La bande des 4.

 

Ils étaient 4. Quatre généraux ô gué .


Non, mais là je ne parle pas des généraux, mais de mes chats

Qui remplacera l'irremplaçable Chaussette ?
Flocon
Lui ? intrépide, cascadeur, mais qui a peur de son ombre ?
Ti Lion


Lui peut être, décidé, volontaire, faisant fi de tout obstacle. Prêt à en découdre, bravant tout danger sans se préoccuper des conséquences.
Firette
Elle ? Ronchon, agressive, peureuse qui ne passe pas une journée sans souffler et sans rouspéter aprés quelqu'un, quelque chose ou aprés rien ?
Plume

Elle, la déterminée, qui ne s'en laisse pas conter. Toujours prompte à se cabrer et à braver l'adversité. 

Qui de Plume, Flocon Firette ou Petit Lion sera en capacité de remporter la palme du meilleur chef de bande ? 

Je ne parierai pas sur Firette, indocile, indomptable, revêche et acariâtre. Qui passe son temps en querelles, en d’innombrables chicanes avec ses partenaires. Incapable de fédérer qui que ce soit. Prompte à éloigner d'elle les moindres de ses alliés potentiels. Peureuse et vindicative. Qui se sauve en rouspétant devant la plus petite des anicroches.

Aprés, des trois qu'il reste, le jeu est équitable. Plume tient la route. Bagarreuse mais  sociable. Elle ne s'en laisse pas conter comme je le disais précédemment. Elle passe volontiers la patte et défend son territoire. Elle n'a peur de rien, de personne et semble même assez déterminée pour chasser l'intrus. C'est une battante, une coriace, une avec du tempérament à revendre. Saura -t- elle être à la hauteur ? C'est un défi que je lui lance,saura-t-elle le relever ?  Les paris sont ouverts.

Petit Lion lui est de ceux qui ne s'attardent pas en détails inutiles. Il va son chemin. Traçant droit ne s'occupant pas de son voisin. Charmeur, câlin, avec les gens comme avec ses congénères. C'est le dernier arrivé dans la fratrie. Il s'accommode de tous les comportements. Mais attention ! il ne faut pas le chercher ! Il a vite fait de montrer les dents. Il ne mord pas. Il s'impose. Son territoire est celui de ses copains, il ne faut pas tergiverser. Il a la carrure. Aura-t-il l'ambition ? 

Flocon ? Il peut être déterminé. Mais il a peur de Firette en particulier. Surmontera-t-il ce handicap ? C'est un chat qui n'a pas été élevé par sa mère qui l'a abandonné à la naissance. Sans la contribution d'une autre chatte, il serait mort abandonné. Nous l'avons récupéré dans une famille où chats et chiens ne formaient qu'une seule et même fratrie. A-t-il apprit et qu'a -t-il apprit depuis son sevrage  et au contact de plus aguerris ? Il peut se révéler et nous serons agréablement surpris de voir  ce chat se révéler, surmonter sa peur  et prendre ses responsabilités. Quoi qu'il en soit les dés sont jetés. Les paris sont ouverts. A vous de jouer.

 Vous voyez, ce n'est pas simple de pronostiquer. Il en est de même dans notre société. Entre les désirs des uns, les intérêts des autres et tout ce qui n'est pas en notre pouvoir, beaucoup de possibilités se présentent. Sarons nous les exploiter, en tirer le meilleur parti, ou bien va-t-on encore devoir subir, se faire avoir, et encore une fois passer à côté de lendemains qui chantent ? Là aussi les paris sont ouverts, à nous de les exploiter au meilleur de nos capacités, sans nous tromper. Voilà qui n'est pas chose aisée.


Le temps passe et laisse des traces.

 A l'heure qu'il est, le jour n'est qu'à peine levé. Ce matin, depuis qu'il pleut, plutôt depuis qu'il bruinasse, je ne fait qu'ouvrir aux chats, tantôt pour rentrer, tantôt pour sortir, de préférence pas tous en même temps.Mais à une cadence qui découragerait un portier de faire son métier. il faut dire que depuis presqu' une semaine, il cherchent. Ils cherchent leur compagnon. Malheureusement, ils ne le reverront pas. Frappé par une maladie auto-immune, l'âge aidant, il s'est laissé doucement partir. La veille, nous discutions son docteur et nous de l'opportunité d'entreprendre une opération. Nous avions donné notre feu vert, pensant que si on ne faisait rien, il partirait définitivement. Il n'y avait que peu de chances qu'il s'en sorte, mais nous avons pensé que perdu pour perdu, autant tenter le tout pour le tout. Malheureusement  durant la nuit, son état s'est aggravé et c'est dans une léthargie profonde qu'au moment où on allait lui donner des soins, l'équipe médicale l'a trouvé. 

"Comme s'il attendait notre décision pour partir" m'a dit le docteur des animaux, sans bruit, sans éclat, celui de ses immenses yeux bleus s'étant éteint comme la flamme d'une bougie dont la mèche a fini de se consumer. 

