aggravent. Ils ne perdent rien pour attendre. Et si justice divine il pouvait y avoir, je ne vous dis pas le prix qu'ils paieraient ni les châtiments qui leurs seraient réservés. On ne peut même pas leur promettre le diable, parce qu'ils le sont personnifiés.  Je souhaite seulement qu'ils soient bien récompensés de tout le mal qu'ils ont fait. 
Là j'attends encore un peu que le temps passe avant d'aller affronter la foule ce qui ne m'émeut pas beaucoup.
Longtemps j'ai attendu les beaux jours pour entreprendre mes plantations. Il va falloir encore un peu de patience.
Je n'attends rien de bon de l'an nouveau. 
Je vous dis à demain pour le dernier billet de l'avent, et puis il  y aura ceux de l'aprés. 
Bonne journée à tous qui me liraient.

22/12: Habitude



A Noël, d'habitude j'ai mes enfants. Belle habitude que celle de découvrir ensemble, perdus au milieu d'un fatras de cartons, de papiers, de brics et de bracs, de cadeaux inattendus ou convoités, ou moches et décevants,  quelques intrus ou intruses qui nous font marrer, rien qu'à les regarder !

Plume fêtait son premier noël à la maison. 7 autres auront suivis avec celui qui vient.

Plume

Venus



D'habitude  Plume joue avec mon fil à tricoter. Elle vient sur mes genoux, attend que la pelote soit à sa patte et emmêle mon fil jusqu'à le faire casser.  
Pour Noël, nous ne réveillons pas la veille. Un repas amélioré pour le lendemain, le meilleurs à partager. Mémé   nous rejoint  nous allons la chercher.  Une occasion pour elle de passer une bonne journée. 
J'ai bien cru que cette année, les habitudes allaient changer, mais finalement, ce sera comme les autres fois. Alors je prépare à l'avance confits et menus qui vont nous régaler.
Pas de sapin non plus. plus de déco. Quand les enfants étaient petits, on décorait les plantes. Il y avait une grand philo dans la pièce à vivre. On l'affublait de guirlandes et de boules brillantes. Les chats grimpaient dedans et souvent faisaient tomber les boules avec lesquelles ils jouaient. Une fois Noël passé, la plante restait décorée, parfois fort tard dans l'année. Les guirlandes faisaient fonction de lampions le 14 juillet. Puis revenait la fin de l'année, La boucle était bouclée. Puis les enfants partis, nous avons pris l'habitude de ne plus rien décorer.  
La maison n'est pas plus triste pour autant. Si cette année, elle le sera,  cela n'a  rien à voir avec la déco.    

21/12: Noir



 Le noir est une couleur. Tout comme le blanc. En mélange ils forment le gris, celle de la mélancolie. Pourquoi donc n'aimons nous pas le gris ? C'est pourtant une couleur comme une autre. Et si rien n'est jamais tout noir ni tout blanc, ils forment ensemble au moins 50 nuances de cette couleur qui va du terne au reposant.  Symbole de l'anarchie, du deuil, de la nuit, le noir fait souvent peur aux enfants tout comme aux grands. Faut-il avoir peur du  noir ?  Il permet pourtant de se reposer et de s'endormir paisiblement. Je ne peux pas dormir si je ne suis pas dans le noir. 
J'aime le noir, je trouve qu'il souligne bien certains traits que je ne tirerais pas trop épais pour qu'ils restent discrets. 
Associé à la page blanche, il y a de quoi broyer du noir si  le trou noir nous fait perdre la mémoire. Et là il faut sans faute manger du chocolat noir avant qu'il ne soit trop tard. 
 

