Bien bien. alors hier était un autre jour. Aujourd'hui le vent emporte tout sur son passage. Parfois il pleut. J'ai bien appelé ma Ponette pour voir comment elle allait, mais son irrésistible besoin de paresser en pyjam' m'a tout de suite renseigné sur la façon dont la suite de la journée allait se dérouler. Face à une telle adversité, je suis donc reparti mastiquer mon civet d'enfer que le Patou rapporta jadis de chez sa mère. Déjà hier, nous l'avions servi à table. Mais un civet comme chacun le sait se mange réchauffé. Plus il mijote plus il est goûtu.
S'il se mange réchauffé, il se mange aussi parfumé. Et celui de bonne maman, demandait à être bonifié (elle ne sait pas faire le civet, elle !) j'ai donc rajouté à la sauce : vin en quantité, romarin, thym, laurier, poivre et sel, toutes choses qu'il manquait. Par contre je n'ai pas pu enlever les carottes qui déjà cuite confèrent un gout sucré à ce plat que ma propre mère réussissait à merveille.
Qui n'a pas gouté au civet que faisait ma mère ne peut pas savoir ce qu'est la finesse, le parfum, la saveur, la délicatesse subtile d'un tel met. Elle le laissé mitonné des heures sur le coin du vieux fourneau à bois. Rajoutant par petites touches les ingrédients qui allaient se marier au font de la vieille cocotte en fonte et bonifier la sauce au sang, mélangé au vin rouge léger, au thym, au serpolet, au laurier et au roux qu'elle avait préparé.
Maman n'était pas une fine gourmet, et se satisfaisait du peu qu'elle trouvait, mais pourtant, même le lard qu'elle nous préparait avait un gout particulier : celui de l'amour qu'elle nous donnait. Je ne vous parle même pas de ses pommes de terre au four, ni de son ragout cuisiné avec la pointe des côtelettes du cochon que nous avions engraissé. Pas plus que du boudin savoureux, léger, affiné avec une touche légère de crème fraiche récolté sur la biche (la biche, le bichou, sont des récipients en gré où étaient stockées les denrées) aprés la traite de la veille pour qu'elle ait bien le temps de monter, à cela elle ajoutait un peu de persil haché et de petits, tout petits bouts de poireau et d'oignon qu'elle avait mijoté. Quand nous tuions le cochon, c'était elle la préposée à leur fabrication. elle mettait sur le feu la grosse marmite noire où cuisaient d'ordinaire les pommes de terre qui servait à engraisser le porc avant de cuire ses boyaux. Dans cette marmite, qu' elle avait remplie jusqu'au tiers, elle ajouter un lit de paille sèche sur lesquels reposaient les boudins. Ceux ci mijotaient lentement , lentement, toute une aprés midi. En fin de journée, elle piquait une aiguille à tricoter dans le boudin pour en vérifier la cuisson. Et ceux ci étaient prêts à être consommés. Chacun des voisins venus en aide repartaient avec sa part. Il y avait là l'Antoine de Parel, le tonton Charlot bien sûr, puisque c'était lui le saigneur, le Marcel, parfois qui venait en renfort, et bien sûr ce trop de Roger avec le Lucien, son père, qui repartaient avant car il y avait les vaches panser. Le lendemain matin, nous portions la grillade chez la Francine, vu que le Roger n'avait pu l'emporter, chez l'Odette et le Marcel, chez le Charles de Lospeux, mais ça c'était en dernier, car il était vieux, le Charles et mon père et ma mère veillaient sur lui comme sur une couvée.
J'ai oublié de vous dire qu'avant de mettre les boudins dans la marmite, pendant que l'eau chauffait, maman avait mis le sang du cochon à tiédir sur le fourneau avec un oignon piqué de clous de girofle. C'est pour ça qu'il était bon son boudin !
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Nostalgie...
C'était samedi. Un samedi ordinaire où tous en famille on venait de terminer de déjeuner. Après avoir regardé Petit Poney faire la vaisselle, plus que de l'avoir aidé, nous partîmes en balade profiter du soleil et de la belle journée. Des chevaux galopaient au milieu des prés. Un chat blanc et roux se frotta aux jambes de la Ponette, un chien baveux vint enlacer Petit poney qui ne sachant plus comment s'en défaire, choisit de le laisser l'embrasser. Mes belles Rousses au poil frisé pâturaient une herbe rase et sèche où la motte affleurait.
