ça va barder !

 Sans les O !
Consigne 1 : Une lettre en moins... (Gniark, gniark ! Je me suis bien amusée, pas vous ?...)
Je récidive en vous proposant Sans les O
Est-ce que cela sera plus facile ?...
A voir ! A tenter !
C'est assez tordu, ce truc, euh, assez bizarre !
Consigne 2 : c'est plus amusant de corser la chose, euh, de compliquer, enfin je veux dire d'épicer le dernier devoir travail avant les vacances !... 
Vous écrivez une lettre à votre frère dès votre arrivée en villégiature dans la villa héritée de vos parents. Villa que vous partagez avec lui chaque été, lui en juillet, vous en août... (là, je ne peux pas enlever les o...)



Bien cher frère, je vais venir ici dés le début de la semaine. Il fait beau, il fait chaud et j'ai décidé de t'écrire ces quelques lignes  afin de te dire que j'espère que ce ne sera pas pareil que l'an dernier.
J'aimerai bien ne pas  ranger tes affaires qui trainent au milieu des pièces à vivre. Mais cela est  manifestement te demander la lune car à chacune de mes venues je me décarcasse  et je décrasse cette turne que tu laisses délabrée. Je n'en peux plus de cette saleté et de ce dérangement que tu me crée. Et c'est pire depuis que la Jubine est revenue. Elle ne sait pas tenir un intérieur, cette femme ! Tu vas me dire que ce n'est pas de ta faute si elle passe sa vie à faire ses puzzles, pas même un brin de cuisine. Même la tête de veau, elle ne sait pas la faire cuire ! c'est pas difficile quand même ! il suffit d'un peu d'eau claire , de sel,  de persil, de thym, de laurier, dans une grande marmite, c'est excellent. Vire la dès que tu peux ! en effet, si cela persiste, je ne viendrais plus et il faudra vendre, car   cela ne sert à rien de garder un bien  qui ne me permet pas de vivre tranquillement la quiétude de l'été. Et puis en été, il y a bien des plages de sable fin qui m'accueilleraient si je le désirais, d'ailleurs j'ai déjà réservé les vacances futures.

J'ai fait des gelées avec les fruits du jardin, je les emmènerai, les enfants en mangent l'hiver, même au printemps et en été. Les pêches et les prunes mures à satiété me régalent de leur parfum et c'est divin. Mais je ne t'en ai pas gardé, ni fait de marmelades et de pâtes de fruits, cela suffit ! Vu le mal que je prends, quand je viens, il ne faut pas exagérer !
Tu me laisse la clé en partant et ne me demande pas ce que je ferai de tes affaires, si  tu ne  les ranges pas, je te préviens. La déchèterie n'est fermée qu'en septembre, tu te démerderas.
Ah, aussi : j'ai déjà mélangé les pièces des puzzles de madame, l'an dernier. Je les avais  ramassées par terre évidemment ! Et tu sais ce que j'en  ai fait ? Je les ai rassemblées dans un même paquet. Elle n' aura qu'à les trier si elle veux, ça lui passera le temps, puisqu'elle ne fait rien quand même ! J'ai même décidé de l'avancer en faisant un peu de  ménage et d'essuyer les meubles et le par terre avec un de ses tabliers, qui trainent, aussi, bien sûr. Quant à  ses strings, je vais les entasser dans la cabane des gallinacées ! Elle n'aura qu'à aller les récupérer si ça lui chante, elle qui en a peur ! Ah et puis tu lui diras aussi de ramasser ses bas qui trainent en haut,
dans le grenier !  J'arrive samedi, mais gare si le ménage n'est pas fait. Aller, à plus !

Toxique

Si je vous dis toxique, vous me répondez quoi ?
Si je vous dis toxique, celui ou celle qui a la main mise sur votre vie.
Si je vous dis toxique celui ou celle qui d'un coup de baguette joue de son autorité pour vous manipuler faisant en sorte que vous ne puissiez pas refuser.
Si je vous dis toxique celui ou celle qui fait de vous sa chose, son objet, son jouet.
Si je vous dis toxique celui ou celle qui par un pur hasard se trouve sur votre route quand vous avez prévu ou organiser une soirée tranquille en famille ou entre amis.
Si je vous dis toxique celui ou celle qui vous fait culpabiliser en vous reprochant de l'avoir laisser tomber.
Si je vous dis toxique celui ou celle qui décide à votre place de qui vous allez vous entourer, voir mieux, faire des projets.
Si je vous dis toxique celui ou celle qui vient vers vous seulement quand son humeur chagrine lui joue des tours.
Si je vous dis toxique celui ou celle qui ne s'est pas préoccupé de vous avant des lustres, pendant que vous passiez votre temps à attendre un signe de sa bonne grâce ou volonté.
Si je vous dis toxique celui ou celle qui a l'art d'avoir la bonne excuse au bon moment pour n'avoir pas remarqué  votre présence et encore moins votre souffrance.
Si je vous dis toxique celui ou celle qui vous manipule en douce pour obtenir de vous encore plus au point de vous étouffer.
Si je vous dis toxique celui et celle qui vous empêchent de vivre et de respirer.
Vous me répondrez : change d'air ma fille, il est temps, grand temps d'aller respirer... ailleurs, loin de celui ou celle qui tire les ficelles sans avoir la moindre considération pour tes goûts, tes attentes, tes passions, tes besoins, ta personne et tout ce qui fait de toi l'être unique et exceptionnel qui aime, qui rit, qui chante ses propres refrains, qui espère et qui aspire à ses propres choix. Qui pense et qui réfléchi en fonction de ses propres valeurs. Si certains on besoin de clone, la science est là pour ça, ils n'ont pas besoin de toi. S'ils ont besoin de larbins, alors qu'ils s'organisent entre eux, mais cela ne peux être toi. Tu n'es pas leur chose, tu n'es pas leur objet. si marionnette il doit y avoir, alors c'est eux qui ne sont pas capables de réfléchir à leur propre devenir et de se comporter en personne responsable et respectueuse de ce que tu es toi. 
 Vous me direz de prendre le large et de larguer loin les amarres. La vie est bien trop courte pour vous encombrer de celui ou celle qui ne vit que parce que vous nourrissez son existence.
Vous me direz de laisser tomber l'affaire et de vivre moi, ma vie, pour moi et avec les choix que j'aurais fait moi, sans main mise et sans éteignoir, sans étouffoir. Aller la vie, chacun mérite de vivre la sienne, pas celle du voisin !

L'écho.



