Non lieu ? Si puisque je vous le montre.

 Cette semaine mouvementée se terminant sur un non lieu, c'est à dire sur un nul part autre qu'à la maison, j'ai tout loisir de revenir sur la journée de jeudi, qui fut la seule belle journée de la semaine et la presque pas nombreuse du mois de juillet. Demain même programme qu'aujourd'hui, pluie poussière, froid et nourriture, rien d'autre à se mettre sous la dent. Remarquez que pour la nourriture, cela suffit pour le moment. Balade jeudi, pas où on avait prévu, moins loin, plus court, mais néanmoins, oeil en plus surtout pour moi mais pas grand chose quand vous même à mettre devant les votres yeux.

Un étang qui alimente un vieux moulin restauré en auberge privée.
Sur lequel  et je ne sais pas par quelle providence se trouve l'arche perdue
Une réserve à poissons des carpes communes apparemment (moi j'y connais rien en poisson, alors je me fie à ce que me disent de mieux informés.
deux pieds artichaut dans un jardin presque aussi herbeux que le mien.

Une vue ombragée sur l'étang de l'arche perdue.
Pareille à la précédente mais vue ouverte.
le chateau rocher lui aussi privé, encastré dans la verdure inapprochable, même pour ce qui fait besoin. Bon voilà un petit périple, agréable à l'oeil et aux jambes, la seule partie pentue on l'a faite en descente, le reste était pratiquement plat et ombragé. Voilà qui nous change de l'ordinaire.

 Moins prolixe qu'hier, un peu fatiguée, pas d'adrénaline aujourd'hui. Pas dormi de la nuit ni de la journée qui a suivi.  

Carglass déplace, Carglass remplace, Carglass remet en plexi glace.

 Non, pas pour la pub; mais parce que c'est assez bien adapté à la situation, peut être vous ne voyez pas trop de ce que je veux parler, mais quand je vous aurez brièvement raconté, on va dire que vous y verrez sans doute plus clair. 

Tout d'abord, Carglass déplace. Oui mon rendez vous, celui qui prévu de longue date ne prévoyait pas que pour être soigné il faille le précieux document plus vert que le vert d'Omo qui lui lave encore plus blanc, enfin c'est le nouvel qui lave transparent parce que sans huile de coude, dont il est sans doute pourvu, il laverai comme les autres, là haut  prés du bon Dieu, c'est à dire seulement de tous soupçons.

Le green pass auquel je préfère  le Green Peace qui au moins, lui, défend quelque chose et a des valeurs morales, a donc remplacé le forfait hospitalier, la carte vitale, le tiers payant, les soins gratuits aux urgences qui ne sont pas suivis d'hospitalisations, les libertés individuelles et globales et collectives ... mais ne vous réjouissez tout de même pas trop vite, car obligatoire et payant il va devenir et même si vous avez obtempéré aux injonctions qui vous ont été faites, de bonne grâce ou de mauvaises, vous devrez présenter le fameux résultat du test de moins de 12, 24, 48, 72 h selon prescription du préfet, du seigneur et maitre du temple ou du lieu,  de Jupiter ( ah non pas lui, il se dérobe et décline cette responsabilité à d'autres,  tout en la leur imposant) Mais aprés tout, tous ne briguent pas un second mandat que la plus part d'entre eux seraient bien en peine d'assurer, d'ailleurs, quoique ! en matière de duperie de mascarade, de tartufferie, de mépris  et de bien d'autres encore, on a déjà plusieurs fois de suite pu vérifier que les maîtres, parfois... se faisaient coiffer au poteau. On a surtout vu ces dernières décennies, que les successeurs avaient  le talent particulier de faire dire du bien des prédécesseurs. Bref comme disait Pépi(n)  qui n'arrivait jamais seul. Car Pépi lui il va en train.

Mais je m'égare quelque peu, là. Revenons en à mes moutons. Oui il faut vous dire que ma vue avait tellement défailli que quand je croisais des vaches je les prenais pour des moutons ! faut dire que des moutons, on en voit tellement de toutes les couleurs aussi ! et puis et là je ne bouderai pas mon plaisir : j'ai interdiction de faire les vitres, la poussière, le ménage cad le balai, la serpi l'aspi, le jardinage aussi,  la cuisine, et même les courses !

Donc opération programmée par les spécialistes de la vision éclairée (qui ne sont pas que les complotistes), je tiens à le préciser.

Et voilà qu'un rendez vous pour plus de claire voyance, prévu en juin pour être tenu en aout eut lieu en juillet et fut truffé d'embuches et imprévus. 

Ainsi donc aprés avoir déplacé, Car Glass a remplacé. Ce fut fait hier, dans la plus stricte intimité. Pas d'accompagnant, pas d'examen détaillé, pas de palpation inutile, pas non plus de visite post op, mais pass sanitaire sous forme de test PCR, qui même vacciné m' a-t- on précisé en lieu sûr, reste préconisé et indispensable ! alors moi qui ne le suis pas vaccinée !  

Remplacement du cristallin par un implant de plastic qui je l'espère n'est pas en toc mais qui pour l'instant me tient surtout éloigné de la précision orthographique et me fait jongler entre la partie haute et la partie basse de l'instrument qui me sert de monocle, la partie gauche et la partie droite aussi, mais là je suis rompue à l'exercice depuis fort longtemps (depuis le début des années 80 pour tout dire) à tel point que j'y perds moi même mon latin, moi qui n'en ai jamais eu la moindre notion. Aprés il y a toujours quelqu'un pour s'approprier ce que vous ne possédez pas à défaut de ce que vous avez pris soin d'économiser depuis longtemps et dont on vous a précédemment délesté. Et oui, la tâche est lourde, je sais bien.  

Donc, c'est quasiment morte que je suis ressortie du bloc  à tel point qu'à une mise sous oxy  il fut procédé. Et là je dois dire que j'ai enfin compris en le découvrant  à quoi étaient exposées les personnes devant être placée sous technique respiratoire auxiliaire, n'est ce pas ! 

