Le goût des autres.

emile-friant-la-discussion-politique-1889.jpg 

 Cette toile d’Émile Friant m’a frappé car elle me dit quelque chose.
Mais quoi ?
La discussion semble animée autour de ce pichet de vin.
Sur quoi peut-elle bien porter ?
20220923_104722.jpg

Quand même, ils auraient pu me demander mon avis…
Mais j’ai peut-être une idée pour le « devoir »…

Tu as raison, cela aurait été la moindre des choses. J'aurais bien donné le mien, mais je n'ai pas vraiment eu le temps non plus. D'abord depuis ce vendredi, j'avais la compagnie de ma famille, pas vue depuis plus d'un an. Donc cuisine supplémentaire, balade, sous la pluie, qui plus est. Nous avions prévu une soirée crépes, délicieuses les crèpes. Ensuite, dimanche, comme mes invités prenaient la route, nous avons partagé à nouveau un bon repas. Tomates farcies cette fois, avec une bonne tarte fine aux pommes, digne des meilleures pâtissiers, donc presque aussi bonne que celle de Monsieur Le Goût, dont c'est la spécialité. D'aprés  ce qui est écrit dans le journal, bien sûr. 

A propos, vous avez lu l'article qui lui est consacré ? Il semble susciter bien des émois et bien des débats. Ces quatre acolytes ne paraissent pas trop d'accord sur le sujet, ou alors ils sont passionnés et sont pris par une discussion enflammée.

J'aurais bien aimé entendre ce qu'ils disent. Tout comme j'aurais bien aimé lire l'article. Mais mon micro est si pénible à utiliser que je préfère abréger ma torture.

 


Les vieux.

 Il y a quelques semaines, j'ai voulu changer d'air et comme je n'en pouvais plus de la chaleur caniculaire, j'ai fait en compagnie de ma généreuse petite soeur qui m'a offert une semaine de vacances, une incursion à la mer. La mer, la bleue, la chaude mer, la belle mer, celle qui nous sépare de l'Afrique. J'ai eu encore plus chaud que chez moi, mais j'ai quand même fait de belles photos.  Bien plus belles que chez moi où tout est sec et ravagé.


Nous n'étions pas les hôtes de ce château, au pied de la falaise, avec ses arcades baignant dans l'eau.
Nous, notre château, c'est  celui des mineurs.

Accroché à sa colline, surplombant la mer, il fut propriété d'un riche baron Ecossais. Mais vous savez tous que les Ecossais sont pire que les Auvergnats ! Son château lui coûtait une fortune et ne pouvant l'entretenir, il tomba en désuétude. En ruine, racheté à la fin de la guerre quand le CNR accorda des droits aux travailleurs, et instaura les comités d'entreprises, par le comité d'entreprise des mineurs du Nord Pas de Calais, en partenariat avec celui des mines et énergie qui venait d'être nationalisées pour devenir EDF, puis celui de la RATP et Tourisme et Travail devenu depuis Touristra, il a permis à de nombreux enfants de mineurs de connaitre autre chose que les corons et le carreau de la mine. Ainsi nous avons pu profiter de ce bel édifice et nous assoir sur le banc des mineurs, là où d'autres avant nous y posèrent leur fond de culotte.


poème d'un enfant de mineur

A deux pas du banc des chats 
 

 
et à quelques encablures de celui des mouettes et cormorans.

 
Et puis il y avait ces magnifiques levers de soleil pour bien commencer la journée. 
 

Septembre offre généralement de trés belles lumières qu'il serait bête de ne pas exploiter. C'est aussi le mois de l'apaisement aprés les grands mouvements de foule des aoutiens, c'est aussi celui de prédilection des vieux pour partir en excursion. Ainsi descendue de bonne heure pour prendre le soleil, j'assistais tous les matins à la ruée vers l'or blanc, celui du petit déjeuner. Vous n'avez pas idée de ce que les vieux sont mal élevés ! on aurait dit les cochons de ma mère quand elle leur donnait leur pâtée ! Ma parole, ils devaient avoir été mis sous cloche depuis 8 jours au moins,  sans manger ni boire, pour se conduire ainsi. 