Quand nous revînmes au logis, le Patou et son fils avaient quitté les
lieux.
A peine quelques minutes aprés notre retour, le Patou revint de chez Casto ou Brico, où mécano, ou je ne sais trop quel mot en o dont il est familier. Le grand air lui faisant défaut, il partit au jardin. La lune ayant terminé son noeud, (il ne faut pas jardiner si noeud lunaire il y a, c'est le précis du guide Clause qui le dit, alors !) il sema ses petits pois. Dans quelques mois, nous allons donc pouvoir manger autre chose que les balles de fusils que j'ai acheté chez Grand Frais et qui ne voulait pas cuire !
Mais pourquoi je vous raconte tout ça, moi ? Je voulais juste vous dire que j'étais contente d'avoir mes petits et que je fus trés triste quand ils sont partis !
Ben oui, Poney et Ponette de leur côté et mon grand chez lui, là bas, dans mon pays.
Mais pourquoi ils me manquent tant ?
Du coup j'en ai profité pour terminer le pull de la Ponette. Je l'ai même lavé et même qu' un orage de grêle (giboulées de mars !) s'est chargé de le rincer copieusement.
Comme d'habitude quand je mets mon linge dehors, il m'arrive des bricoles. Si ce n'est pas les voisins qui l'enfument, ce sont les paysans qui le parfument et là madame est servie ! purin d'un côté, matières plastiques carbonisées de l'autre, cachés dans un recoin du hangar de l'empereur, verts résineux qui fument à profusion sur le terrain squatté par le marquis, et dont le vent transporte les cendres je n'ai plus qu'à recommencer et faire sécher à l'intérieur ! le comble quand il fait beau. Donc hier, le voisin au boulot, le marquis dans sa tour, ne restaient plus que les paysans qui avaient déjà fumé leurs prés, j'ai tenté mes lessives, pas de bol, grosse pluie abattit grand vent. Qu'importe nous sommes tous en vie !
Samedi c'était aussi un anniversaire. 28 ans qu'il est parti. C'était un deux mars. Je ne l'ai pas oublié. Tous les détails encrés dans ma mémoire. Les larmes. La douleur. La séparation. Le retour à la maison. Les volets fermés oubliant que la vie continuait. Tout. J'ai tout gardé.
28 ans aujourd'hui qu'il repose dans son dernier habit.
Une fois de plus, il est parti d'abord. Laissant la Francine loin derrière lui. Ils étaient du même age. Non. Elle avait un an de plus.
Non je n'ai rien oublié.
Hier son premier petit fils avait 40 ans. J'y ai pensé toute la journée, mais ce n'est que ce matin que je lui ai envoyé un message pour lui souhaiter. "Bon anniversaire, mon grand". Je sais que tu ne me liras pas. Mais je pense quand même à toi.
Bisous, si quelqu'un me lit et le lui dit.
A peine quelques minutes aprés notre retour, le Patou revint de chez Casto ou Brico, où mécano, ou je ne sais trop quel mot en o dont il est familier. Le grand air lui faisant défaut, il partit au jardin. La lune ayant terminé son noeud, (il ne faut pas jardiner si noeud lunaire il y a, c'est le précis du guide Clause qui le dit, alors !) il sema ses petits pois. Dans quelques mois, nous allons donc pouvoir manger autre chose que les balles de fusils que j'ai acheté chez Grand Frais et qui ne voulait pas cuire !
Mais pourquoi je vous raconte tout ça, moi ? Je voulais juste vous dire que j'étais contente d'avoir mes petits et que je fus trés triste quand ils sont partis !
Ben oui, Poney et Ponette de leur côté et mon grand chez lui, là bas, dans mon pays.
Mais pourquoi ils me manquent tant ?
Du coup j'en ai profité pour terminer le pull de la Ponette. Je l'ai même lavé et même qu' un orage de grêle (giboulées de mars !) s'est chargé de le rincer copieusement.
Comme d'habitude quand je mets mon linge dehors, il m'arrive des bricoles. Si ce n'est pas les voisins qui l'enfument, ce sont les paysans qui le parfument et là madame est servie ! purin d'un côté, matières plastiques carbonisées de l'autre, cachés dans un recoin du hangar de l'empereur, verts résineux qui fument à profusion sur le terrain squatté par le marquis, et dont le vent transporte les cendres je n'ai plus qu'à recommencer et faire sécher à l'intérieur ! le comble quand il fait beau. Donc hier, le voisin au boulot, le marquis dans sa tour, ne restaient plus que les paysans qui avaient déjà fumé leurs prés, j'ai tenté mes lessives, pas de bol, grosse pluie abattit grand vent. Qu'importe nous sommes tous en vie !