20/12: Passage

Aujourd'hui le mot passage nous occupe. Il y a toutes sortes de passage dont on pourrait parler. Je ne sais lequel choisir. Vous parlerais je de celui de la pluie qui a tardé cet été à nous protéger d'une canicule dévastatrice pour nos organismes comme pour la nature ? De celui en caisse, qui s'avère de plus en plus lourd ? De notre passage en coup de vent  pour faire acte de présence lors d'une cérémonie  à laquelle on ne peut pas échapper ? De celui trop bref de l'enfance qui nous fait devenir grand ? Aprés parfois un mauvais passage en classe. Puis à l'age adulte où il faut bien choisir sa voie si on veut s'assurer le meilleur passage à la retraite, possible ?
Je ne vous parlerai surtout pas de celui dont le droit nous empoisonne la vie depuis que nous nous sommes trompé en venant habiter là. 
Non celui là, laissons le de côté. Parlons plutôt de celui du père Noël qui verra nos voeux se réaliser ou pas. Il en est un qui va me ravir, même si il sera un peu compliqué cette fois. C'est celui de mes enfants pour quelques jours, quelques heures, mais de bons moments ensemble et c'est tout ce qui compte aujourd'hui pour moi. 

19/12: Bonheur




Deux conceptions du bonheur qui me conviennent tout à fait. Même s' il est toujours pour demain, que cela ne nous empêche pas de profiter de ceux du quotidien. 

Un pur bonheur de passer un moment avec ma Ponette. Un grand bonheur de les avoir, elle et son frère. 
Ils devraient être là pour Noël. Nous passerons du temps avec la grand mère et ce sera bien. J'aurais aimé faire un petit extra, mais le bonheur d'être ensemble nous suffira. 
Il y a ce petit bonheur aussi de voir un rayon de soleil comme ce fut le cas ces jours derniers où j'ai pu mettre mon linge dehors sans que la pluie vienne le rincer. Je n'ai jamais chercher le bonheur à tout prix. Ne me posant pas la question de savoir à quoi il ressemblait. Il a pris de multiples formes. Je pense que je l'ai peut être parfois boudé, ne sachant pas le détecter. Je sais à présent où le trouver. Il est dans ces tout petits riens, ces pas grand choses qui nous viennent au détour d'une phrase, d'un sourire, d'une poignée de main. Une attention, un mot doux qui fait du bien. Un clin d'oeil qui nous dit je suis là, ne me cherche pas ailleurs, prends soin de moi, reconnais moi, ne me néglige pas. Ce n'est pas parce que je suis petit que je n'existe pas. Je suis parfois furtif, éphémère et fragile. Ne soyez point trop gourmand, je me faufile assez facilement. 
Le bonheur est partout. Il est parfois ailleurs.  Il  est comme une étoile qui file, il peut s'échapper trés rapidement.  

18/12: Odeur




 Ah, l'odeur des myrtilles ! qu'il était doux de courir dans les bois à la recherche de ces petites baies noires si délicieuses qu'on trouvait à foison dans le bois des Barthes* et dans celui du Marquis*. Nous allions mes soeurs et moi, en cueillir tout en gardant les vaches, à la Basse* ou aux Narses*. Il y en avait aussi sous le grand pin d'en haut la route*, pendant que maman ravaudait quelques paires de chaussettes, la Lorette ou une autre de nos chiennes à ses pieds, nous grapillions quelques unes de ces baies. Le talus dominait la pâture et nous nous amusions à faire des rondelous en contre bas. Jeux magiques, les rondelous. Il s'agissait de se coucher par terre et de donner la force à nos petits corps de dévaler la pente en roulant tout en bas. 
En haut la route

