Un livre, une histoire.

Un livre, à quoi ça tient des fois ! A peu de choses, trés peu de choses. Et là je vais vous raconter l'histoire d'un livre en particulier. Pas d'un que j'ai écrit, non. Mais d'un que j'ai lu. Cette idée bizarre de vous en parler m'est venue tout soudain, hier, en lisant un message posté par quelqu'un que je ne connais pas à propos d'une de mes photos.
Figurez vous que cette fois là, j'avais besoin de lecture, de beaucoup de lecture. Hospitalisée pour une intervention chirurgicale, je savais que le temps serait long, que les programmes télé seraient nuls et que je ne pourrai pas bouger, ni tricoter, ni écrire, ou si peu. Donc lire me semblait une saine occupation. Aprés avoir consulté ma bibliothèque, j'embarquais avec moi tous les Signol que je pouvais. Mais je pensais être suffisamment gourmande pour n'en avoir que trop peu. J'en choisis donc d'autres à la boutique culture de mon supermarché.
Celui dont je vais vous parler m'accrocha par sa quatrième de couverture. C'était l'histoire d'un enfant parisien qui venait passer des vacances dans un coin de campagne au début des années cinquante.
Tiens me dis-je, cela peut être intéressant de découvrir la campagne dans le regard de cet enfant. Et je ne fus pas déçue ! Oh ça non !
 J'ai d'abord retrouvé l'enfant dans les rues du dix huitième, où il écumait les quartiers des Batignoles à Marx Dormoy, de Clignancourt à Barbès, passant la rue Letort, la rue Championnet, la rue Danrémont .... tiens tiens, me dis je... voilà un quartier que je connais ! Bien même ! Oh la la !
Lorsque le gamin prit le métro, sa valise à la main, je le suivis pas à pas le long des stations que j'empruntais jadis. Tiens, me redis je, il doit se rendre gare de Lyon, peu probable ! Effectivement, je montais dans le train avec lui et retrouvais cette odeur si désagréable des trains d'autrefois. Les gares de banlieue défilaient sous nos yeux : Alfortville, Melun. Jusqu'à Nevers, tiens me redis je encore, il se dirige vers le sud, cet enfant. Je pensais le suivre  encore un peu Puis vint Moulins, St Germain des Fossés, où je pensais le voir prendre une bifurcation pour une contrée inconnue, lointaine, voisine peut être...  mais il resta dans le train, la tête perdue dans ses rêveries et bien calée contre sa valise en carton. Intriguée, je le suivis plus loin, vinrent Riom, Clermont Ferrand,
tiens il doit se rendre... je ne sais où !....  et ben pas du tout ! réveillé en sursaut, il quitta le wagon et changea de quai.  Quai numéro 2, il m'en souvient. Mais c'est là que je changeais pour attendre la micheline d'Issoire ! sans doute continu t il sur Nimes.... ou Langeac, saint Georges d'Aurac, ou Saint Chély.  En effet, quelques instants plus tard, il monta dans le train partant sur Cournon Sarliève, Le Cendre Orcet, Vic le Comte Longues, Parrent Coudes Champeix.... les gares défilaient, puis Issoire.... tiens !
et voilà qu'il sortit de la gare et attendit son car. Car des cars il y en avait à l'époque et plusieurs !  dans  toutes les directions... Saint Rémi de Chargnat, Besse, Saint Germain Lembron, Solignat, Parentignat, Orbeil......Le vernet La varenne... Sauxillanges. Mais ? C'est celui qu'il prend ! mince ! le même que moi ! Ah ben c'est pas banal, ça ! et les villages défilaient : Parentignat, Varenne / Usson.... Commandaire, Javode, Janley,  Bou Diou ! que d'émotions ! puis Sauxillanges.
Mais à la sortie de Saux,
 voilà que le car  biffurqua, au lieu de monter sur Condat les Montboissiers, il longea le ruisseau de la Coirie  et se dirigea sur.... Montméane, euh, Chaméane, sans doute ! au lieu dit La Vachère, il se retrouva bloqué dans le car par un troupeau de vaches tachetées de rouge marquées de blanc. Cahin caha, derrière les vaches, il continua sa route, tandis que des enfants descendaient ici ou là. Puis il arriva enfin  : Saint Genis La Tour et je reconnus Saint Genet la Tourette... où  la Jeanne  qui avait déjà eu le temps de charger sa tourte de pain dans le tombereau conduit par la Marquise et la Mignone, l'attendait.
Elle le conduisit aux Bastides, et je traduisis les Batisses, Hautes ou Basses ?  Car il existe les deux, mais peu importe je le saurais un jour...
Il s'installa donc dans le tombereau et arrivé dans la chambre-réduit il déposa sa valise en attendant d'aller garder les vaches du côté de Sartarelle, que nous connaissons, nous ici,  plus sous le nom de Sautarelle... ,avec son chien, non loin de la pâture de la Marinette ( qui  peut être était la Renée ou une autre que je connais... allez savoir !) Marinette lui apprit deux ou trois rudiments de patois pour parler au chien, aux vaches, pendant que la Jeanne s'occupait de son pauvre Charles en attendant la visite du docteur Guerniller (celui là même, qui peut être s'en revenait d'un autre village non loin de là où une patiente venait d'accoucher de son premier enfant. C'était une petite fille, et cette fille, et bien c'était... moi !
Chaque talus, je l'ai reconnu, chaque mot de patois je l'ai employé, les prés et les chemins, je vois trés bien... Quelle impression étrange, quand on est loin de chez soi et malade, de retrouver des lieux autant familiers ! Mais quel plaisir et quel réconfort...
"le vent du Peyradoux" par James Gressier. Un véritable bonheur, plaisir intense et exceptionnellement étrange ! Je voulais vous en parler, car mon impression reste intacte et le plaisir d'en parler tout pareil.
Voilà l'histoire d'un livre qui m'est tombé entre les main, un peu par hasard. Et vous ? Cela a bien du vous arriver tout pareillement ? 

