Que je vous fasse rire. J'ai vu depuis un certain temps que pour vous cela ne va pas trop bien. Que le moral déserte. Que les soucis abondent. Santé, souvent. Matériel. Affectif. Douloureux, ça oui. Préoccupants, bien sûr. Je suis de tout coeur avec vous. Vos mots, vos maux, je les partagent, souvent, par les propres miens. Vos réflexions sur la vie, sur le devenir, sur les hommes, sur la nature, le monde, les affres qui nous dévastent, les joies qui nous animent. Ah je suis bien votre pareille, ha je suis bien pareille à vous, chantait Ferrat dans ce poème d'Aragon (J'entends, j'entends). Ferrat, un type que j'aime bien. Dont la disparition m'a beaucoup affectée. Nous a beaucoup affectée, ma fratrie et moi. Il y a une quatorzaine d'année, un hommage lui fut rendu par la petite commune de Saint Maurice es Allier, un tout petit bourg du val d'Allier, bourg vigneron dont le maire communiste et sa municipalité organisèrent une exposition "Jean des encres, Jean des sources" dont Jean lui même était à l'origine et avait présentée pour la première fois lors de la fête de l'Huma 2004. Nous étions le 3 ou le 4 avril, je ne me souviens plus. je me souviens parfaitement de Fanfan lors de cette "fête". Pleine d'entrain et d'un dynamisme qui ne l'avait pas encore quitté. Pleine d'une euphorie, par l'alcool exacerbée. Elle faisait du gring à monsieur le maire, trouvant drôle de le faire sourire par de nombreuses anecdotes dont elle avait le secret. Elle nous a quitté l'été dernier. Suivant de peu sa petite soeur, qu'elle enviait d'avoir quitté ce monde, tant la vie qui était la sienne était devenue un enfer. Il arrive parfois, que l'on aspire plus qu'à une chose, celle d'en finir.
Et bien, allez vous me dire, si c'est avec ça que tu veux nous faire rire ? Pas de bol, c'est un peu râté. Non ce n'est pas avec ça.
Pour la seconde fois en quelques mois, j'ai épongé. Non pas la dette, j'ai déjà largement contribué à éponger celle de France Télécom, grâce à Michel Bon, fin des années 90, début 2000) puis celle du pays de France tout cout, dont comme les chats d'oc, on pompe toujours, et celle de l'Europe itou que je sais bien que c'est sur nous que reposent tous ces efforts que d'autres s'empressent de nous infliger, à nous qui n'avons qu'une envie, vivre en paix et être heureux auprés des nôtres et de ceux qu'on aime et qui nous aiment sans compter, eux.
Non, j'ai épongé ma salle à manger.
De violents orages, survenus la nuit de Pâques, pendant que Jésus s'apprêtait à revenir parmi nous, alors que tous pensait l'avoir envoyé AD PATRES, se sont produits provoquant inondations et crues de rivières en folies : la Vienne, le Vincou, la Gartempe et le chemin des Garaudies se sentirent la force et l'âme du Niagara, du lac Victoria, du fleuve jaune et du fleuve gris et s'emparèrent de nos lieux de vie. Levée dès 5 h 17 (heure d'avant le changement) intriguée par la lumière de la lampe du dehors restée allumée, sur l'insistance du petit Lion et de son compère Flocon, je descendis l'escalier avec la nonchalance de quelqu'un de pas tout à fait réveillé. Ah, misère ! quel spectacle de découvrir une salle à manger où canapé, chaises, table et autre mobilier, flottaient allègrement au beau milieu de l'espace que j'avais laissé la veille, si bien rangé. (je rigole... du diable)
Bon me suis je dit, il n'y a plus qu'à éponger. Ce que je fis durant 3 bonnes heures, évacuant une quarantaine de litres d'eau à la serpillière, m'autorisant tout juste un petit déjeuner avant une crise d'hypoglycémie qui n'allait pas tarder.