Je viens de lire le billet d'Ambre qui fait en moi écho. L'écho résonne comme une symphonie. La symphonie du départ. C'est comme un cri, une déchirure, Des larmes de désespoir.
Je n'aime pas les quais de gare, je n'aime pas les durs moments de séparation. Ces instants creux où chacun ressent en lui un peu de nostalgie. Ne sachant pas quoi dire tant est précaire le fil d'une conversation.
Cela tient il à mon enfance ? Quand sans plus d'explication on me plaqua chez une tante, où je dû rester de longs mois ? Cela tient il à une blessure où on me planta là dans la cour de l'école, me privant de repaire et de liberté ? Cela tient il au pensionnat où je dû subir humiliations, brimades, punitions, et me défaire des miens sans aucune compensation que celle d'apprendre à me débrouiller seule et sans soutient aucun ?
Quand devenue adulte j'eus à partir pour vivre ma vie d'adulte, j'eus un pincement au coeur. Je peux dire que mon père, cet homme rompu et endurci ne réussit qu'à peine à cacher son chagrin. Sous une fausse pudeur, il accusa le coup et ne tourna pas la page totalement. Je ne mettrais pas ma main au feu et serai prête à parier qu'une fois le dos tourné, ses yeux s'embuèrent et qu'il resta là planté sur le bord de ce quai de gare où il m'avait accompagnée.
Ces pages douloureuses qu'il faut bien un jour tourner n'occultent en rien les moments d'intense partage que nous avons su créer. Au contraire, elles les renforcent et les rendent inaltérables dans notre mémoire du temps passé. Gage d'un retour parfois hypothétique, mais qui permet de s'accrocher.
Cela étant je vous présente ma gare. Une des plus belles gares d'Europe (à ce qu'il parait). La plus belle gare de Limoges en tout cas ! si ce n'est le plus beau monument de la ville. La seule gare qui me soit sympathique, elle est liée à d'autres souvenirs qu'à des allers et des départs. Elle est liée à des notions de lutte, d'espoir, de fraternité et de solidarité. Elle fut pour moi un lieu de retrouvailles, de partages, d'ouverture aussi. Cette ville n'aurait pas un charme particulier sans sa gare, sans son histoire de rouge écrite. Et j'ai en tête l'image du drapeau rouge flottant sur le campanile, un soir de mai... d'espoir.






Comme un fil.

Comme il ne se passe pas grand chose autour de moi, je suis allée voir plus loin, si l'herbe était plus verte. Et elle l'était. Ma pelouse grillée par le soleil chaud de ce mois de juillet en aurait bavé d'envie. Voyez plutôt : Robot Cop à quelques mètres de son tombeau aurait pu s'endormir rêveur dans les lentilles d'eau





ou  au milieu du troupeau des laitières bien encornées. Mais il était encore plus mort que mort. Ce n'est pas encore la veille du sauvetage de la planète, Alors adieu !








 Quand je reviendrai sur l'ile, j'aurai peut être le bourdon

mais qu'importe, je me sens revivre parmi ces bâtiments, au milieu de cet univers où quelques âmes ont décidé de prouver qu'il était encore possible de vivre simplement, sereinement et sainement. Si quelques promeneurs se hasardent à contempler ces lieux, c'est qu'il reste encore l'espoir de retrouver quelques valeurs et un peu de bon sens. C'est au gigantisme que j'aimerai dire adieu. Robot Cop, n'était que le symbole de la sensibilisation à un certain respect de la nature et de son environnement. Mais j'y crois !

Hier.

Hier, c'était dimanche. Pas de marché. J'ai décidé de le boycotter puisque en cette saison on ne s'y fait qu'arnaquer ! Pas de balade avant 17 h, heure à laquelle on peut espérer que la chaleur tombe un peu.
Et bien, me direz vous, alors, qu'as tu donc fait ? Je vous répondrais rien. Rien de particulier. Une petite escapade   chez belle maman.
Je ne suis pas rentrée  trop tard pour retrouver la Ponette qui finissait sa journée. C'est à ce moment que nous sommes parties un peu marcher. La chaleur nous plombait. Nous n'avons pas fait un grand tour, pas de photo non plus.
Au retour nous avons pris un peu de repos, puis l'heure avançant,la faim nous tenaillait. C'est alors que nous nous sommes extirpées de notre torpeur et avons esquissé une salade. Au cours du repas, je lui confiais ne pas avoir vu Jaunet depuis deux ou trois jours. Nous le pensions perdu dans quelques buissons alentours, mal en point, incapable de revenir.  Nous n'avions aucune illusion à son sujet. La tribu des autres chats se prélassait mollement, l'un somnolait sur un fauteuil, l'autre réclamait sa pitance, bref tout semblait ronronner normalement. C'est à la tombée du soir que la Ponette a aperçu un masse informe, tapi dans un coin du jardin, à l'ombre d'un feuillage.
C'est bouleversée qu'elle est venue m'annoncer la mort de Jaunet.
Il n'était pas mort depuis longtemps, en tout début d'après midi, tout au plus. Son corps n'était pas encore rigide totalement. Après l'avoir délicatement transporté jusqu'à un coin d'ombre, nous lui  avons creusé une tombe et posé au pied de l' althéa, dans le carré des chats.
Jaunet avait tout juste onze ans. Quand sa mère est venue se retirer avec toute sa portée, dans la cabane du jardin, nous étions en vacances, c'était en juillet. A notre retour nous les avons découverts puis apprivoisés petit à petit. Mais lui ne venait pas à la maison. Il était sauvage. Du temps de sa jeunesse, il courait la campagne, restant parfois plusieurs semaines sans apparaitre. Quand il rentrait, sale et pouilleux, il avait faim. C'est alors qu'il venait quémander sur le bord de la fenêtre. Nous lui donnions à manger. Nous le peignions un peu. L'hiver parfois il s'installait dans la cuisine et se laissait approcher. Puis il demandait bien vite à retrouver sa liberté. Nous luis ouvrions la porte et il repartait. Méfiant, il refusait toute approche quand il était dehors. Le voisin, un sale con, le chassait à coup de cailloux, comme il chassait les autres. Mais les autres moins craintifs venaient se réfugier vers nous. Sans doute Jaunet en aurait fait de même, mais à chaque fois, un nouvel assaut du matamore le faisait fuir. Il était toujours en alerte, sur le qui vive. Quand il entendait notre voix, si le secteur était calme,  il revenait.  Les seuls moments de répit étaient ceux qu'il passait autour de nous.
Il se montrait maternant avec les plus petits. Il se battait beaucoup avec les autres matous, son frère en particulier. Tout un hiver, il est resté au chaud,
peut être qu'à ce moment nous aurions du tenter de   faire le nécessaire pour qu'il reste à la maison. Mais au printemps,  à l'appel des chattes des forêts, il repartit. Je ne sais pas ce qui s'est passé à ce moment, là, mais quand il est revenu, il était définitivement sauvage et inapprochable. Ces derniers temps, malade, il demandait à rentrer plus souvent. Il mangeait avec les autres puis il repartait. Nous savions bien comment il finirait.
C'était un vagabond, mort comme il a vécu, libre et sans déranger. Comme meurent bien des hommes, seuls et sans abri. Démunis de toute compagnie.
Quand nous l' avons enseveli, Flocon était avec nous et Plume n'était pas loin. Puis Plume  nous a suivi et ne nous a plus quitté de la soirée, chose qu'elle ne fait jamais. Son regard était tendre et inquiet. Comme si elle nous disait :" vous n'allez pas me laisser partir, moi aussi, hein ? Vous allez bien vous occuper de nous, car je ne veux pas finir comme lui. " . C'était comme si elle nous demandait en prière, de toujours veiller sur elle. Cette petite minette a vraiment un comportement particulier et s'exprime mieux que si elle parlait.
Quant à  nous, nous avons toujours une relation particulière avec chacun. Jaunet nous aimait  et nous faisait confiance. Nous l'aimions aussi et respections son choix de vie. A aucun moment nous avons tenter de le forcer  à vivre autrement. Nous aurions pu le capturer, le faire castrer, mais nous avions choisi de le laisser en paix, vivre sa vie, comme il voulait. Nous savions qu'il n'accepterait jamais  ni d'être capturé, ni d'être sociabilisé, il se défilait et se débattait dès qu'il sentait une main trop ferme et entreprenante. C'était un être libre. Alors nous le laissions libre, sans contrainte. Nous l'avons soigné, comme nous l'avons pu, nous avons tenté de le réconforter. Nous avons tenté de l'apprivoiser, comme il refusait, nous avons fait notre possible pour garder sa confiance. Et il nous l'a donnée.
 Ce matin, Plume est apaisée. Moi je regarde par la fenêtre, si je ne le vois pas apparaitre au bout de l'allée.