Ressuscitée, illico (je dois être le 3 ou 4ième cas après Jésus et Chevènement, probable, )  Non ne paniquez pas , les gens,  5-3 de tension aprés plus de 12 h de jeune en sortant de la salle de réveil rien d'anormal !  j'ai subit un traitement de choc et la perfusion pour faire remonter la tension a des effets bien rapides et prolongés puisque je suis bien éveillée, clairvoyante non, voyante non plus, à cette heure ! Capable de refaire trois fois le devoir de lundi, le compte rendu de ma semaine, de ma balade et de mon périple urbain (2)  les périples, pas le pape de Clermont !

Mais ça va faire long pour vous, peut être, non ?

Le mot.

 Cette toile de Peter Mǿnk Mǿnsted, parfaitement de saison, me semble montrer une entreprise courante.

On dirait bien une invitation au bal, peut-être une demande en mariage.
Qu’en pensez-vous ?
Qu’en dites-vous ?
À lundi, si vous n’êtes pas sur une plage quelconque pleine d’eau, de sable, de monde et de cris.
Bref, là où il est impossible de penser à quoi que ce soit d’autre qu’à la chance qu’a eue Siméon le Stylite…




Lorsque Sophia déplia le papier qu'Emilio lui tendait, elle n'en cru pas ses yeux.

Un mot, griffonné à la hâte sur un bout de page de cahier d'écolier, qui lui disait combien elle était belle et combien il serait agréable de faire virevolter son jupon de satin blanc, dimanche soir au bal de la Saint Jean. 

Mais qui donc s'intéressait à  elle, la soubrette des Campi-Chianti ? Elle que personne ne regardait jamais. Elle à qui personne n'adressait la parole autrement que pour  lui intimer des ordres ? Elle dont la présence passait inaperçue ?  Mais elle sans qui rien à la villa ne serait en place, rien ne serait jamais prêt pour les diners et réceptions fastueux. Elle qui s'occupait du jardin, de la maison, des enfants et de l'intendance, car la villa avait des allures de faste et de prospérité, mais les Campi - Chianti étaient des gens radins et mal léchés qui ne devaient leur relations qu'à la renommée de leur vignoble (de leur vie ignoble disait Sophia, quand elle parlait d'eux à ses amies). 

Ses amies, comme elles lui semblaient loin aujourd'hui, comme elles lui manquaient ! Seul Emilio lui tenait parfois compagnie, quand madame ou mesdemoiselles n'avaient pas besoin de ses services de chauffeur attitré pour les conduire en ville ou bien sur les bords verdoyants du lac de Côme de l'autre côté, là où le faste et la mondanité se relaient pour gaspiller l'argent durement gagné par de pauvres journaliers qui n'ont eux que la sueur de leur front et la force de leurs bras pour subsister. 

Elle l'aimait bien Emilio, Sophia. Mais elle n'avait jamais songé en faire un compagnon pour la vie. Elle, celui qu'elle gardait secrètement dans son coeur, c'était Gustavino, le pâtre des montagnes. Mais il était loin, bien trop loin pour l'inviter à un bal dimanche prochain. Alors qui ? Le message n'était pas signé. Lorsqu'elle tourna la tête vers Emilio pour lui demander qui lui avait confié ce mot, elle vit qu'il tournait son regard vers le bout de ses pieds, comme absorbé par le bleuté des eaux profondes du lac en contre bas, elle remarqua aussi sur son visage, cette légère ombre rosée. 

Gravement en secouant la tête, elle lui tendit le bout de papier, sans un mot. Il comprit alors qu'il était inutile d'insister.

Quand c'est l'heure...

 Ainsi c'est son heure. Et quand c'est l'heure, c'est l'heure. Aujourd'hui c'est l'heure d'Heure Bleue m'a-t-on soufflé de part les montagnes bleues de la Drome . 



Alors bon anniversaire Heure Bleue

Ne laissons pas les bons moments nous échapper

 Alors récapitulons un peu. Aprés la pluie le temps est beau. Soit. Dommage que la pluie soit restée si tard. Juste pour perturber un court séjour là où les montagnes sont si belles sous le soleil. Cela nous a néanmoins permis d'apprécier le gite dans lequel nous séjournions en compagnie de ma Ponette. Situé à proximité de la famille  et des connaissances que nous avons eu plaisir à retrouver. Cela nous a aussi permis de découvrir des lieux nouveaux où nous ne serions pas aller nous balader.






J'ai pu aussi fêter mon anniversaire avec mes proches présents. Les recevoir et cuisiner pour eux, contrairement aux autres fois où c'est nous qui sommes reçus. C'était bien.
J'ai soufflé mes bougies, c'était cool. Et puis le lendemain : 
le soleil n'était toujours pas matinal, mais dans nos coeurs. Tant et si bien qu'il a fini par venir nous accompagner quand il a vu que la fête n'avait pas besoin de ses services. La fête : c'était celle du mariage de mon frère. Les mariés étaient trés beaux, les invités aussi. 


Tout en émoi, tout en douceur, la cérémonie s'est déroulée dans une ambiance inhabituelle car des mariages dans les petites communes, il n'y en a pas beaucoup, tout le monde était heureux et avait envie de se le dire et de le partager. 



Puis vint le défilé, je n'ai pu m'empêcher de dégainer au passage devant un prés plein de belles à craquer. 
Même elles étaient émues de voir un si beau cortège.

et de belles à croquer
Que d'émotions ! Ce fut une trés belle journée.
terminée aux lampions et dans l'obscurité.

Je n'aime pas la Tour Eiffel.

 

Au risque d'en choquer plus d'un, je n'aime pas la Tour Eiffel. 

Ce monument de ferraille qui fait courir le touriste depuis les coins les plus reculés de la planète. C'est une construction remarquable, c'est vrai avec une architecture originale. Mais elle est froide, impersonnelle comme le sont les beaux quartiers des villes où se mêlent tourisme, affaires et mondanité. La vie se passe dans les étages où grouille une faune de ladies and gentelmen préoccupés par le cours de la bourse plus que par leurs semblables.