Je ne vous narrerais pas tous les épisodes, mais en gros, dès qu'un plat sortait de l'ordinaire, c'était la foire d'empoigne, à celui qui se servirait le premier et prendrait la plus grosse part du gâteau. Pour peu que ce soit une forêt noire ! Car il y a eu l'épisode "forêt noire" où les affamés se ruèrent sur le présentoirs au cri, de  non pas reviens Léon, mais reviens, ils vont en ramener d'autres ! alors que déjà leur assiette en contenait deux parts ! A tel point que les jours suivants, la direction du centre de vacance a dû organiser une distribution et une surveillance, comme pour les gamins à la cantine !

Des vieux d'apparence civilisés  qui affichaient pas l'éducation adéquate, mais plutôt une certaine goujaterie et n'avaient aucun sens de la mesure, s'agissant de leur auguste personne.


1000 excuses

Bonjour les amis, j'ai fais un exploit. Que je vous dise, j'ai voulu transférer mon"21 septembre" sur http://delia63980.canalblog.com/ et bien sûr douée comme je suis, je l'ai supprimé, ainsi que les commentaires généreux qui l'accompagnaient. Mais... parce que qu'il y a un bon samaritain des textes perdus, j'ai pu avec beaucoup de patience reconstituer le tout. Donc pardon mes amis, vous êtes juste sur canalblog du coup (comme dirait Alain, notre philosophe à tous)

Le viel homme et l'amère.

 Je suis épuisée, moralement et physiquement. Ne me demandez pas pourquoi. 3 rendez vous chez la véto en moins d'une semaine, si je compte les heures passées à attendre, je suis au delà du quota raisonnable, si raison il y a.   50' +1h15 + 1 h et des poussières ça fait beaucoup. Pour lui donner beaucoup de sous à chaque fois, pour un résultat fort aléatoire et qui reste à démontrer. Aller à Thouard, me direz vous, c'est pas si loin, moins de 3h de route de chez moi. Moins longtemps que  l'attente chez la véto en tout cas, qui est à 5 minutes de la maison. 

Nous voilà donc parti pour de nouvelles aventures avec nos animaux, mieux soignés que nous, mais plus mal remboursés. 

Jeudi dernier, mammographie de contrôle. Vite expédiée, en deux clichés et coups de cuiller à pot. D'habitude j'ai droit à une 10zaine, 5 de chaque côté + une échographie pour plus de précisions. Là rien.  Par contre, 40 minutes d'attente avant que le radiologue ne pointe son nez. Il commence alors à me parler ? Bredouiller, derrière son masque et en tournant la tête de l'autre côté. Je lui fais remarquer que je n'ai rien entendu de ce qu'il disait. Pressé, il me regarde et me dit texto : "rien à signaler" ! ah bon ! les calcifications ont disparues ? Il était déjà plus là, inutile d'insister ! 

Voilà qui me laisse bien pantoise !

Ce matin, rendez vous chez la coiffeuse.  9h 30. Le temps de déposer le chat chez madame Véto, entre 8h 30 et 9 h et me voilà prête à me refaire un semblant de quelque chose. J'arrive à l'heure, l'assistante de la coiffeuse me dit, ben, vous n'avez pas eu le message de ma collègue ? Votre rendez vous est annulé ! Patatras. Non, je n'ai pas eu de message de personne ! Ben va falloir reprendre rendez vous ! déjà que j'avais 3 semaines de délais l'autre fois, je crois que j'ai plus qu'à me racheter de turbans, des barrettes et autres accessoires pour tenir mes cheveux à peu prés en ordre !  c'est pas ma journée, là.

Heureusement la journée se termine et demain est un autre jour. Au fait, j'ai bien eu le message de la coiffeuse, envoyé à 8h 45, mais arrivé sur mon portable vers 10 h 30, quand j'étais déjà revenue de mon périple !

Dimanche, par contre, j'ai fais une belle rencontre, que dis je de belles rencontres. Dans le cadre des journées du patrimoine, je suis allée à la rencontre d'un vieux monsieur qui élève des vaches. Ben , oui, elles sont notre patrimoine, au même titre que le château de l'archi duchesse d'à côté, ou les oeuvres ubuesques du peintre farfelu du quartier. Chacun ses passions.

