Passion selon les uns, passions selon les autres. Selon Saint Jean ou selon Saint Matthieu apôtres, mis en musique par JS Bach :
Passion selon mon mari :
passion selon mon fils :
et aussi :
Passion selon les uns, passions selon les autres. Selon Saint Jean ou selon Saint Matthieu apôtres, mis en musique par JS Bach :
Passion selon mon mari :
Mon cher papa, tu te demandes ce que je fais là. Moi aussi.
Hier cela a fait 35 ans que tu es parti. J'étais sur la route. Il y 35 ans, sur celle de Sognes notre petit pied à terre, tout prés de Paris. Enfin plus prés qu'aujourd'hui. Hier je rentrais de Clermont Ferrand (tu connais, je crois). Nous étions venus prêter main forte à Romain qui retape son appartement comme il peut. En bons parents que nous sommes sans doute. Comme tu le fis pour nous et comme tu l'aurais encore fait si le temps t'en avait été donné. Il travaille chez les cheminots à présent. Son engagement est total. Il ne dépareille personne. Tu aurais eu un immense plaisir à refaire le monde à sa façon et en sa compagnie... Il ne se renie pas. Et nous sommes tous fiers de lui. Si tu entendais les éloges qu'en font ses camarades, j'imagine ton sourire discret qui en dirait bien plus qu'un long discours. Sa soeur que tu n'as pas connue, puisqu'elle est arrivée un peu trop tard, nous procure les mêmes satisfactions. Moins engagée que son frère, elle sais trés bien où elle habite et quoi penser. Quand d'un côté de la montagne, on va dans l'autre, elle garde mes précieux chats. Tu ne les aimais pas trop, toi, les chats. Pourtant... tu te souviens du Gros Jaunet ? Celui qui ressemblait à mon Petit Lion d'aujourd'hui ? Et de mon Gros Blanchou ? Comme je les ai pleuré, ces deux là, quand l'un partit au bois de Chaville et l'autre à celui de Meudon ! J'y suis allée à Chaville et à Meudon, aussi. De chat, n'ai point trouvé. Pas même un brin de muguet.
J'ai passé du temps aussi ces quelques jours avec Nicole, Alain et Annie. Ta Nanette, tu te souviens ? Notre Nanette ! Ils n'ont pas eu beaucoup de chance eux non plus. Ils s'accrochent comme ils peuvent. Serrant les dents, le point et la ceinture, aussi. Avec Nicole nous refaisons sans cesse le monde. mais il doit y avoir quelque chose que nous n'avons pas trop compris. Figures toi, qu'à chaque fois, il est pire ! Mais ce n'est peut être pas nous qui merdons, n'est ce, pas ? Ce monde n'a besoin que d'une petite poignée de malfaiteurs pour aller mal. Et là, je crois qu'il y en a beaucoup plus que nécessaire. Elle m'a prêté un livre. Écrit par un certain Jean Parot, neveu du Francisque dont tu nous parlais parfois.
Son livre parle de Fournols des années 36 à 45. Une époque pas si lointaine pour moi et où j'ai toujours le même plaisir à retrouver lieux et personnages connus. Tel le Catinais, Fréjafond, le père Labaye et le commandant Fonlup. Je ne l'ai pas connu lui, mais tu nous en a beaucoup parlé. L'Antoine Duret aussi, qui était chauffeur aux courriers d'Auvergne et nous a souvent transporté du Moulin de Géry à Cassot ou à Sauxillanges quand par exemple nous allions à Charel ou à la Pharmacie chercher des médicaments. Nous prenions l'autobus qui descendait à 17h et revenions par celui qui remontait vers 19 h. Il y a longtemps qu'il n'existe plus aucun transport aujourd'hui, mais cela rendait bien service en ce temps là. Et puis il n'y a plus trop de monde non plus dans nos campagne et tous ont une voiture, parfois deux qu'ils ne conduisent pas en même temps, comme tu aimais à plaisanter.
Nos deux petites soeurs sont parties elles aussi, peut être les as tu vues, si comme le disent les curés, elles sont au paradis qu'elles auraient bien mérité. Elles avaient un enfant chacune, que tu n'as pas connu non plus. Florine née la même année que notre Manon (que tu aurais appelée Nanon, à cause de celle, que le loup avait emporté dans son berceau jusqu'à la Modière, elle était déjà vieille quand tu l'as connue et tu nous en a si souvent raconté l'histoire !
