Partage

 En ce jour plus vieux du moi de juin  qui sera le dernier avant que je n'attaque juillet, qui sera le prochain  d'une autre décennie, je voulais partager ma dernière balade, peu prolixe et assez courte, mais tout de même avec ma Ponette, malade revenue de vacances mouvementées et trés ensoleillées. Le soleil rayonne en elle malgré la pluie, malgré le froid, malgré les difficultés, malgré qu'elle soit malade, malgré qu'elle soit loin, malgré qu'elle me manque, le soleil brille toujours quand je l'évoque, quand je pense à elle, quand je la vois, quand je la serre tout contre moi. Quand je dors quand je ne dos pas. Ainsi mais nuits sont comme mes jours, vives,    éclairée, pleine de soleil, pleine de bonheur, pleines de joies, pleines d'amour. Que voulez vous, la Ponette, c'est la Ponette !

Quand je vous ai dit que ses vacances ont été mouvementées, je voulais juste dire, qu'elles ont été trés actives et sportives, comme elle, à son image. Quand je vous ai dit qu'elle était malade, je voulais dire qu'elle a pris froid et que cela s'est transformé en rhinite comme d'habitude. Mais hier malgré cela nous avons marché ensemble deux bonnes heures le long d'un petit ruisseau du nom d'Auzette, où malgré tous les orages de la semaine passée, malgré la pluie abondante de ce matin, il n'y a presque plus d'eau.  Et juin n'est même pas terminé. 


J'ai essayé de rendre des papillons en photos, mais ils sont trés actifs et toujours en mouvement, alors, ce n'est pas merveille. Quand aux Hirondelles, cela fait bien trois bonnes années que je n'en ai pas vu la queue d'une.


Par contre, j'ai pu chopper des libellules  rouges qui paraissaient bleues ? Pourtant des rouges, il n'y en a pas par ici, il faut aller en montagne, dans les zones humides pour en trouver. IL n'y a pas que là qu'il y en ait mais moi je n'en n'ai pas vu ailleurs. Alors je parle pas de ce que je connais pas. Voilà.

L e soleil brillait, et les reines des prés sentaient le miel fraichement tiré (non Ambre, pour une fois, je ne parle pas de mes vaches !)


Nous avons parlé, échangé comme j'aime le faire avec elle. Même si ces moments sont plus rares, parce que la vie nous éloigne et nous sépare, chacun a ses occupations et ses ailes pour librement voler, ils demeurent toujours aussi intenses, ces moments que j'aime partager.


Et aujourd'hui il pleut, la toiture que nous avons entrepris de refaire est sous l'eau, et nous ne savons pas quand elle sera terminée. Aprés les grosses chaleurs de juin, allons nous subir le déluge en juillet ? 

L'homme invisible.

 Cet homme semble bien triste.
Il pense...
Mais à quoi ?
Sur quoi ou qui se penche-t-il ?
Qu’attend-il ?
Qui attend-il ?
Je n’en sais rien.
J’en saurai peut-être plus lundi.
Je saurai peut-être ce que vous en direz.
J’aurai pensé à quelque chose.
Une histoire.
Une prémonition…
À lundi donc...
 

 

 http://le-gout-des-autres.blogspirit.com/media/01/02/573939168.jpg

 

 

Le vieil homme est triste assis sur le bord de ce trottoir.  Il n'a plus d'espoir. Les derniers qui lui restaient sont partis, envolés avec l'ultime rayon de soleil de sa pauvre vie. 

Son existence ne fut pas heureuse, jusqu'à ce qu'il rencontre Elizabeth. C'est elle qui l'accompagnait lorsqu'il descendait dans la rue. Elle lui passait son par dessus, laçait ses souliers, le guidait dans ses pas. Il ne voyait pas ce qui l'entourait, mais les odeurs étaient ses repères. Le bruit de la rue, lui faisaient distinguer le jour de la nuit. Mais à présent qu'elle est partie, dans l'au delà lui a-t-on dit, il est désorienté, ses nuits, semblables à toutes, ne sont plus qu'un long tunnel contre les parois du quel il se cogne chaque fois qu'il esquisse un nouveau pas. Sa vie n'ayant aucun sens, il ne sait pas vers où se diriger. Les zébras se croisent et s'entrecroisent. Les gens autour de lui passent et repassent sans même l'apercevoir. D'aveugle qu'il était, invisible il est devenu. C'est ainsi que vous le voyez, à l'angle de ces rues, en chaussons, appuyé sur sa canne, silencieux et désespéré.  

