Jolie bouteille...

 Que fait cette femme, là, dans ce café ?
Je crois avoir une idée.
Elle ne vaut sûrement pas les vôtres mais je vous en ferai part lundi.
Si je n’ai pas trop de cartons à faire…

Devoir de Lakevio du Goût_113.jpg 

 

Que fait elle là ? Ma foi ! Je ne sais pas. Elle ferait mieux de partir parce qu'à cette heure là, il ne viendra pas.  

Ou alors pour lui dire qu'il s'en va. 

 -Je suis venu te dire que je m'en vais ... 

-Tu t'en vas ?  Mais comment tu t'en vas ? Et moi je reste là, seule et perdue au milieu du silence.

Ou bien : Dis quand reviendras tu ? Dis au moins le sais tu ? 

Et l'autre de lui répondre : 

 "Le temps est loin de nos 20 ans

Des coups de poings, des coups de sang
Mais qu'à cela n'tienne, c'est pas fini
On peut chanter quand le verre est bien rempli." 

 Et elle : "Ah ?  Ben oui, mais là, il faut commander une autre bouteille, parce que  le verre, il est bien vide ! 
 -qu'à cela ne tienne, à la tienne !
Buvons encore une dernière fois
À l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça me fait de la peine, mais il faut que je m'en aille.
 
Et souviens-toi de cet été
La première fois qu'on s'est saoulé
Tu m'as ramené à la maison
En chantant, on marchait à reculons
 
Je suis parti changer d'étoile
Sur un navire, j'ai mis la voile
Pour n'être plus qu'un étranger
Ne sachant plus très bien où il allait
 
J't'ai raconté mon mariage
À la mairie d'un petit village
Je rigolais dans mon plastron
Quand le maire essayait de prononcer mon nom
 
 Et c'est ainsi qu'on se retrouve seule,  verre aprés verre, la sacrée bouteille est consommée.
La vie passée sans se rendre compte que le temps n'arrange rien à l'affaire, nous pousse. Les enfants grandissent. 
-Au fait ? 
 Je n'ai pas écrit toutes ces années
Et toi aussi, t'es marié
T'as trois enfants à faire manger
Mais j'en ai cinq, si ça peut te consoler.
 

 ------------

Plus tard :

-Madame ! oh, oh, madame, il faut partir maintenant, je dois fermer.  

-Jolie bouteille, sacrée bouteille
Veux-tu me laisser tranquille?
Je veux te quitter, je veux m'en aller
Je veux recommencer ma vie

-Une autre fois, là je ferme, vous reviendrez demain si vous voulez."


Intermède entre deux.

 Je ne sais pas trop quoi vous raconter aujourd'hui pour vous distraire et vous faire oublier la morosité de ces temps derniers. 

Quelques petites balades pour agrémenter mon quotidien  me tiennent en occupation. Quelques petites manifs de quoi affirmer quelques valeur et en combattre d'autres (franchement pour l'efficacité que ça a !)

Donc ce jour encore j'aurais été mieux inspirée d'aller butiner dans la nature à la recherche du sensationnel (que j'aurais peut être trouvé) que d'aller piétiner en ville où rien ne se passe d'autre qu'un petit train train bon enfant au son des toujours mêmes slogans. Cela dit ce n'est pas une raison pour rester isolé seul dans le marasme ambiant et de cautionner ce qui nous rend, si pas idiot, du moins malheureux. Parfois, souvent même, les deux.

Bref entre deux rendez vous à la préfecture de la Haute Vienne, j'ai quand même pu capter quelques unes des vues magique offertes par cette miraculeuse et sublime nature.


un cours d'eau où la glaise se façonne sous l'effet de l'eau et deux étangs gelés où se reflètent  les rayons du soleil avant qu'il n'aille se coucher

Hier matin sur un sol gelé, un facétieux lionceau

Hier aprés midi de jolies vachettes intriguées de me voir encore les admirer
J'ai pu discuter avec le paysan qui s'en occupe. Il m'a appris de bien tristes chose. Les gens mécontents de voir des vaches ici, saccagent les clôtures   et empoisonnent les animaux. Il n'avait pas l'air parano. Pour avoir moi même constaté à plusieurs reprises des dégâts sur les parcelles voisines de mon domicile, je me suis dit que décidément l'espèce humaine était bien la pire de toutes. 