Elle part...

Elle part. Comme on part prendre le train.
Tout au bout de la route et de notre chemin
Elle part vivre sa vie ma boucle de Sarrasin.
Elle part en quittant le nid pour d'autres matins.
Elle a fait ses valises, prit son sac, ses parchemins.
Nous avons fait ensemble, un beau voyage, nous tenant par la main.
Nous avons découverts bien des rivages sur fond de ciel serein.
Nous avons parcouru les montagnes comme la chèvre de Seguin.

Sur les plages de Bretagne balayées par l'air marin,

Nous avons ramassé les coquillages  et respiré les embruns.
De nos rues de Paris et des couloirs du métropolitain,
Il nous reste un air de musique plein de souvenirs communs.
De Montmartre et Belleville, nous avons le coeur plein,
Passant par Montparnasse et le quartier latin
 Mais qu'il  passe donc vite ce temps avec nos chérubins !
Pas le temps de les voir naitre et grandir que c'est déjà demain.
Il passe bien trop vite le temps des câlins.

Elle part ma douce fille, ma brune boucle de Sarrasin.
Elle part le coeur joyeux et ses yeux s'illuminent soudain.
Mais voilà que mon coeur se brise et tremble un peu ma main.
Elle part, la Ponette, vers d'autres lendemains.
Et moi je reste là, seule sur le quai à attendre en vain
J'ai les yeux un peu humides  perdus  dans le lointain.
Elle part ma source vive, elle a lâché ma main.

Brèves du dimanche

Ce matin comme tous les dimanches, marché. Je crois bien qu'encore une fois je me suis faite arnaquée. Les petits producteurs ne valent décidément pas plus que les gros. Nous faisons des efforts, acceptons de payer plus cher des produits locaux. Parfois ils n'en sont pas, ou de piètre qualité gustative comme qualitative.  Combien d'entre eux profitent de se tailler la part du lion sur le dos du"touriste" ou du simple consommateur que nous sommes las de consommer des produits industriels trafiqués, mauvais en tout et en particulier en goût. Combien nous prennent pour leur "vache à lait" ? Vous savez tous mon amour pour les vaches, là n'est pas la question, mais marre, quoi, d'être pris pour un "con" !
Tout à l'heure, après la sieste, et avant la finale, petit tour à la déchèterie.
Hier, nous avons vidé la cabane. une vieille cuisinière récupérée jadis, entreposée là dans un coin. En parfait état de marche, devenu nichoir à rats. Des tapis, posés là en attendant d'aller ailleurs et en bien mauvais état.
La cabane au Canada de notre Ponette, devenue au fil des jours, simple remise et abri de jardin. Elle a son histoire. et ce n'est pas banal d'avoir une histoire quand on est cabane plus que simple accessoire pour jardin.
La cabane était le repaire de la Ponette. Quantité de jouets sont là pour en témoigner encore. Poupée,  dinette, décoration murale... Parfois son frère investissait les lieux et le home parfait devenait saloon. Cow boy, pistolet, ceinturon de cuir, et autres play mobil en tant que vestiges, meublent encore un coin.



Ce fut aussi le refuge de Sinède une adorable chatte siamoise, dont les maitres décédés n'avaient pas d'héritiers. Leur maison fut longtemps à l'abandon. Sinède et sa fille Sacha vivaient là.

Personne ne s'occupait de savoir à qui était ces chats. puis un jour de juillet 2007, Sinède squatta la cabane avec une jolie portée de petit chats. Frimousse, mon beau ; Chaussette ; La Grise ; Jaunet et le Tigris devinrent nos pensionnaires. Jusqu'à ce qu'à coup de morceaux de brioche, la Ponette s'en fasse des amis.

Bien habitués à notre présence, ils devinrent de moins en moins sauvages, si bien qu'un jour, ils ne nous ont plus quitté. Jusqu'à ce que... Tigris, las de se faire chassé par la guenon qui était notre voisine, las de se faire battre avec ses frères, des chats dominants qui le poussaient vers la sortie, s'en alla un beau jour. Nous ne le revîmes pas. Frimousse, notre cher Frimousse, bénéficia de toutes nos attentions, de nos soins et de notre amour jusqu'à son dernier souffle, emporté par une maladie bien cruelle. Les autres 3, Chaussette, Jaunet, Lagrise sont toujours là.
Quand à Sinède, empoisonnée par l'empereur, le singe de la guenon de tout à l'heure, elle fut sauvée une première fois. Mais je la retrouvais raide morte un beau matin, triste matin devrais-je dire. Je la pris délicatement et la fis autopsier. Elle était morte des suites de son empoisonnement. Sacha quand à elle s'en alla un beau jour chassée par Lolotte, notre chatte qui ne pouvait la supporter.
Avec cette histoire de cabane et de chats m'est venue en mémoire une autre cabane dont je vous raconterai l'histoire une autre fois.

Maria, une vie de servante.