Parfois nous nous éloignions un peu, traversant les prés de Mourette*.  Les airelles faisaient un tapis sur la mousse, juste sous les sapins en bordure des Enclos*, il n'était pas rare que nous trouvions aussi quelques chanterelles jaunes du plus bon goût.  Depuis la pâture, maman nous surveillait en même temps que les bêtes.  Si notre voisine Berthe gardait aussi à côté, elles discutaient en raccommodant chacune leur lot de vêtements. "La" Berthe* lui parlait de ses enfants, de la vie au village du Rouvet*, et quelques autres anecdotes peuplaient leurs conversations, que nous tentions parfois de comprendre avant de nous adonner à d'autres occupations.  Nous aimions beaucoup "la"  Berthe et elle nous le rendait bien. Privée de ses petits, c'est vers nous qu'elle exerçait l'art d'être une grand mère attentionnée (Brice, si tu me lis...)
D'autres odeurs me viennent aussi en pensant à tout ça, celle du pain et du chocolat que nous faisions suivre pour notre quatre heure. Celles des fougères humides de rosée qui embaumait, les matins. De même que celle caractéristique des premiers champignons de l'automne, des chataignes ou encore des regains. Quand nous ne gardions pas, nous allions au bois amasser du bois pour l'hiver, c'était l'occasion  de faire de généreuses cueillettes de cèpes, de girolles, de chanterelles et de lactaires dits délicieux. nous en trouvions parfois, juste à l'orée du bois des Enclos* jusqu'à la plaine des lacs* ou à la Pate d'Oie*.  Tous ces parfums mélés, ajoutaient  de la saveur à nos journées. 
Sur la fin du mois d'octobre, nous ramassions les pommes et c'est l'odeur du cidre qui chatouillait nos narines, puis celle du marc réservé pour l'eau de vie. L'alambic venait au Moulin Neuf* pour distiller tout ça. Mon père attelait la Charmante et la Blonde et chargeait le marc dans son tombereau. Il revenait ensuite avec un tonneau  de gnole qui régalait d'un canard*, le café du midi, mais servait aussi à désinfecter une plaie à la place d'un désinfectant que les gens de la ville se procuraient en pharmacie. C'était tout ça l'enfance. Merveilleuses odeurs de cette enfance, quand on y pense ! Comme je voudrais revivre tout ça !  

* nom des différents lieux de nos aventures enfantines. 
*"la" ou "le" devant le nom propre, est un trait de langage en Livradois, un trait peu commun,  signe de distinction et de reconnaissance. Distinction, car on ne parlait jamais de gens que nous ne connaissions pas. De reconnaissance, car ceux dont on parlait étaient les seuls, les uniques, qui avaient le droit d'être cités  et les autres n'existaient que par leur nom de famille, nous ne les connaissions même pas. 
canard* = deux doigts d'eau de vie au fond d'un verre de café, souvent pour se donner des forces aprés  le repas du midi.

17/12: Cher



Voilà qui va ravir les petits et peut être les grands.. qui sait ! et puis c'est les vacances bientôt, non ? Faudra bien les occuper ces petits en attendant le père Noël. 
Oh, je sais vous pourriez allez chercher quelques jouets bien chers, qu'ils déposeraient dans un coin, ces chers petits. mais pourquoi se ruiner  quand on peut ne pas se dépenser ? Et se déplacer ? 
Sinon, tout est tellement cher qu'on a du mal à faire bouillir la marmite pour faire plaisir à nos chers amis. Finis les repas entre potes, les sorties pour un extra ou même pour pas cher on pourrait se retrouver autour d'un verre. 
Il y aussi nos chers enfants et nos trés chers à qui on doit penser souvent. Je viens d'avoir mon trés cher frère au téléphone, pendant que ma fille, de passage à la maison, était encore  là. J'aurais bien en envie de lui dire que je le rappellerais plus tard, mais par peur de le froisser, je me suis juste contentée d'abréger la conversation. Il était d'excellente humeur, ce qui n'est pas toujours le cas. Chère famille, même si tu nous manques parfois,  tu nous causes aussi bien des tracas. 
Et puis, il y a aussi vous, chers blogopotes qui passaient par chez moi.  Je ne vous oublie pas. Passez une bonne journée et avant une bonne nuit !
 

16/12: Conception

 Lors de la conception de cet article, je n'étais surement pas trés inspirée. Alors j'ai laissé libre court à mes pensées. 

M'est venue l'idée de m'attaquer à la conception de mon panier de Noël. 

Voyons un peu ce qu'il y a dans les stocks : Pommes de terre, légumes... mais où sont les légumes ? Il y a le poireau au jardin. Les endives flétries du frigo, les haricots verts des bocaux, heu... allons au super frais de saison. Chou, céleri, carottes, navet . Ah ! potée, alors. Oui mais l'un de mes convives n'aime ni le porc ni les légumes.  Je conçois qu'il ne convienne pas de servir ce jour quelque chose que quelqu'un n'aimera pas. Reconsidérons donc la question. Refermons la porte du frigo et celle du placard à conserves. Bien, alors, quelle conception culinaire vais je devoir envisager  ? 

