On ne peut pas mieux
Résister au passage du temps.A son usureAux mauvaises lois
Aux mauvais coups. Loin d'être suffisant toutefois, mais que serait ce sans ça ?
On ne peut pas mieux
Résister au passage du temps.A son usureAux mauvais coups. Loin d'être suffisant toutefois, mais que serait ce sans ça ?
1er avril. Le temps est froid et gris. La lumière est basse. Rendez vous de contrôle chez le toubib : RAS. Cette fin de semaine, c'est Pâques. rien de grave. on va Auvergner encore une fois. Cartons? Pas cartons ? Travaux. Famille. Oui. Bien Sûr. Je ferai ce que je peux. Essaierai de voir mon frère, mes soeurs.
Mes chats ? Plume en autonomie sèche. P'tit Lion chez sa logeuse préférée. En prince, en roi puisque.... Fellow est malade à son tour. P'tit Lion n'en est pas dérangé. Il n'a pas d'appréhension envers ce gentil toutou. Contrairement à Plume.
On va prendre la route avec l'incertitude liée à la situation que vous savez. Mon billet Résister, sur le thème de la semaine est programmé. Vous le trouverez en bonne place dimanche. Comme il se veut, suite à la vague bleue.
Demain une manifestation nationale concernant le sort des retraités aura lieu. Nous n'y serons pas. Rendez vous ophtalmo pris depuis plus d'un an, on n'a pas intérêt à le rater.
Va la vie. Va le temps. Vont les obligations. Vont les tourments.
J'ai envie, j'ai besoin d'Auvergne. Envie de plein de choses. De plein de lieux. Besoin d'Auvergne. C'est tout. Maman me manque. Papa me manque. Fanfan, Nathalie me manquent. Me manquent mes Enclos, mes jonquilles, mes prés, mes bois, mes champs. Mes vaches aussi bien sûr.
Un monde que le temps a recouvert de son épaisse couverture grise. Grise des mauvais jours. Grises des souvenirs mal entretenus. Grise de l'oubli. Grise.
Je ne m'y résous pas. C'est terrible. C'est impossible. Le monde change. Nous aussi, un peu. Mais il reste en fond de toile, une pellicule inaltérable, celle de notre enfance. Celle des temps de l'insouciance et du bonheur, que l'on a découvert, seulement aprés qu'il fut parti.
Et ce bambin qui a grandi. Qui est un homme à présent. Que sa maman ne parvient pas à lâcher tout à fait. Un trait d'union entre le présent et le passé.Comme la vague bleue qui a submergé dimanche dernier nos villes et nos campagnes. Parce que côté ciel ce n'est pas guère mieux. Du gris, du sombre et froid glaçant parsemé de gros nuages noirs qui nous tombent sur le dos en pluie fine en gros grêlons ou en rafale.
Du bleu dur panaché de brun, comme à Limoges, à Clermont à Riom ou à Cournon (deuxième ville du département en nombre d'habitants) à Brest à Bordeaux et dans bon nombre d'autres grandes villes au bleu marine du Nord au Sud, d'Est en Ouest et même au centre en passant par le bleu horizon comme au Havre, par exemple.
Que dire, que faire ? Quand, le dernier maillon d'une chaine, souvent de solidarité, et de proximité s'effondre ?
Qui mieux qu'un maire sait et peut si telle est sa volonté aidé ses administrés quand le besoin se manifeste dans une famille en difficulté ?
Tarifs des cantines, des équipements sociaux, aides ponctuelles de solidarité, au développement de certains projets, interventions bénévoles, souvent, pour régler problème techniques ou de proximité. mais aussi rôle joué pour la représentation des instances départementales, régionales et surtout sénatoriales : celles qui défont ce qui se fait à l'assemblée nationale.
Ce sont les maires et leurs conseillers qui décident des priorités, comme à Thiers où ils choisiront le tourisme plutôt que l'industrie qui elle, verra les derniers couteliers fermer leurs ateliers.