Le luxe, le faste et les paillettes ne sont pas ma tasse de thé. Je préfère et de loin les quartiers populaires où les vendeurs de quatre saisons se disputent l'espace avec le prolo qui vaque pressé, à son boulot.

Bien sûr j'ai visité la vieille dame, comme tout le monde, mais elle ne m'a pas impressionnée. Je lui préfère son frère qui enjambe la Truyère. Passant d'un côté d'autre de la vallée, reliant les bois et les guérets d'une montagne à l'autre, sans prétention, sans chichi, sans faste mais avec la modestie des grands génies. 



Garabit, avec ses 3 169 tonnes de fer, 41 tonnes d’acier, 23 tonnes de fonte, 15 tonnes de plomb. 678 768 rivets, 20 370 m3 de maçonnerie.

Qui commença tel que le note Gustave Eiffel dans la notice de construction, rapporté par l'ouvrage "il était une fois Garabit" 

le levage de l’arche  fut réalisé en installant deux échafaudages importants en devant des soubassements des piles (…) 

La partie supérieure de ces échafaudages fut établie en courbe de manière à former un cintre
(…)
C’est sur ce cintre que l’on que l’on établit les premières des retombées des arcs ; puis l’extrémité de cette première partie de l’arc, celle qui s’avance vers le vide, fut rattachée à l’aide de 20 câbles en acier au tablier, à l’aplomb de la grande pile, et c’est alors que put commencer le montage de l’arc en porte-à-faux (…) "

Sources extraites de 
https://www.garabit.com/index.html


Enigme

La plus part du temps les chats aiment les endroits douillets et ne quittent pas la maison, mon fauteuil, mon lit, mon canapé, sauf pour venir quémander de la nourriture, évidemment. Parfois aussi ils disparaissent surtout quand il fait beau et chaud où ils aiment bien changer d'air. Ils restent quelques fois absents plusieurs jours sans montrer leur petit museau. Je m'inquiète alors. Il leur est surement arrivé quelque chose de fâcheux, ou bien ils se sont perdu ou ils ont été enfermés,. Bref toute possibilité qui pourrait expliquer leur absence est explorée. Zéphir que vous voyez là aime bien chasser la nuit. Je sais qu'elle va loin parfois, je ne sais jamais quand elle va réapparaitre, ni où elle passe son temps.  


Et bien ce matin en lisant le texte de Monsieur Le Goût,  j'ai eu ma réponse !

Bonne ou mauvaise nouvelle ? Les deux mon général.

 

Je me souviens  bien de leur visage, ces beaux visages de jeunes gens. Même si les souvenirs s'estompent tout comme au petit matin, disparait la rosée quand chantent les grillons.  Cette image ! Comme leurs traits sont ressemblants ! Était-ce sur une de ces plages de Camargue où ils étaient partis en voyage de noce ?  Je me souviens qu'elle avait tenu à emmener avec eux tonton Charles qui était son parrain. Une jolie carte postale nous avait prévenu que tout se passait bien, que la Camargue était jolie, qu'il faisait beau et qu'ils étaient heureux. 

 Je les revois  le jour de leur mariage. Elle avait une longue robe blanche et lui un joli costume qui n'était pas à carreaux. Cela ne se passait pas un dimanche, un dimanche au bord de l'eau. J'ai oublié en quelle année, mais je sais que c' était le 16 du mois d'aout et que ce jour là, il faisait beau. Nous étions arrivés la veille à la Grande Terre, ensemble nous avions décoré l'entrée de la cour avec des genévriers et des roses en crépons. Pour le cortège, nous avions disposé des rubans de tulle sur les voitures et sur le tracteur, que Jean le frère ainé de la mariée était chargé de conduire pour fermer la marche nuptiale , avec une cariole où était disposé un balai. Nous avions parcouru les quelques kilomètres qui nous séparaient de  Centlieu au son des klaxons, dans le bruit et la poussière du grand chemin qui vient de la Grande Terre, laissant en bas sur la droite la maison des Fontanettes, puis traversé le pont sur le ruisseau de Montzoux. 

En écrivant, me reviennent quelques bribes de la cérémonie. Le soir on avait dansé jusqu' à bien tard. Au petit matin on les avait réveillé aprés avoir longtemps cherché où ils se cachaient. Mais il a coulé beaucoup d'eau sous les ponts de la Lioux. Beaucoup de choses se sont effacées. Ils auraient dû avoir une vie heureuse. Sans doute elle le fut... au début...

Janille  et Jack se sont retrouvés enfin, aprés une longue suite de péripéties. 

Essoufflés par la course folle des chevaux  blancs de Camargue, ils voguent sur un nuage de bien être, à présent,  mais il en a fallu du temps pour arriver jusque là. La vie est loin d'être un long fleuve tranquille.

Quand ils se sont connus, il y a trés longtemps, c'était dans les années soixante, le temps du rock, le temps des copains, des mini- jupes, de l'insouciance et des caramels à un franc. Elle, elle  était une toute jeune fille. Elle allait aux bals avec son frère Ferdinand. Leur mère Mariette faisait entière confiance à sa petite dernière que ses frères chouchoutaient et taquinaient en l'appelant Sheila.

Sheila se prêtait gracieusement à leur petit jeu, d'ailleurs, elle l'aimait bien Sheila. 

Elle fredonnait souvent des airs yéyés, de Johnny, de Claude  François et bien sûr des airs de Sheila.. Pendant ses vacances et les dimanches,  elle allait faire le ménage, histoire de gagner quelques sous, dans la grande maison bourgeoise du village du Chatperché.  Petit hameau suspendu sur une crête rocailleuse où poussait la vigne  donnant un vin aigre-doux. Là bas, pépé Arthur, son père,  travaillait quelques arpents, Il avait aussi un petit jardinet où poussaient les légumes. Il aimait particulièrement  quand Janille passait le voir et repartait un sac plein des premières salades, d'un repas de haricots verts, de petits pois ou de navets qui ne poussaient pas aussi bien sur la Grande Terre, disait-il, les yeux pétillants de malice, bien content d'être utile et de ne pas s'être échiné pour rien. Il aurait pu vivre avec eux tous, sur la Grande Terre, cela aurait été plus simple, mais il était né ici, son cailloux, il l'entretenait et il ne fallait pas lui parler de quitter sa maison.  Les vieux ça aime bien s'accrocher à la terre, même s'ils n'en ont pas besoin. 