En attendant, je vais retourner à la conception de mon pull d'hiver que personne ne voudra porter. Pas grave ! il est commencé, je vais le terminer. Et puis je m'attaquerai à la conception des paquets cadeaux. J'en ai déjà pas mal de faits. Reste une ou deux bricoles et ce sera parfait, ou presque.

Mais quelle conception de ces journées de Noël, nous est faite ! On pourrait tout aussi bien considérer ce jour comme ordinaire, personne n'en souffrirait, en tout cas  pas notre porte monnaie. 

15/12: Relatif

 Ai-je passé un bon dimanche ? Tout est relatif. Il n'a pas été mauvais, c'est déjà bien beau.  Les nouvelles ne sont pas excellentes, mais d'un point de vue général seulement. Ce qui est déjà extrêmement préoccupant. Si on considère que le personnel est conditionné par le collectif, alors, je dirais autrement. Non je n'ai pas passé un bon dimanche et une bonne semaine non plus. Tout ce qui est relatif à mon bien être est tributaire de mon environnement et du contexte général. L'individuel dépend souvent du collectif. La situation sociale passée, présente et future ne présage rien de réjouissant. Une seule bonne nouvelle cependant, nous ne passerons pas Noël seuls et abandonnés de tous et nous n'irons pas à Clermont Ferrand. Mes enfant seront là. 

14/12: Cocon

 Mon cocon, c'est une espèce de carapace que je me suis forgée depuis longtemps. Dis comme ça, ça ne veut rien dire du tout. Je suis partie à l'age de  12 ans de la maison, pour aller en pension. Ce fut trés dur.  Des cinq qu'à duré mon exil, dans ce collège pénitencier,  je passais les 3 premières années à pleurer. Je retrouvais juste un semblant de bonne humeur le samedi midi (tous les 15 jours) au moment où nous descendions nos affaires prêts à attendre le car de ramassage qui allait nous ramener chez nous.  Evidemment, dès la fin du dimanche, le cafard me reprenait en refermant mon cartable et ranger mes affaires pour une autre éternité. Qu'ils étaient longs ces jours loin de mon foyer. Combien de fois me suis je ennuyée ! Comme la fois où je suis repartie dans la neige en laissant ma toute nouvelle et toute petite soeur, sachant trés bien que je ne la connaitrais pas assez et ne la verrais pas grandir. En effet, nos 13 années d'écart ne nous assuraient pas de vivre beaucoup de complicité. Il nous fallut grandir et surtout vieillir pour en créer. Ce fut à l'âge adulte que nous nous sommes retrouvées. Pour moi les pensions se sont succédées. Puis ce fut son tour, mais avec plus de légèreté. Je travaillais loin à cette époque, une nouvelle fois déracinée. Il m'a fallu attendre encore pour retrouver un cocon qui à son tour s'est vu déserté. Les enfants ayant quitté le nid, c'est un cocon désuet qui me protège aujourd'hui. 

13/12: Nuit



 La nuit, j'ai peur. Je me lève fréquemment pour tromper l'angoisse qui monte en moi. Nuits peuplées de cauchemars, de tracas. Quand j'étais jeune, alors que je ne voyais pas d'issue à une situation compliquée pour moi, un vieux monsieur m'avait dit pour me donner courage : " Il y a un proverbe Arabe qui dit ceci :" C'est quand la nuit est la plus noire, que l'aube est la plus proche". J'avais répondu à cet homme : "Et bien, je ne sais pas quand elle est la plus noire, la nuit" puis le jour s'est levé un beau matin sans que j'y prenne garde. 
Aujourd'hui, je pense la même chose, à la nuance prés, c'est qu'à mon avis, on vient juste d'entrer dans une nuit bien sombre. Tous n'en sortiront pas. Je ne vois pas d'issue. Je pense naturellement à nos vaches et à leurs éleveurs.   Si Jean de La Fontaine   était encore là, il réécrirait sa fable et la conclurait par" Elles n'étaient pas toutes malades, mais toutes  furent massacrées. 

on a touché le fond !


 Voilà !!! 

12/12: Étranger


 
Quelle version préférez vous ? 