Maria, je l'évoquais hier. Si j'étais experte en généalogie, j'écrirais ses mémoires. Je ne possède que quelques bribes de sa modeste existence. Celles que ma mère m'a léguées. Oh je sais, ce n'est pas rien. Mais pas assez pour savoir tout ce que j'aimerai connaitre d'elle, de mes grands parents, des leurs aussi. C'est ainsi qu'on est obligé de s'arranger avec sa propre histoire et de se confectionner "sa" mémoire.
Quand Maria Bory vient au monde, un 16 juillet 1878, le seul  à ma connaissance, gradué sur l'échelle du temps,  ses parents Charles Bory et Marie Françoise Pupidon sont mariés depuis le 13 janvier 1877. Un contrat de mariage est établi entre les époux, à la demande de Claude le père de Marie Françoise. Ce qui laisse supposer que certainement la famille de l'épousée est plus fortunée que celle du mari, simple maçon qui dû participer à l'instar des maçons de la Creuse, à de nombreuses campagnes de construction à Paris ou à Lyon durant la morte saison. Le couple s'installe à Charel, berceau de la famille Bory où vivent encore le père et un frère.
Après Maria, le 22 janvier 1881, vient un autre enfant,  : Claudius Antonin, mon grand père.
Le 19 mars 1883,  alors qu'il revient de quelqu'affaire sur les hauteurs d'Echandelys, Charles est malencontreusement détroussé par un bandit qui le laisse pour mort sur le bord d'un fossé. Quand le métayer de la ferme voisine le découvre, il est à l'agonie. Transporté jusqu'au domicile le plus proche, Charles s’éteint sur la table de la cuisine. il est 15 heure, (l'acte de décès mentionne 3 heure du soir),  Maria n'a pas 5 ans, son frère n'en a pas 2.
Commence alors pour les enfants et pour Marie Françoise une nouvelle existence, pleine de labeur.
Augustin le frère de Charles pourvoit comme il le peut à l'entretient et à l'éducation des deux orphelins. Avec l'aide de sa famille Marie Françoise qui est revenue au domicile de ses parents, se débrouille tant bien que mal. Achetant ici une terre, là bas un bout de taillis. De quoi faire vivre ses marmots. Leur assurer le quotidien.
Dès qu'elle le pourra, c'est à dire dès qu'elle en aura l'age, Maria sera placée dans une famille bourgeoise et pourvoira à ses propres besoins.
C'est une famille de notable qui l'emploie. Celle ci possède une résidence sur la commune d'Egliseneuve mais réside une partie de l'année à Clermont. Elle voyage beaucoup. Le général Bohër, un Alsacien, grognard de la garde de Napoléon III embauche définitivement  Maria qui devient servante, puis gouvernante pour les enfants. Son frère Claudius  se déplace de chantiers en chantiers sur Lyon. Il a appris le métier de maçon. Les deux se retrouvent parfois, au gré de leurs errances, en gare de Clermont. Maria attend son frère et ensemble il regagne la Vigerie où Marie Françoise attend. Quand elle décède, le 5 octobre 1916, c'est la guerre.  Claudius est au front. Par 7 fois il aura tenté de s'évader, par 7 fois il sera repris. Maria qui n'a plus que son frère vit au service de la famille Bohër
jusqu'à  sa retraite, qu'elle prend dans sa maison de Charel. Son frère marié, a deux enfants. Maria qui elle n'a pas de famille est aux petits soins. Ainsi Charles et Simone sont comblés par cette tante  providentielle qui connait le vaste monde, bien plus qu'Eugénie leur mère, modeste paysanne qui découvre par sa belle soeur le monde des lumières. Lecture, culture, tricot, broderie occupent les soirs d'hiver au cours de longues veillées. Claudius s'en va le premier des suite d'une mauvaise blessure de guerre. Son chien le Youki va mourir de chagrin, sur sa tombe. Ne reste plus que Pyram aux bons soins d'Eugénie. Quand elle meurt à son tour, les enfants sont partis. Charles vit sa vie de maçon, souvent il rentre tard, parfois il ne rentre pas. Simone est mariée, elle va bientôt être maman. Maria recueille Pyram qui va devenir son chien. Quand avec maman nous venons à Charel, nous venons voir Maria. Je ne peux m'empêcher de  taquiner Pyram, dans la cuisine de Maria. Je prends un balais et m'entreprends de le chasser, comme à la maison on chasse les chiens pour qu'ils n'entrent pas, ce que mon père ne veut surtout pas ! Maria se fâche et devient rouge de colère. C'est à peu prés les seuls souvenirs que je garde d'elle. Je revois Maria toute vêtue de noir entre les portes de Charel nous dire au revoir en agitant son bras. Maria est décédée en 1956. J'avais 4 ans. Au revoir Maria.

Vendredi 13.