35 ans déjà. J'ai peine à croire que tout ce temps soit passé déjà. Il y a 100 ans de ça, tu participais à tes premières campagnes de scie. C'était en Normandie je crois. Tu es tout jeune sur la photo que nous avons retrouvée dans le grenier ( seize ou dix sept ans, même pas, puisque tu les as eu en septembre suivant). Puis tu fis le peillarot du côté de Macon, la route de Saint Quentin que tu as participé à caillouter, encore des campagnes de scie... les retours à la maison, retrouver ta mère et tes soeurs, car ton père, lui aussi s'embauchait l'hiver pour les même campagnes avant de reprendre le manche de la charrue derrière le Cadet et la Finance, de si braves et vaillantes vaches Ferrandaises qui participaient à toutes les corvées champêtres. Tu ne l'as jamais dit, mais quand on a seize ans, c'est surement pas si facile que ça de partir trouver l'embauche. Et les conditions de travail n'avaient pas encore rencontré 36 sur leur chemin, c'est dire ! Toi aussi, tu les as serré souvent les dents en levant le poing la plupart du temps. Face à ce qui se prépare aujourd'hui, saurons nous les serrer autant ? Pas sur non plus que nous soyons aussi nombreux à le lever le poing. Comment avons nous pu oublier à ce point, ces leçons que vous, ceux de ton temps et celui du temps d'aprés, nous avez donné ? Sommes nous de si piètres apprentis et si mauvais élèves pour nous laisser ainsi manipuler ? Ils faut croire que nous ne vous avons pas mérité. Je pense souvent à toi. Je ne le dis pas assez. Nous n'avons et n'aurons jamais assez de temps pour vous remercier de tout ce que vous nous avez donné. moi je suis fière d'avoir eu les parents que j'ai eu. Je sais que même si tout n'a pas été facile, jamais tout rose et parfois assez gris, vous avez quand même fait tout ce que vous pouviez. Sans le dire. Sans même le montrer. Je crois que vous nous avez bien élevés.
Dans quel sens la distorsion ? Deux mots que je ne parviens pas à illustrer. Et comme je ne suis pas bien là en ces moments, je vais faire d'une pierre deux coups.
Voici donc une image pour illustrer le sens de la distorsion que j'ai accompli pour prendre cette photo depuis ma fenêtre. Et puisque de deux pour le même prix, voici que l'eau s'écoule toujours dans le même sens du torrent.Arbre ? Ou Arbres.
Arbre généalogique. J'ai commencé.... c'est fastidieux, je ne m'y tiens pas.
Arbre de vie, comme l'eau, l'arbre a une vie. J'aime l'arbre. J'aime l'eau. L'arbre, la vie et l'eau de vie. mais attention ! Pas n'importe lesquels d'arbres de vie et d'eau de vie. Pour l'eau de vie, celle du Pépé, faite avec du marc de pomme ou de prune. Mais je crois que celle que je préfère, c'est la verveine. Du Velay, il va de soi.
Si j'étais un arbre, je serais... je ne sais pas, mais je voudrais être un hêtre. Fort, protecteur, divin, majestueux, tant de choses que je ne suis pas. Offrant un feuillage parfait aux couleurs chatoyantes au printemps, son feuillage vert tendre aux pinsons des arbres. Plus foncé en été, donnant l'ombre au faucheurs, aux troupeaux et aux chiens de berger. Déclinant tant de couleurs variées l'automne et ses fènes sucrées que nous chapardions aux écureuil en rentrant de l'école le soir quand le soleil déclinait à l'horizon.
Sous ses ramures, je cherchais la chanterelle jaune, le pied de mouton où le cèpe de bordeaux. Foulant son tapis de feuilles par les hivers sans neige, je faisais craquer le givre sous mes pas, revenant par la côte de Coudeyrat, mon cartable à la main et ma couronne de pain sous l'autre bras. Les dimanches de promenades, parcourant le bois des Barthes, je bordais l'allée allant aux Bordes et revenais par le chemin des Fayes qui remonte serpentant au milieu des prés où je trouvais des mousserons ou des rosés, jusqu'au tournant des Bès, avant de rentrer. Les hêtres m'avaient tout du long accompagnée. Oh bien sûr, j'aime les autres arbres, les pommiers au bois noueux, les sorbiers, les aliziers arbres des landes, s'élançant au milieu des bruyères où pâturaient de modestes troupeaux. Et si j'étais un hêtre, je serais celui des Barthes, ou un de ceux de la vallée de Chaudefour.
| lisière du bois des Barthes, allant aux Bordes |
| vallée de Chaudefour |
| cascade de Voissière |
Hier couleurs, aujourd'hui nature. Que j'aime tes couleurs, ô Nature bien aimée !