Je sais, c'est de la triche. Normalement on est sensé écrire. Mais si j'écris, est ce que je ne risque pas de créer des polémiques qui pourraient prêter à confusion ? 
Car il y a Etranger et étranger.  Si on se réfère à ou aux définitions données sur le net, cela concernerait essentiellement les gens venus d'un cercle différent du notre. Encore faut-il bien cibler et définir ce cercle. Par exemple, je me sens étrangère à bien des choses, bien des situations.  Autre exemple, je me sens étrangère à la commune où je vis depuis prés de trente ans. Oubliés de la plupart des services municipaux que nous sommes. Etrangère aussi au fait que partout la situation des gens se dégrade, sauf pour certains, toujours les mêmes d'ailleurs. 
 A regarder de  prés celle face à l'étranger,  je me demande si il n'y aurait pas un peu beaucoup de nos maux  qui en viendraient. En ce moment, il y en a pas mal des, par  qui  le malheur arrive. Et là on ne parle plus des étrangers "qui viendraient chez nous manger le pain que nous ne fabriquons plus qu'avec des farines venues d'ailleurs, là où eux mêmes en manquaient. Idem pour n'importe quel bien denrée service ou objet de consommation. La finance internationale s'intéressant de trés prés à ces sujets. Capital, au pluriel capitaux, faiseurs de drames, fouteurs de Misère. Qui engendrent les guerres. Les famines. Les maladies (professionnelles, comprises).  Obéissant à des ordres débiles pour préserver des intérêts qui nous sont totalement étrangers.  L'actualité en regorge. Destructeurs de biens universels, abatteurs de troupeaux, pilleurs de ressources naturelles et collectives, comme l'eau, l'air que nous respirons, la terre où nous vivons. Ils pillent, ils bradent, ils détruisent tout et nous donnent des leçons. L'ordre mondial qu'ils infligent conduit toute l'humanité à sa perte. Ils en ont pleine conscience eux qui cherchent à atteindre des refuges extra terrestres. 
J'avoue avoir la nausée, la nuit j'ai peur en pensant à tout ça et ne pas être fière de constater l'impuissance générale des peuples à éviter qu'on en arrive là où nous en sommes. Pire encore on se dirige pile poil là où ils veulent nous conduire souvent sans rien dire en bon petits soldats. 

11/12: Réglage

 Le mot du jour, réglage, ne m'inspirait pas particulièrement.  C'est alors que je cherchais vainement l'inspiration sur la toile, je tombais sur un film de l'ancien temps. Farrebique, pour ne pas le nommer. J'avais vu ce film lors de la sortie de sa suite : Biquefarre.



J'étais Parisienne à cette époque et me languissais de mon chez moi. Tout semblait illusoire, incertain et bien trop rapide à la jeune provinciale que j'étais. Que dire de ce mot réglage qui semblait rythmer notre quotidien  il me semblait qu'il y ai encore si peu de temps ? . De ce temps immuable où chaque chose comme chacun avait sa place. Où saisons àprés saisons on passait de la neige de l'hiver à la renaissance du printemps. Des semailles aux labours avec les mêmes gestes, les mêmes traditions ? Passer d'un monde où tout était huilé comme une machine agricole à tout ce déréglage d'un monde fou et sans la moindre accalmie me déroutait. Je n'avais plus de repère et me sentais comme une vieille horloge à l'engrenage tout détraqué.  Il me fallait adopter d'autres modes de réglage. Calqués sur les horaires de bureau, des transports, des ouvertures ou fermetures des magasins. Trouver ma place et ne pas louper le train du temps qui passe sous peine de rester à quai. 

Je finis pourtant par m'y faire mais regrettais mon cadran solaire qui m'indiquait l'hiver qu'il était temps de rentrer à la maison, l'été, le temps de la moisson et l'automne celui des champignons, passant par le printemps et le temps de vivre nos premières émotions.  

Printemps



été

automne








hiver




10/12: Promenade

En ce jour 10 du blogopote, je vous propose une petite promenade, à la façon d'Yves Montant.

 La mienne est beaucoup plus simple. Profitant du temps fort agréable, beau, sec et bien aéré par un vent du sud, Sud-Ouest,  j'ai repris mon appareil photos et mon bâton et en avant les histoire, comme le disait le père Castor. 