Arrivée sur place, j'ai fait une cinquantaine de kms quand même, j'apprends que la visite c'était samedi. Mince me dis je, pourquoi, je n'ai pas consulté le programme des deux journées vendredi ? Du reste, je ne savez pas que c'était ce WE les journées du patrimoine, je ne l'ai découvert que dimanche !  Mais la gentillesse du vieux monsieur a fait que visite quand même il y eut lieu.  D'autant qu'un autre couple tout aussi étourdi que moi, s'est joint à la visite. Presque à mon grand désespoir, car ils parlaient trés fort, et avait un chien assez intrépide, ce qui n'est ni prudent ni recommandé en présence d'autres animaux.

 Cependant, je n'ai pas regretté mon temps .

Un collectionneur de diverses races bovines et amateur de bio diversité, ça s'apprécie de nos jours.  D'autant que l'homme est aussi intéressant que ses vaches. Érudit et passionné, à plus de 80 ans, il ne ménage pas sa peine pour soigner son troupeau et faire partager son savoir. Il m'a même autorisé à faire des photos. Que je vous montre un peu.

Yack
Ferrandaise, Maraichine, Longcorn, Dahomey, Dexter, Galloway, Higthland


et même Piemontaise, des vaches trés rustiques et trés sympatiques. 

Ce fut aussi l'occasion d'échanger au sujet des difficultés des éleveurs aujourd'hui, sur les dérives d'un système au bout de sa course, mais qui veut à tout prix imposer l'absurde pour sa survie.


Ephémères.

 Depuis maintenant un mois, j'ai, enfin nous, avons vécu à l'heure estivale. Celle qui apporte souvent la petite pépite qui fait pétiller les yeux et les rempli de malice et de complicité. Malgré une chaleur étouffante et insupportable, nous avons profité de bien jolis moments de partage et avons agrémenté nos journées de jeux, de discussions, de convivialité. J'ai fait des courses  et de la cuisine, nous avons ramassé ensemble légumes et pommes de terre, parfois sous un soleil de plomb. Nous avons rempli nos journées de visite à ceux et celles qui travaillaient, parfois partagé avec eux des petites sorties  fort  agréables. Des balades quand la chaleur s'endormait et faisait place à un peu de fraicheur.





Et puis soudain,  la maison  s'est vidée. Le frigo s'est dégarni. Le coeur s'est gonflé et la gorge s'est serrée toute  emplie de choses amères, de larmes qui se coincent et les yeux se sont embués une fois de plus. Les vacances sont finies. demain il  faudra reprendre le collier et se retrouver sur les rails du temps qui déraille parfois. 

 

Le ciel s'est obscurci. Le vide s'est installé. 

Un été de plus qui s'achève, plein des projets inaboutis que nous avions prévu et qu'il a fallu différer. La prochaine fois, peut être, mais nous serons plus vieux encore.  L'incertitude qui guète chacun d'entre nous, la vie qui passe et qui se tasse. Les jours qui se dérobent et les espoirs qui s'envolent. Illusions éphémères,  brinquebalées, espoirs déçus, chassés au cimetière  des moments perdus. 



Affaires à suivre....

 Pas trop top en ce moment. Il fait gris, mais un gris d'acier, comme le ciel, métallique qui refuse de donner de belles couleurs. Je suis privée de photo, en plus d'être privée de balade. Il fait chaud, la météo annonce des orages, mais nous ne voyons aucune goute de pluie. 

Les aventures médicinales  de mon mari continuent, aprés le coeur, les reins, la prostate, les ennuis se multiplient à  foison.

Chez sa mère aussi, pose de pile pour le coeur ?  Elle est réticente à mon âge dit elle, pourtant malgré tout, elle reste super active et dispose de l'énergie nécessaire pour encore de belles années.  Son jardin est superbe, et superbement entretenu, alors que le mien n'est que désolation et terre desséchée. 

Les vacances se terminent et lundi, la solitude sera de retour pour nous. Aprés un intermède d'un mois, ce sera dur.