Samedi c'était aussi un anniversaire. 28 ans qu'il est parti. C'était un deux mars. Je ne l'ai pas oublié. Tous les détails encrés dans ma mémoire. Les larmes. La douleur. La séparation. Le retour à la maison. Les volets fermés oubliant que la vie continuait. Tout. J'ai tout gardé.
28 ans aujourd'hui qu'il repose dans son dernier habit.
Sous un soleil radieux, nous l'avons accompagné. Le fourgon marchant premier, ma soeur aux premières loges. Nous derrière. Arrivés au tournant des Bèzes, de gros sanglots montèrent en moi. C'est alors que je réalisai que pour lui, c'était la dernière fois. Lui qui tant de fois avait franchi ce tournant, tant de fois gravi la rude côte qui monte aux champs de la Bugette puis s’adoucit jusqu'au Lavadour pour remonter sur quelques mètres jusqu'à la route de Lospeux. Passant par la Pinatèle où il fallait faire la trace les mois d'hiver tant la neige était épaisse. Nous avions choisi cette fois de passer par le moulin de Géry, nous n'étions pas pressé de l'emmener et voulions rester le plus longtemps possible derrière lui. Lui qui tant de fois nous avait montré le chemin. Tant de fois nous avions mis nos pas dans ceux de ses sabots ! Lui qui disait toujours avec regret et contrariété :
"Il faut encore que je passe le premier"
Une fois de plus, il est parti d'abord. Laissant la Francine loin derrière lui. Ils étaient du même age. Non. Elle avait un an de plus.
Non je n'ai rien oublié.
Hier son premier petit fils avait 40 ans. J'y ai pensé toute la journée, mais ce n'est que ce matin que je lui ai envoyé un message pour lui souhaiter. "Bon anniversaire, mon grand". Je sais que tu ne me liras pas. Mais je pense quand même à toi.
Jean de la nuit.

Les ruines des anciens moulins abritent aujourd'hui l'effraie, le pic, la chauve souris. Le long du ruisseau on peut voie quelques vestiges de ce passé, pas si lointain où l'homme en harmonie avec la nature s'échinait à gagner trois sous, qu'il n'avait pas le temps de mettre de côté.
Quelques pierres de légendes nous parlent de leur histoire. Des meules qu'il fallu transporter, ne restent parfois que l'emplacement dans des murailles accrochées aux taillis qui ont envahi l'espace jadis occupé par quelques modestes culture en pallier retenant la terre si maigre qui recouvrait les rochers.

Combien Jean de la Nuit a t il aidé de maquisards durant la guerre, transportant bien des informations pour servir son pays, entre Billom et Saint Dier ? Terre de légende, terre de résistance, la vallée du Madet, et les bois alentours ont connu bien des drames. Bien des larmes se sont mêlées aux eaux sombres du torrent.

Jean de la Nuit passeur de mémoire, passeur d'homme, passeur de la liberté connaissait plus d'un secret qu'avec lui il a emporté.
Mélancolie
Il faisait beau cette semaine lorsque nous avons accompagné JP à sa dernière demeure. Mon dieu ! quelle tristesse que tout ceci, 3 de la même famille disparu en moins de deux ans.
Sur la route qui remonte en lacets de Sauxillanges jusqu'à Echandelys tout n'était qu'explosion de couleurs. La neige par plaque demeurait, attendant la prochaine comme on dit par en haut. Pas sûr pour la prochaine, le réchauffement climatique nous rattrape tous les jours un peu plus. Suivant le cortège funèbre depuis la Lyonne, j'eus plus d'une fois les larmes aux yeux. Encore une maison où je ne mettrais sans doute plus les pieds. Encore un peu de mon enfance, de notre enfance s'en est allé par cette belle journée.
Aparté faite de cette tragédie, le lendemain nous avons voulu profité de rayons bienfaiteurs du soleil sur l'Auvergne, apaisée, j'ai admiré la citadelle de Champeix, les ruine du Marchidial et les rives de la Couze Chambon appelée ici Couze Champeix.

Le lendemain c'est sur les hauteurs enneigées du géant qui surplombe la plaine,

pour finir sur les bords de Sioule aux confins des Combrailles du côté d'Olby.

