Nous sommes le 7 février, on pense. On pense que es là. En regardant le ciel. En regardant en bas. On ne t'y vois pas. Mais on sait que tu es là. Dans nos vies. Dans nos mémoires. Dans ce qui fut et qui demeure. Dans ce que l'on est. Dans ce qui est. Dans ce qui serait. Si tu étais là.
Tu flottes et nous souris comme quand je te découvris la première fois. La première Fois que tu étais là. C'était un samedi. Il y avait de la neige. Beaucoup de neige. Il y a longtemps. Mais on s'en souvient. Comme si c'était hier ou ce matin. Ce matin c'est le soleil qui m'a réveillée, aprés un cauchemar. Je te raconte. J' étais à la maison. Il n'y avait personne. Dans l'étable, nos vaches s'inquiétaient de ne pas être traites, ni pansées. Elle beuglaient. Elles avaient faim. Je suis arrivée alors et j'ai soulagé leur pis. Puis je les ai détachées. Elles sont sorties de l'étable et se sont dirigées au Enclos, je t'ai cherchée mais tu n'étais pas encore là. Et puis j'ai envoyé un tout petit message à ta fille, pour lui dire que je pense à toi, à elle, à vous. Je partais à la manif quand elle m'a répondu. J'ai bien vu que ça n'allait pas.
Tu nous vois, comme ça ? ça fait bien une bonne vingtaine de mille, non ? Ben c'est ce qu'on a estimé, nous, 20 000, pendant plus de 3 heures, on a marché, le long des boulevards, le long des quais. On a dû remonter tout le cortège pour retrouver notre Ponette, mais on a perdu Josette, JC, Phil et sa douce, et plein d'autres qui nous accompagnaient, perdus en route, et puis alors dans toute cette foule, autant chercher une aiguille dans une botte de foin !