Ce sont souvent les conseils généraux qui allouent les subvention pour financer des travaux que l'état rend obligatoire comme la rénovation de l'habitat, l'achat d'équipement pour amélioration de la santé, (monte escalier, douches à la place de baignoire, mais aussi aide à la santé, pour un reste à charge trop élevé lors d'une hospitalisation ou le remplacement d'appareils dentaires, auditifs ou lunettes, mais également d'un logement pour permettre à une personne soit âgée, soit handicapée (souvent les deux) de rester chez elle. Aide pour des personnes isolées et démunies etc... tant de choses... Ce n'était pas parfait, mais ça aidait. Cela faisait partie de la solidarité et de la sécurité. Mais c'est d'une toute autre sécurité qu'il faut parler désormais, celle qui fait place à la répression plutôt qu'à l'éducation, en particulier.
Ainsi, sans contre poids suffisant, balayé par une vague bleue, le dernier rempart contre la misère et la pauvreté vient de tomber.
Ce matin c'est blanc. Blanc de givre. Blanc de blanc.
Ceux qui pourraient penser que je ne parle que de météo feraient fausse route. Mais nombreux sont ceux qui l'ont déjà fait. Inutile d'en rajouter.
Parmi les villes que je connais : Clermont, Cournon, Thiers, Issoire, Riom, Vertaizon, Lezoux, Saint Amant Roche Savine, Isle, Limoges et Condat sur Vienne ou Boisseuil qui se ont choisi pour les administrer, des repris de justice (pour ces deux dernières), l'un condamné pour violences conjugales, l'autre faisant l'objet de poursuites pour viol et sous le coup d'une mesure d'éloignement du territoire de sa commune, tant d'autres encore qu'on ne sait pas ! (et la honte selon le futur nouveau maire de Limoges et ami politique de tous ceux que je viens de citer, serait d'avoir vu un policier à la retraite faire alliance avec un député insoumis pour conduire la liste adverse !) Un comble quand même !!
Nous l'avons mise à reposer tout prés de Flocon, sous le tilleul du jardin. Nous avons déposé prés d'elle un bouquet de pivoine et un rosier en devenir.
Repose en paix ma mie, tu l'as bien mérité. Tu as tant donné.
De l'amour, de la joie, de la gaité, du bonheur à ceux qui t'ont aimée.
Tu t'es battue, comme tu as pu, avec tes armes à toi.
On a tant espéré.
Aujourd'hui ne restent que les larmes et un grand désarrois. Un trés grand désarrois.
Lorsque viendra le temps des souvenirs, peut être que le printemps refleurira mais il est encore bien loin, si loin et il fait froid, si froid.
Sur ton pelage doux, si doux, nous avions promené nos mains. Il était resté beau et doux malgré le mal qui te ravageait. Toi tu es restée digne. Tu as su être un bon chat.
Adieu Michka. Adieu ma belle, on ne t'oubliera pas. Jamais on ne t'oubliera.
Passion selon les uns, passions selon les autres. Selon Saint Jean ou selon Saint Matthieu apôtres, mis en musique par JS Bach :
Passion selon mon mari :
Mon cher papa, tu te demandes ce que je fais là. Moi aussi.
