Une vie de chien

Violette est un bon chien. Chien fidèle. Calme et placide elle suit son maitre comme tout chien. Elle avait une vie tranquille à la campagne, prés des moutons. Quand elle arriva dans la famille, un autre chien plus vieux qu'elle était déjà dans la maison. La cohabitation ne posa aucun problème. Belle était aussi de bonne composition. Gardienne de troupeau comme elle, ensemble elles allaient surveiller les moutons, les poules ou courir dans les prés. Quand je venais en visite, toutes deux me faisaient bon accueil, montrant leur joie. Je les caressais doucement, leur parlais simplement, leur disant qu'elles étaient belles et gentilles et que je les aimais bien. Elles semblaient comprendre et satisfaites allaient se coucher dans un coin.

Toutes deux avaient leur gamelle, mais Violette attendait sagement que Belle eut fini la sienne pour gouter au festin. Si l'une d'elle me voyait prendre un bâton, aussitôt elles se levaient en même temps et venaient se frotter à moi. Elles comprenaient que je partais en promenade et que j'allais les emmener. Que de belle balades nous fîmes ensemble, sillonnant les prés, les champs et les bois.
Comme je marchais beaucoup, elles avaient hâte de retrouver ma compagnie et courraient comme des folles. Parfois je les appelais pour qu'elles reviennent plus près de moi. J'ai toujours eu la hantise qu'il leur arrive malheur, une voiture, un mauvais chasseur, un râleur qui n'aime ni gens ni chiens... Obéissantes, elles revenaient et m'écoutaient. Puis elles repartaient en s’ébrouant. Jappant, jouant ensemble, elles démontraient à chacun, qu'un chien plus qu'un humain sait jouir des plaisirs simples de la vie.


Et puis...
Une dame est entrée dans la vie de leur maître qui vivait seul avec sa mère. La Jubine, c'est son nom voulait diriger, régenter à son aise.

Elle commandait la grand mère qui résistait autant qu'elle pouvait. Vint le moment où fatiguée, malade, la mémé cessa le combat. Quand elle partit, le vide fut immense, Belle et Violette se résignèrent comme elle purent. Leur maitre, brisé de chagrin, sans délaisser ses chiens,  se rapprocha un peu plus de la Jubine qui décréta un beau jour  que les chiens étaient une encombre et qu'il fallait s'en séparer, ou bien vivre autrement. Mais elle ne savait pas comment marchaient les affaires ! Il ne se séparerait jamais de ses chiens.
Ils vécurent donc différemment, ne se voyant que de temps en temps. Elle venait parfois, faisait semblant d'inventer de nouvelles recettes comme la tête de veau cuite au four, qui immangeables atterrissaient toutes dans la gamelle des chiens, qui n'en voulaient pas non plus. Quand elle repartait,


Violette, restée seule, retrouvait sa tranquillité et les caresses de son maitre. Lorsque celui ci s'absentait, elle restait enfermée à double tour, attendant patiemment son retour. Il tomba malade et dû partir à l’hôpital. On pris des dispositions pour que Violette puisse rester à la maison.
Le temps fit son oeuvre, un jour, la Jubine débarrassa le plancher, mais pas ses vêtements, ni ses encombrants. Entre temps Belle était partie, dans un coin de jardin, là où se retrouvent tous les chiens.  Un beau jour, la Jubine  fit savoir que finalement elle ne reviendrait pas. Et ce fut bien. Il fallu tout remettre en ordre, il débarrassa donc les vêtements, les encombrants et garda Violette.
Depuis le départ de Belle, Violette était seule avec son maitre et cela lui convenait bien. Quand il ne partait pas trop loin, elle galopait derrière la voiture et le suivait un moment, puis elle revenait tranquillement  sur le chemin, en direction de la maison.
Il se disait qu'il faudrait bien qu'elle accepte de monter en voiture, ce qu'elle refusait jusqu'à présent, car s'il devait s'absenter et qu'il faille la confier à quelqu'un ce serait tout de même plus commode. Mais Violette, retorse, regimbait. Il devenait impossible d'obtenir d'elle le moindre mouvement.
Quand Reine -Marie, une femme formidable, entra dans sa vie, et qu'ils durent prendre des décisions  pour régler au mieux leurs affaires,  il fallu bien que Violette accepta. Elle se résigna à la laisse, d'abord, puis se laissa transporter en voiture. Elle apprit la vie en appartement, elle qui ne rêvait que de vagabonder aux champs.
Reine - Marie avait un chien du nom d'Arthur, une fois de plus, la vie de Violette changeait. La cohabitation se passait bien. Reine - Marie était aux petits soins,  si le roi c'était Arthur, la reine c'était Violette. De temps à autre, tout le monde revenait dans la maison pour quelques jours, et c'était à nouveau le grand air, la liberté retrouvée. Moins agile désormais, Violette  ne vagabondait plus comme autrefois, elle profitait du soleil devant la porte ou près du parc des poules resté vide, depuis le départ de la Jubine.
Une vie sans histoire semblait se profiler enfin. Jusqu'à ce jour où, coup de tonnerre, on fit savoir  à ses maitres que les appartements n'étaient pas faits pour les chiens.
Violette, bon chien, les humain sont loin de valoir autant que toi. On ne les laissera pas faire, ils n'ont pas non plus tous les droits !