Ici c'est de vol de bois dont semble être victime le propriétaire de cette cabane de bucheron. Une pancarte mettant en garde contre les peines encourues était en évidence devant le tas de bois.  Décidément !
Et puis le soir à la tombée du jour, encore un spectacle magnifique de l'astre solaire, présageant d'une froide nuit et d'un matin glacial ou les herbes figées en bouquet 

se dressaient magnifiques sous une épaisse couverture de givre étincelant


toujours aussi majestueux, mon gros loulou.

et pour finir au retour de manif, j'ai terminé à pied, rien que pour admirer cette petite vache frisotée
avant de cueillir un dernier bouquet dans cette zone ombragée.




Président d'une caste. Pas plus.

 Alors voilà. Notre roitelet se déplace en carrosse, sans sa belle, mais dans ce qu'il considère être le trou du cul du monde.

Ainsi le comité d'accueil que nous avions prévu d'être n'a pu accéder à l'endroit où son auguste majesté avait décidé de poser ses pas. 

La bourgade de Saint Léonard de Noblat isolée pour un temps du reste du monde, non pas en raison d'une quelconque épidémie, pas même de la peste, du covid ou bien du choléra. Non, car il y a pire encore : la venu du seigneur sur ses terre ! ses terres de combat, bien entendu.  Une affiche humoristique de la petite commune de Saint Just le Martel, symbole du salon de dessin de presse et d'humour, résume bien la vision qu'en a le maitre de ces lieux. On peut y voir monseigneur scrutant un plan de Paris et demandant dans quel arrondissement de Paris se trouve Sainr Just le Martel ! Importance qu'il accorde à la ruralité, à la culture et à la diversité des territoires.

Extraits d'articles de presse 

"Ils étaient près de deux cents, rassemblés devant l'espace Loup de Saint-Just-le-Martel ce samedi 15 janvier en fin de matinée. Elus, amoureux de la caricature, ils contestent la décision prise par le président de la République de créer une Maison du dessin de presse à Paris.

La pilule a du mal à passer pour les amoureux du dessin de presse et ils comptent bien le montrer. Elus, salariés, bénévoles, afficionados du salon de Saint-Just-le-Martel manifestaient ce samedi matin leur mécontentement face à la décision d'Emmanuel Macron de créer une Maison du dessin de presse à Paris. 

C'est du mépris envers des départements comme les nôtres. De ne pas reconnaître à la bonne hauteur les initiatives locales qui sont ici ou là rejetées, annulées, arrêtées. Même si la Maison européenne est à Paris, la maison de cœur des dessinateurs restera à Saint-Just-le-Martel.

Jean-Claude Leblois, président (PS) du département de Haute-Vienne

Une manifestation populaire soutenue par de nombreux dessinateurs du monde entier, alors que le salon du dessin de presse et de la caricature de Saint-Just-le-Martel défend depuis 40 ans la liberté d'expression.

Et les archives de Saint-Just ?

Pendant son annonce, lors des vœux à la presse présidentielle mardi dernier, Emmanuel Macron a, en outre, annoncé la création d'un conservatoire national de la presse à Amiens. Depuis plusieurs décennies, à Saint-Just-le-Martel, près de 40 000 dessins, documents ont été collectés. 

Nous devons avoir un rendez-vous dans les jours à venir à l'Elysée pour voir ce qui peut se faire à Saint-Just, ce que nous pourrons souhaiter. Nous serons force de propositions c'est sûr ! On espère obtenir pas mal de choses lors de ce rendez-vous.

