Improvisation semaine 40/52

 Thème large et ouvert. Il me convient tout à fait. J'improvise souvent.  Tant en cuisine qu'en création. Tant en terme d'occupation que de villégiature. Souvent au dernier moment je change mes plans. Cela me vaut parfois quelques surprises. J'avoue que cela me procure souvent un sentiment de liberté avec moi même et mon emploi du temps.

Plutôt sur le pouce et à la dernière seconde que longtemps à l'avance. Confirmant ainsi l'adage de mon grand père, selon lequel compter à l'avance c'était compter deux fois. Par paresse et par commodité, je préfère compter le moins possible, donc plutôt une que deux. Par contre illustrer le mot de la semaine, si cela ne me semble pas difficile, m'offre l'embarras du choix. 

Que vais je trouver ? 

Ma dernière balade afin de profiter des derniers jours de septembre pourrait bien  m'offrir ce choix.

Le lac de Vassivière en Limousin,  avec ses 1 000 ha d'étendue d'eau et ses 45 km de rivages, un des plus grands lacs artificiels de France offre des airs de Canada. trois ans jour pour jour séparent ces 2 photos prises au même endroit


ainsi que ces 2 autres, au même endroit également




Il manque environ 8 m de hauteur d'eau en moyenne. Le niveau continue de baisser et depuis mardi, la navigation est interdite sur le lac. Presque 6 mois sans pluie, mis à part quelques pluies éparses de nature à ne même pas noyer une grenouille. 



 Il  ressemble à un paysage lunaire par endroits.
Pourtant, il reste si plein de charme que j'ai apprécié faire le tour complet de l'ile où les couleurs de l'automne déjà s'affichaient.


La tomée du soir offrait quelques reflets propices à l'improvisation de tableaux spectaculaires autant qu'improbables.





C'était beau.  Préoccupant, mais beau. 

Les vaches du presbytère

Il y a 3 ans, j'avais pris ces photos, c'était en octobre aussi, le 21 je crois. 




Hier j'ai refait cette même balade. La rivière en contre bas du presbytère était à sec. 


Laissant découvrir en son lit presqu' inperceptibles des rochers moussus sur lesquels tombent les premières feuilles de l'automne. Sur les rives, les pauvres vaches, cherchent une herbe quasiment disparue et peinent à se nourrir des quelques feuilles encore présentes. 

A mesure que nous progressons sur la route balisée, nous apercevons le village entre les feuillages clairsemés. 

Puis nous tombons sur ce joli pont de pierre

avant de continuer notre balade entre les murets.  Les murets, c'est l'intitulé de ce circuit qui nous fait apprécier un joli bâti et un patrimoine exceptionnel.




Jusqu'à l'arbre indélicat qui nous montre ses fesses. 

Puis nous poursuivons  entre les murs jusqu'à la zone de démarcation où des jardins potagers métropolitains devaient voir le jour.  Et là, je vous laisse apprécier l'état de cette zone pour qui un troupeau de jolies vaches brune tâchées de blanc, fut décimé.







Passant par le joli hameau bordé jadis par un étang, nous avons continuer notre chemin

Passant à l'ombre d'un ancien monastère édifier en l'honneur du saint patron de la paroisse

jusqu'à la croix de saint Gaucher qui ne protège  décidément pas grand chose



Pauvres vaches mortes pour rien. Pauvre monde prêt à tout et propre à rien ! 
J'en avais parlé déjà, même la presse locale s'en était émue dans un article publié en octobre 2022. ici

La saint Michel.

 Nous sommes le 29 septembre, jour de la Saint Michel. Traditionnellement ce jour correspondait au renouvellement des baux ruraux. Beaucoup de fermes se vidaient, entrainant misère et vagabondage des  moins fortunés. C'est lors des foires de la Saint Michel que les fermiers et métayers devaient quitter la ferme où ils louaient leurs bras, avec femmes, enfants, leur peu de cheptel s'ils en avaient leur rudimentaire mobilier et souvent les nippes qu'ils portaient. Vous souvenez vous peut être de cette image extraite de l'Arbre aux sabots, palme d'or du festival de Canne 1978,  où l'on voit une famille de métayer chassée de sa ferme pour une paire de sabots.  

l'arbre aux sabots

S'ils n'avaient pas trouvé un  nouveau bail, c'était catastrophique pour eux, commençait alors une période d'errance fort difficile. 






Les valets, servantes et ouvriers agricoles louaient leurs bras lors de ces foires traditionnelles. 





C'est en 1946  à la libération sous le ministère de François Billoux, alors ministre communiste de l'agriculture que le statut des fermiers s'est amélioré avec la quasi  transformation du statut de métayage  et son abandon au profit du fermage.

Ville. semaine 39/52

 Je ne suis pas là, je suis à la ville lointaine  perdue dans la brume.


Je ne l'aime pas cette ville, mais alors pas du tout. Si j'y vais souvent c'es parce que mes attaches à la pus courte corde sont là bas. Si j'y vais souvent, c'est pour voir ceux que j'aime et qui me manquent. Si j'y vais souvent c'est parce que j'ai besoin d'y aller. Mais je  ne l'aime pas, mais alors pas du tout. 


J'aime Limoges qui est une trés belle ville où je me rends encore de temps en temps. 
Sa gare 


ses bords de Vienne

ses vieux quartiers ses quais et ses ponts.
J'y ai travaillé longtemps, dix huit ans je crois. Plus deux avant il y a encore plus longtemps. J'y vais chez mon médecin, j'y vais faire des emplettes, des promenades,, chez la coiffeuse,  voir des gens dans la rue, celle où je défile avec mes camarades, quand il faut bien protester. 




 Plus de 20 ans ont ainsi passé sans que nous ne nous soyons inquiétés de savoir si on aimait ou pas. Nos enfants sont nés là bas. Y ont vécu leurs premières années, y ont fait leurs premiers pas, y ont prononcé leurs premiers mots, y ont lié leurs premières amitiés. C'est important les premiers pas, les premiers mots, les premiers liens. Je n'ai jamais rompu les miens. En moi, ils sont restés bien présents profondément ancrés. Je suis une fille de la campagne, issue d'un milieu plus que modeste. Je ne dirai jamais que je n'aime pas la ville car elle m'a émancipée, faite exister. D'amitiés profondes en découvertes que je n'aurais jamais rencontrées, j'ai pu m'ouvrir aux autres, à la diversité, à la tolérance,  à la culture. Je ne sais pas si j'aurais connu tout ça si j'étais restée dans ma campagne. Je l'aime ma campagne. Ceux qui me connaissent un peu ou qui me lisent, même que de temps en temps savent combien je suis attachée à mes racines. Mais une question que je me pose : que peuvent être les racines sans les branches ?  J'aime ma campagne, pour sa beauté, pour tout ce qu'elle recèle de bienfaits. J'aime la nature. Mais je crois que j'aime aussi la ville pour l'amour des autres et sa réciprocité. 




Improvisation semaine 40/52