Janille, elle, comprenait et c'était bien comme ça, que ses parents avaient communément choisi cette façon de vivre l'aventure. Personne ne trouvait à redire et c'était bien comme ça.

Depuis la Grande Terre, elle partait à travers champs, passait la Petite Terre,  traversait plus loin la Lioux qui par endroit offrait des passages à gué, puis elle continuait à travers le bois des 3 Suzon laissant au loin le bourg de Centlieu, son auberge où le dimanche il faisait chaud,  sa mairie ronde,  son église romane  et son clocher. 

Le soir elle faisait en sens inverse le chemin et s'attaquait en arrivant, à la traite, car Mariette n'en avait pas fini encore. Des trois étables, il en restait souvent une. Restait aussi le lait à passer et le fromage à cailler.   Puis ensemble,  elles parquaient les vaches pour la nuit. Le domaine était seul au milieu des prairies, s'étendant de la rive droite de la rivière jusqu''aux  Fontanettes au sud  et aux champs de Lespeu plus à l'ouest, voilà qui offrait un vaste territoire à clôturer, à surveiller, à vérifier. Janille se prêtait de bonne grâce à toutes ces corvées. Les hommes étaient aux champs, aux foins ou aux moissons, le travail de la ferme, comme dans beaucoup d'endroits, c'est aux femmes qu'il incombait. Toujours joyeuse, heureuse de vivre, Janille était le rayon de soleil qui illuminait la rude vie de Mariette, de ses frères et de tous ceux qui la côtoyaient. Parfois nous allions en vacances, quelques jours dans la maison de la Grande Terre, où régnait la bonne humeur mais où les lits infestés de puces ne nous procuraient qu'un confort tout relatif et pour tout dire un sommeil mouvementé, qui nous trouvait épuisés avant la fin de la nuit. Quand on se levait, de bon matin, Mariette avait déjà bien commencé sa journée, toujours levée la première pour préparer le déjeuner. Toujours en chantant, toujours en riant, elle nous accueillait les bras ouverts et nous servait beurre fraichement moulé et confiture de groseilles de son jardin. Puis la journée s'étirait ponctuée de toutes les tâches à réaliser et aux quelles nous apportions notre modeste contribution. Quand venait l'heure du 4 heure que nous partagions avec les hommes, faisant coupure entre deux charrettes de foin, notre goûter fait de la même confiture et de pain bis, nous ne l'aurions laissé à personne. De temps en temps, Mariette nous laissait gouter au vin de la treille, celui que personne d'autre n'avait droit de boire, fabriqué par Arthur et coupé d'une bonne dose d'eau fraiche pour nous désaltérer. Nous aimions son goût aigrelet. Comme nous aimions le soir à la traite déguster le lait bourru. 

Janille était à peine plus âgée que moi, deux ans pas plus. Elle me parlait de ses rencontres faites au bal les jours de fête patronale, à Centlieu, à Laronde, à Latour, à Certilanges ou à Frugères. Je l'écoutais, et ensemble on riait des mésaventures de tel ou tel, éconduit ou malchanceux. Il y avait Jojo, le fils de la Marthe ; Jeannot, le grand blanchot ; Pierrot le petit voisin, le gros Lucien et quelques autres. Et puis il y avait Jack. Elle l'avait rencontré au bal quand elle avait dix huit ans. Pour elle, l'école était finie, elle avait réussit ses examens  de puériculture et travaillait maintenant à la pouponnière du CHU du Valmont. Lui Jack  travaillait à l'usine aux Chais Auvergnats. Ils se fiancèrent trés vite, puis se marièrent. Elle lui suggéra de faire une demande d'embauche comme garçon de salle au même CHU. C'est ce qu'il fit. Ils s'établirent en ville, à deux pas de leur travail. Il leur vint un enfant dont ils étaient  fiers. Puis la boisson, la lassitude peut être, les mauvaises fréquentations, la vie quoi ! Ils ne se comprenaient plus. Jack se révélait possessif, jaloux, il en devenait méchant. La pauvre Janille devait rendre des comptes journellement, sous les coups, parfois.  Sa vie devint un cauchemar. Qu'il était loin le temps des fiançailles et des roses de Corfou. Qu'ils étaient loin les chevaux de Camargue, qui chevauchaient, fantastiques, dans les rizières et les champs de roseaux où se baignent les flamands roses bordant l'horizon dans le soleil couchant. Les larmes comme le sel des saunières brulent aussi cruellement.

Un jour, on l'appela à son travail. Jack  n'était pas rentré cette nuit là. Inquiète, elle avait gardé pour elle son tourment et au petit matin était parti travailler comme tous les autres matins. Quand on l'appela au bureau de la surveillante en chef, elle sut tout de suite  que quelque chose de grave venait d'arriver. 

On venait de retrouver Jack, sa voiture enroulée autour d'un arbre, entre Virleroi  et Centlieu. Il avait cessé de vivre. Mort au volant, ont dit les médecins. Ainsi il ne s'était pas vu partir, la voiture sans chauffeur avait fini sa course contre un arbre. Heureusement, il n'y avait pas eu de véhicule venant en sens inverse et la seule victime était Jack. 

Janille pleura beaucoup, puis se reprenant en femme de caractère quelle était, digne fille de sa mère, elle releva la tête et éleva son enfant avec l'aide précieuse de Mariette et de ses frères qui n'allaient pas manquer de soulager son malheur. Elle n'avait plus de compte à rendre. Ne subissait plus de scène de jalousie, était délivrée de cette oppression,  mais il manquait quand même un maillon à la chaine qui relie  la barque à son ponton et  qu'elle avait contribué à maintenir à flot. 