On est vendredi 13. La Ponette s'est engagée pour son premier appartement. Ce soir elle va au ciné avec son chéri. demain sera un autre jour, peut être je la verrais, peut être pas. Je voudrais être en Auvergne et en même temps je ne fais rien pour y être. Je diffère sans cesse. Le Patou, ce cher Patou n'a encore rien entamé des travaux prévus depuis des mois. Un coup il fait trop chaud, un coup il fait trop froid. Ce n'est jamais le moment de se mettre à l'ouvrage. Et dans le garage s'entasse les objets, le matériel, les matériaux prévus pour... Une annexe de Castorama ! Cela m'agace. Cela me contrarie. Cela me démuni. Mon compte en banque, notre compte en banque aussi !
Le Romain ne donne pas de nouvelle. J'en prends, moi de temps en temps, quand le temps défile et qu'il se fait trop long.  Sœurette parfois m'appelle. Je suis la seule avec qui elle entretient ce genre de relation gratuitement. Sœurette est égoïste, sauf avec moi. Avec moi elle se montre généreuse, partageuse. En même temps, je peux le dire de chacune de mes sœurs, même si c'est maladroit parfois, même si c'est pas toujours ni comme je le voudrais, même si et malgré toutes les imperfections et incompréhensions. C'est bon d'avoir des sœurs. Je vous aime. Vous n'avez même pas idée du dixième de ce que je vous aime. Mais vous êtes si loin. Alors de loin je vous aime comme j'aime Jean Paul, Bernard, Christiane, Danielle, Michelle, Gerard nos cousins. Ils sont mon enfance, mon passé, mes racines. Grâce à  vous tous, je sais qui je suis car je sais d'où je viens.
La vie grâce à nos jeunes, s'écoule. Nous continue. Nous perpétue. Nous prolonge au delà de notre propre vie.  Aurons nous su leur transmettre le flambeau de nos racines ? De nos richesses ? De nos acquis ? Parfois j'en doute. Parfois je me dis que oui. Le peu que nous avons su faire, le peu que nous avons légué est là pour donner des repères. Ils s'en imprègneront. Ils les continueront. Jusqu'à les parfaire. Ils les adapteront. S'en inspireront pour  construire un monde meilleur  qui correspondra aux besoins d'un futur qu'ils sont prêts à construire de la meilleure façon.
Dans trois jours, c'est l'anniversaire de Marie Augustine Bory, dite Maria. Elle va avoir 140 ans.
 Je suis née le même jour qu'elle. Parfois je me dis que son destin est quelque peu aussi le mien. Alors je m'interroge. J'explore le temps. J'explore les lieux. Je refais le parcours qui fut le sien depuis ce 16 juillet 1878 jusqu'à ce 16 juillet 2018.  1998, victoire des bleus. Nous venons d'acheter les Garaudies. Alain mon beau frère, Jean Louis, Annie, Nicole et les enfants sont là. Ils nous aident à retaper le toit.
Alain et Jean louis passent à travers la toiture et atterrissent dans la pièce du dessous. Sans gravité heureusement. Nous sommes le 12 juillet. Pierrot le voisin et son épouse, Bernadette reviennent du baptême de leur petit fils. Ils entendent des clameurs. A a maison, il n'y a qu'un cri. Jean Louis, Alain, Annie et puis Nicole s'en vont  place de la Ré. Ils se joignent aux autres. La France a gagné. Nous sommes champions du monde. Vive Zidanne. Vive Lilian Thuram, Laurent Blanc et tous les autres. La France qui gagne et c'est l'apothéose ! Que j'aurais voulu la même pour défendre de justes causes !
Las ! Il n'en sera rien. Combien de déchéances ? De désillusions . 22 avril 2002 : c'est la France qui perd. Ce sont nos libertés qui sont menacées. Combien de rêves avortés ? 2003 : réforme des retraites, loi Fillon. On en prend pour 5 ans. Au bout ? Aggravation de nos régimes de cotisation. Décote, allongement de la durée des carrières, chômage intensifié. 2007 : Sarko, et c'est pire encore. France télécom fait ressortir la souffrance immense au travail, 29 suicides sur la seule année 2009, mais ailleurs, qu'en est-il exactement ? Casse toi pauv'con et en 2012 c'est  un capitaine de pédalo qui s'improvise  chef de vaisseau. Encore un tour de plus et voilà que jupiter vogue en solitaire et coule la flotte de notre histoire, de notre mémoire, de nos acquis, de nos valeurs, où va t'on ? Jusqu'en quels tréfonds ?
 Maria, ma tante, tu en as vu des drames et des misères. Demain je raconterai ton histoire. Non de Dieu, il faut que nous sachions. Savoir d'où on vient pour savoir où nous allons.

Du bleu.

Pour l'atelier d' Anne, du bleu, comme s'il en pleuvait.  
Du bleu du ciel à celui des reflet de la mare.

 Du bleu des fleurs bleues que nous sommes ou ne sommes plus.

 Du bleu limousin
 Du bleu d'Auvergne des brumes matinales
Du bleu du soir qui tombe sur les montagnes bleutées
 du bleu de la vallée de Chaudefour et  de la dent de la rancune (où je vous ai emmené en balade hier)

du bleu panaché


du bleu sur les labours
du bleu sur le lac Chambon
 du bleu sur les crêtes du Sancy
du bleu sur le beffroi de Besse en Chandesse
L'Auvergne est le pays du bleu. Et je ne vous parlerai pas ici du bleu de travail : il sèche au jardin. et moi le travail, j'en ai par dessus la tête, surtout depuis que je suis en retraite à m'occuper des chats et des chiens, des lessives, du ménage, des courses et des affaires des uns et des autres qui ne savent pas, ne peuvent pas s'en occuper eux mêmes ou bien ne veulent pas. Finalement je préférais avant, au moins j'étais payée. Pas cher, mas j'étais payée !

En ligue, en bande, en procession.

Nous étions en été. Le soleil réchauffait déjà la campagne à peine éveillée. C'était lundi. Le weeck end venait de s'achever et déjà ils en redemandaient. Ils s'étaient tous retrouvés la veille, au coeur de l'Auvergne médiévale. Chambon et son lac les avaient accueillis sous un ciel d'un bleu immaculé. Après un pic nique bien arrosé d'un bon vin rosé de Corent, ils avaient trempé dans les eaux calmes du lac, leurs pieds endoloris par la longue marche entreprise le matin même le long de la Couze, la remontant jusqu'à sa source au sein de la remarquable vallée de Chaudefour. La dent de la Rancune et la cascade de la Biche  les avaient particulièrement émerveillés. On leur avait dit qu'au tout début du siècle dernier, l'amorce d'une station thermale avait été ébauchée. Un hôtel avait  vu le jour, non loin de la source Sainte Anne, source ferrugineuse, qui jailli sur la rive droite du torrent et à laquelle ils avaient étanché leur soif. Des bâtiments avaient été construits, mais la guerre avait mis fin à ces projets insensés. La vallée classée réserve naturelle était désormais protégée et les envahisseurs ne pouvaient, pour le moment, plus s'accaparer cette éblouissante beauté désormais réservée aux seuls promeneurs sans leur chien et aux troupeaux de superbes bovines venues en estive brouter une herbe à la saveur délicate des fleurs parfumées de nos montagnes bien aimées. En milieu d'après midi, ils s'étaient rendus au chateau de Murol où l'animation autour de preux chevaliers les avait captivés. Ils n'avaient pu, par manque de temps, visiter l'église fortifiée de Saint Nectaire, mais ils reviendraient. Au retour ils emporteraient quelques produits issus de ce terroir à nul autre pareil. Saint Nectaire fermier et miel des ruchers assis sur les pentes du Sancy régaleraient leurs amis restés sur place à garder la maison et nourrir chiens et chats à qui le voyage avait été épargné. Mais avant, ils avaient rendez vous aux Buissonnets. Nous étions lundi. Et  le lundi c'est sacré. Ils ont   rendez vous chez notre amie Lakévio.

Faux !



C'est Faux. Tout est Faux, le lac, les rives, le canal, le barrage, c'est Faux.





Les rives du lac  sont bordées de feuillus et de résineux. Quelques pierres de rochers moussus nous rappellent qu'ici tout est Faux car c'est la montagne. La montagne de Faux. Le barrage de Faux est alimenté par les eaux du Dorat, petite rivières aux confins des 3 départements Limousins.
Non loin  de Faux La Montagne et de son barrage hydraulique, c'est Gentioux et son monument aux morts.