Et puis, il y a le quotidien qui n'est pas en reste. Hier j'avais un mail suspect, que je n'ai pas ouvert, au  sujet d'une somme d'argent qui me serait débitée, conséquente la somme, sans que je n'ai effectué aucune dépense. Aujourd'hui, disparition inquiétante de tous mes messages, sans que j'en sois à l'origine. Aprés les services d'Europol du général Rodriguez, qui sont à mes trousses, comme à beaucoup d'entre nous et de mes connaissances (on forme un joli réseau ! n'est ce pas ?)  Voilà donc la brigade financière, la CIA, l'ex KGB, la maffia surement ? 

 Bref, affaires à suivre... j'ignore ce que sera la suite.

Le lac des cygnes

 Aujourd'hui, n'est pas coutume, j'ai assisté à un spectacle de balais : une représentation inédite du lac des cygnes.





Parmi eux, une intruse, jolie dame bernache s'invitant sur la scène, plus loin dans un pré un pauvre cheval cherchait un peu d'herbe fraiche, pendant que sous le couvert d'une hêtraie nous devisions gaiement.



Fourbue et desséchée, je ne parvins qu'à grand peine au bout du chemin. Quatrième balade de la saison, je dois manquer d'entrainement !

Désolation.

 Voilà une belle balade faite aujourd'hui, la troisième de l'été, c'est à dire depuis fin juin. Deux mois de canicule avec des pointes à 47°. Une chaleur intenable, heureusement la maison est fraiche (et accueillante !)  Deux mois durant lesquels on a alterné jeux de société et voyages grâce aux émissions d'Arte. Du coup, je renforce mes connaissances en trivial poursuite et autres quiz divers et variés.

 Bien que j'ai sélectionné mes photos dans l'ordre du déroulement de la balade, blogger les affiche en sens inverse. 

Cela n'a pas d'importance, l'idée c'est avant tout de partager de belles prises de vue et aussi de vous montrer la détresse de nos éleveurs et de leurs troupeaux qui n'ont véritablement plus rien.

Cette belle Limousine gestante aurait pourtant bien besoin de bonne herbe fraiche
mais voyez l'état de ce puits, à sec depuis longtemps, au milieu de ce qui fut une cour de ferme avec une superbe grange  qui a dû abriter du bon foin !
Ce vannoir reconverti en objet d'ornement ne serait pas des plus utile pour vanner un grain quasi absent dans des champs jaunis par un soleil si brulant que ces pauvres laitières sont contraintes, comme la cigale de la fable de manger les réserves de foin récoltées pour l'hiver prochain.
Là par contre, je suis obligée d'intervenir pour remette de l'ordre là dedans.  

Lorsque je l'aperçois au loin, elle broute tranquillement, je clique sur le déclencheur, intriguée, elle pointe l'oreille. Au deuxième clic, elle décampe dans le taillis voisin.

Magnifique chevrette à l'ouïe si fine qui a su rester prudente, j'espère que les chasseurs ne l'auront pas, mais rien n'est moins certain.

Les couleurs de l'automne voisinent avec les fleurs d'été qui pâtissent elles aussi du manque cruel d'eau et n'offrent que de toutes petites touches de couleur sur les talus dorés.

Ici une vieille maison semble se jouer du temps qui passe et se laisse caresser par la végétation.
comme ce puits fleuri qui hélas est à sec depuis bien longtemps, lui aussi. 

Majestueuses créatures que l'éleveur a bien du mal à rassasier.
Ne leur restera bientôt plus que ces rudes fleurs de pastanades un peu dures à mastiquer, qui laissent la langue rêche et la gorge nouée devant tant de désolation. Pour le coup j'en avais l'envie de pleurer. Mais cela n'aurait pas changé grand chose, alors, je les ai abreuvée de douces paroles et leur ai dit que je les aimais. Elles n'ont pas compris les mots mais ont su à l'intonation employée que c'était vrai que je les aimais.

Au musée 2

Cette toile de Joseph Lorusso, comme celle de Karin Jurick que je vous ai proposée la semaine dernière, montre un tableau intitulé « Le Baiser ».
Il n’est pas peint par Klimt mais par Toulouse Lautrec.
Vous inspire-t-il ?
Je vous le propose comme « devoir de vacances ».
Et pour ce « devoir de vacances » ce serait gentil si vous vouliez bien user des mots suivants :

- Oreiller.
- Douceur.
- Roux.
- Parfum.
- Chatouillent.
- Main.
- Chaleur.
- Cou.
- Cadre.
- T-shirt.