Nous l'avons posé en terre tout prés de sa petite soeur partie quelques années plus tôt. Dans le coin du jardin entouré de roses parfumées, de pivoines odorantes, de rodhos flamboyants et de pruniers sauvages. A l'ombre du grand tilleul, là où avec ses frères, sa soeur et tous ceux qui ont parcouru avec lui un bout de chemin, il aimait jouer, chasser, se reposer. Prés de là, notre coin repas d'été, repos du soir, s'étend dans une grande tranquillité.

C'est là qu'il y a bientôt 14 années, sa mère est venu les déposer tous, au fond de la cabane qui servait de maison de jeux à la Ponette, puis de remise de jardinier. Nous les avions trouvés un soir en rentrant de vacances. Vifs comme l'éclair,  intrépides comme le vent. La Ponette mit plusieurs mois à les apprivoiser, puis à l'approche de l'hiver, ils consentirent à rentrer. D'abord, son frère et lui, puis sa soeur, les autres restant prudemment aux abords de la maison, sans trop s'aventurer... Treize années se sont écoulées,  chacune avec ses joies ses peines, son lot de rires, de larmes et la roue a continué sa course, bon gré mal gré et malgré tous les malgrés.

La dernière page écrite ensemble,  ainsi tournée, nous sommes un peu déboussolés. Ses congénères aussi, qui se sentent orphelin et tout désemparés.

Mais la vie continue malgré tout, et il faut bien avancer. Profiter tant qu'il en est encore temps de nos espaces de liberté. Ceux qui nous sont permis et que notre santé nous autorise encore. Car le temps passe si vite... et laisse des traces sous nos pieds comme sur nos vies  écartelées.

Hier le sol gelé ressemblait à un paysage enneigé. Le givre présent trés tard me permit de belles photos (enfin que moi je trouve belles par rapport à d'autres que je fais). C'est ainsi qu'à peine levée, je contemplais les moutons  tout tremblant sous leur toison laineuse.


Puis je pris ma voiture pour une petite course que je devais faire  et que j'ai dû différer par manque de temps, tellement j'ai préféré ces paysages magiques, dont j'ai du mal à me priver, d'abord le vieux pont de Solignac où je me suis arrêtée,


puis parcourant la campagne, j'ai pu marcher longtemps sur un chemin inconnu, mais que je ne regrette pas d'avoir emprunté. 

Longeant la rivière, en contre bas des tours de Chaluçet,





que j'ai laissé derrière moi, j'ai remonté le courant, passant devant un vieux moulin restauré et dont la roue ne sert plus qu'à marquer le temps et le passage des truites et des goujons  dans ces eaux écumantes et fraiches les soirs d'été. Glacées l'hiver et par endroits gelées.



jusqu'au hameau des Planches. et ses vieilles maisons abandonnées pendant que de nouvelles se sont édifiées.

A l'aller comme au retour, je me suis délectée de ces figures féeriques que l'eau quand elle se fige, se plait à dessiner. Paysage de verre, arbres cristallisés, morsures de l'hiver sur les fougères gelées,












arabesques sur le sol sculptées. Magie de la campagne où la terre craque sous nos pieds pesants de glaise accumulée à nos semelles épaisses pour bien nous protéger.

Je referai sans doute cette balade et ce sera différent. Mon état d'esprit aura lui aussi changé, chaque jour est un jour nouveau, chaque heure qui passe un temps différent que je me plais à apprivoiser.

Comme disait ma mère !

 Pas étonnant que la vieille voulait pas mourir ! disait elle quand elle apprenait quelque chose de surprenant.

Pour ma part j'ai beau n'être pas si jeune, cela ne m'empêche pas d'être surprise de certains comportements.  

Aujourd'hui allant chercher mon pain, pendant que j'attendais d'être servie, voilà que s'amène une uluberlue d'une espèce particulière. 

Celle ci demande une baguette et aprés quelques tergiversations s'étonne auprés de la vendeuse, que la baguette ne soit pas au même prix qu'ailleurs. - Comment se fait il dit elle qu'elle soit à 0,85 cts ici alors qu'elle est bien plus chère ailleurs ? 

J'avais envie de lui proposer de lancer une pétition pour que le prix soit augmenté tant  elle paraissait  contrariée. Mais la vendeuse lui dit, mais vous savez nous avons une autre boulangerie où elle est à 1 euro !

Ouf ! m'écriais je ! nous sommes sauvés, vous pourrez aller là bas acheter votre pain ! quant à moi je vais continuer de venir ici ! 

Bon laissons cela de côté. Il fait un temps de chiottes aujourd'hui, il y a de la boue et des travaux partout et je n'ai pas envie de patauger dans la gadoue. 

Hier j'ai fait mes courses et j'ai profité du peu de soleil qu'il y avait encore. Avant hier par contre, j'ai fait une grande balade à travers les bois. Longeant un cours d'eau que je ne soupçonnais pas, traversant des prés qui surplombent la rivière mais ne permettent pas d'en apercevoir la rive.