C'est Jules Coutaud, maire de la commune de 1920 à 1965 qui au retour de la guerre est à l'initiative de son édification en 1922.
 Un des cinq monuments aux morts en France à n'avoir jamais été inaugurés. Il fut même interdit de cérémonie officielle par une circulaire ministérielle.
Les convois militaires qui passaient par Gentioux pour se rendre au camp de la Courtine, avaient ordre de détourner la tête en passant devant. Plus tard, le  15 novembre 1985,  à l'initiative du maire de la commune, le préfet de la Creuse viendra lui rendre visite.
Chaque 11 novembre, Gentioux est le rendez vous des pacifistes. C'est au cours de l'un de ces rassemblements que fut demandé la réhabilitation de tous les soldats fusillés pour l'exemple au cours de la première guerre mondiale, comme cet autre soldat, Félix Baudy de la commune voisine de Royère de Vassivière fusillé en 1914 et réhabilité en 1934, dont les camarades maçons ont déposé une plaque sur la sépulture avec ces inscriptions, « Maudite soit la guerre - Maudits soient ses bourreaux - Baudy n'est pas un lâche - Mais un martyr. ».
La Creuse, un des départements Français les moins peuplés, et les plus pauvres, est un département chargé d'histoire. Telle celle des mutins Russes du camp de la Courtine. ici
 A Gentioux, seule la licorne est fausse !

Rive Gauche

Aujourd'hui je vous propose une petite virée entre amis sur mon ile. ( Faite hier pour le coup)

De Montmartre à la rive gauche, j'ai bien voyagé un peu, surtout que là c'est pas les bords de Seine, et mon ile n'a rien à voir avec celle de la cité !
Je n'étais pas  revenue ici depuis l'automne dernier. Vous comprenez, la neige, les inondations, il faut dire qu'une pluie torrentielle pendant 6 mois de l'année,quand les 6 autres n'ont déjà pas été fameux, ça dissuade quelque peu.
Une mauvaise nouvelle m'attendait en arrivant au port. Robot Cop est mort pendant l'hiver. Il n'a pas résisté aux crues de la rivière et nous avons découvert son cadavre sur les berges. Seule une chaussure a pu être sauvée. Quel triste sort, quand même ! Mais quelle idée aussi d'aller à la pêche avec des godasses pareilles !





Je vous avais  déjà parlé de Robot Cop et de mon ile, c'était l'an dernier, je crois, et c'était ici 

Il faut dire qu'il n'était pas très prudent  le Robot Cop, et s'approchait bien un peu près de la rive, aussi. Nous l'avions déjà mis en garde à plusieurs reprises, tout le monde ne lui voulait pas que du bien. Lui qui risquait sa vie à défendre la planète, qui prenait position contre la pollution industrielle.  et les geants de l'agroalimentaire. Symbole de la lutte pour la préservation des espaces naturels, las les hommes ne l'ont pas entendu, il aura payé de sa vie son combat écologique.


Et quand la mer monte, voyez ce que ça donne.  Raoul de GODEWARSVELDE en savait quelque chose !

Hugo Barahona

Hier la Ponette est partie avec son amoureux, vers la capitale. Je pensais faire du tourisme. Ce qui est agréable en cette saison. Flaner le long des quais, redécouvrir des lieux familiers, évocateurs de souvenirs d'enfance. De sa tendre enfance puisque c'est une vraie parisienne de naissance.  Comme Montmartre, théatre de notre périple ô combien heureux. La Seine et l'ile de la Cité, Notre Dame, le Luxembourg, Montparnasse où nous aimions aller, Les buttes Chaumont ou bien encore le jardin des plantes, Vincennes, le canal Saint Martin .... Il y a tant de choses ! Chaque quartier est évocateur d'un souvenir particulier. Y compris les couloirs du métro. Nous aimions prendre le métro. Moyen de transport rapide, efficace et qui plus est, allie facilité et proximité.


Un de nos souvenirs communs est notre rencontre avec l'immense artiste qu'est Hugo Barahona. Les  inconditionnels de la butte le connaissent bien, car il est un des habitués de la place du Tertre où chacun peut découvrir de jolis morceaux de musique Sud américaine, magnifiquement joués à la harpe dont il est le spécialiste. J'emprunte ici, un morceau au net, car impossible pour moi de retrouver un morceau de ma collection personnelle, pour vous le faire découvrir ; (mais vous le savez, je ne suis pas très douée !)
Nous en parlons souvent toutes les deux et les larmes me viennent aux yeux.
La première fois que je l'ai entendu, c'était dans un couloir du métro à République. Je ne sais plus où je me rendais. Il jouait un  morceau intitulé Songoro. Je tombais immédiatement sous le charme. Je m'arrêtais à sa hauteur et après avoir écouté un ou deux morceaux, il s'arrêta un moment pour reposer son bras. Nous avions échangés brièvement quelques mots et je lui avais acheté une cassette (c'était courant à l'époque et je n'avais pas de chaine hi-fi, la première que j'eus me fut offerte par les camarades lors de mon départ de Paris. Elle marche encore à la perfection.).
La fois suivante, j'étais avec la toute petite Ponette, nous avions décidé d'une balade dans Paris. Quand j'entendis le son mélodieux de la harpe, je lui dis : "vite, c'est Barahona, allons l'écouter" et nous nous mîmes à courir comme de petites folles à travers les couloirs, c'était à Châtelet cette fois. Arrivées à sa hauteur, nous l'avons regardé religieusement jouer. Quand il eut terminé son morceau de musique, nous avons discuté un moment puis il nous proposa d'en choisir un nouveau pour nous rien que pour nous ! Vous vous rendez compte, il a joué rien que pour nous ! J'ai voulu lui acheter un CD. Celui qu'il me proposa était le second qu'il avait enregistré, merci lui dis-je, j'ai déjà le premier"." Je sais, je me souviens" me dit il ! Non seulement il a joué pour nous, mais en plus il se souvenait de moi. Extraordinaire !!
Bien d'autres souvenirs  ont émaillés notre vie Parisienne. En 20 ans, vous pouvez bien penser. Avec les enfants nous allions souvent au jardin des plantes. Mon grand se régalait en admirant les oiseaux et les ours. Nous partions de bonne heure et faisions notre tournée au zoo, puis au musée. Parfois nous faisions suivre un pic nique, souvent, seulement un goûter.
Quand depuis ma province je dus revenir pour les besoins de la cause que je défendais ou pour mon travail, je descendais à Austerlitz et parcourais souvent à pied jusqu'à Montparnasse le trajet qui me séparait de la gare du lieu où je me rendais. J'empruntais naturellement le chemin du jardin des plantes.
 Cela me manque aujourd'hui. Je n'ai jamais re-rencontré Barahona. Reviendrais je un jour, dans ces lieux que j'aimais ?


Comme des pigeons.