C'en fut déjà une d'histoire que  de franchir le chemin chaotique, qui ne s'est pas arrangé tout seul depuis l'autre jour


 Mais le vent dans les feuilles me prodiguait son souffle chaud. Des chevaux au loin entamaient une course endiablée







 J'admirais plus loin, le manège où la Ponette dans quelques heures irait exercer.

Il me fallu descendre la route et remonter par l'autre côté sur le chemin de terre conduisant à l'étang où le soleil  se mirait.

Sur le chemin du retour, il était déjà 16 h, le couchant plus trés loin s'amorçait, jouant dans les arbres sa symphonie inachevée. 



En bordure du pré de nobles servantes, pâturaient insouciantes, loin du calvaire qui les attendait. 
Je pensais encore à celles, innocentes que les mouches avaient piquées et je maudissais l'espèce humaine de tant de lâcheté et de cruauté. 



Puis lasse et épuisée, je regagnais ma demeure par le chemin troué.

9/12: Question

 9/12: Question :


Si j'ajoute mes interrogations à celles de Fernand, voilà ce que ça donne :

Une que je me pose, est ce que j'irai au bout de ce blogopote ? C'est loin le 24 ! J'ai tant de choses à faire d'ici là car une autre grande question me vient : y aura-t-il de la neige pour Noël ?  Et s'il n'y en a pas, comment fera le père Noël pour venir avec son traineau, sur notre chemin tout défonsé ? Ce qui me conduit évidemment à me demander quand la commune va-t-elle se décider à le refaire ce p. de chemin, qui relève de sa responsabilité ? Combien de temps encore allons nous devoir esquinté nos voitures dans ces ornières ? Même à pied, il devient impraticable, vais je devoir renoncer à me déplacer ? Ou investir dans un moyen de transport héliporté ?



Il me faut donc prévoir au cas où le bonhomme à barbe grise ne viendrait pas, un subterfuge pour les derniers cadeaux. Oui  ! mais quoi ? C'est l'éternelle question, parfois sans réponse. Je ne sais même pas à l'heure qu'il est si on fera quelque chose, si on aura du monde, ni si nous serons là.   

 Plus sérieusement, Combien ne fêteront pas cette fin d'année  faute de moyen ? Combien d'entre ces humains n'auront que leur solitude et leur misère à partager ? Combien  ? Tant de questions se posent sur le devenir de la planète et sur celui de l'humanité,  qu'on peut aussi se poser la question de savoir si on arrivera au bout de l'année !

8/12: Lien

 

Jour 8 du blogopote le mot est lien.

Il y a lien et liens, ceux qui nous unissent et qui nous lient. Ceux que l'on tisse jour aprés jour avec ceux que nous aimons. J'aimerais bien parler de ceux ci car ils me semblent forts et puissants, indestructibles, et pourtant !

Pourtant peut être que je ne les soigne pas assez. Car les liens sont faits pour être entretenus. Les liens familiaux par exemple qui surmontent les obstacles, les différences, les différents, surtout. 

Qu'on retrouve dans la peine et dans la joie, dans la peine entre autre, quand il y en a un qui s'en va. On mesure alors combien il était précieux. On peut toujours se dire si j'avais su. Ceux qui restent pleurent ensemble. Pour celui qui aurait eu tant besoin, il est trop tard. Surgissent alors les regrets et la culpabilité. 

D'une famille nombreuse,  j'ai toujours mesuré l'importance qu'ils avaient ces liens. Nous avons tous su cultiver cette solidarité qui nous rassemble, ce qui m'a souvent dispensée de créer d'autres lien au delà du cercle familial. C'est du moins ce que j'ai cru pendant longtemps. Aujourd'hui, je prends comme une richesse cette opportunité  d'avoir de par le monde d'autres liens tissés au hasard de rencontres et je les trouve tout aussi précieux. 

Le lien, il ne nous entrave pas, au contraire, il nous libère. 

7/12: Remuer


Thème du jour : remuer

Remuer de vieux souvenirs et ressasser, revisiter le passé. 
Remuer le ciel et la terre...  et remuer le popotin.


  Je suis désolée, je n'ai pas trouvé mieux ! et puis c'est dimanche !
