N'aurais je pas dû être un chat ?

 Les chats s'ennuient le dimanche. Les autres jours aussi, je pense. Surtout quand il pleut et que comme Petit Lion, ils restent tapis sous la remorque, ou grotis sur la fenêtre, comme la Plume, 

ou alors roulés en boule sur la chaise comme la Zéphir

quand ce n'est pas sur le lit comme le Flocon. Mais... à peine on ouvre la fenêtre qu'ils accourent, bouge un orteil : qu'ils rappliquent, tousse un peu : qu'ils se réveillent. Tout ça pourquoi, me direz vous ? Parce qu'ils ne dorment que d'un oeil ? Parce qu'ils ont froid ? Parce qu'ils se soucient de vous ? Mais pas du tout ! Non, s'ils rappliquent si vite, c'est que chacun de vos mouvements suscitent en eux une sensation de faim et de gourmandise. Alors il font le siège devant la porte magique. Celle qui donne accès aux croquettes divines, ou mieux encore à la pâtée céleste. A toute heure du jour ou de la nuit, ils se précipitent dès qu'ils entendent le son métallique d'une boite qui s'ouvre, d'un couvert qui tinte ou d'une effluve qui vient titiller leurs papilles.   


Là, ils se lancent un défi, lequel aura raison, lui ou elle ? Et aprés, dodo dans un carton !

A quelle belle vie, tout de même ! j'aurais dû être un chat.



 Au lieu de ça, je dois prendre soin d'eux, et pas que. Les tomates, les haricots, les gens autour de moi, le mari, les enfants, la belle mère... le frangin, la belle soeur, ...  Pour certains c'est bien normal et on est là pour ça, prendre soin les uns des autres, sans oublier le monde dans lequel on vit, mais là y a trop de travail, toute seule j'y arriverai pas. Et puis tant de choses encore. La liste est longue. J'aime mieux ne pas y penser. Et d'ailleurs, je me détache de plus en plus de plus en plus de choses, pour garder que ce qui est important,  je vieilli, non ? 







Pour la route

 Quelle chaleur ! pas un souffle d'air et il parait que demain c'est pire encore. Pas de balade alors, ou plus tard à la fraiche. Ce matin ce n'était pas possible, vu l'emploi du temps. Et hier ma foi n a fait ce qu'on a pas pu faire autrement. Il y avait un vent léger qui soufflait sur les collines, l'eau de la rivière coulait sur les galets et dans la forêt les oiseaux pépiaient et le tilleul embaumait. 

Les bruyères commencent à fleurir. Les paysans font les foins. L'été s'avance doucement et la terre craint pour son avenir. 

Quelques petites images en passant pour vous divertir, car je sens bien que pour vous aussi c'est difficile.










En chemin

 On ne va pas toujours parler de choses tristes, ni s'entretenir dans l'oisiveté, tout de même ! Il fait chaud, le jardin pousse, parfois y a de l'orage (ce qui m'arrange bien, car non seulement ça arrose à ma place mais en plus ça rafraichit. 

Au fait je ne vous ai pas dit ? La semaine dernière (mercredi) je me suis exercée au tracteur tondeuse, au début ça fait un drôle d'effet, on a peur que l'engin se renverse et nous coince dessous et puis on prend le coup, on évite les descentes, on tond en montée  on quadrille la pelouse et le temps passe. Aprés on entend plus rien (déjà qu'avant faut bien tout ! enfin pour moi qui suis sourde).

 Vendredi, j'ai écumé le cerisier, toute les basses branches, et j'ai distribué les cerises. J'en ai gardé un peu pour me régaler et le reste, les oiseaux s'en occupent. Samedi j'ai rien fait et hier petite promenade le long des blés. 

J'ai pensé à Adrienne  et à ses coquelicots  (trés jolis ) et voilà











La Croisière ça m'use.

Ce tableau d’Aldo Balding vous inspire-t-il quelque chose ?
Quant à moi je me demande ce que font ces trois hommes.
On verra bien lundi ce qui sort de nos cogitations…
Devoir de Lakevio du Goût_127.jpg 

Que font-ils ? 

Je les crois en croisière, mais pas à la Croisière qui est dans la Creuse, à la jonction des l'A20 et de la RN 145, à la limite de la Haute Vienne, mais peut-être qu'ils en viennent ? 