Une journée pareille aux autres aujourd'hui. Visite d'apparts avec la Ponette. Balades avec la Ponette.  Discussions avec la Ponette.
Ce matin elle était levée avant moi. Veux tu que nous aillions marcher pendant qu'il ne fait pas trop chaud, qu'elle me dit. J'accepte aussitôt et chausse mes baskets et hop, un petit tour de départementale là où il ne faut plus rouler qu'à 80 km maxi. M'en fous, les routes par ici sont limitées à 70 voir 50 et même 30.  Et toc ! Bon ce n'est pas une raison. Et je voyage ! Loin parfois et puis j'ai l'esprit solidaire, je ne supporte pas non plus l'idiotie élevée au rang de mensonge d'état.
Donc j'ai quand même signé les pétitions, car je trouve qu'il est plus facile et moins couteux de limiter la vitesse que d'entretenir le réseau routier, et surtout ça rapporte plus. Mais je vais vous en dire une autre tout à l'heure, vous allez voir.
Quand aux emplois ainsi préservés, hein, moi je préfère que mes impôts servent à payer des cantonniers  municipaux  plutôt que des sociétés privées de j'en foutre qui vont faire tourner des voitures piégeuses toute la journée. Et la planète don ! Et puis faut pas nous prendre que pour des pigeons non plus !
C'est ainsi que chemin faisant nous avons accompli notre petite rando sans trop de difficultés, enfin surtout grâce à elle, qui s'est improvisée agent de la voirie ! Voyez plutôt, les arbres en travers obstruant le chemin,


c'est avec ses petites mains qu'elle a déblayé le passage afin de permettre à sa vieille mère de passer le sien.
s'octroyant une petite récompense, à l'endroit même où quelques années avant, nous avions cueilli de quoi faire un bon milliard auvergnat :

 Arrivées au terme de notre périple, nous avons admiré le magnifique château de La Borie, qui vit jadis les heures de gloire de l'orchestre baroque de Limoges. Cette propriété de la Fondation La Borie-en-Limousin jusqu'en 2015, organisait des rencontres musicales au sein de  son « jardin des sons » ( 7 hectares aménagés entre 2011 et 2013). Le public se montrant au rendez vous, son activité permettait d'entrevoir un avenir florissant. Mais des désaccords stratégiques entre les différents protagonistes conduisirent  à d'importantes difficultés financières si bien qu' à coup de deniers publics un semblant d'activité fut relancée. Peine perdue. Il tomba néanmoins en liquéfaction judiciaire pour être finalement revendu à des propriétaires privés qui sur un coup de dé qui ne saurait abolir le hasard, (C'est l'intitulé de leur nouvelle activité, ça : "un coup de dé ne saura jamais abolir le hasard "), en ont fait ce qu'il est aujourd'hui :   un projet d'art contemporain.


Nous avons pu mesurer la différence entre avant et maintenant. Certes les grilles sont toujours aussi hautes et infranchissables, le parking aménagé à grand  coût de deniers publics est bien désert, le jardin en friche envahi par les herbes ne laisse pas entrevoir le moindre soupçon d'art même content pour un.  Non mais, quand je vous dis qu'on nous prend pour des pigeons gogoles !


 Et nous bien sûr comme des moutons, on joue les gobbetouts !
Enfin il y a mouton et mouton et ceux là n'ont rien demandé !

 Pour clore la séance du matin, un petit  tour par la maison pour le repas avec de bonnes pommes de terre nouvelles fraichement ramassées dans le jardin , une bonne glace maison d'un spécialiste local, proche de la perfection. Évocation rapide des glaces de Monsieur Bertillon (du temps du père, parce que quand j'ai voulu les faire découvrir à  la Ponette, il y a maintenant deux décennies, elle a quand même trouvé qu'elles avaient un goût léger de glaces  Gervais ! Oui tout se perd !
Nous voilà donc repartis à la conquête de l'espace qui sera le sien. Pour ce faire rendez vous avec une agence pour des visites succinctes. Stationnement payant, bien sûr (en ville, il n'y en a plus beaucoup de gratuits), et comme nous ne savions pas  combien de temps allaient durer les visites, nous avions prévu assez large.
A notre retour à la voiture, il restait beaucoup de temps inutilisé. Comme les parc-mètres ne sont pas prévus d'être remboursés, je me suis précipitée vers le premier automobiliste qui cherchait à introduire des pièce dans la tirelire municipale.
Merci de votre gentillesse, mais cela ne sert à rien, me dit il, les tickets de stationnements sont personnalisés ".
En effet, je venais de découvrir avec stupéfaction une nouvelle arnaque : les tickets portent le numéro de la plaque minéralogique du véhicule. On ne peut même plus rendre service à quelqu'un ! Ils les ont toutes ! et même plus ! Le code de Vinci ne fait décidément pas bon ménage avec la morale chrétienne ! Et nous n'en avons pas fini de nous faire plumer comme des pigeons !

Présages ?

Encore ?
 Je ne garde en mémoire que le sombre présage de ce chemin d'école.





Encore. Ce maudit cauchemar. Ce maudit pont qu'une fois de plus je tente de traverser sans y parvenir. Cette fois, je descendais à travers clos en compagnie de membre de ma famille, mon mari et ma fille, surement ou bien une de mes soeurs, je ne parviens pas à identifier clairement les personnes qui m'accompagnent. Je me dirige dans le sens maison - école. Je suis en bas du pont entrain de photographier la brume qui monte du torrent vers la cime des sapins.  Soudain des cris, des appels au secours que je perçois dans la monté sur l'autre versant. Je tente de traverser pour aller voir. Mais une main m'arrête fermement. N'y va pas, c'est trop dangereux me dit la voix derrière moi, tandis que tout en haut une autre voix demande de l'aide. Quel est le danger qui menace ? Je ne le sais pas encore. Peut être vais je le découvrir dans les prochaines heures, ou prochains jours. Je n'ai pas longtemps à attendre, généralement avant que révélation d'un drame me soit faite.

Depuis que je suis enfant, ce pont, théâtre de mes angoisses, apparu dans mes rêves,  m'a toujours révélé des malheurs.
Est ce parce qu'un jour d'hiver je l'ai traversé, assise à l'arrière d'une moto, bien calée entre les bras chauds de la Francine et l'échine robuste de mon père ?
Est ce parce qu'arrivée à l'âge de 6 ans, je dus en faire autant et subir chaque jour les chamailleries des garnements ?
Est ce parce que mon père m'a raconté souvent qu' l'âge adulte, arrivé tout en haut, il se retourna pour regarder derrière lui  en songeant que peut être cette fois serait la dernière ?
Il partait à la guerre.
On dit que souvent le subconscient se supplée au conscient, faisant ressurgir des émotions refoulées jusqu'au plus profond de nous. 
La nuit d'avant avait elle aussi été porteuse de présages inquiétants.
Heureusement que mes jours sont plus gais ordinairement. Aujourd'hui il fait beau encore, nous allons en profiter pour une belle randonnée. Hier le barbecue était délicieux et je n'ai pas regretté d'avoir couru trois  boucheries pour trouver des brochettes.
Je vous souhaite aussi une belle journée.