Puis ce fut une petite vadrouille prés du Montlosier et son étang gelé.

Mais avant de partir, rejoindre mes belles rousses au poil frisé, j'ai eu envie une fois encore de respirer l'air bénéfique du Livradois. C'est aux premières de ses marches que je me suis échouée. Dans les pas de Jean de la Nuit, le dernier meunier, j'ai calé les miens et ce fut avec beaucoup de mélancolie que j'ai pu profiter des rives du Madet. Je reviendrais vers vous vous expliquer plus en détails l'histoire de cette vallée. Mais en attendant plus tard, voici les premiers clichés.
Nuit et lumières de la ville nous ont remis le pied à l'étrier.
Les lueurs du soleil levant sur Billom et la plaine nous ont émerveillés une dernière fois avant de reprendre la route, contrits et désemparés.
Sur la route qui remonte en lacets de Sauxillanges jusqu'à Echandelys tout n'était qu'explosion de couleurs. La neige par plaque demeurait, attendant la prochaine comme on dit par en haut. Pas sûr pour la prochaine, le réchauffement climatique nous rattrape tous les jours un peu plus. Suivant le cortège funèbre depuis la Lyonne, j'eus plus d'une fois les larmes aux yeux. Encore une maison où je ne mettrais sans doute plus les pieds. Encore un peu de mon enfance, de notre enfance s'en est allé par cette belle journée.
Aparté faite de cette tragédie, le lendemain nous avons voulu profité de rayons bienfaiteurs du soleil sur l'Auvergne, apaisée, j'ai admiré la citadelle de Champeix, les ruine du Marchidial et les rives de la Couze Chambon appelée ici Couze Champeix.



Puis ce fut une petite vadrouille prés du Montlosier et son étang gelé.

Mais avant de partir, rejoindre mes belles rousses au poil frisé, j'ai eu envie une fois encore de respirer l'air bénéfique du Livradois. C'est aux premières de ses marches que je me suis échouée. Dans les pas de Jean de la Nuit, le dernier meunier, j'ai calé les miens et ce fut avec beaucoup de mélancolie que j'ai pu profiter des rives du Madet. Je reviendrais vers vous vous expliquer plus en détails l'histoire de cette vallée. Mais en attendant plus tard, voici les premiers clichés.
Nuit et lumières de la ville nous ont remis le pied à l'étrier.
Bonne fête.
Bonne fête à toutes les Claude que je connais, à celles qui aiment les vaches, à celles qui ne les aiment pas. Mais surtout à celles qui les aiment, comme moi.Et aussi un peu pour ma copine Brigou parce qu'elles sont douces à son coeur et lui rappellent son papa, alors Brigou, je pense à toi. Voilà.
Et puis celle là c'est pour la Ponette, elle a bien le droit d'en avoir une aussi, non ?
En fait, hier ce n'était que la St Valentin, mais j'avais mon premier cours de photos. On ne peut pas dire qu'il fut concluant, loin de là. Toutes mes photos ou la plus part, étaient ratées, de l'avis de l'élite qui officiait non pas en tant que prof, mais comme élève venu se perfectionner. ( Avec moi dans la classe, ou c'est moi qui ne comprenais tien, ou elle qui piétinait).
bon ben mis en pratique ce matin, les cours d'hier soir, on ne peut pas dire qu'ils aient été d'une efficacité redoutable !
Pour les autres qui ne se prénomment pas Claude, je vous offre quand même des chats et des fleurs, parce que je suis sympa.
bon ben mis en pratique ce matin, les cours d'hier soir, on ne peut pas dire qu'ils aient été d'une efficacité redoutable !
Pour les autres qui ne se prénomment pas Claude, je vous offre quand même des chats et des fleurs, parce que je suis sympa.
A tous les amoureux...
En ce jour de saint commerce pour cause de saint Valentin, je vais vous faire quelques offrandes. Car quand on a que l'amour à offrir en partage, il va de soi qu'il ne faut pas le garder pour soi.
Donc avant d'en faire un peu plus, comme disait ma mère, chaque fois qu'elle s'autorisait une pause dans son labeur, c'est à dire pas souvent, je vais vous emmener en balade sous le frais soleil de ce matin. Tout d'abord admirez la beauté du jour :
Et puis c'est la st Valentin, n'est ce pas ?