Et puis ce fut son tour de chavirer. Elle tomba malade. Gravement. Un méchant cancer s'était porté sur ses os. Elle perdit l'usage de ses jambes. C'est dans un fauteuil roulant que je la vis la dernière fois. Elle gardait cependant sa bonne humeur et nous accueillit, maman et moi, avec entrain et beaucoup de chaleur. Elle occupait son temps entre lectures, elle avait toujours aimé lire, et  la généalogie. Cela lui passait un peu le temps, disait elle, en souriant. Sa mère  l'encourageait, elle qui était une enfant trouvée, déposée dans une panière, devant la porte d'une institution de bienfaisance Parisienne, veuve à 20 ans et remariée avec le fils de la maison qui l'avait accueilli avec son premier enfant. 

Quand Janille quitta ce monde aprés une  grave rechute. Mariette recueillit et éleva son fils,  avec l'aide des siens. Les grandes familles savent être solidaires dans les coups de mauvais temps. 

Nous sommes revenues maman et moi,  voir souvent Mariette, plus jamais nous n'avons parlé de Janille. Elle était trop présente pour que nous évoquions son absence. Toujours entre nous,  c'est comme une gardienne  qu'elle nous protégeait de loin. 

Je me dis parfois, que si Dieu existe, il réunit peut être ceux qui s'aiment, alors je me  prends à imaginer Janille et Jack, enfin apaisé et délivré de ses démons. Ils sont  sur cette plage de Camargue, loin de la ville, loin du bruit, ils parlent entre eux de tous ceux qu'ils ont connus, aimés,  avec qui ils ont fait un bout de chemin. Il a son costume de lin blanc, comme le jour de leur mariage,  elle sa robe de satin, cette robe noire ornée de rouge qui lui allait si bien. Elle a mis sur ses cheveux son foulard, pour cacher les affreux dégâts de la  chimio. Son visage rayonne toujours et l'amour des autres l'illumine tout comme avant. Jack à ses côtés lui demande pardon. Ensemble ils s'engagent dans un nouveau parcours. Sur de nouvelles routes, il n'y a pas d'arbre sur les abords, mais de doux tapis de fleurs, des milliers de fleurs. pour les conduire jusqu'à cette plage de sable blanc. Au loin  le fleuve enserre  les Saintes Marie de la Mer,  au bout, tout au bout, un phare éclaire en bas la mer qui leur parait si loin.   Plus loin encore vers ce qui est le Nord, il y Des halos de lumière tendre qui baignent la campagne autour du bourg de Centlieu. Là, leurs souvenirs se brouillent. Ils tentent de distinguer quelques visages. Des gens connus, appréciés leur tendent parfois les bras. Parmi eux, Mariette, ses fils, parrain Charles, et d'autres encore qu'ils ont laissé à regret. D'autres encore trop jeunes  les rejoindront plus tard. Rien ne presse, puisqu'ils savent que  lorsque descendra pour eux le soir, c'est vers leur lumière à eux qu'ils se dirigeront. Cela les fait sourire. Non, ce n'est pas triste.  Là où ils sont, ils sont heureux.    Ils méritent bien cette seconde chance. C'est toujours moche un couple qui bascule. Une vie qui se barre, et des enfants en souffrance qui grandissent sans leur parents.

Quand je pense à eux, je me dis que la vie ne tient pas ses promesses et que le bonheur ne tient qu'à un fil, qu'il faut savoir le suivre et ne pas le laisser se distendre car aprés c'est compliqué. 

le camé Léon.

 Devant le vide sidéral de cet espace, rien à lire ni des uns ni des autres, je me pose juste une question : avez vous disparus  ? Mais où êtes vous donc passé en ce tout début d'été. Les vacances ? Bon vous allez revenir avec plein de choses à nous dire, plein de photos à nous montrer. Je ne saurai plus par où commenter. 

Le taux d'abstention aux récentes élections qui vous met dans cet état ? Y a pas de quoi, ma fois, encore eut il fallu qu'il y eut quelqu'un pour nous donner de l'espoir, je ne sais pas moi, pour prendre en compte ce que nous avons à dire, pour nous écouter, peut être nous entendre, au lieu de s'entendre entre gens de bonne compagnie toujours prêt à nous sauter sur le rable pour nous plumer. Je sais le rable d'habitude c'est des poils qui le fournissent, et on en parle chez le boucher à propos du lapin, tandis que les plumes, c'est plutôt à propos des volailles. Mais ils ne font pas dans le détail, ceux là qui nous pillent inconsidérément. Toujours là pour s'en mettre plein les fouilles. 

 Je ne suis pas allée voter.  Ne me prenez pas pour une incivique, quelqu'un qui n'en a rien à faire de la planète, des citoyens, de la crise, du covid et compagnie. non au contraire, je continue de m'interesser à tout ça. Mais j'ai fait grève. Choisir entre la droite de droite, celle de gauche, celle du milieu, non, pas envie. Notre maire était candidat, sous une étiquette nouvelle, cette fois. Figurez vous que la première fois qu'il apparut dans le paysage communal, c'était contre  le maire sortant, élu sur une liste de gauche socialo communiste, à laquelle j'appartenais. Je ne fus pas élue. Lui non plus. Il était sans étiquette, et présidait une liste "écolo" verte, un peu jaune quand même, un peu, vous savez, comme les rampants et les volants, la verte pour les rampants, la jaune, pour les volants. Puis le temps à passé, il est passé chef de l'opposition, s'est présenté aux élections suivantes et a été élu avec une étiquette de droite, cette fois. Le temps passant toujours, il se présenta aux cantonales à l'époque, divers gauche, élu cette fois. Puis les présidentielles sont apparues, soutient du chef de l'état (futur) de vert jaune rose, il devint orange en marchant, toujours dans le sens du vent. Les municipales dernières le virent élu sur une seule liste, à vaincre sans effort, on triomphe sans gloire et sans ma voix par conséquent non plus. Évidemment c'était sur une liste trés marquée à droite. Et le revoilà le bougre, aux départementales, candidat sur la liste d'union de la gauche socialistes communistes radicaux de gauche, écologiste de gauche, ben oui, ya aussi des écolos de droite, comme quoi !  avec comme concurrent la seule présence  d'un vrai candidat de droite, la vraie, la traditionnelle. Je me suis tâtée un moment, voter or ne pas voter ? Et puis, quand même, voter à droite ! non décidément, résolument, non ! Que faire alors ? et bien me joindre aux abstentionnistes, à ceux qui en ont marre d'être pris pour des buses. A ceux qui ne veulent plus de ce jeu là et qui en ont assez de ces simagrées et semblant de démocratie. Non entre la peste et le corona, faut pas choisir. Alors j'ai fait grève. Voilà. Histoire de leur dire : mais vous n'avez pas honte de revendiquer une quelconque légitimité quand à peine un tiers des électeurs s'est déplacé pour éparpiller ses voix entre une multitude de candidats qui ont quand même donné beaucoup de gages de discrédit ?