Joël Garestier, maire de Saint-Just-le-Martel"

Mon bon monsieur sachez que cette commune appartient à l'arrondissement de Limoges, tout simplement. Sachez aussi que Saint Just le Martel s'investit depuis de nombreuses années  dans ce salon et que les efforts qui lui sont consacrés ne sont pas moindre.
Limoges où précisément nous vous attendions, ce matin, vous ou vos représentants. Certes nous n'étions pas bien nombreux à avoir fait le déplacement, tant votre venue nous laissait indifférents. Car nous savions bien, que notre sort ne vous l'était pas moins. 

Mais fallait -il que vous ne fussiez pas si sûr de vous pour nous interdire l'accés d'une petite bourgade de moins de 5000 habitants ! plusieurs personnes dont précisément de ses défenseurs des services publics ou des EPADH se sont trouvés sur votre chemin pour vous demander des comptes au sujet des problématiques de nos quartiers, de nos territoires dont la ruralité est la plus courantes.

10H15 : Emmanuel Macron arrive dans un bain de foule à Saint-Léonard-de-Noblat. De nombreuses personnes interpellent le Chef de l'Etat sur différentes problématiques telles que l'agriculture, la santé ou la fin de vie.

"J'ai un message pour nos anciens pour qu'ils aient une fin de vie correcte" explique une employée d'Ehpad haut-viennois. "Ils ont travaillé toute leur vie, ils sont obligés de vendre leur maison pour rentrer en EHPAD, ils n'ont plus rien, ils n'ont plus que les soignants, ils voient peu leur famille à cause du covid, je demande juste un respect de la fin de vie pour les personnes âgées". 

ce à quoi vous avez répondu :"Que ceux qui peuvent rester à la maison y restent en étant accompagnés. Ceux qui veulent aller en établissement puissent y aller. C'est une question d'organisation".

Idem sur la question de la santé.   Une thématique très largement évoquée lors de votre déplacement.

"C'est très dur. Regardez les chiffres, le tarif hospitalier n'a cesse de baisser en 2018. Cela veut dire qu'on a remis de l'argent dès 2018. On a encore accéléré avec le Ségur en 2022" argumente le Chef de l'Etat. "C'est très dur dans nos hôpitaux car ils ont l'impression de la fin de la continuité des soins. Donc les services d'urgence se prennent tout. Ils ont la pression du covid, la reprogrammation des soins. Pour ça on se bat tous ensemble. Mais ne me dites pas que c'est l'effet de la politique du gouvernement" affirmez vous, pourtant.

"Allez voir les soignants"  vous rétorque -t-on. "Il y a 15% d'absence ne serait-ce qu'à Limoges. Dans les autres villes, c'est pareil ! Il y a les hôpitaux qui sont en train de craquer en ce moment. 5500 lits fermés en 2020, ce sont les chiffres de votre ministère ! "

mais vous expliquez " que les chiffres annoncés ne sont pas "justes". "La difficulté que nous avons aujourd'hui c'est l'absentéisme car vous avez des soignants fatigués car vous avez aussi un problème d'attractivité. Pour autant nous avons augmenté entre 184 et 400 euros par mois les soignants qui sont à l'hôpital" surenchérissez vous  alors.

"Vous pensez que c'est suffisant 183 euros de plus par mois ?"  déplore ce soignant. . "vous êtes président, vous pourriez empêcher de fermer des lits! " ajoute-t-il.

Mais pour vous, le coeur du problème c'est l'absentéisme. "Je partage ce combat, mais on parle des deniers publics. On a fait un investissement massif et inédit dans nos hôpitaux. Simplement cet investissement, il faut le décliner dans la durée. Les choses ne sont pas aussi simples que vous les décrivez".

Car pour vous la suppression de 5 500 lits dans les hôpitaux du département,  cela n'a rien à voir avec les difficultés de fonctionnement. De même pour les services publics où vous ne voyez qu'un coût et non une richesse de nature à traiter équitablement les différents citoyens de ce pays, qu'ils soient ruraux ou citadins.