À lundi j’espère.

http://le-gout-des-autres.blogspirit.com/media/01/02/2793846189.jpg 

 

Et celui là, tu ne le trouve pas... comment dire  ? 

Sensuel ?

Oui, c'est ça, sensuel, rien qu'à  regarder ce cadre,  j'ai envie d'enlever ton tee shirt, sentir ton doux parfum et la douceur de ta peau au creux de ton cou, passer ma main dans tes cheveux roux, retrouver ta chaleur  et ne plus penser qu'à nos étreintes folles  dans ces draps enchevêtrés. J'imagine nos corps mélés dans une chaleur moite sur ces oreillers moelleux, nos baisers langoureux,bien plus encore que je ne saurais décrire ici, dans ce musée. Si j'osais ....

Oh ! tout de même ! tu ne dévoilerais pas notre intimité ici, en public et en plus, moi, ça me coupe tous mes moyens !

Dommage, parce que, sortis d'ici, je ne sais si je serais si bien loti ! 

Quel rustre tu fais ! on n'est pas des bêtes tout de même !

Au musée

 Cette toile de Karin Jurick m’inspire quelque chose.
Mais à vous ?
Et pour ce « devoir de vacances » ce serait gentil si vous vouliez bien user des mots suivants :
- Attacher.
- Sombre.
- Éblouissant.
- Kaléïdoscope.
- Agaçant.
- Douteux.
- Imprudent.
- Succomber.
- Révulser.
- Stellaire.
devoir de Lakevio du Goût_132.jpg

Il est bizarre ce tableau, tu ne trouves pas ? Lui en tour d'immeuble, elle toute paonnisée ! c'est curieux tout de même !

Oui, tu as raison, mais faut il s'attacher à ce kaléïdoscope   d'un genre douteux  ?

Il est vrai par ailleurs que le fond stellaire du tableau, sur ce mur plus sombre le rend bien éblouissant, et j'ai envie de succomber à son charme. On dirait Pierrot et Colombine

 Ah oui, c'est comme ça que tu te les  représente toi Pierrot et Colombine ? Par contre, je trouve plutôt agaçant d'avoir à me contorsionner tout le temps pour observer les détails de cette toile.

Tu as raison, c'est imprudent de se révulser rien que pour compter les détails de la robe, mais je le trouve beau, moi ce tableau !

La petite qui chantait tout le temps.

 J'étais la première, elle la troisième. j'étais venu vous parler d'elle. Puis il a fallu faire autre chose, alors j'ai laissé sur le métier mon ouvrage. L'inspiration s'en est allée  et avec elle les regrets. A la petite qui chantait tout le temps, s'est jointe une autre qui ne chantait plus. J'ai appelé mon fils, je pense à lui trés fort, hier soir j'ai regardé la télé. Et ben j'aurais pas dû. Voilà. Je ne l'ai pas eu au téléphone. Un SMS me disait qu'il était à Lossedat. Alors la tristesse s'est emparée de moi, un peu comme elle s'empare d'Ambre quand ses petits lui manquent et qu'ils sont à Fort Mahon. Fort Mahon, je me souviens que lorsqu'on était à Saint Ouen, la commune envoyait ses petits écoliers au centre de loisir et parfois dans un centre qu'elle possédait là bas, pour une journée. C'était du temps où la ceinture était rouge, où le budget consacré à l'enfance et à la petite enfance représentait 70% du budget  de la commune. Le combien ça coûte on s'en fichait un peu, c'était une question d'étique et de priorité. Et oui, les municipalités Communistes, c'était ça avant tout, aprés on en a  fait autre chose, les gens n'en n'ont plus voulu et se demandent aujourd'hui pourquoi leurs mômes n'ont plus d'autres choix que trainer sans oeuvre, sans âme, sans but dans les rues d'une banlieue qui se dégrade et déshumanisme à grand feu. Aprés je dis ça, comme je dirais autre chose, mais je dis surtout ça. Une tristesse, donc, qui s'est emparée de moi,  à faire couler des larmes de quoi emplir deux seaux, mais qui nous font aussi choisir d'aller passer l'aspirateur et faire le ménage, moi, c'est des conserves de haricots que je vais aller faire, pour l'hiver, parce que ça résout rien de remplir des seaux, on les vide aprés sur la terre desséchée  et ça coule sans rien arroser et puis tout ce sel c'est pas bon pour les plantes, ça les brule. Et elles crèvent. A Lossedat, quand on vidait le pot de gré - le pot de gré, c'est là qu'on conservait le salé quand on avait tué le cochon, et qu'on mettait pour les conserver  les morceaux qui feraient la potée. -  La potée c'est bon avec du choux et des pommes de terre. Moi je l'aime un peu poivré, alors je rajoute un peu de poivre et j'accompagne mon plat d'un bon rosé de Corent,