Le camé Léon, lui il s'en fou, la seule chose qui compte pour lui, c'est d'être élu, avec une voix lui suffirait. Le camé Léon va parader au conseil départemental comme il le fait déjà sur la commune. 2cologie ? Je t'en fou, oui ! on construit à tout va, ici. Il faut des nouveaux potentiels électeurs, alors on lotit, on lotit dans tous les coins, dans chaque mètre carré de verdure, on comble des vallon avec de la terre meuble, et on lotit toujours. Les routes, les chemins vicinaux ne sont pas prêts de recevoir un mètre cube de gravier pour combler les nids de poule, et les usagers peuvent bien écrire, pétitionner, se déplacer en mairie, la seule chose qu'on leur répond : faites comme moi, habitez au centre ville. Mais couillon, si tu crois que le centre ville suffira à accueillir tout le monde ! bougre d'andouille !

A par contre on engage une police municipale renforcée, faut bien suivre en direct les caméras qu'on a fait installer sur la voie publique ! Il faut bien traquer le citoyen qui n'a pas mis sa boite de petits pois dans le bon con tener. Il faut bien traquer l'allumeur de feu de brindilles dans son jardin pour être sûr qu'il ne va pas mettre le feu aux poudres. Et aussi il faut bien être sûr que le centre ville soit bien propre et bien aménagé avec de beaux espaces pour la déco, ça fait mieux pour les photos dans les magazines. 

Imbu de lui, suffisant, prétentieux, méprisant, arriviste et opportuniste, le camé Léon ne sera jamais élu avec ma voix,  que ce soit  bien clair. 


le dire avec des fleurs

 Que retenir de ce mois de juin frissonant, pluvieux et sans éclat ? Qu'il se termine ce soir sans laisser place à beaucoup d'espoir de voir juillet s'enflammer ? 

 Alors avant de clore cette moitié d'année gachée, je vous le dis avec des fleurs, j'ai bien peur que la deuxième mitant ne nous voit plus enchantée.







Dans quelques jours un an de plus. Un de plus ou de moins qu'est ce que ça fout quand c'est foutu ? Des vacances ? Il n'y aura qu'à peine quelques jours autour d'un évènement festif. Des rencontres ? Pas encore puisque tout le monde se terre chez lui, derrière son masque et sa peur. Des surprises ? Et bien des fois, il vaut mieux qu'il n'y en ait pas.  Des joies ? Peut être. Des peines ? Sans doute. Des soucis et des tracas, à n'en plus finir comme les autres fois. 

En attendant, commencez bien juillet que je souhaite un peu plus chaleureux sans l'être trop non plus. J'essaierai quand même de faire de belles photos pour vous montrer au fil de l'été et si tout va bien, je vous raconterai aussi comment cela se passe en attendant la rentrée.

Tendre rousseur

Pas de photos ces derniers temps, peu de balades pour cause de mauvais temps, mais pour répondre à une question que m'a posée Ambre  hier,  de savoir si j'aime les roux. Ben d'aprés vous ? 



 Surtout Petit lion ! 


Cannelle en roux sillons

 J’aime ce pastel de Sally Strand.

Même s'il vous a déjà été proposé par Lakevio, je vous le propose.
Pourquoi ?
Eh bien parce que cette « rouquine » me parle.
C’est un sujet – pas un objet – sur lequel j’ai toujours aimé m’étendre.
N’y voyez rien de leste quoiqu’on puisse penser de cette tournure de phrase.
Mais, mon dieu ! Que cette épaule et ce cou pâles me parlent et m’appellent !
Et vous ?
Que vous inspire ce pastel de Sally Strand.
Bien que je vous aie déjà parlé de cette rousse, je pense avoir encore quelque chose à en dire.
Pourtant, ça fait des décennies que je vous en parle mais je suis intarissable car il y a encore tant à découvrir.




J'avoue ne pas détester non plus.  Sa rousseur m'évoque une senteur des iles et comme le chanteur, je l'appellerais bien Cannelle pour qu'un peu sa peau soit sucrée. 

Cannelle et Vanille aux effluves d'amandes n'improvisent elles pas le plus doux des parfums pour qui a le fin odorat ? 
Le vert olive rehausse à merveille le ton laiteux de la chair. Je ne vois pas le vert  émeraude  des yeux qui illumine un visage aux traits parfaits encadré par cette éclatante rousseur s'étalant en panache sur ses épaules nues.  Qu'a-t-elle encore de si délicieux à parfaire pour se pencher ainsi sur son miroir si froid ? Le rouge pulpeux de ses lèvres  n'est-il pas assez envoutant ? Qui donne à sa coiffure plus encore envie de la défaire ? Alors pourquoi discipliner en un chignon retord ces jolies mèches folles qui s'accordent tant avec le ciel quand l'horizon flamboie ? Imaginez ces roux sillons sur sa nuque retombant, jusqu'au creux de son dos et roulant en cascades jusqu'au bas de ses reins. 
 