Un dimanche au bord de l'eau

C'était un dimanche, un dimanche comme il en faut. Un de ceux où on passe son temps les pieds dans l'eau tellement il fait trop chaud.
Hier nous avions décidé d'un pic nique sur les rives de la Dordogne et d'une balade sur les crêtes ou d'une sortie en gabare.

Partis tôt à la fraiche, sac à dos, et tout l’attirail qui va bien, nous avons pris la route pour les confins de l'Auvergne. Là où dans un temps ancien, les forestiers corréziens descendaient leurs cargaisons de bois jusqu'en basse Gascogne.
En effet, le gabarier abattait lui même son bois, le débitait et le transportait de la montagne jusqu'à Argentat sur des gabares qu'il avait lui même fabriqués. La gabare était ensuite manœuvrée sur les eaux du fleuve parfois capricieux et tumultueux jusqu'à destination. Là, elle était transformée en bois de chauffage ou d'autre utilité. Il revenait à pied remontant le fleuve par les chemins de hallage, ce qui représentait jusqu'à une quinzaine de journées de marche, plusieurs fois par an.
L'excellent ouvrage qu'il fournissait en faisait quelqu'un de respecté.

Christian Signol a consacré plusieurs de ses livres à l'histoire de ces hommes laborieux. Parmi lesquels la rivière espérance qui fut d'ailleurs adaptée pour la télévision.
 Nos pas nous portant le long du chemin de halage, nous avons quelque peu profité du magnifique panorama décrit par les rives de la Dordogne, avant de casser la croute après avoir enfin dégoté une boulangerie d'ouverte (bonjour le massacre quand on voit autant de commerces fermés dans nos petites villes au charme fou. Ah on n'a pas fini d'en payer des taxes de x% pour aider tous ceux que le système a fait disparaitre !)



Quittant  Argentat, nous avons pris la direction des Tours de Merle avec l'intention de faire une  balade autour du site. Il s'agissait de faire un petit circuit de 8 km sur les crêtes dominant la vallée de la Maronne (rien à voir avec moi qui ronchonne tout le temps !)  Adossées à la colline dans leur écrin de verdure, ces tours sont les vestiges d'un riche passé. Elles appartenaient à une lignée seigneuriale depuis le XI e siècle   qui se divisait en trois branches principales, puis au fil de l'histoire elles ont été abandonnées pour des lieux plus cléments. Les ruines de ces tours se situent presqu'aux confins du département du Cantal.



Une fausse direction nous a fait quelque peu dévier notre route et c'est par une petite route escarpée que nous avons atteint notre objectif. La chaleur aidant, nous sommes allés jusqu'aux tours et avons abandonné l'idée de la balade. Une autre fois sans doute ou alors peut être !
Puis nous avons repris la route en sens inverse.  C'est à la fraiche que nous avons repris notre bâton de randonnée pour une balade aux alentours de la maison. Sans conviction toutefois.

La robe blanche



C'était un dimanche au bord de l'eau, elle avait mis sa robe blanche et lui portait son costume à carreaux. Celui qu'il avait lors de leur première rencontre.
C'était aussi un dimanche. Ce jour là il était arrivé avec à la main un bouquet. Un immense bouquet de 31  roses blanche, car il parait qu'il en faut un nombre impair dans un bouquet. Pourquoi ? Allez vous me demander.
Parce qu'il était libre et pur dans l'espérance  de la voir toute pareille à lui.
Parce qu'il croyait en quelque chose de bien plus grand, de bien plus  fort que lui et voulait lui déclarer sa flamme naissante. Lui dire qu'il espérait qu'elle accepte d'écouter sa déclaration. Car il était bien trop timide pour lui déclamer d’emblée un poème, ou bien même quelqu' imbécilité du genre : "Mademoiselle voulez vous ?"
Et puis les roses blanche ça sent bon, c'est suave, c'est aguichant, pensait il.
La demoiselle avait accepté ce bouquet sans broncher. Rosissant à peine, le visage inondé par la lumière du soleil.
Ils s'étaient revu. Avaient longtemps marché le long des quais. D'autres bouquets s'étaient ajoutés au premier. Puis un jour elle était partie. Quelqu'un lui avait offert des roses rouges et sa passion retrouvée l'avait conduite loin des quais.
Si aujourd'hui, elle était là face à lui, tenant à la main  un modeste bouquet, de trois roses seulement, c'était bien parce que justement elle voulait à tout prix être en paix avec cet amour trop lourd pour elle étouffant la moindre de ses initiatives. Elle aurait voulu de l'imprévu dans leur relation, du mouvement, du charme. A la place il lui offrait du plat, du sans âme.  Et il était là, à nouveau avec son ridicule bouquet de  roses blanche.
Oubliant toute réaction conventionnelle elle pris le bouquet qu'il lui tendait et le jeta rageusement dans la poubelle la plus proche. Puis elle tourna les talons et alla s'acheter un immense bouquet de roses rouges qu'elle posa sur la table du salon en rentrant chez elle.

Je hais les dimanches !

Pas parce que tout est fermé. Non. Je me suis toujours battu contre le travail du dimanche. Et pour qu'il soit bien compensé quand il est nécessaire aux fonctionnement des services d'urgence, de santé et de sécurité. Le minimum, quoi.
Non, si je hais les dimanches, c'est pour de toutes autres raisons.
La première étant qu'il est synonyme de séparation, de fin, et que je n'aime pas les séparations, ni la fin des histoires qu'on écrit à plusieurs.  La séparation d'avec les parents et la fratrie pour aller en pension et ensuite au travail quand on grandit. Puis celle d'avec les enfants qui s'en vont en pension puis au travail,  quand on vieillit  et parce qu'après lui, vient le lundi et que le lundi, il faut recommencer souvent ce qui nous tient en esclavage et nous aliène.
Les dimanches sont la tristesse de la semaine de ceux qui n'ont pas de lundi au soleil.
Je hais les dimanches aussi parce que pendant que certains se retrouvent et font la fête, d'autres attendent seuls que passe le temps. Le temps qui n'en fini pas de dérouler sa solitude, sa mornitude et que c'est oppressant.
Je hais les dimanches parce que c'est le jour qu'attendent toutes les mères, que viennent leur enfant et que c'est un  déchirement quand vient le moment où part l'enfant.

Variant

 Encore un temps de mrd aujourd'hui. Pas engageant. Peu de choses pour nous réjouir.  Comme souvent depuis quelques temps.  C'est po...