Bref, vous biaisez, vous louvoyez, vous vous dérobez. Vous pouvez continuer d'évoquer longtemps "la résilience du service public dans la crise, l'importance des services publics de proximité, les enjeux d'amélioration de la qualité du service rendu aux usagers ainsi que la redynamisation du territoire".  tout en continuant de fermer lits d'hôpitaux, bureaux de poste, des finances publiques, des services administratifs, des services sociaux, ans frémir, sans avoir le moindre soupçon de repentir et en continuant de servir la soupe à ceux qui n'ont qu'une obsession : la rentabilité à tout prix, le profit et l'enrichissement personnel. 

Pour finir vous irez saluer Robert Hébras. Rescapé d'Oradour. En continuant de mépriser Camille Senon digne combattante, à l'origine avec d'autres du procés de Bordeaux pour faire reconnaitre le crime de guerre perpéttré ce 10 juin 1944 ; elle aussi rescapée du même Oradour, où elle ne dut son salut qu'au retard du tramway qui la transportait de Limoges à la ville martyr. Tout en multipliant les déclarations qui ne servent qu'à fustiger une partie de la population, et à monter l'autre partie contre la première jusqu'à l'affrontement entre deux opinions.  Vous pouvez, vous et vos valets, continuer de facilité l'ascension d'un zémour sur l'échiquier" politique"  instillant la haine  et continuer d'emmerder une partie de la population. 

Pierre Sémard.

Encore une toile de Marc Chalmé.
Est-ce un nième épisode de « L’assommoir », simplement le lever du jour devant un bistrot ou autre chose ?
Pendant que je me remets aux cartons avec la lumière de mes jours, j’espère que vous aurez une explication à nous donner lundi.
Je passerai en retard mais je passerai…

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Ta présentation du sujet m'inspire une chanson que j'aime beaucoup tout une symbolique qui n'a pris une ride et qui a toute sa place encore aujourd'hui. 

Pierre Sémard, cheminot, militant CGT, résistant, fusillé comme otage le 7 mars 1942 à la prison d'Evreux. Il faisait partie de cette France première de corvée. Cette France qui se lève tôt. Qu'on méprise et qu'on fustige, mais à qui on doit quand même une bonne partie de nos droits. De nos acquis, de nos  lois en faveur du monde du travail, du petit peuple que micron et sa bourgeoisie emmerde à tour de bras. 

De cette France sans qui la culture ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui. La France d'Hugo, de Desnos, d'Aragon et de Zola. La France qui sue, la France qui vibre, la France qui vit, qui tremble et qui se bat.

Paroles d'Alain Leprest, musique de Gérard Pierron, interprétée (magnifiquement interprétée par la sublime Francesca Solleville

ici

Y'a des saints, parole d'évangile
Y'a des saints qui prêtent leur prénom
Pour baptiser le nom des villes
Sous des auréoles en néon
Mais y'a des saints comme toi et moi
Y'a des saints qui croient pas en dieu

Qui ont mis en l'homme leur foi
Je vais te parle de l'un d'eux

Pierre Sémard, le jour se lève
Saint Pierre Sémard,
Pierre se lève...

Dans la Touraine près de Loche,
Entre l'eau et les peupliers
Il allait limer ses galoches
Sur le chemin des écoliers
C'était la guerre, la première guerre
Encore la guerre, ce vieux train-train
Qui fait naître des gosses hier
Pour les flinguer le lendemain

Pierre Sémard, le jour se lève
Saint Pierre Sémard,
Pierre se lève...

Puis la guerre lâcha sa tenaille
Entre les peupliers et l'eau
Comme son pied longeait le rail
Il est devenu cheminot
De camarades en compagnons
Ses mains à d'autres s'accrochèrent
Comme on accroche les wagons
Ah le joli chemein de frère !

Pierre Sémard, le jour se lève
Saint Pierre Sémard,
Pierre se lève..

Un jour de 1939
La guerre a remis les pelletées doubles
Ce fut l'oeuf étouffé dans l'oeuf
Le long fleuve que le sang trouble
Vint le matin des fusilleurs
L'automne soufflait en rafales
Autant de balles, autant de fleurs
Et son coeur devint une étoile

Pierre Sémard, le jour se lève
Saint Pierre Sémard,
Pierre Sémard, le jour se lève
Saint Pierre Sémard,
La nuit fait grève

Un jour nouveau.