Et que dire encore de sa taille devinée élancée, bien mise en valeur par le velours délicat du tissus  vert de son doux apparat ? 

Je l'imagine un peu frivole. Faisant des hommes les plus brillants, une cour,  de diables envoutés  qui se brulent aux flammes de son paradis secret. 
Mais n'en dites rien à personne, car tel est son mystère, elle envoute aussi les femmes qui n'osent l'avouer.
Si vous croisez son regard, et que vous restiez muet, c'est que ce jeu de hasard vous a déjà ensorcelé.

Spleen (le jeune)

 Pas bien facile d'écrire en ce moment. La vie qui vient la vie qui va. Souvent la même avec ses enchantements ou pas. Il faut bien dire qu'ils se font rares et que couverts de la monotonie ambiante, ils se font assez discrets pour passer inaperçus.

Les problèmes du monde qui s'ajoutent à ceux plus personnels atteignent vite des sommets qu'il est impossible de gravir tant les pentes en sont raides.

Pas de balade pour cause de trop chaud ou trop d'orages. Pas de balade, pas de photo.

Pas de grain de sable ni de folie. Pas d'histoire à raconter.

Mon ordi, compagnon depuis 2012 a rendu l'âme. Sans prémice, sans crier gare. Sa lenteur ? Mais il l'a toujours été. Pourquoi aurai-je dû m'en inquiéter ?  J'avais procédé il y a peu, trés peu, à une réinitialisation, il était reparti. Puis lors de la dernière mise à jour, pendant la nuit, il s'est éteint. 

Heureusement j'avais sauvegardé l'essentiel. Il ne restait que peu de choses que je n'avais pas pris la peine de copier sur d'autres emplacements, qui eux aussi ont leurs limites. 

Tout ça pour ne rien dire, car il y a bien pire comme désagrément. 

La santé par exemple qui vient causer des troubles et des tracas. Et si ce n'est la mienne, c'est toujours celle d'un autre, d'une autre, moins fortuné que moi. 

L'avenir qui s'annonce compliqué avec plein d'embuches et de déconvenues. Les incertitudes planent et se complaisent à naviguer au dessus de nos têtes. De gros nuages s'amoncellent dans un ciel passablement sombre et menacent éminemment de nous inonder. On ne sait juste pas quand ils vont craquer. 

Malgré tout on avance, même à pas comptés. On regarde un  peu derrière, un peu sur les côtés et on manoeuvre pour éviter de s'embourber. 

Je me souviens quand on fânait, il y avait toujours des zones qu'il fallait éviter. Et bien là c'est pareil. 

Parfois le char se renverssait, ce n'est qu'arrivé une fois et encore, je ne me souviens pas que ce fut chez nous. Je crois que c'était chez la Francine. Nous par contre on était impressionnées.  On faisait attention, on évitait de trop charger. On soutenait avec nos fourches, sur le côté. A trois, bien appuyées nos fourches s'enfonçaient dans le foin et nous de toutes nos forces, maman, Marie Paule et moi on poussait, on poussait jusqu'à ce que la manoeuvre terminée, le convoi s'ébranle sans danger. Mon père sur le tracteur tournait régulièrement la tête pour voir si tout suivait. Avec précaution, il arrivait doucement jusque devant la grange. Ouf, on était sauvé ! on pouvait alors commencer de décharger. J'entends le bruit du déchargeur envahir la cour et maman, fourchée aprés fourchée, envoyait dans la gueule du monstre  le foin qui piquait les jambes pendant qu'à la fenière, papa et Marie Paule tassaient le foin plein de poussière qui leur arrivait par brassées. 


Un dur labeur, une corvée. J'aime l'odeur du foin, mais la sueur qu'il nous coûtait imbibe encore mes pensées. J'ai parfois envie d'en pleurer.


Cher Cher

 Que me direz-vous lundi matin de cet endroit plutôt bucolique ?
Virgile lui-même en aurait dit joliment du bien j’en suis sûr.
Peut-être même eût-il tartiné le XI ème livre de son célèbre recueil.
Enfin, célèbre chez ceux qui ont eu à transpirer sur des versions et qui, lycéens citadins dans l’âme durent se taper de la poésie pastorale…
J’ai bien quelque chose à vous en dire lundi.
Quelque chose de triste.
Mais c’est quand même quelque chose à dire…

Bucolique ? Pas sûr que Virgile ait eu la même appréciation de l'endroit dit bucolique  évoqué par cette image. Bien que ! à son époque, le site l'était sans doute encore. De belle vaches Marchoises voisinaient probablement avec quelques Bourbonnaises et autres moutons  de type rouge du Berry. Le cher dont le cours se lovait au pieds de saules et de roubiniers charriait une eau pure dans laquelle sandres  et brochets batifolaient. Le cingle plongeur se régalait de petits  gardons bien frais  pendant que  les bergers taillaient dans les roseaux de jolis sifflets en courtisant de charmantes pastourelles en mal d'amour. J'imagine trés bien la scène pareil aux images des livres de mon enfance. 


Depuis  Merinchal  jusqu'à Villandry, le Cher ne manque pas de charme. Montluçon est une trés belle ville que sa population a su maintenir accueillante, voir bienveillante. Malheureusement de cette belle ville, je n'en connais que la gare. Les souvenirs qui m'habitent en sont plutôt heureux. La dernière incursion que je fis en ces lieux  a un goût particulier et tendre. C'était aussi l'hiver. Une grève SNCF, en décembre, m'avait conduite ici. C'est avec beaucoup de nostalgie que j'évoque ce moment et les souvenirs qui lui sont liés.   

Rire aux larmes

Je l’ai repérée, voire reconnue, tout de suite. Elle m’a évidemment ramené à l’époque où je ne pensais pas à des tas de choses sans intérêt. Peut-être dans votre mémoire erre un souvenir que, j’en suis sûr, nous aimerions tous entendre. Raconté par vous il n’en sera que plus chouette. Alors à lundi
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Elle me fait penser à la chanson de Fanon. 