La Creuse, la Vienne, le lavoir et moi, hors de nous, vous présentons nos meilleurs prise de vue. ô nature !
La Creuse, lundi passant par Aubusson, balade impromptue, un merle me frôla en longeant le quai
Mais il semble que tu sois bien déchainée en ces temps perturbés. Arbres arrachés, tempêtes
incontrôlées et incontrôlables, tornades, tsunami, orages violents, inondations, phénomènes dévastateurs, régions entières ravagées par les incendies, sècheresse, canicule, spectacles désolants ... changement climatique vitesse grand V, voilà à quoi nous sommes confrontés.
Ici la Vienne est hors d'elle. Plusieurs rues sont fermées le long des berges. Le camping a les pieds dans l'eau. Rien de trés grave me direz vous, ici pas de mort à déplorer. La vienne n'est pas la seule d'ailleurs à être hors d'elle. Je le suis aussi car je sais bien que si les éléments se déchainent ainsi, l'espèce humaine n'y est pas pour rien. Coupes rases, talus arasés, haies arrachées, l'eau s'écoule, elle a besoin de passer, alors elle passe. Agriculture intensive, remembrement, déforestation, constructions anarchiques de parkings, d'autoroutes, d'immeubles qui resteront vides sans doute un certain temps, destruction d'espaces naturels, de la faune sauvage qui les entretient, des troupeaux, même ! .... la liste est longue. Coulée de boue, avalanches, éboulements de rochers, de falaises, ruissellements des eaux de pluie rendus torrentiels qui ravinent puisqu'il n'y a plus rien pour les arrêter et que ni les fossés, ni les lits des rivières, ni les canaux ne sont entretenus, même ils sont pris pour des décharges. La nature reprend ses droits et nous, nous n'avons toujours rien compris. Et bien continuons, pardi ! Volcans endormis. La nature les a placé ici. Un jour ils se réveilleront pour de bon. Mais nous, nous n'aurons toujours rien compris ! |
Semaine 6 et première de février. Couleurs, vous êtes des larmes, couleurs vous êtes des pleurs.... Guy Béart le chantait. Comme il chantait "Allo, allo, tu m'entends, est ce qu'il fait beau temps..." cette nuit entre le 6 et le 7 février, sur notre transistor allumé pour tromper l'angoisse dans notre chambre glacée. Nous étions en 1965. Cette nuit là, je ne l'ai pas oubliée. Nous sommes le 8, et pour une nouvelle fois, ma toute petite soeur a 57 ans à tout jamais.
Couleur, c'est la blancheur de février. Qui souvent quand il entre comme un lion, sort comme un mouton.
Chaque jour, chaque saison, à chaque heure différentes et tellement belles que c'est un véritable enchantement.
Quand vous lirez ce texte, je ne serais pas là. Partie chercher d'autres couleurs ailleurs. Celles d'un hiver outre Sancy. Mais dès mon retour, je vous montrerai tous ces trésors dont on est fier de pouvoir profiter. Merci Nature de nous les dispenser.
Ceux ci sont trés beaux (image du net)
Je n'ai jamais su faire ! Même le plus petit avion ou la plus simple cocotte en papier. Par contre, je me souviens avoir écrit un conte sur une proposition de consigne d'un forum d'écriture (il y a longtemps) dont le thème était origami. Je vous propose de le découvrir Il était une fois dans un pays pas si lointain, un petit garçon,
très pauvre.
La rue était son théâtre, le rêve son jardin.
Un soir, qu’il traversait le square qui longe le canal Saint
Martin, son regard se posa sur une forme vague «oubliée» près
d’un banc. Chiffonnée, déchirée, sans doute un emballage de
paquet cadeau. Peut-être, un autre enfant était venu jouer là,
après avoir fêté son anniversaire lors d’un pique-nique géant
avec ses copains. D’ailleurs, il y avait alentour, quelques restes
épars de nourriture que les pigeons du square se
disputaient.
L’enfant, rêveur, s’assit sur le banc et
songea à ses anniversaires si tristes, sans cadeau, sans personne.
