Ce jour en Limousin

Quoi de neuf en ce matin clair et léger ?
Pas grand chose, ici rien n'a changé.
Les roses sont toujours roses
Les chats bien reposés.
Ils ne font pas grand chose
Tu vois, rien n' a changé !

Ce jour en Limousin

Ce jour en Limousin,
Le Patou passe la tondeuse
La Bécassine étend son linge
Et moi bien courageuse
j'ai cueilli les roses du matin
C'était les dernières avant l'orage
La pluie les a, toutes sauvages,
Froissées, ridées comme vieux singe.
Il n'y a plus dans mon jardin
Qu'une illusion et qu'un mirage
Celui d'avoir encore l'image
D'un beau bouquet dans un écrin.


Nostalgie

Les conserves sont terminées, les pots de confitures bien rangés. J'ai récolté ce matin les derniers haricots verts et les premières citrouilles sont bonnes à ramasser. C'est la fin de l'été. Encore un peu glaner quelques jours de liberté. Profiter des derniers instants apaisés, où réunis tous ensemble, nous allons pouvoir deviser. Demain les enfants s'en reviennent. Puis pour eux, ce sera la rentrée. Chacun dans ses occupations retrouvera son quartier. Cette année pour la première fois ils ont pris leurs ailes et volé vers d'autres contrées. Nous n'avons pas partagé autant de joies que les autres années, ni les plages, ni les coins de verdure que je leur destinais. Mes coins de montagne éloignés, nous ne les avons pas ensemble explorés. Combien me faudra-t-il attendre encore avant de retrouver cet  espace de belle complicité ? 
Je me souviens du temps où encore enfants, avec eux nous allions préparer la rentrée des classes. Les ardoises et les cartables, les habits chauds pour l'hiver et s'inscrire à quelques activités. Je me souviens combien il fallait aussi s'activer pour faire rentrer dans la journée tout ce qui devait être fait.
Quand ils étaient petits, il fallait bien calculer son temps afin de tout boucler. Et puis ils ont grandis, ce fut le collège avec ses exigences, ses difficultés. Les maths en particulier ! combien de crises passées sur un problème que la logique enfantine ne pouvait appréhender.  Combien  encore de colères pour un devoir non fait. Quand vint le temps du lycée, ce fut pour le grand, le temps du premier exil. Je me souviens de notre première vraie séparation. J'avais dû le rassurer sur son nouveau statut de pensionnaire, moi qui avais tant souffert du mien, quand c'était mon tour de quitter le foyer !  Je me souviens combien j'aimais nos discussions, dans la voiture, tout le long du trajet, combien j'étais meurtrie quand je repartais après l'avoir laissé, si seule, tellement désemparée. La même solitude que celle éprouvée quand mon père me quittait le dimanche soir au dortoir des petits exilés, dans ce pensionnat de campagne où la directrice, une femme névrosée allait s'acharner sur nous et nous infliger les pires humiliations qu'un enfant ait à supporter... 

Aujourd'hui les jours sont trop longs. Il me manque à moi quelques tâches pour finir la journée. Oh je pourrais bien m'occuper à faire du ménage, ranger les objets qui ne serviront plus avant une bonne année. Il y a bien encore assez de choses que j'ai négligées. 

Mais ne vous en déplaise, laissons tout ça de côté. Aujourd'hui j'ai envie de voir ceux que j'aime, le leur dire, vivre avec eux encore plein de belles journées. Quand demain ils seront arrivés, je les questionnerai sur leur séjour, sur leurs activités. Je prendrai des nouvelles des gens qu'ils ont croisés. Ils me montreront leurs photos et nous nous extasierons sur leur beauté. Nous choisirons les plus belles et peut être nous ferons un album qu'on aura plaisir à regarder. Ils me parleront  de la mer, des balades que je n'ai pas encore faites et aussi de celles que je connais. Nous partagerons ensemble ce temps qui m'a manqué. Je ne leur dirais pas combien  je suis contente qu'ils aient pu réaliser ensemble quelques projets, ni si la séparation, quoique nécessaire, m'a un peu désorientée.   Mais celle là ne fut rien, je ressens déjà la déchirure qui dimanche après le repas de midi me sera infligée. Je ressens déjà monter en moi l'angoisse d'attendre le coup de fil qui me dira "je suis bien arrivé". Alors en attendant, je vais imaginer pour eux, le plus beau des étés.

Au petit bonheur la chance.

L'été bat son plein avec à la clé ses cortèges de bonnes et de mauvaises nouvelles. Commençons d'abord par les bonnes, voulez vous, il sera toujours assez tôt pour les autres.
 L'été c'est les vacances, les fêtes, votives, médiévales, de quartier, d'anniversaire, entre amis, des rires, des soirées tardives, des chansons, des spectacles ...
A propos de fête, je n'aime pas toutes ces manifestations où les uns font état de leur mauvaise tenue et les autres étal de leurs hétéroclites besognes. Fêtes du commerce et de la viande saoule la plus part du temps, je ne m'y rends quasiment jamais. Sauf quand celles ci présentent un intérêt ou un enjeu pour moi. Hier, il y en avait une pas très loin de chez moi. Fête de l'artisanat et de la nature. Voilà qui me parlait bien. Cela voulait surement signifier qu'à cette fête on allait trouver des produits artisanaux de qualité en lien et dans le respect de la nature. Outre qu'elle se déroulait dans un des plus beaux coins du département, là où la nature a encore quelques droits et conserve son authenticité, on pouvait y trouver quantité de produits originaux.


 Et puis il faut dire que le temps quasi maussade de ce mois d'aout qui a succédé au temps quasi morose de ce mois de juillet, n'incitait pas non plus a faire grand chose d'autre que de flâner aux abords marchands de ce genre de manifestation. Après un ou deux coups de coeur pour quelques tuiles et tabliers, nous nous apprêtions, ma fille et moi,  à découvrir d'autres trésor quand  Soudain nous fumes éblouies par un chanteur de rue à l'accordéon. "Mais c'est L !" me dit celle ci qui me précédait. Ben oui, c'était mon ami L. Quelle belle surprise et quelle belle rencontre. Le comble de notre joie fut quand pour nous, il entonna, de tout son coeur et de toute sa voix la magnifique Butte Rouge. Il ne pouvait pas mieux faire et c'est peu dire : La Butte Rouge, Chanson hautement symbolique pour moi, fait référence à la Butte Bapaume en Champagne où un sanglant épisode de la première guerre mondiale s'est déroulé. Chanson anti guerre de Gaston Montéhus écrite en 1923 et souvent porté à  confusion avec la Butte Montmartre où elle est identifiée à tort à la Commune de Paris dont il n'est pas inutile de rappeler tout ce qu'elle fut et apporta, en ces temps où un petit bonaparte de fortune multiplie les coups d'états et s'implique dangereusement dans un jeu internationaliste qui constitue une grave menace pour la paix.
Voyez comme partant de bonnes nouvelles et de petits bonheurs tout simples on arrive vite à des sujets très graves et aux mauvaises nouvelles qui les accompagnent !

Question d'hygiène.

Mr Caillebotte n’a pas peint que le pont de l’Europe, la gare Saint Lazare, des « racleurs de parquet » ou les trottoirs parisiens. Non, ...