10 commentaires:

  1. Bonjour Délia, c'est incroyable cette histoire, ce "hasard" qui n'en est pas un! Jusqu'à la dernière ligne j'ai cru que par une pirouette tu allais nous dire que cet(te) enfant dont on raconte l'histoire, eh bien c'était toi!
    La vie parfois nous réserve de bien jolies surprises!
    Merci pour ce joli texte bien rythmé où tu nous entraînes sur tes pas sans qu'on s'ennuie un seul instant!
    Belle journée à toi Délia!

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  2. Merci Ambre, du compliment. C'était magique en effet de découvrir ce livre et d'avancer avec un voile qui se soulevait à chaque pas. J'ai écrit à l'auteur par la suite pour lui faire part de mes impressions. Il m'a répondu avec beaucoup de chaleur et de respect. Il habite d'ailleurs pas loin d'où je vais souvent et qui était le village natal de ma mère.
    Bisous et belle journée, il y a le soleil aujourd'hui.

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  3. J'aime beaucoup ton texte, j'ai attendu de connaitre l'auteur et je me demande si tu ne le connais pas, pour le vrai, comme disent les enfants.
    Lorsque je suis partie en Israël, j'ai emmené un livre "les3/4 du temps" de benoite Groult, je le relis régulièrement, ça commence à faire longtemps que je ne l'ai pas lu.

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  4. Bonjour heure Bleue, tu ne vas pas tarder à le relire alors ce livre que tu aimes tant ! Pour ma part, je ne retrouve pas les mêmes émotions que la première fois lorsque je relis un livre, cela ne m'arrive donc que trés peu. Certains sont marquants plus que d'autres. Celui là en fait partie. J'en aais unque j'aimais bien : "quand les loups ont faim d'Isabelle Sandy" que j'avais lu étant jeune. Il appartenait à mon père. Je l'ai recherché dans le grenier de mon enfance. Ne le retrouvant pas, je l'ai racheté sur le net. Mais je ne le découvrais plus. La magie avait disparu. Pour en revenir à James Gressier, non, je ne le connais pas, j'ai été plusieurs fois tentée de lui rendre une petite visite, mais j'ai trop de respect pour l'importuner. Pourtant j'aurais envie !