Enfin quand je vins à bout de ce chantier, le Patou se levait de sa nuit. Il n'avait rien remarqué, juste oublié d'éteindre la lumière du dehors. Je cherchais alors où l'eau avait bien pu s'infiltrer. Devant la maison, une marre s'étendait. Par contre, ni le seuil, ni l'entrée n'avait subi la moindre immersion. Le paillasson et le tapis d'entrée étaient secs comme un vrai bon saucisson d'Auvergne, les gouttières avaient bien fonctionné et rempli leur rôle ainsi que les récupérateurs d'eau, rien ne laissait présager de tels désagréments. Mais alors ? Je compris en écoutant les infos que cela n'était pas un phénomène habituel. Lorsque je partis chercher le pain et que je vis l'état du chemin, des routes et le nombre de personne infortunées, je me dis qu'heureusement, nous n'étions ni en zone inondable, ni en bord de mer, ni à proximité du plat pays. La souffrance de tous ces sinistrés me fit complètement relativiser. Alors qu'il y a -t-il de drôle là dedans ? Me direz vous. Et bien rien. Juste ma réaction face à tout ce petit désagrément et à mes courbatures qui m'empêchent de me mouvoir avec la souplesse d'une abeille. . On est bien bête dans le fond. Je devais partir en Auvergne voir mon Petitou. Ma Ponette travaillait, hier, aujourd'hui, demain, comme les cloches que nous sommes. Enfin moi, surtout, nous ne partirons ni l'une ni l'autre. Dissuadée par la météo, je renonçais. Je me dis que j'avais surement bien fait. Je sais qu'il est occupé ce WE. Je sais que d'autres sont prévoyants et bienveillants envers lui. Je sais pourquoi. Je sais que c'est quelqu'un d'exceptionnel et que comme beaucoup d'autres, il ne mérite pas ses soucis de santé. Je sais que je vais bientôt le voir car je ne vais pas différer mon voyage indéfiniment. Je sais que nous serons heureux de nous retrouver. Pourvu qu'on en ai le temps encore de nombreuses fois. Mais ça, nous ne le maitrisons pas. Ni vous, ni moi. Je suis heureuse de savoir que là bas, ils se retrouvent tous, même sans moi. Je voudrais bien être parmi eux. Je voudrais bien m'associer à leurs joies, à leurs peines, pouvoir les réconforter. Les aider. Pas les encombrer. Je voudrais bien. Je me sens bien isolée toute seule ici, même si je me dis que partout, il y a des gens qui valent des trésors et que ces trésors sont précieux. Je sais que vous aussi, qui venez parfois me lire, vous en faites partie. Je sais que c'est avec vous, grâce à vous que les choses bien existent. Je vous remercie du fond du coeur de faire partie de mon modeste infini. Gardez l'espoir, le moral et la beauté qui vous caractérisent. C'est précieux tout ça.
Tout à l'heure, en terminant mon repas, je pensais écrire. J'avais un sujet que je voulais aborder. Je voulais parler de la nature, du monde, des êtres vivants, de leur respect, parce que ce matin, j'étais allée au marché. J'avais acheté du fromage, du bon, du vrai, à un étal où la bannière affichait une superbe vache Froment du Léon, la meilleure en taux butyreux.
photo du net. |
Quand je vis à quoi ressemblaient les fromages, je n'hésitais pas une seconde. Je crois encore reconnaitre la daube et le vrai fermier ! Pas besoin de goûter ! J'ai acheté un fromage de chèvre (entre autre) agrumes - poivre, un véritable délice, un Bleu des Causses, vache gras à souhait et puisque la vache affichée me promettait le meilleurs des beurres jamais dégusté, j'en pris un doux et un salé. J'étais contente, pour une fois, le marché ne m'avais pas désenchantée. Quelques kiwis d'un producteur local venu de Corrèze, des épinards forts appétissants et une bonne viande d'un boucher que je connais depuis que nous sommes arrivés dans ce foutu pays, parachevèrent mes emplettes. Au retour, il n'y avait plus qu'à déguster. J'accompagnais mon repas d'un vin du Jura, vieux de 15 années, je crois que nous l'avions ramené de vacances où nous avions passé les meilleures de ma vie, pour moi. Les bons produits, ça s'apprécie.