Depuis que maman était à l’hôpital, c’était pire encore. Plus
personne ne se préoccupait de son sort. Après avoir versé quelques
larmes en pensant à elle, il se leva et reprenant son chemin, il
donna un coup de pied rageur dans la forme mal définie qui se
trouvait devant lui.
C’était une feuille de papier vert,
d’une belle largeur.
Elle pouvait lui servir : par exemple à
recouvrir ses livres d’école, ou bien à emballer ses trésors
(bien rares, il est vrai, mais si précieux) ; ou encore il allait
l’utiliser comme parure au cadeau qu’il offrirait à maman, quand
il pourrait enfin lui rendre visite.
Du revers de la main, il
entreprit de défroisser le papier, mais non, il était en bien trop
mauvais état !
Il ne pourrait jamais le récupérer
complètement. Tout juste pourrait- il en confectionner quelque
cocotte ou quel qu’avion en papier, tient comme celui que
l’intrépide Charlotte avait envoyé dans les cheveux de l’horrible
mademoiselle, l’autre jour en classe de géo ! Ah ! La tête de
mademoiselle ! Vous auriez vu ça ! Il fallait la voir rajuster son
chignon ! Et sa colère ! Si personne n’avait osé s’esclaffer
sur le moment, tout le monde avait bien ri à la récré. Elle avait
bien fait Charlotte ! Elle était habile de ses mains, douée pour
tout, n’était-elle pas première de sa classe ? Il aurait bien
voulu faire comme elle, mais n’osait pas.
Il reprit son
papier, le chiffonna à nouveau. Il esquissa une forme, puis une
autre. Déchirant le papier en deux, il fabriqua un cheval, comme
celui qui se trouve dans la vitrine du marchant de jouets tout près
de chez lui. Puis avec l’autre morceau de papier, il essaya une
vache comme celle que maman aimait à dessiner. Maman ! Quelle grande
adoratrice des vaches ! Son enfance en était peuplée, les histoires
qui le berçaient le soir, en s’endormant ne faisaient aucune
allusions ni aux trois ours, ni au petit poucet, encore moins à
Goldoraque et au capitaine Flam ! Non. C’était, Noisette et puis
Charmante, Fauvette ou la Jacade. Un jour il écrira un livre sur les
vaches. Pour sa maman. Ou bien, ce sera elle qui écrira. Quand elle
reviendra.
Bon. Son esquisse n’était pas concluante (une
vache c’est plus difficile qu’un cheval, à dessiner, un peu à
cause des cornes, mais aussi de la tête, et puis du ventre.) Un
cheval ça n’a pas de corne, et s’il leur en poussait une ? Mais
oui. Là, juste sur le front. Il en existe, ce sont des créatures
étranges, comme dans Tintin. Ne portent-elles pas bonheur, en plus ?
Une autre idée lui vint. IL allait faire pousser une corne à
son cheval. Et voilà, la belle Licorne que voici ! Ce sera le cadeau
de maman. Quand elle sera guérie, ils feront un théâtre de
marionnettes, la Licorne en sera la vedette. Ils seront acclamés
dans le monde entier, ils deviendront le porte bonheur de tous les
malheureux, de tous les enfants pauvres. Grâce à eux et à leur
Licorne, tout le monde retrouvera un peu de bonheur dans sa triste
vie.
Postscriptum.
Je ne me vois pas bien écrire un tel texte aujourd'hui !
Je me suis demandée dans quel sens j'allais tourner ce mot rouage pour ne pas être à côté de la plaque. J'aurais pu choisir celui d'une l'horloge, d'une mécanique quelconque ou le processus complexe du fonctionnement de notre mécanique humaine, ou bien de notre société mais aucun de ces thèmes ne m'a semblé facile à illustrer.
J'ai donc puisé dans mes archives photos et vous propose celui ci.
Patience et longueur de temps faisant plus que... Combien de fois vous ai je observés, à l'affut d'une de vos proies. Je me suis lassée avant vous, il est vrai que de la patience je n'en ai presque pas. Pourtant, j'en ai supporté des choses à travers vous, guettant à mon tour le prédateur qui vous faisait tant de mal. J'ai fini par le surprendre (en plein vol, c'est une image) plus rapide qu'un faucon, lui qui en est un vrai. Plus rapide qu'une hyène et beaucoup plus méchant.
Vous étiez bien patients, mais pas assez pour vivre longtemps. Sauf pour les repas où vous rivalisiez d'agilité pour être servis en premier.
| au 1er plan Chaussette, puis Zéphir, Plume et tout au fond Flocon |