 Chaque jour est un jour nouveau. Chaque instant qui passe est nouveau, où la lumière est nouvelle, où tout se transforme insensiblement, nous offrant un spectacle naturel insoupçonné avec des ciels passant du gris au bleu, comme nous passons  du rire aux larmes.

Aprés ces jours de pluie, de froid et de grisaille, le temps paraissant plus clément, une balade cet aprés midi,  encore d'un grand enchantement.

J'aime bien ce petit chemin bordé de murailles où le soleil joue à travers les feuillages se reflétant dans l'eau
 


Quand le crépuscule inonde les troupeaux




et puis s'embrase avant de basculer derrière l'horizon d'un jour nouveau.

Derrière la vitre.

Je me demande ce qui traverse l’esprit de ces deux enfants 
Bah… On le saura lundi, vous aurez des idées j’en suis sûr…
Marc Chalmé_2.jpg 

 Manon et Léo contemplent la rue déserte en cette fin d'hiver 2020. En attendant le printemps, qui sera éclatant cette année, ils voudraient bien retrouver leurs copains, aller au parc se dégourdir les jambes. Pouvoir marcher dans la rue, aller attendre maman à son travail. Elle fait le ménage pour une grande société qui l'emploie "au bon marché". Ce magasin de luxe a été décrété commerce essentiel et indispensable, contrairement au petit magasin du coin de la rue qui ne vend pas grand chose, à part des chaussettes et des culottes. Quelques bouts de chiffon et des élastiques. 

Tout comme celui d'en haut qui lui ne vend que des livres et des cahiers neufs. Manon aime bien fouiller dans ce décor fait de papier lumineux et d'odeur de craie et d'encre à peine séchée. La librairie de Madame Solange est son royaume. De temps en temps, elle emprunte un livre sur une étagère que Madame Solange fait semblant de nettoyer. Le temps de le feuilleter, seule au fond du magasin. Elle s'évade ainsi sur des iles lointaines où des pirates partagent avec elle le trésor de Robinson Crusoé. Léo, lui, préfère fouiner dans l'entrepôt situé derrière la boutique. C'est là que Madame Solange cache des merveilles oubliées, du temps où elle avait le droit de vendre quelques objets en plus de son commerce de librairie.  S'y cache collections de petites voitures "majorettes", d'indiens et de  tuniques bleues, de pièces de Mécano, vous savez ces ancêtres de Légos, que Léo aimerait bien pouvoir un jour assembler ; des surprises en cornet de couleur bleu pour les garçons et rose pour les filles  où sucreries voisinent avec gadgets. Elles sont si vieilles que le prix est encore en franc, vous rendez vous compte !   
De vielles cannes à pêche sont aussi entreposées tout à côté. C'est là que grand père venait s'approvisionner, c'était aprés la guerre, la précédente, celle dont il leur parlait parfois le soir à la veillée.  Outre cet attirail démodé, il y a aussi quelques poupées en porcelaine, de quoi ravir les petites filles des beaux quartiers. 
Cloé, la petite voisine, vient souvent avec lui. Ensemble, ils aiment découvrir tous ces objets d'un autre temps, pendant que Manon se délecte des aventures de Tom Sawyer ou de Robin des Bois et que la vieille Solange tricote en attendant le client. Elle les aime bien tous ces enfants, Solange, elle qui n'en n'a jamais eu. Ils lui font aimer la vie. aussi que ne tolèrerait - elle pas pour avoir leur présence à ses côtés. 
 