Qu'elle soit Juive ou Palestinienne, de Bohème ou de Clichy, Indienne, Mauritanienne, du Kurdistan ou de Turquie, de Pologne ou de n'importe où.

S'appelle-t-elle Liz ou autrement. Son sourire insouciant est peut être celui de Sana ou Malika, Natalie ou Fatima. 
D'où qu'elle soit et qui soit elle, mérite-t-elle la barbarie à laquelle son peuple est soumis. Les injustices et la misère la famine et la maladie.
Son destin de petite fille ne vaut il pas que la paix soit sur le monde. Que le respect de l'homme lui soit acquis et que les larmes lui soient épargnées. 
Petite fille du monde, tu es comme tous les enfants de la planète : ce qu'il y a de plus cher et de plus précieux. 
Tu me rappelles les petites filles que j'ai croisées, accompagnées, aimées et qui pourtant devenues femme ont galéré. Galéré pour être libres, galéré pour être heureuses, galéré pour être respectées et non soumises.
Petite fille d'ici ou de là bas, enfant bohème, sédentaire, ou en exil. Fille de mendiant ou fille de reine, ne mérites tu pas  qu'on t'aime et te chérisse pour que tu deviennes celle qui sauvera le monde de tous les crimes et autres villainies  ?

Je nous revois petites filles échevelées dansant dans les roseaux et dans les prés de mes Enclos. Je revois Françoise et Nathalie courir derrière les papillons, dans la prairie, cheveux au vent riant et chantant des chansons en sautillant. Je revois Annie, la toujours sage et Nicole, bouclettes brunes, jouer avec la Miss, la pauvre chienne que mon père n'aimait pas beaucoup. 
Notre insouciance, notre malice  sonnaient clair dans le silence de l'été, plombé par la chaleur  de juillet. 
Rien ne laissait présager de ce que serait l'avenir ni pour les unes ni pour les autres. Les mauvais coups et l'infortune vous tombent dessus sans se préoccuper de savoir si vous avez les moyens de les éviter. 
Toutes n'ont pas été épargnées.  A l'injustice des hommes quand il faut ajouter celle de la destinée, la chute est rude, il est bien difficile de se relever.
Il faut du courage. Beaucoup de courage pour affronter l'adversité. Le mauvais sort, la maladie, les écueils des mauvaises rencontres, les mauvais choix de route et toutes les embuches posées ici et là sur le parcours que l'on n'a pas toujours choisit.
Je voudrais juste rendre hommage à toutes celles qui moins fortunées que moi ont eu à affronter les duretés de la vie.

Combien de petites filles, de par le monde, ont dû passer sans transition du rire de l'insouciance de leur enfance aux larmes de la tragédie. Sans compter toutes celles privées d'enfance, de rires et de joies.
 A vous toutes, mes belles,  je viens me recueillir à genou devant votre courage et je voudrais dire à vous toutes et à vous tous combien on peut être trop occupés à surmonter et conjurer un sort qui nous accable avant que de s'apitoyer sur ce que nous sommes et de prendre le temps de larmoyer.

La nouvelle journée de la rose

 Pour ceux qui n'aiment ni les vaches ni les ânes, sans présager de ce que sera l'avenir de nos départements à la fin de ce mois de juin, voici quelques exemplaires de mon jardin. Sauvage, tendre et parfumé, envahi par les hautes herbes, fait de tout et de n'importe quoi. Ce jardin n'a rien d'exceptionnel, c'est juste le mien, mon coin de verdure et d'évasion. Mon palliatif à l'absence de relief et de fraicheur. On dit que ce que nous créons et choisissons est le reflet de notre personnalité. De ça j'en suis persuadée. Même si celle ci est fonction de bien d'autres choses.  On ne choisit pas toujours, mais quand nous le faisons, je crois que ce n'est jamais par hasard. Quelque part dans notre inconscient..., quelque part par notre volonté..., quelque part le destin s'est allié à nos gestes, à nos pensées pour aboutir à ce que seront nos choix, nos actions. Nous ne maitrisons pas toujours les conséquences, heureuses ou malheureuse, nous sommes bien forcés d'en accepter les retombées. 

Pour le jardin elles ne sont pas forcément dramatiques et peuvent donner un beau résultat. Pour nos choix de vie, par contre, c'est un peu plus sérieux. 


Elsa triolet et Louis Aragon, parfumées et colorées d'un liseré rose-orangé pour la seconde, la première est pénétrée d'un coeur légèrement rosé du plus bel effet.

J'aime beaucoup ces roses et leur reflet, tout comme j'aime Louis et Elsa pour leur valeur et leurs écrits, bien sûr.


Edith Piaf, son rouge vif velouté est un ravissement tout comme la voix d'Edith l'était. Symbole de beaucoup de choses ; la rue, les poètes et pour moi,  la Butte Montmatre, une raison suffisante pour l'aimer

Rose mauve, sauvage, je l'ai découverte par hasard et tout de suite adoptée. 
Frédéric Mistral ; au doux parfum, pour moi, c'est le sud, les cigales, la poésie, la Provence, les racines profondes aux quelles on est attaché.

Belle est cette rose majestueuse dont je ne connais pas le nom, son rose prononcé s'élance vers le ciel. Elle se dé



développe à merveille depuis que nous avons coupé une partie de la glycine qui l'ombrageait.

Et pour terminer, ma préférée, même si je les aime toutes, la rose de Sognes ou rose  de la Francine, celle ci, est une vieille variété. La plus parfumée du jardin. Je l'ai récupérée quand nous avons quitté notre vieille maison de campagne. Elle a bien supporté le déracinement contrairement à d'autres variétés que j'avais aussi déplantées et comme moi aussi, qui ai eu beaucoup de mal à m'adapter. 

 C'était aussi celle qui bordait le jardin de la Francine, le long du chemin de Lossedat. Elle a pour moi le parfum des souvenirs heureux et celui des regrets.


Non lieu ? Si puisque je vous le montre.

 Cette semaine mouvementée se terminant sur un non lieu, c'est à dire sur un nul part autre qu'à la maison, j'ai tout loisir de ...