Et quand on aime on compte pas ! Enfin moi si, je compte pour voir s'il en manque pas !
Mais pas que, il en faut pour tout le monde.
et puis j'vais vous renconter une hitoire :
Et même si vous les aimez mes nistoires, vous pouvez aller les lire ici : Entrenousoidit aussi. Belle journée à tous !
Donc avant d'en faire un peu plus, comme disait ma mère, chaque fois qu'elle s'autorisait une pause dans son labeur, c'est à dire pas souvent, je vais vous emmener en balade sous le frais soleil de ce matin. Tout d'abord admirez la beauté du jour :
Et même si vous les aimez mes nistoires, vous pouvez aller les lire ici : Entrenousoidit aussi. Belle journée à tous !
La lettre
Mais qu'a bien pu écrire Paul Smitger à Miss Sarah pour qu'elle soit si en colère ?
Tens ? Une lettre de ce cher Paul. Voyons que me veut il encore ? La dernière fois c'était pour me réclamer la pension de sa mère, au prétexte que nous sommes toujours liés par ce foutu contrat, où nous nous serions soit disant promis assistance mutuelle en cas de défaillance de l'un ou de l'autre. C'était la condition pour toucher l'héritage. Jusqu'à présent, je n'ai guère connu de défaillance en ce qui me concerne. Par contre lui, c'est déjà la troisième fois qu'il me fait le coup.
La première fois, c'était pour assurer l'entretient de la maison. La toiture qui fuyait et une canalisation défectueuse. Il est vrai que cette maison dont nous avions la charge n'était pas de la première jeunesse. Depuis le décès de l'oncle Jacques, dont nous étions les seuls héritiers, la maison n'avait pas connu d'occupant, même à titre gratuit. Les hivers s'étaient succédés de même que les automnes venteux. Certaines tuiles s'étaient envolées, les soudures avaient pété sous l'effet du gel et lui, raide comme un passe lacet, ne pouvait pourvoir à la moindre dépense. C'est donc moi qui avait pallié à son état de carence en la matière. Cependant, j'ai pris soin de faire consigner la chose chez un huissier, on ne sais jamais. Je te rembourserai, foi d'animal m'avait il dit. Tu parles, Charles, cela fait dix ans à peu prés et j'attends toujours mes deniers, capital et intérêts !
La deuxième fois, il ne pouvait pas venir tailler les haies, il a donc fallu que je prenne une entreprise de jardinage pour couper les branches qui débordaient sur la chaussée. Là encore, il devait participer au frais engagés. Que néni ! pas le moindre centime qu'il m'a versé. J'ai soigneusement archivé la facture, avec toutes les autres, et le jour où la maison se vendra, je ressortirai soigneusement le dossier, faut pas poussé la vieille dans les orties, non plus ! ! Puis il y a eu cette histoire de madame sa mère, cette femme à qui je ne doit absolument rien vu qu'elle n'est que la deuxième épouse de son père, un frère de l'oncle Jacques qui m'a plus ou moins élevée à la mort de mes pauvres parents.
Je n'ai rien voulu entendre, qu'il se débrouille avec ses deniers à lui et ceux de sa chère Elysabeth, puisque "mère" n'en avait que pour eux. Enfin ça c'était avant. Avant qu'elle ne soit atteinte de la maladie d'Alzheimer et qu'elle ne se souvienne plus ni d'eux ni où elle a planqué le magot. Sauf que si elle ne se souvient plus, je présuppose que eux, savent trés bien chercher et ne manqueront pas de se servir avec la parcimonie qu'on leur connait, naturellement. Enfin, le centre de soin, réclamerait une copieuse somme à ce qu'il se raconte. La pension n'a pas été payée depuis plusieurs mois, alors !
C'est surement l'objet de ce courrier. Mais je ne l'ouvrirai pas. Cette affaire ne me concerne pas. D'ailleurs je me demande si je ne devrai pas l'adresser à mon huissier. A puis non, je vais la faire bruler, tiens ! ni vu ni connu. Personne ne saura si elle a bien été acheminée jusqu'ici. Par contre, il faut absolument que je lui fasse savoir qu'il a épuisé tous ses droits à partage avant qu'il ne soit trop tard.