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Novembre 2020.
Il est revenu le temps de l'enfermement. Manon et Léo sont à nouveau coincés dans ce 3 pièces cuisine où leur mère peine à payer le loyer.  Il regarde par la fenêtre le quartier un peu moins désert qu'au printemps dernier. Il faut bien que l'économie fonctionne et que tourne l' activité, celle qui fait gagner des sous, parce que l'autre, on voit bien qu'elle n'a que peu d'intérêt ! Le vieux commerce de Madame Solange n'a pas ré-ouvert ses portes. Celui de culottes et de corsets non plus.  Tous  leurs clients sont partis au "Bon Marché", ils paient plus cher, mais ils sont sûrs d'être approvisionnés. Quant aux autres, qu'ils se débrouillent déjà pour trouver à manger. Cloé a déménagé. Ses parents ne supportaient plus de voir tous ces lieux de vie, commerces, théâtres, musées, bars, restaurants, cinémas, centre culturels et sportifs, etc... fermés. Au moins à la campagne, ils le sont naturellement, il n'y en a plus depuis longtemps ! 
L'école a repris une semaine sur deux, masqués, les enfants n'ont plus le droit de se toucher, ni même de s'approcher.
Manon pense que c'est injuste et se demande pourquoi elle n'a pas le droit d'emmener son nounours  pour la sieste comme autrefois. Léo, lui ne supporte pas d'entendre crier. La nuit il fait des cauchemars et se réveille en sueur. Il appelle maman qui désemparée ne sait comment faire pour le calmer. 
Maman qui comme de nombreux autres parents ne sait pas non plus comment affronter cette terrible période faite d'arrêts sur image et d'incertitudes des jours d'aprés. Elle a perdu son travail. La société monsieur Propre qui l'employait a beaucoup moins d'activité avec tous ces locaux et bureaux vides grâce au télétravail généralisé.
Alors les mamans qui ont dû rester à la maison pour garder les enfants quand l'école ne les accueillait pas, ont été licenciées en premier. Avec ses collègues, uniquement des femmes, elles ont bien contacté les syndicats pour faire valoir leurs droits et dénoncer cette injustice, mais ils sont restés sourds à leurs appels. Des licenciements de femmes seules, qui voulez vous que cela intéresse ?  D'autre suivront, toujours par soucis de rentabilité. Que faire quand plus personne ne se préoccupe de l'intérêt commun ? Quand chacun se réfugie derrière son ombre et accepte sans révolte, l'inacceptable ?
Grand père a fini par partir pêcher, loin sur une autre rive, celle que les vivants n'atteindront jamais.
Pour Manon et Léo, la vie est ailleurs. Mais pas de danger qu'ils puissent s'y aventurer.  
L'autre jour, maman pleurait au téléphone. Elle venait d'apprendre cette affreuse nouvelle. La compagne de papa venait de perdre sa mère. Placée dans une maison de retraite, elle s'est éteinte des suites d'une maladie que personne n'avait soignée. Et si cela avait à voir avec cette infection qui nous tient ici enfermés ? Et si maman devait elle aussi disparaitre à son tour ? Autant d'interrogations qui taraudent nos deux enfants impatients de retrouver leur liberté, mais si craintifs face à toutes les éventualités. 
Léo pense aussi à petit Paul enfermé quelque part en Vendée. Ses parents ont pu décider de rester là bas aprés les vacances de Toussaint. Ils reviendront surement plus tard quand tout cela rentrera dans l'ordre. Lui au moins en ouvrant sa fenêtre il a le bruit des vagues et le chant de mouettes. Pas comme Tahar son autre ami Africain, qui vit dans une chambre sous les toits, mal isolée, bruyante  et trop étroite, avec ses parents et ses autres frères et soeurs. Comme cela doit être dur une telle promiscuité ! Et comme cela doit être compliqué leur vie dans cet espace réduit. Il y a aussi Katia la petite Roumaine qui, elle, est assignée dans un camp loin de la cité, et aussi Eléa dont le père alcoolique violent abuse, mais de cela il ne faut surtout pas parler, "cela ne nous regarde" pas disent les grandes personnes. Au moins quand elle pouvait s'échapper, elle n'était pas dans les griffes de ce sadique pervers qui aurait dû la protéger. 
Tant de situations compliquées aux quelles chacun de ses camarades est confronté. 
Lui il voudrait seulement aller dehors, avec Manon, pour respirer. Courir aprés les pigeons du quai, dire bonjour à la vieille Adrienne qui promène son chien dans le square chaque aprés midi. Elle a toujours dans son sac quelques bonbons qui collent à leur papier et qu'elle distribue aux enfant venus caresser Tito son chien de berger. 
C'est un Border Colie merle au museau de feu. Un des plus jolis, un des plus doux aussi. Manon aime particulièrement glisser ses doigts dans sa fourrure étincelante, pendant qu'Adrienne s'entretient avec Léo et les garçons de la bande. Elle leur raconte comment ce chien tient tête aux loups dans la montagne, pour préserver les troupeaux. Comment aussi en ville il peut aider les personnes comme elle, qui ne voit plus trés clair,  à se déplacer. Elle sait des tas de choses Adrienne qu'elle aime partager. Cela leur manque tellement à Manon et à lui, comme aux autres enfants, il suppose. Quand pourront ils se retrouver ?   
Ils en parlent souvent avec maman, mais maintenant qu'elle est à la maison, elle est souvent irritée. Ils ne savent pas pourquoi, ne comprennent pas pourquoi. Elle devrait au contraire profiter de ce temps avec eux et faire que ce temps passé ne soit pas perdu. Que chaque minute soit un espace de bonheur qui ne soit pas volé à l'échelle du temps. Mais au lieu de cela, elle est triste et morose. Certains la disent déprimée. 
Alors derrière la vitre du salon-chambre à coucher, ils rêvent, Manon et lui à de grand espaces où des chevaux sauvages s'égaient en liberté. Ils s'imaginent chevauchant l'un d'eux, un bel Alezan à la crinière au vent   courant  si vite qu'en un instant il pourrait rejoindre la mer et retrouver petit Paul, ou comme Pégase, dont leur parle parfois Adrienne, s'envoler dans le bleu du ciel et sauter de nuage en nuage à la conquête de l'espace, celui qui leur fait défaut précisément aujourd'hui. 
Ainsi rêves aprés rêves, ils déplacent des montagnes et se créent un univers de miel et de douceur où il fait si bon s'aventurer.
Ils ne savent pas quand, mais un jour peut être, aprés la guerre, ils retrouveront leur liberté. Ils construiront des cabanes dans les bois, comme les trappeurs d'autrefois où ils pourront recevoir leurs amis et observer les animaux de la forêt.  Ensemble, ils seront plus forts et leur volonté de rattraper ce temps gâché, les conduira loin des puissants de la cité. Là où les hommes de pouvoir ne vont jamais. là où personne ne va jamais. Sauf les gens comme grand père, épris de justice et d'humanité.  Ils feront comme lui, pratiqueront l'entre aide et la solidarité, ils seront fiers de récolter les fruits de la fraternité. 
 