6/12: Vieille

 

Aujourd'hui c'est le mot vieille qui est à l'honneur. Vieille comme vieille chaussette. Vieille France. Vieilles dentelles et vieilles guenilles. 
Il y a vieille aussi comme moi,  vieille d'une expérience aussi qui m'a fait  prendre de la raison en prenant de l'âge.  Vieille, mais pas sans  énergie.





Vieille amitié aussi, qui appelle le partage en nous faisant déguster une vieille prune  aprés un bon repas. 



Vieilles maisons et vieux quartiers





Vieilles variétés de roses qui embaument nos clairs matins



Vieille cariole 

Vieille photo d'un temps plus que passé

Vieilles reliques que l'on a conservé



 Vieilles charrues et vieux brabants

la charrue
l'araire


le brabant

5/12: Rencontre

 Sur une proposition d'Anne (Blogallet) qui nous dit ceci : " Loin de la religion, et tournant le dos à la consommation, je vous propose un calendrier de l'Avent bloguestre.

24 jours, 24 thèmes (mots "chopés" au hasard).

À traiter à l'écrit ou en photos, ou dessins, ou... ce qui vous sied."

Donc thème du jour : rencontre, avec ou sans "s" et certaines avec un "R" majuscule.

La première qui vient à l'idée, c'est celle là :



J'aurais pu choisir une autre version, mais celle ci me semble bien de circonstance.
J'ai rencontré Servat pour la première fois lors d'une fête de l'Huma, c'était je crois en 1979. Je l'ai revu depuis, au moins 3 fois chez moi, 2 fois sur scène et une fois lors d'une fête de la musique au Pub Irlandais à Limoges.

le Pub Irlandais, dit le "Pub"

A chaque fois, ce fut un enchantement. La dernière fois, nous avons échangé quelques souvenirs autour d'une dédicace. 
Mes rencontres s'il en fut de mauvaises,  sur les quelles je ne m'attarderai pas furent de qualité, autant qu'il m'en souvienne. 
Jalon sur un parcours de vie, elles sont essentielles, je pense, et tracent aussi nos routes bien plus qu'on le crois.
Il y a celles que l'on choisi comme la rencontre des Bouviers, tout prés de chez moi, c'était à Gentioux, en 2024

couple de boeufs Maraichins  

Elle c'est Merise

Elle a lieu tous les ans dans un endroit différent, c'est un pur bonheur de voir combien d'hommes et de femmes se décarcassent pour démontrer qu'il est possible de vivre en respectant la terre et le vivant. Passionnés de ces bovins à qui on doit, sinon tout, au moins tellement.

Rencontre avec cet autre éleveur de Ferrandaises avec qui j'ai échangé longuement, 

jolies Ferrandaises 

Des années qu'il se bat avec un collectif de gens comme lui passionnés et passionnants aussi pour la sauvegarde de notre belle "bougnate". Il tient avec sa fille, une auberge au col de la croix Saint Robert tout prés du Mont Dore, à proximité de la grande cascade. 
la Grande Cascade du mont Dore

Rencontres encore qui ont émaillaient mon parcours et lui ont donné un sens que je n'aurais peut être pas suivi si je ne les avais pas trouvées sur mon chemin. Grand merci à vous tous qui m'avaient fait découvrir le merveilleux chemin du partage, de l'humain et de la solidarité entre les Hommes avec un grand H majuscule. D'entre toutes ce sont les plus importantes. Cela a commencé sur les rives de la Couze Pavin, c'était en 1973. Cela dure encore. D'Issoire à Limoges en passant par Paris ou Clermont, Marseille, Nantes ou Bordeaux et Lyon. 


Merci les copains, ensemble continuons d'écrire les plus belles pages de l'Histoire. Celle qui n'a pas peur d'avancer quelques soient les obstacles rencontrés.
Il y aussi des rencontres fortuites qui tiennent  du magique et du merveilleux. De celles qui nous font aimer. De celles qui nous enchantent. De celles qu'on n'oublie pas. 
Le monde est sans doute pourri, mais cependant, il y a des tas de gens qui eux ne le sont pas et je ne sais pas par quelles prédispositions, je tombe souvent sur ceux là. 

semaine 2/52 Savon