Et quand je suis revenue à ma voiture, j'ai fait une belle rencontre : le chauffeur du bus scolaire qui attendait l'heure de partir. Nous avons parlé photo et je suis repartie avec quelques conseils et pistes de balades animalières. 

Je vous montre  :






En réalité j'en ai fait plus que ça, mais elles se ressemblent un peu toutes. Mais je sais où aller la prochaine fois traquer la biche, le lièvre ou l'écureuil, s'ils se laissent prendre en photo et si je me lève assez tôt !  

Voilà comment j'agrémente mon quotidien en attendant mieux.

 Et vous, ça se passe comment ? Bonne journée (pour demain, car elle est presque finie à cette heure, et il va bientôt falloir aller au lit !).

Janvier

 Déjà bien entamé, janvier s'écoule doucement avec ses jours qui rallongent en luminosité et raccourcissent en liberté. Pourquoi ? Au nom de quoi ? On peut se le demander. On a le droit. on peut tout supposer, on a le droit aussi. Pour notre bien qu'on voudrait ? C'est certain ! d'ailleurs plus on avance dans le temps, plus cela devient évident. Ils finiront par l'avoir, le peu qu'il nous reste, et notre peau avec !

Cette introduction faite et ces considérations établies, il nous reste à profiter des bons moments quand il s'en présente.

C'est ce que j'essaie de faire.

Tout d'abord, janvier a démarré sous la neige, juste au moment où Romi devait prendre la route à la fin de ses congés. Nous avons passé ensemble des jours plein de bonheur car nous savons tous qu'il faudra attendre et compter pour profiter des prochains.

Et puis la Ponette étant là pour l'occasion, comme à chaque fois qu'il s'en va, nous sommes parties faire un tour dans la brume froide et nous avons attendu son appel pour nous dire qu'il était bien arrivé.

Les vaches aussi attendaient sous le givre.

Pour la plus part, des allaitantes ou des gestantes, prêtes à mettre bas. Nous n'avons pas tous un toit  !

Puis les lendemains généreux en givre, je pris mon chemin cueillir des perles de rosée bien cristallisées.


Le long de la Vienne dernièrement, avec ma Ponette
De la Valloine et de son moulin
Du moulin des champs
du château de Montbrun, du château des Enclos dont il ne reste rien, de la rencontre magique que j'ai faite à son sujet.
Du vieux Charles avec qui j'ai eu tant de complicité. Je n'ai pas de photo de Charles, c'est une carte postale, mais on jurerait que c'est lui et ses vaches tant il y a de ressemblance entre cette photographie et eux)
De nos champs, de nos prés où nous gardions les vaches avec la Berthe, notre voisine de pâturage.
Les prés des Enclos




les champs, les paturages


la maison des Enclos


De la maison du vieil Ernest, le dernier à avoir habité les Enclos, dont il ne subsiste plus que quelques pans de mur.

 De ce que nous aimons et de ceux que nous aimons. De bien des choses et de tout ce qui nous lie à cette terre et d'autres choses encore.

Et de notre petit Lion et de son ami Flocon.


mes deux compères dont l'un s'appelle Ti Lion et l'autre (le blanc) Flocon


Mais parlons d'autres choses. J'ai reçu hier mes livres commandés la semaine passée. volumes sur la grande guerre et les combattants d'Echandelys. 
 volumes sur l'état civil depuis 1564 et jusqu'en 1900. Une brochure sur les hameaux de la commune et leur histoire au cours des siècles passés, que je peux compléter à loisirs pour ceux que je connais. 

Leur auteur a fait l'objet d'un article élogieux de ma part sur "Entrenousoidit ". Il connait bien sa commune d'adoption et les recherches fabuleuses qu'il a entrepris me sont d'une grande importance, en particulier pour ma généalogie. Grâce à lui, j'ai pu remonter trés loin (au delà de 1600) pour ma branche paternelle.  Je ne l'en remercierai jamais assez.

En parcourant ces pages, je me ressource un peu. Je revois mon vieux village et je l'imagine tel qu'il était autrefois.  Avec sa foire, ses marchés animés, ses vieux paysans parlant patois. Parmi mon grand père, ses frères s'en allant vendre les produits de leur labeur et à la fin, s'en aller prendre un verre chez la Vialis ou la mère Chometon, ou bien chez l'Ambroise, tiens, l'Ambroise, leur cousin. Les cafés et les commerces étaient nombreux en ce temps là. Ils ramenaient à la maison, ce qui faisait besoin, le sel, le pain qu'ils échangeaient contre quelques boisseaux de grain. 

De nombreux hameaux possédaient un four à pain, je n'en ai jamais connu à Lossedat, cependant il y avait en bonne place dans la pièce commune, une maie dont on m'a rapporté que ma grand mère y pétrissait le pain.

Echandelys sous la neige.



carte postale d' un champs de foire dans les années 1930





Non lieu ? Si puisque je vous le montre.

 Cette semaine mouvementée se terminant sur un non lieu, c'est à dire sur un nul part autre qu'à la maison, j'ai tout loisir de ...