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Janvier 2022.
La maman de Léo et Manon n'a pas retrouvé de travail.  Ils ont dû déménager. Ils occupent à présent la chambrette sous les toits qui abritait Tahar et sa famille avant qu'ils ne soient expulsés.
Derrière la fenêtre de leur "nouvel appartement", Manon et Léo regarde défiler les jours sans pain. Ils n'ont plus d'ami. Plus de repère, Madame Solange et Adrienne ils ne les reverront jamais. Ils entendent trés distinctement les bruits de la rue, en bas. Cela ressemble à un grondement de colère. En se penchant un peu, ils peuvent apercevoir au loin à quoi ressemble la liberté.


Féerie

 Tout arrive ! Alors que d'habitude c'est moi qui suis à l'initiative de balades et invoque la nécessité de marcher, aujourd'hui c'est monsieur qui a pris le mors aux dents.

La forêt était encore plus belle que les autres jours à l'heure où nous sommes arrivés.

Même mon champignon étrange était encore là.

Les étangs gelés sous une épaisse couche de glace reflétaient des couleurs chatoyantes ocre vert foncé brun limpide, bref un camaïeu de couleurs d'automne et d'hiver mélangés.

Et pour finir un splendide coucher de soleil




Il eut été dommage de ne pas en profiter !























Le goût des autres.

    Cette toile d’Émile Friant m’a frappé car elle me dit quelque chose. Mais quoi ? La discussion semble animée autour de ce pichet de vin....