Hier cela a fait 35 ans que tu es parti. J'étais sur la route. Il y 35 ans, sur celle de Sognes notre petit pied à terre, tout prés de Paris. Enfin plus prés qu'aujourd'hui. Hier je rentrais de Clermont Ferrand (tu connais, je crois). Nous étions venus prêter main forte à Romain qui retape son appartement comme il peut. En bons parents que nous sommes sans doute. Comme tu le fis pour nous et comme tu l'aurais encore fait si le temps t'en avait été donné. Il travaille chez les cheminots à présent. Son engagement est total. Il ne dépareille personne. Tu aurais eu un immense plaisir à refaire le monde à sa façon et en sa compagnie... Il ne se renie pas. Et nous sommes tous fiers de lui. Si tu entendais les éloges qu'en font ses camarades, j'imagine ton sourire discret qui en dirait bien plus qu'un long discours. Sa soeur que tu n'as pas connue, puisqu'elle est arrivée un peu trop tard, nous procure les mêmes satisfactions. Moins engagée que son frère, elle sais trés bien où elle habite et quoi penser. Quand d'un côté de la montagne, on va dans l'autre, elle garde mes précieux chats. Tu ne les aimais pas trop, toi, les chats. Pourtant... tu te souviens du Gros Jaunet ? Celui qui ressemblait à mon Petit Lion d'aujourd'hui ? Et de mon Gros Blanchou ? Comme je les ai pleuré, ces deux là, quand l'un partit au bois de Chaville et l'autre à celui de Meudon ! J'y suis allée à Chaville et à Meudon, aussi. De chat, n'ai point trouvé. Pas même un brin de muguet.
J'ai passé du temps aussi ces quelques jours avec Nicole, Alain et Annie. Ta Nanette, tu te souviens ? Notre Nanette ! Ils n'ont pas eu beaucoup de chance eux non plus. Ils s'accrochent comme ils peuvent. Serrant les dents, le point et la ceinture, aussi. Avec Nicole nous refaisons sans cesse le monde. mais il doit y avoir quelque chose que nous n'avons pas trop compris. Figures toi, qu'à chaque fois, il est pire ! Mais ce n'est peut être pas nous qui merdons, n'est ce, pas ? Ce monde n'a besoin que d'une petite poignée de malfaiteurs pour aller mal. Et là, je crois qu'il y en a beaucoup plus que nécessaire. Elle m'a prêté un livre. Écrit par un certain Jean Parot, neveu du Francisque dont tu nous parlais parfois.
Son livre parle de Fournols des années 36 à 45. Une époque pas si lointaine pour moi et où j'ai toujours le même plaisir à retrouver lieux et personnages connus. Tel le Catinais, Fréjafond, le père Labaye et le commandant Fonlup. Je ne l'ai pas connu lui, mais tu nous en a beaucoup parlé. L'Antoine Duret aussi, qui était chauffeur aux courriers d'Auvergne et nous a souvent transporté du Moulin de Géry à Cassot ou à Sauxillanges quand par exemple nous allions à Charel ou à la Pharmacie chercher des médicaments. Nous prenions l'autobus qui descendait à 17h et revenions par celui qui remontait vers 19 h. Il y a longtemps qu'il n'existe plus aucun transport aujourd'hui, mais cela rendait bien service en ce temps là. Et puis il n'y a plus trop de monde non plus dans nos campagne et tous ont une voiture, parfois deux qu'ils ne conduisent pas en même temps, comme tu aimais à plaisanter.
Nos deux petites soeurs sont parties elles aussi, peut être les as tu vues, si comme le disent les curés, elles sont au paradis qu'elles auraient bien mérité. Elles avaient un enfant chacune, que tu n'as pas connu non plus. Florine née la même année que notre Manon (que tu aurais appelée Nanon, à cause de celle, que le loup avait emporté dans son berceau jusqu'à la Modière, elle était déjà vieille quand tu l'as connue et tu nous en a si souvent raconté l'histoire !