bien frais le Corent, un vin subtil, léger, clairé et bien approprié, il vient muri à point sur les coteaux éponymes, mais il faut savoir le conserver à bonne température, dans une cave bien fraiche comme sur les bords de l'Allier. Oui parce que c'est juste en haut qu'il prend tout son arôme, sur les falaises qui surplombent le val d'Allier, entre Vic le Comte et Veyre Monton, sous la protection d'une vierge et de viticulteurs locaux passionnés qui ont à coeur d'en préserver quelques sarments.  Surtout les viticulteurs, parce que la vierge, hein...

J'en reviens à ma tristesse, parce que j'étais à la fois triste et gaie, triste parce que j'aurais aimé être avec eux et que la vie, les circonstances et les aléas ont fait que. Que je ne pouvais pas. Et contente parce que j'aime que mes enfants, que mes soeurs, que mon frère se retrouvent là bas. Parce que là bas, c'est ma maison où je suis née, où j'ai vécu, où j'ai grandi, où ils ont tous aprés moi, mis leurs pas à la suite et ils l'ont aimé, mes enfants c'est sûr, mes soeurs sans aucun doute, leurs enfants aussi, pour les mêmes raisons. Lossedat, maison passion.  Maison racines. Maison enfance. Maison souvenir. Maison du coeur.  Lossedat, dis, quand me reverras tu ? Dis au moins le sais tu ? Cette entaille profonde quand la refermeras tu ? 

 

 

Je crois que la petite qui chantait tout le temps nous retrouvera sans doute ailleurs, une autre fois, car ici, ce n'est pas l'endroit.

 J'étais venue vous parler d'elle et je ne parle que de moi. Je suis triste aussi de cela. Penser à soi et pas à ceux qui sont autour de soi ce n'est pas comme ça qu'il faut que ce soit. Et d'ailleurs nous n'avons pas été élevé comme ça. Mais je suis triste car ces moments que j'aurais voulu partager, je ne le ferai pas. pour la première fois, je ne le ferai pas.  J'en veux à la vie, j'en veux aux circonstances malheureuses qui me privent de ces moments de choix. De premier choix. Le temps perdu ne se rattrape pas. Je suis comme Ambre, privée de mon essentiel, de mon existentiel. Oh bien sûr on y survivra. Mais j'avais envie de le dire. Alors voilà.


Petit contre temps

 Pardon les filles, avec cette actualité brulante, j'ai oublié la date . Mais je ne suis pas coutumière du fait, n'est ce pas ! cette année j'ai oublié tout le monde. 

donc pour Heure Bleue, 

C'est la reine de mon jardin, elle n'est plus en fleur aujourd'hui bien sûr, mais j'ai toujours à coeur de la mettre en valeur et je sais que tu aimes les pivoines.
Bon anniversaire HB !

Pour Bibique, je ne connais pas ses gout, mais je me souviens bien qu'elle ma offert une jolie vache, un jour, une superbe Nantaise.  Pour toi une jolie Aubrac et une belle Ferandaise avec un bouquet d'églantines.





Et pour vous deux et pour les autres aussi 





J'ai bien regardé si j'avais quelques restes de la semaine dernière, mais point de  gâteau, juste un peu de pain et de fromage, mais vous pouvez  y aller, il est bon (fromage fait avec le lait des vaches ci dessus, bien entendu.)

Le goût des autres.

    Cette toile d’Émile Friant m’a frappé car elle me dit quelque chose. Mais quoi ? La discussion semble animée autour de ce pichet de vin....