L'écho.



Je viens de lire le billet d'Ambre qui fait en moi écho. L'écho résonne comme une symphonie. La symphonie du départ. C'est comme un cri, une déchirure, Des larmes de désespoir.
Je n'aime pas les quais de gare, je n'aime pas les durs moments de séparation. Ces instants creux où chacun ressent en lui un peu de nostalgie. Ne sachant pas quoi dire tant est précaire le fil d'une conversation.
Cela tient il à mon enfance ? Quand sans plus d'explication on me plaqua chez une tante, où je dû rester de longs mois ? Cela tient il à une blessure où on me planta là dans la cour de l'école, me privant de repaire et de liberté ? Cela tient il au pensionnat où je dû subir humiliations, brimades, punitions, et me défaire des miens sans aucune compensation que celle d'apprendre à me débrouiller seule et sans soutient aucun ?
Quand devenue adulte j'eus à partir pour vivre ma vie d'adulte, j'eus un pincement au coeur. Je peux dire que mon père, cet homme rompu et endurci ne réussit qu'à peine à cacher son chagrin. Sous une fausse pudeur, il accusa le coup et ne tourna pas la page totalement. Je ne mettrais pas ma main au feu et serai prête à parier qu'une fois le dos tourné, ses yeux s'embuèrent et qu'il resta là planté sur le bord de ce quai de gare où il m'avait accompagnée.
Ces pages douloureuses qu'il faut bien un jour tourner n'occultent en rien les moments d'intense partage que nous avons su créer. Au contraire, elles les renforcent et les rendent inaltérables dans notre mémoire du temps passé. Gage d'un retour parfois hypothétique, mais qui permet de s'accrocher.
Cela étant je vous présente ma gare. Une des plus belles gares d'Europe (à ce qu'il parait). La plus belle gare de Limoges en tout cas ! si ce n'est le plus beau monument de la ville. La seule gare qui me soit sympathique, elle est liée à d'autres souvenirs qu'à des allers et des départs. Elle est liée à des notions de lutte, d'espoir, de fraternité et de solidarité. Elle fut pour moi un lieu de retrouvailles, de partages, d'ouverture aussi. Cette ville n'aurait pas un charme particulier sans sa gare, sans son histoire de rouge écrite. Et j'ai en tête l'image du drapeau rouge flottant sur le campanile, un soir de mai... d'espoir.





11 commentaires:

  1. Bonjour Délia,
    un écho qui résonne en moi, tu t'en doutes! J'ai eu la primeur de découvrir tes photos (merci encore) qui sont magnifiques.
    "Cela tient-il à mon enfance?" demandes-tu. Certainement un peu, car si les séparations s'étaient faites différemment, sûrement ne les associerais tu pas à de la douleur.
    "abandonnée chez une tante", "abandonnée dans la cour de l'école"... C'est "drôle" car j'avais évoqué une anecdote de ce genre moi aussi dans mon post (finalement je l'ai effacée): le moment où ma mère me laisse à l'école (maternelle, sans doute) sans explication, je tambourine derrière la porte en pleurant toutes les larmes de mon corps car je ne sais pas qu'elle viendra me rechercher le soir...
    Mais nous sommes d'une génération où les enfants n'étaient pas des personnes, LOL.... en tout cas on ne nous parlait pas (maintenant je trouve que parfois on parle trop aux enfants, mais ceci est un autre débat)
    C'est beau ce que tu racontes sur ton père et sa pudeur. Tu en as de la chance! Pour moi ça ne s'était pas passé ainsi, ce fut même un traumatisme car mon père m'a "reniée" quand je suis partie.
    Merci pour ce bel écho qui "tisse le petit fil entre nous" :-)
    Des bisous, Délia ♥

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    1. Tu as raison, sans doute si séparation et abandon ne rimaient pas autant, sans doute n'aurais-je pas le même ressenti. Mais je pense quand même que certaines natures sont plus propices que d'autres à la sensibilité aux départs et aux retours. Pour les enfants, oui, je pense aussi qu'on est passé d'un bord à l'autre sans aucune étape transitoire, comme en beaucoup de choses, il n'y a pas de juste mesure. Bonne journée à toi, bisous.

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  2. Qui n'a pas en soi le sentiment d'abandon ? tout le monde, plus ou moins évidemment. Une amie proche a été vraiment et définitivement abandonnée, à l'âge de 5 ans, par sa mère, donc là c'est vraiment violent.
    L'abandon, la peur de se retrouver seul(e), sans personne à aimer ou être aimé...
    Très jolie gare de Limoges.
    Bisous et belle journée, prends soin de toi.

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    1. C'est bien ça Praline,la peur ... mais aussi le manque. Le manque de quelqu'un qu'on aime.
      La gare de Limoges est aussi belle par son histoire "sociale". C'est beaucoup pour ça que je l'aime. Elle fait partie de ma "vie" ici de mon quotidien. Elle est vraiment belle, oui. Bisous Praline et belle journée (un peu gris ce matin ici ).