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  5. Je note ton livre que je ne connais pas et qui va, même si je n'ai pas pris ce chemin-là, me faire vibrer depuis mon coeur auvergnatjusqu'à mes tripes rien qu'à énumérer les noms des villes et villages que tu donnes. Pour moi c'est comme des bonbons à sucer longtemps...

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    1. Tu sais que le sucre n'est pas toujours bon ! Mais bon, si tu lis ce livre, tu retrouveras, j'en suis sure, toi aussi des bribes de racines qui ne s'oublient pas. Belle journée à toi.

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  6. D'abord merci
    Merci pour ce touchant voyage
    Comme si j'y étais
    Ces noms de villages qui me trottent maintenant dans la tête
    Mais aussi j'y pense
    Vers ma campagne de coeur
    J'avais aussi des copines et surtout des copains parisiens
    C'est fou ...ce que ton histoire est "redondante" dans le bon sens du mot
    Ah l'enfance, notre enfance est riche et nous a laissé de bons restes
    Bonne journée à toi
    Bisous

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  7. Tu as raison, nous ne sommes pas riches de rien ! Nos racines sont si précieuses qu'elles sont présentes à chaque instant. Je n'oublierai jamais je crois cette impression d'une pareille lecture. Expérience sans doute rare et que j'ai eu le bonheur de vivre. Car s'en est un. Belle journée à toi Rose.

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  8. Je croyais que ton livre était un Signol. J'allais regarder dans ma petite bibliothèque si je ne l'aurais pas (où j'ai conservé quelques dizaines de livres, les autres sont partis à la poubelle, hélas ! Non, pas à la poubelle, mon mari les a déposés dans une pièce à la déchèterie de St Yorre. J'espère qu'ils auront eu une seconde vie...des centaines de livres policiers…Bon, pour en revenir à ton auteur, je vois que ce n'est pas Signol. J'adore aussi marcher dans les pas des héros quand je connais les lieux. Tu n'as pas cité Vichy dans le nom des gares, Vichy, une gare importante. Il a été sympath l'auteur de te répondre..Je me souviens de Signol un jour où je l'avais croisé et où je lui avais dit bonjour. Tu parles, il n'a pas répondu. Remarque, je dis que c'est Signol, ptêtre pas, mais alors, un autre auteur connu du terroir, Michelet..Nous avions ce point commun, un des rares points communs avec ma belle-mère, le même amour de la lecture et des romans du terroirs (enfin, c'était avant, car maintenant, je n'arrive plus à me concentrer, sauf exception. Dire que j'avais tout sacrifié à la lecture). Ma belle-mère donc m'avait fait une recommandation "M, je vous donne tous mes livres, je ne voudrais pas qu'ils finissent à la poubelle". Mais, j'ai laissé de côté tous les livres "France Loisirs" dont je n'aime pas le papier" et les couvertures. Ceux-ci ont été donnés à une maison de retraite. J'aime toujours autant flâner au milieu des livres.
    Bon, sur ce, m'en vais mettre en grand écran tes dernières photos...

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  9. Bonjour jkulie. Je ne connais pas Signol en vrai, j'aime bien ce qu'il écrit. Pour le reste, je pense que c'est difficile d'approcher un monde qui n'est finalement pas le notre et pour les livre, il existe de plus en plus de lieux où les déposer afin que d'autres puissent en profiter. Il n'y en a pas vers chez moi, mais je les donne au secours Populaire. Pour la gare de vichy, je ne la mentionne pas pour la simple raison que le train Paris Clermont n'y passe pas. Merci pour les encouragements et les compliments que tu me fais.

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