Avaient-ils tant envie de mer qu'ils ont quitté leur femme et leur chaumière, laissant les grands parents les enfants et leur mère ? Sont ils maçons de la Creuse, charpentiers ou ouvriers le dimanche, aprés la messe ? Ont ils encore le temps de voyager dans l'espace ? Leur barque a pris le large d'un horizon nouveau aprés qu'ils aient gagné au loto ? Ont ils fait le pari de remonter la rivière jusqu'au fleuve et du fleuve à la mer ? Ou bien ils allaient à la pêche aux céteaux, mais partis trop tard, c'est assez pour   celle à la baleine, bien que beaucoup trop loin. Ils me font penser à ces personnages d'un  film que j'ai vu jadis, les petits mouchoirs ou la suite, marins occasionnels en perdition sur l'océan avec leur embarcation de fortune. Ils scrutent au loin l'horizon, mais personne en vue pour porter secours à l'équipage. pas non plus le moindre souffle du vent pour les pousser vers le ravage. Ils m'avaient proposé d'embarquer avec eux, pour une course lointaine, sur une me sans fond, par une nuit sans  lune, je n'ai pas accepté, que voulez vous, moi la croisière,  ça m'use.

Lettre à Marie Hélise

Cette toile de Vettriano me fait irrésistiblement penser à Baudelaire.
Je verrais bien un devoir qui commence par :
« 
Je logeais dans la maison du principal, et j'avais obtenu, dès mon arrivée, la faveur d'une chambre particulière »

Et qui finirait par :
« Néanmoins un moment de réflexion me décida à attendre la fin de l'aventure. »
Ça, ce serait chouette…
»Heartbreak Hotel.jpg

« Je logeais dans la maison du principal, et j'avais obtenu, dès mon arrivée, la faveur d'une chambre particulière » ce qui était pour moi, non seulement un gage de confiance extrême, mais en plus l'assurance  de voir journellement la fille de ce dernier, dont tout le monde ignorait qu'elle était ma maitresse.

Je saisis l'aubaine sans maudire qui que ce soit ayant voulu m'enfermer dans un pensionnat aussi délicieux. pour tout dire, j'y serais resté ma vie durant tant les lèvres de ma bien aimée me semblaient délicieuse. Tant son corps frémissant  me faisait, à mon corps défendant,  me pâmer dès son apparition. Oh elle n'était pas indifférente au mien non plus ! surtout si j'en crois son allure non chat lente quand elle s'approchait, me frôlant divinement  de ses cotillons en mousseline et tendant vers moi son cou de cigogne dans un souffle langoureux, le regard aguichant, les mains moites et les lèvres entrouvertes d'où s'échappait un filet de salive sulfureuse.

Notre aventure dura quelques temps, puis je me rendis vite compte de son influence néfaste sur mes études de notaire. Certes les jeux  de rôle aux quels elle m'associait étaient bien plus drôles que le code des familles et l'étude des différentes hypothèses en matière de droit de succession. Mais les  distractions  étaient rares et je dois bien admettre que la personne était plaisante. Bien sûr je n'ignorais pas non plus que je n'étais pas le seul prétendant à la cour de mademoiselle.  Je voyais bien les yeux rouges et le regard tendre que lui lançait le gros Fernand. Je voyais bien aussi et j'entendais surtout leurs rires gras, quand dans l'escalier qui descend à la cave, il l'embrassait dans le cou. Je voyais aussi combien de fins gourmets la courtisaient et je supputais son esprit de résistance bien plus limité que ses talents d'aguicheuse. De plus, les plus anciens ne se privaient pas de ricaner sur mon passage, ne manquant aucune allusion à monsieur de Montespan.  Le nom de Montallant fusait parfois sur mon passage. Je savais bien qu'autant que mes études, ma réputation pâtissait gravement de cette situation et que je devais me ressaisir rapidement, présageant une fin future à notre idylle. Pour ne pas perdre la face, je lui écrivis une longue lettre, qu'elle lirait sans doute si elle avait le temps. Je préparais ma missive, la pliais en 3, cherchais une enveloppe, pour la mettre de dans, mais ne l'envoyais pas au dernier moment. « Néanmoins un moment de réflexion me décida à attendre la fin de l'aventure. »

 

 

Au musée 2

Cette toile de Joseph Lorusso, comme celle de Karin Jurick que je vous ai proposée la semaine dernière, montre un tableau intitulé « Le Ba...