Le 8 mars

Ah, oui ! c'est la journée de la femme ? A bon ? Pas remarqué !
 Ce matin, ménage en grand. Course au pain. Lessive dominicale parce qu'il ne pleut pas et que demain c'est samedi, jour des voisins qui font n'importe quoi, entre autre bruler leurs saloperies qui puent et nous empoisonnent.  Sinon, 15 h 40, c'est l'heure à laquelle une femme employée dans les mêmes conditions qu'un homme, pour une journée de 8 heures, cesse d'être payée. Je suppose que c'est tous les jours, pas qu'aujourd'hui. Finalement l'égalité salariale, c'est comme l'Arlésienne, plus on en parle moins on ne la voit ! Bref, manif tout à l'heure avec foulards violets. Déjà, moi, je suis contre le foulard violet, ça fait veuve joyeuse aurait dit ma mère. Et puis 15 h40,  je ne sais pas où je serai à 15 h40 ! Peut être en promenade. Peut être entrain de faire autre chose, allez savoir ! De toutes façon, je vous le laisse le 8 mars, je prends les 364 autres jours.
 Demain en sera un autre et je compte bien en profiter.
Sinon je rends hommage à toutes ces femmes qui pour certaines ont donné leur vie pour qu'enfin on soit respectées. Pour en finir avec ce monde dominé par un patriarcat machiste. 
Cette journée trouve  ses racines dans les luttes menées par les ouvrières du textiles New-Yorkais dans les années 1850. A cette époque, elle travaillaient 16 h par jours pour des salaires  n'excédant pas 4  dollars par semaine. Leurs conditions de travail étaient déplorables. Déjà en 1835 à Philadelphie, elles obtiennaient la journée de 10 h après une lutte admirable  et une grève qui dura plus de 3 semaines. 5 ans plus tard, en 1840, les syndicats les obtennaient pour tous les employés  du gouvernement fédéral. En 1857, les confectionneuses descendaient dans la rue pour obtenir   les mêmes salaires que les hommes, ainsi que des conditions de travail dans des locaux mieux adaptés  (pièces saines et claires, par exemple).
 Au soir de la journée du 8 mars 1857, elles firent la promesse de se retrouver chaque année à cette date.
Il faudra attendre 1910 et la deuxième conférence des femmes socialistes où une centaine de déléguées venues de 17 pays sont réunies,  pour que  Clara Zetkin propose une résolution afin que soit organisée dans chaque pays une journée internationale de lutte pour le droit des femmes.
Dés 1911 cette journée connait un grand retentissement en Allemagne, en Suisse, en Autriche, au Danemark et aux Etats-Unis.
En 1912, la France, les Pays Bas et la Russie la célèbreront à leur tour. C'est par millions que les femmes ouvrières portent l'exigence de meilleurs salaires, d'égalité des droits, en particulier celui de voter, d'adhérer à un syndicat, d'avoir  une protection de la maternité, de ne pas travailler le samedi, d'avoir une durée maximum de8 h par jour, etc ...
Parmi tous ces droits, combien sont menacés aujourd'hui ! par exemple   le travail du samedi et du dimanche touche bon nombre de femmes salariées du commerce en particulier. D'autres droits chèrement acquits comme le droit à l'avortement sont remis en cause dans bien des pays. Dans beaucoup d'autres, ce n'est même pas la peine d'en parler. Beaucoup de chemin reste à parcourir partout dans le monde, y compris dans nos propres pays occidentaux et en France pour ce qui nous concerne. Par exemple, le montant des retraites pour les femmes en France est inférieur en moyenne de 38% par rapport à celles perçues par les hommes.
Alors le 8 mars 15 h 40 ou un autre jour à n'importe quelle heure, la lutte des femmes prend tout son sens et ne doit souffrir d'aucune restriction.

5 commentaires:

  1. Très bon résumé! D'une réalité pas bien bonne...

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  2. Pas terrible non. Pas terrible non plus le rassemblement hier dans ma ville (j'y suis allée et j'ai mis un foulard violet !)

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  3. Mais les hommes aussi ont mis leur foulard violet !

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  4. Oui mais aujourd'hui j'ai 77 ans ....

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  5. Bonjour Mamily, je vous souhaite d'avoir plein d'énergie et surtout de la garder le plus longtemps que vous pourrez. A cet age on ne fait pas souvent ce que l'on veut, si tant est que l'on fasse un jour ce que l'on veut. Trop souvent ce que l'on peut. On a n'a pas ou plus les mêmes engagements, ni on ne même plus tout à fait les mêmes combats, chose que la jeunesse ne comprend pas toujours. Pourtant ce sont bien ces générations montantes qui ont le plus intérêt à se bagarrer pour que subsistent les acquis que nous avons préservés, car hélas on en a aussi laissé filer beaucoup.
    Je vous souhaite une bonne journée, au plaisir de vous revoir ici ou chez vous, si je trouve un lien quelque part.

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