Rentrée des classes et mots d'enfants.

Aujourd'hui les enfants ont repris le chemin de l'école. Le temps est gris, maussade sur le Limousin. Riant, ensoleillé de l'autre côté de la grande montagne qui devient violette quand le soir descend.
Mael, trois ans, fait sa première grande rentrée. Cet été il a eu un petit frère qu'il voulait appeler Elbert. Mais ses parents ont choisit un autre prénom. Pourtant il aimait bien, lui, Elbert ! -
" Je ne sais pas pourquoi, vous ne voulez pas l'appeler Elbert, c'est joli Elbert" leur a-t-il asséné.

Ce matin, jour où les choses sérieuses s'apprêtent à commencer, dans la précipitation, son papa a oublié le cartable.  Obligé de faire demi tour, pendant que la maitresse expliquait comment allait se dérouler la journée.
 -"Moi, dit-il, mon papa a oublié mon cartable à la maison, il est reparti le chercher, c'est bien une daube,quand même, celui là !! "

Retour

Je ne sais quel sens donner aux choses. Ce matin en cherchant Vénus, j'ai trouvé un trèfle. A quatre feuilles. Je l'ai donné à ma fille, en pleur à cause du chat. J'ai continué avec elle les recherches. Infructueuses. Désolées et malheureuses, nous avons compris que plus passait les heures, moins étaient grandes les chances de retrouver Vénus. Ou alors son cadavre. Ne pouvant plus supporter de tourner en rond, à attendre quelque retour improbable dans son état, nous avons décidé d'une balade. Il faisait bon marcher le long de l'eau. Nous avons vu un héron s'envoler. Des canards remontaient le courant.
J'ai fait quelques photos.

Nous sommes rentrée chez nous. Au bout d'une demie heure, le Patou est apparu tenant dans ses bras, une pauvre créature. J'ai appeler ma fille lui disant de venir vite. Elle est accourue en criant : Vénus est revenue ! Depuis elle ne la quitte plus. Nous savons pourtant que ses jours sont suspendus à un fil. Mais ce fil nous ne voulons pas le laisser filer. Alors nous la cajolons du mieux que nous pouvons.
Demain commence une autre semaine. Dans deux jours nous partons. Pourvu qu'il ne se passe rien de fâcheux en attendant.

Tristesse

Partie depuis hier soir, nous l'avons cherchée partout sans la trouver. Hier jusqu'à très tard, à la nuit noire, nous l'avons appelée. Ce matin nous avons parcouru la campagne, les haies, les champs les prés. 
Chaussette a cherché de son côté, en vain. 
Quelles chances a-t- elle de survie ? A la merci du moindre prédateur et des derniers assauts de sa maladie ? 
 Sans un mot, sans faire de bruit, elle est partie. Nous quitter tant qu'elle en avait encore la force ?  La force ultime de se cacher pour mourir. Par pudeur. Comme elle se cache à chaque fois, pour dérober à notre regard ce que personne n'aime faire voir. 
 Il y a plus de 24 heures maintenant, il n'y a plus beaucoup d'espoir, elle ne reviendra pas. 


Petite minette, comme tu nous manques déjà. Tout à l'heure, quand je suis passée devant la porte où tu dormais encore il y a peu, j'ai eu un haut le coeur. J'avais profité de ces journées ensoleillées pour refaire propre ton coin, laver tes coussins. J'avais refait ton lit, hier, tout propre, bien arrangé. La dernière nuit, tu l'avais passée dans le carton à chaussures de ta petite maitresse. Elle a viré ses chaussures et les a remplacé par des coussins moelleux. Garni le carton d'oreillers pour que tu aies un coin douillet. Par dessus elle a replacé une boites pour te faire un coin secret. Tu verrais comme c'est beau et confortable, si seulement tu revenais !
Sais tu qu'elle a pleuré tout le jour ? Sais tu combien tu lui manques ? Sais tu que Chaussette a joint ses efforts aux nôtres pour te retrouver ?
La maison est vide de toi. Vide ton coin. Vide le jardin où tu ne parais pas. Vide la haie  où tu te cachais.
Demain  si tu ne reviens pas, je rangerais tes médicaments, ta cuiller et ta gamelle. Je rangerais la nourriture que j'ai acheté pour toi.
Je rangerai ta caisse à litière. Je viderai ton eau. J'enlèverai le tapis que j'ai acheté exprès pour que tu puisses nettoyer tes coussinets
Demain la maison aura des allures de deuil si tu ne reviens pas. Nous n'avions pas prévu tout ça.
Ma belle, ma princesse, si tu savais comme nous avons le mal de toi !

Ce jour en Limousin et peut être ailleurs aussi d'ailleurs.

Aout s'en est allé. Oui. depuis deux jours, déjà. Il ne subsiste qu'un parfum d'inachevé. Un regret de n'en avoir pas profité assez. Une incertitude qu'il n'a pas été possible de lever : avons nous eu un été ?
 Et voilà que septembre commencé par un matin de rosée s'en mêle à son tour et nous offre depuis le lever de son premier jour, tous les temps dans le même début de journée. Il a fait tour à tour : beau temps mais froid comme un début de février, beau temps et pluie en même temps comme un matin de giboulée de mars, beau temps et frais comme matin de mai et maintenant il pleut comme une journée de novembre qui s'éternise.
 Septembre est arrivé et ne sent pas les champignons. Septembre pue la rentrée. Rentrée des classes que patronat et gouvernement se chargent de mettre en place. Au pas de charge, les ordonnances sont arrivées. Comme Zorro en son temps. A coup de cac (40)  et d'épais ciel obscur pour le pauvre monde dont nous sommes issus. Enfin les gens comme moi, comme vous peut être.
Nous verrons donc d'ici 10 petits jours quelle résistance nous somme capable d'opposer à tout cela. Nous verrons aussi quel cas fera monsieur 24%  des deux tiers des votants de la nation, dont  la moitié seulement dit avoir adhéré à son  programme.
 Ainsi vont les choses, dans le bon ordre qu'on leur donne
Pour ma part, je prépare ma sortie future : dans deux ou trois jour, je vais voir de l'autre côté. Par delà la montagne, retrouver mes champs de blé, moissonnés depuis, battus sur place. Retrouver mes coins à champignons, qui sècheresse oblige ne seront pas tapissés de jolies têtes noires. Qu'importe dans le fond, je sais que ce que je vais récolté sera bien meilleur encore. Dans deux ou trois jours, je vais renouer avec mon passé.

Question d'hygiène.

Mr Caillebotte n’a pas peint que le pont de l’Europe, la gare Saint Lazare, des « racleurs de parquet » ou les trottoirs parisiens. Non, ...