Maman était partie depuis quelques mois. Nous ne savions pas trop comment combler le vide qu'elle nous laissait. Pas besoin de vous dire dans quel état je me trouvais. Envie de rien. Besoin que d'une chose, qu'elle soit là. Surtout ne pas venir là où elle n'était plus. Désabusée, n'attendant rien, n'ayant aucun projet, aucune envie, l'esprit vide, uniquement meublé par l'absence. J'ai au moins profité du temps présent, tel qu'il était, tel qu'il se présentait. Bien sûr, les vacances sont toujours des moments dits agréables, mais pas toujours. Là, tout concourait à vouloir effacer ma souffrance. Je crois que je n'avais jamais apprécié autant ces marques d'intérêt.
Le choix de nos vacances s'était donc porté sur un endroit lointain. Un que nous ne connaissions pas. Mes prospections m'avaient projetées vers le Jura. Que bien m'en prit. Je crois bien que ce fut le meilleurs séjour que je passais. D'abord parce que je n'attendais rien. Ensuite parce que nous étions nous 4 et que je crois que ce fut une des dernières fois. Enfin parce que c'est un endroit merveilleux et que la nature y est encore authentique et généreuse.
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La fruitière du Jura (Doubs plus exactement), proche de notre lieu de vacances |
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les résurgences de la Loue |
Voilà où je voulais en venir, cette nature, si précieuse, si belle, si parfaite qu'elle a besoin, elle aussi d'user de sa force pour se faire respecter, tant les humains l'ont massacrée. Les humains, oh, ils ne sont pas tous pareil. Des fois je me dis hélas, ça c'est quand je pense à vous. A Zola, à Jaurès, à Pasteur, à beaucoup d'autres bien sûr. Gandhi, Mandela, le Ché, le professeur Rives, la liste est trop longue... Mais il m'arrive aussi, pensant aux autres, de me dire "tant mieux !
Restez vous. Ne devenez jamais comme eux. Et là j'ai envie de pleurer.
Bon si j'écris, c'est un peu pour moi, beaucoup pour vous. J'ai fait quelques photos, je vous en montre deux ou trois, + quelques autres. J'ai écrit pour vous distraire, en 10- 13 ans pas plus, parce que depuis j'ai pris ma retraite (comme Bobby).
Mes tulipes éparses ont du mal à se développer.Vous le voyez, les fruitiers sont en fleurs, ici c'est un poirier, les pruniers et les pêchers sont entrain de mettre les fruits. Les pommiers bourgeonnent et le lilas se prépare.

Bientôt il sera temps de planter les pommes de terre. Mais le lilas de Romain n'est pas tout à fait prêt.
Je dis ça parce qu'il se réserve pour son retour. Il dépérissait dans une décharge, il y a maintenant plusieurs années. Romain l'avait récupéré. Nous l'avion planté dans notre jardin. Depuis, il refleuri tous les mois de mai. Pour notre plus grand plaisir et pour le bonheur de l'avoir sauvé.Et- puis le lilas, c'est un peu symbolique dans la famille. Papa l'aimait, ainsi que la glycine. Pourtant, lui, il n'était pas expansif. Ma soeur qui me lit fidèlement est comme moi, passionnée par les fleurs, la nature, les vaches, tout ce qui vit et qui s'aime. Le sien lilas, est loin de chez elle. C'est dommage, car pour en profiter il va lui falloir faire des kms. Maman aimait tant le lilas, le mimosa aussi, si bien qu'à chaque foire de la Saint Paul, le 26 janvier on lui en récupérait un bouquet. Même papa pensait à cela.
D'ailleurs chacun de nous a (vait) à coeur de lui offrir . Maintenant, nous, on va moins en Auvergne pour janvier et février, mais on se souvient de ces fleurs qui d'une année sur l'autre se remplaçaient. (elle gardait les bouquets jusqu'à l'année d'aprés). Elle aimait tant cette fleur, que ses amis d'enfance et de jeunesse l'avaient surnommée " Mimosa", c'était doux et gentil, pas du tout péjoratif, ni taquin, ni moqueur. Et elle aimait nous raconter ces tendres années.
mais celui là l'est davantage encore.
Et puis il va peut être falloir que je prenne du souci comme on dit par chez moi, l'ouvrage m'attend. je vais transformer mes citrouille en carrosse avant qu'elles ne dégénèrent en potimarasse.
Aller, bonne lecture. Je vous dis à bientôt. ❤