Voilà à quoi ressemblent de terribles monstres dangereux pour les populations !


7 commentaires:

  1. Rebonjour Délia,
    tu joues sur notre corde sensible décidément .... J'adore ta manière de raconter..
    C'est vrai que comme les enfants, les chiens sont tributaires de la vie de leurs maîtres... Mais eux, non seulement ils ne peuvent pas donner leur avis, mais en plus ils vous aimeront jusqu'au bout..
    Elle est belle, Violette, elle a un bon regard. Qu'est-ce que c'est que cette histoire que les appartements ne sont pas faits pour les chiens? Des gens se sont plaints? de quoi?
    Il aurait fallu que ce soit dit dès l'entrée dans les lieux!

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  2. Oui elle est belle Violette ! Je n'ai jamais vu un chien comme elle. Elle est pareille aux histoires racontées dans les contes. Elle me fait penser à ces chiens qui viennent mourir sur la tombe de leur maitre. Comme celui de mon grand père. Mon frère a un don avec les bêtes. Les gens le rejettent, les bêtes viennent spontanément vers lui. IL est tout pour elle et elle est tout pour lui.
    Il a trouvé une copine avec qui il est bien et s'entend bien. Seulement cette dame vit en appartement et elle est fragile, les gens en profitent pour lui faire des misères. L'agence qui lui loue a prétexté que le voisinage se plaignait (tu parles, il suffit qu'une personne soit acariâtre et ça y est ! si cela avait été l'inverse qui se soit produit, pas sur que cela se passé pareil !) Même précisée lors de l'entrée dans les lieux, la clause stipulant que les animaux de compagnie ne sont pas admis, est illégale et ne s'applique qu'aux chiens de première et seconde catégorie, à moins de démontrer qu'il y a une gêne évidente pour le voisinage. Ce qui à priori n'est pas le cas ! affaire à suivre ! Bisous Ambre.

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  3. Ton récit est émouvant.
    Ouf, tant mieux que la Jubine ait plié bagages, c'est une mauvaise femme !
    Reine-Marie est une belle personne, je suis contente que ton frère (il s'agit bien de lui ?) l'ait rencontrée.
    Si Violette ne dérange pas, je ne vois pas comment on peut empêcher qu'elle soit dans l'appartement. Vous avez raison de résister.
    Bisous et merci pour ce beau récit.

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  4. Merci Praline. Oui, Reine Marie est vraiment quelqu'un de bien, et c'est un bonheur pour mon frère de l'avoir à ses côté. Pour nous aussi, je ne te le cache pas ! Après l'épisode jubine, c'est encore mieux ! Ouf comme tu dis !Bisous et bonne journée.

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  5. Bonjour une belle histoire un peu triste quand même mais c'est ainsi les chiens doivent subir les histoires de leurs maîtres. Les animaux n'ont pas droit à la parole. Violette doit être mieux à la campagne car il y a vécue et gambader dans les prés et les champs c'est cela la belle vie des chiens et pas enfermés dans des appartements souvent trop petits, mais hélas parfois comme ici il n'y pas le choix. l'essentiel c'est que Violette soit près de son maître.
    Tu as une belle écriture merci pour ce joli partage vécu.
    Bizs
    Marie-Jeanne, Marmotte etc, hihihi

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  6. Je vois que tu as pu suivre le lien ! super ! Merci pour le com, en tout cas. C'est compliqué de concilier les deux parfois. Comme tu dis, les uns sont tributaires des autres. La vie à la campagne, quand on est seul, qu'on vieilli mal parfois, qu'on est malade, qu'il fait froid, et qu'on ne peut compter sur personne, c'est compliqué aussi. Avoir un peu de bonheur, de chaleur humaine, n'est ce pas la quête de tout être humain ? Et Violette dans tout ça, qui ne peut pas vivre sans son maître dont elle est dépendante aussi. Elle ne voulait pas partir, elle, peut être savait elle ? Les chiens, les animaux en général ont un sens supplémentaire qui leur permet de faire ou pas les choses, quand ils sont en liberté, naturellement. Bises aussi.

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    1. Oui les chiens ou les chats sentent ce qui se passe et on le voit à leur réaction; j'ai des anecdotes là dessus où les animaux ont sentis un départ et se sont sacrifiés. Les animaux ont un sixième sens que l'on néglige trop.

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D'un 21 septembre ...

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