35 ans déjà. J'ai peine à croire que tout ce temps soit passé déjà. Il y a 100 ans de ça, tu participais à tes premières campagnes de scie. C'était en Normandie je crois. Tu es tout jeune sur la photo que nous avons retrouvée dans le grenier ( seize ou dix sept ans, même pas, puisque tu les as eu en septembre suivant). Puis tu fis le peillarot du côté de Macon, la route de Saint Quentin que tu as participé à caillouter, encore des campagnes de scie... les retours à la maison, retrouver ta mère et tes soeurs, car ton père, lui aussi s'embauchait l'hiver pour les même campagnes avant de reprendre le manche de la charrue derrière le Cadet et la Finance, de si braves et vaillantes vaches Ferrandaises qui participaient à toutes les corvées champêtres. Tu ne l'as jamais dit, mais quand on a seize ans, c'est surement pas si facile que ça de partir trouver l'embauche. Et les conditions de travail n'avaient pas encore rencontré 36 sur leur chemin, c'est dire ! Toi aussi, tu les as serré souvent les dents en levant le poing la plupart du temps. Face à ce qui se prépare aujourd'hui, saurons nous les serrer autant ? Pas sur non plus que nous soyons aussi nombreux à le lever le poing. Comment avons nous pu oublier à ce point, ces leçons que vous, ceux de ton temps et celui du temps d'aprés, nous avez donné ? Sommes nous de si piètres apprentis et si mauvais élèves pour nous laisser ainsi manipuler ? Ils faut croire que nous ne vous avons pas mérité. Je pense souvent à toi. Je ne le dis pas assez. Nous n'avons et n'aurons jamais assez de temps pour vous remercier de tout ce que vous nous avez donné. moi je suis fière d'avoir eu les parents que j'ai eu. Je sais que même si tout n'a pas été facile, jamais tout rose et parfois assez gris, vous avez quand même fait tout ce que vous pouviez. Sans le dire. Sans même le montrer. Je crois que vous nous avez bien élevés.
Dans quel sens la distorsion ? Deux mots que je ne parviens pas à illustrer. Et comme je ne suis pas bien là en ces moments, je vais faire d'une pierre deux coups.
Voici donc une image pour illustrer le sens de la distorsion que j'ai accompli pour prendre cette photo depuis ma fenêtre. Et puisque de deux pour le même prix, voici que l'eau s'écoule toujours dans le même sens du torrent.Arbre ? Ou Arbres.
Arbre généalogique. J'ai commencé.... c'est fastidieux, je ne m'y tiens pas.
Arbre de vie, comme l'eau, l'arbre a une vie. J'aime l'arbre. J'aime l'eau. L'arbre, la vie et l'eau de vie. mais attention ! Pas n'importe lesquels d'arbres de vie et d'eau de vie. Pour l'eau de vie, celle du Pépé, faite avec du marc de pomme ou de prune. Mais je crois que celle que je préfère, c'est la verveine. Du Velay, il va de soi.
Si j'étais un arbre, je serais... je ne sais pas, mais je voudrais être un hêtre. Fort, protecteur, divin, majestueux, tant de choses que je ne suis pas. Offrant un feuillage parfait aux couleurs chatoyantes au printemps, son feuillage vert tendre aux pinsons des arbres. Plus foncé en été, donnant l'ombre au faucheurs, aux troupeaux et aux chiens de berger. Déclinant tant de couleurs variées l'automne et ses fènes sucrées que nous chapardions aux écureuil en rentrant de l'école le soir quand le soleil déclinait à l'horizon.
Sous ses ramures, je cherchais la chanterelle jaune, le pied de mouton où le cèpe de bordeaux. Foulant son tapis de feuilles par les hivers sans neige, je faisais craquer le givre sous mes pas, revenant par la côte de Coudeyrat, mon cartable à la main et ma couronne de pain sous l'autre bras. Les dimanches de promenades, parcourant le bois des Barthes, je bordais l'allée allant aux Bordes et revenais par le chemin des Fayes qui remonte serpentant au milieu des prés où je trouvais des mousserons ou des rosés, jusqu'au tournant des Bès, avant de rentrer. Les hêtres m'avaient tout du long accompagnée. Oh bien sûr, j'aime les autres arbres, les pommiers au bois noueux, les sorbiers, les aliziers arbres des landes, s'élançant au milieu des bruyères où pâturaient de modestes troupeaux. Et si j'étais un hêtre, je serais celui des Barthes, ou un de ceux de la vallée de Chaudefour.
| lisière du bois des Barthes, allant aux Bordes |
| vallée de Chaudefour |
| cascade de Voissière |