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  3. Coucou Praline, abandonnée par sa mère à 5 ans, ce doit être terrible! C'est vrai qu'on a tous et toutes le besoin de se sentir entourés et aimés...
    J'ai découvert la gare de Limoges grâce à Délia, je la trouve superbe!
    Bisous à toutes les deux!

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    1. Il y a vraiment des épreuves trés dures, surtout pour un enfant. bisous les filles.

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  4. Pour nous, enfant, (je parle de mes frères et sœurs) la "rupture" venait à l'entrée en sixième, à la "grande" ville, nous n'y mettions les pieds que seulement deux ou trois fois par an. En sixième donc, à pas encore douze ans et en pension. Première grosse séparation ! J'en souris maintenant, mais je n'en menais pas large...
    Cette séparation marquait la fin de la petite enfance et j'aurais bien aimé qu'elle dure un petit peu plus, ou bien qu'elle se fasse plus en douceur (la rupture).
    A peine cinq années plus tard, je quittais la ferme familiale, une autre séparation. Puis il y eut les autres qui suivirent... On ne s'y fait jamais.
    Mes enfants ne sont pas encore partis (ce ne sont que des ados) , Mais quand la maison est vide momentanément et bien, cela fait un bien fou !

    Quant à tes photos, un endroit où l'on aurait bien envie de se faire limogé...

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    1. La pension, je la compare à la prison. Pour moi c'était pareil.Rebuffades, sévices corporels limite maltraitance, quoique limite ? Il y avait les corvées l'entretient, le ménage, tout ce qui pouvait économiser du personnel, les humiliations de la part des adultes normalement en charge de notre éducation, et le retour à la maison, le samedi aprés midi car nous avions cours le matin, tous les 15 jours, la valise à préparer les dimanches soir (je hais les dimanches !) pour le retour, alors ne vous étonnez pas si je vous dis que je n'aimais pas non plus l'école !
      Et puis comme tu dis aussi, même plus ou moins inconsciemment, le passage de l'enfance à l'adolescence. Dur aussi pour moi d'avoir dû quitter la ferme !
      Pour le vide momentané, si je le vivais mal quand mes enfants étaient petits, il m'est arrivé d'apprécier de souffler un peu, plus tard. Mais maintenant il s'agit de vide beaucoup moins provisoire et c'est une toute autre histoire !

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  5. Bonjour Xoulec, je suis heureuse de lire ici un témoignage masculin car j'aurais souhaité en avoir un à la suite de mon article (je me demande en effet si ce sont plus (++) les mères qui réagissent mal au départ de leur enfant que les pères?)
    Moi aussi je soufflais quand mes enfants ado n'étaient pas à la maison, surtout mon fils car la période adolescente et jeune adulte avec lui a été particulièrement COTON! Mais je savais qu'il allait rentrer...
    Donc ce n'est pas du tout pareil que le moment où les enfants quittent le nid parental pour de bon.

    Maintenant et hors sujet, j'aimerais bien qu'on se tutoie, si vous êtes ok?
    Bonne journée!

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  6. @ Ambre
    Bonjour, OK pour le tutoiement.
    Je vais essayer de poser un commentaire à v... ton article.

    @ Délia
    Bonjour, la sixième en pension a été particulièrement difficile.
    Pension/prison, c'est tout à fait vrai ! J'ai résisté à cela (en fait, je n'avais pas le choix), du coup, cette "sociabilisation" forcée m'a servi tout au long de ma vie. Les autres années de pensionnat, le service militaire. Il en reste que lorsque je dois partir précipitamment pour deux ou trois jours ou pour deux semaines, je sais faire mon sac (de voyage) en quelques minutes, avec le strict minimum.
    Étant l'avant dernier d'une grande famille, j'ai bénéficié des conseils avisés de mes frères, qui eux, étaient passés par là.
    - Ne pas être le premier, ni le dernier
    - Éviter de se faire remarquer, ni en bien, ni en mal
    - Éviter les conflits
    - Se fondre dans la masse
    - faire "gaffe" aux pions, certains étaient particulièrement retords, vicieux, malsains.
    - Et d'autres que j'ai oubliés...
    L'école, la pension, étaient ressentis comme la fin de la liberté...
    Tiens ! je l'écrirai un jour...

    Bonne journée

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  7. Bonne idée Xoulec. Ecrire permet au moins de poser des mots sur les maux. Cela ne les efface pas, mais cela rend les choses plus perceptibles, plus claires donc cela a un côté rassurant pour notre mental, déculpabilisant surtout, (enfin je trouve, je ne sais pas si je l'explique bien ?)Je vois que je ne suis pas seule à avoir vécu ces années là comme une sorte d'esclavage. Et comme tu dis, les prédateurs étaient nombreux pour l'oie blanche que j'étais. Moi qui suis l'ainée, je n'avais personne pour me réconforter et je laissais les autres derrière moi, seuls. Mon naturel inquiet me prédisposait aussi à me soucier de savoir comment allaient les "affaires" en mon absence. Bonne soirée aussi.

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