Les soeurs Cancanne

Trois canes en pleine campagne se disputaient un minuscule ver de terre. Je suis bien déçue dit la première, celui ci n'est pas trés gros et ne ressemble en rien à celui de la fois dernière.
La seconde au contraire le trouvait tout à son goût et paraissait s'en satisfaire.
Et moi, dit la dernière, je trouve au contraire qu'il se renforce en bonne chaire !
De toutes façons dit la première, ce n'est pas si grave, je trouve qu'un petit ver + un autre petit ver ce n'est pas un véritable revers  et puis, nous ne somme pas ici pour nous nourrir uniquement de vers de terre. 
Et bien moi, dit la seconde, je me félicite de cette prise, je suis ici sur mon terreau et je flaire les bonnes affaires, trés satisfaite d'avoir raflé la mise, se rengorgeant de toutes ses plumes, prête qu'elle était a s'en rouler par terre.
Allons ensemble prés du roi qui jugera qui de nous trois devra gober ce menu morceau de vermisseau, dit la dernière, car il ne sera pas dit que je renonce à ma part, même un peu amère.
Arrivées chez Jupiter, nos trois cancanes   exposèrent leur requête en vers.
Celles là, dit la première, parlant des 2 autres commères, essaient de me la faire à l'envers. C'est d'abord moi qui ai trouvé ce tout petit ver.
Mais pas du tout, dit la seconde, c'est moi qui l'ai trouvé en grattant dans la terre !
Et bien moi dit la dernière, je l'avais vu d'abord, et me précipitant, j'ai mordu la poussière.
Le roi stupéfait de voir à qui il avait à faire, les trouvant bien naïves leur confisqua  l'affaire sans plus de manière, et pour arroser l'aubaine, s'offrit un petit verre.

20 commentaires:

  1. Trois sur un petit ver et en plus confisqué, elles n'ont pas de chance tes canes.

    RépondreSupprimer
  2. C'est comme les gosses... et parfois certains adultes, se chamailler pour trois fois rien :-) A méditer !
    Bisous

    RépondreSupprimer
  3. Bien vu...
    Ça me rappelle une fable de La Fontaine.
    ton histoire tourne comme ta fable.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La raison du plus fort de toutes façons.... hein, on connait.

      Supprimer
  4. On peut te compter parmi les fabulistes,Délia ! Tu nous mènes d'un train alerte autour d'un minuscule ver de terre qu'un roi écartera avec façon de Jupiter !
    Cela n'est pas sans ressembler à l'actualité : j'y suis, j'y reste et je suis content de moi...

    Merci pour l'histoire !

    RépondreSupprimer
  5. encore heureux que Jupiter ne les ait pas plumées et fait rôtir ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Comme Adrienne, j'ai cru qu'il allait les manger.
      Bravo Délia.

      Supprimer
  6. Ah, mais ça ! je crois que c'est prévu dans un proche avenir, trés proche même, il a attendu unpeu parce que malgré tout, il a eu la jaunisse ces temps derniers.

    RépondreSupprimer
  7. Comme Lakévio et le Goût, j'ai pensé à La Fontaine en te lisant.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et bien merci, mais je suis loin d'avoir son talent.

      Supprimer
  8. J'ai comme une impression de déjà vu dans l’arène d'un grande basse-cour ...
    Il vaut mieux un tient que deux tu l'auras
    Bravissimo docilement , ta narration devient si vivante ...dans les méandres des humains
    Bisous et bonne soirée

    RépondreSupprimer
  9. Tiens, mon commentaire finalement n'est pas parti hier. Subitement, mon ordi s'est coupé...Ca a duré 2 heures, plus de téléphone non plus...Voyons voir ce que je te disais. Ah oui, ça me revient. Ta fable me fait penser à l'histoire des 2 mères qui se partagent un enfant..Elles font appel à dieu ou à Abraham, sais plus lequel..Celui-ci leur dit "puisque c'est ça, coupez le en deux"..L'une dit "non, donnez le à l'autre femme". Dieu ou Abraham en déduisit que c'était la vraie mère...Et toc.

    RépondreSupprimer
  10. Le jugement de Salomon, oui, c'est ça. Mais tout le monde sait maintenant que le jugement de Jupiter est bien différent !

    RépondreSupprimer
  11. Ben alors ?
    Pas de devoir aujourd'hui ?

    RépondreSupprimer
  12. Ah ben non, l'ordi qui rame comme pas permis et la promenade bucolique au paradis m'en font différer la parution.

    RépondreSupprimer

La bonne affaire

  Que peut-il donc se passer sur cette toile d’Harold Harvey. Que peuvent donc se dire ces trois femmes qui semblent intéressées par la lett...