La première fois, c'était pour assurer l'entretient de la maison. La toiture qui fuyait et une canalisation défectueuse. Il est vrai que cette maison dont nous avions la charge n'était pas de la première jeunesse. Depuis le décès de l'oncle Jacques, dont nous étions les seuls héritiers, la maison n'avait pas connu d'occupant, même à titre gratuit. Les hivers s'étaient succédés de même que les automnes venteux. Certaines tuiles s'étaient envolées, les soudures avaient pété sous l'effet du gel et lui, raide comme un passe lacet, ne pouvait pourvoir à la moindre dépense. C'est donc moi qui avait pallié à son état de carence en la matière. Cependant, j'ai pris soin de faire consigner la chose chez un huissier, on ne sais jamais. Je te rembourserai, foi d'animal m'avait il dit. Tu parles, Charles, cela fait dix ans à peu prés et j'attends toujours mes deniers, capital et intérêts !
La deuxième fois, il ne pouvait pas venir tailler les haies, il a donc fallu que je prenne une entreprise de jardinage pour couper les branches qui débordaient sur la chaussée. Là encore, il devait participer au frais engagés. Que néni ! pas le moindre centime qu'il m'a versé. J'ai soigneusement archivé la facture, avec toutes les autres, et le jour où la maison se vendra, je ressortirai soigneusement le dossier, faut pas poussé la vieille dans les orties, non plus ! ! Puis il y a eu cette histoire de madame sa mère, cette femme à qui je ne doit absolument rien vu qu'elle n'est que la deuxième épouse de son père, un frère de l'oncle Jacques qui m'a plus ou moins élevée à la mort de mes pauvres parents.
Je n'ai rien voulu entendre, qu'il se débrouille avec ses deniers à lui et ceux de sa chère Elysabeth, puisque "mère" n'en avait que pour eux. Enfin ça c'était avant. Avant qu'elle ne soit atteinte de la maladie d'Alzheimer et qu'elle ne se souvienne plus ni d'eux ni où elle a planqué le magot. Sauf que si elle ne se souvient plus, je présuppose que eux, savent trés bien chercher et ne manqueront pas de se servir avec la parcimonie qu'on leur connait, naturellement. Enfin, le centre de soin, réclamerait une copieuse somme à ce qu'il se raconte. La pension n'a pas été payée depuis plusieurs mois, alors !
C'est surement l'objet de ce courrier. Mais je ne l'ouvrirai pas. Cette affaire ne me concerne pas. D'ailleurs je me demande si je ne devrai pas l'adresser à mon huissier. A puis non, je vais la faire bruler, tiens ! ni vu ni connu. Personne ne saura si elle a bien été acheminée jusqu'ici. Par contre, il faut absolument que je lui fasse savoir qu'il a épuisé tous ses droits à partage avant qu'il ne soit trop tard.
La Sainte Paule
Nous sommes le 26 janvier, jour de Sainte Paule, et de foire à Issoire. Bonne fête à toutes les Paule, Marie Paule, Paulette et autres Pauline, Paula et leurs dérivés.
Cette foire a toujours lieu, et si je n'y suis pas venue depuis de nombreuses années, je me souviens de ces foires d'antan.
Depuis le moyen age où on y vendait les poissons venus des collines des Dombes, c'est une des plus grandes et des plus célèbres de la région, elle est l'occasion de retrouvailles festives au détours des places et boulevards de cette ville marchande fière de sa tradition.
La place de la République traditionnellement réservée au marché du samedi se transforme en hall d'exposition tandis que les rues adjacentes regorgent de commerçants, camelots et autres saltimbanques de passage. Une foule nombreuse se presse devant la Halle aux grains et sur les boulevards ainsi que sur les places de la Montagne, du Champ de foire et de l'ancienne place du marché aux cochons. Machines agricoles, bétail, productions locales constituent l'essentiel de l'attraction pour une journée qui enchante grands et petits.


Droit et Devoir d'etoffe
Sur une proposition de Lakévio, intégrer dans le texte la phrase suivante :
"Au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche, à celle qui, morne et stagnante, désespère."
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Ce début d'année 2019 sera bien dans la veine de l'année précédente. Que dis je ? Des années précédentes. Jupiter en son langage l'a confirmé : cette année on continue : les retraites, la sécu, la réforme de l'état, et bien d'autres choses encore dont je ne vous parle pas... il n'y a pas de raison qu'on arrête, je suis suis là pour appliquer "mon" programme et je le ferai.
Fin de non recevoir.
Gilets jaunes, bonnets phrygiens, chiffons rouges, blousons noirs, chapeaux melon et bottes de cuirs, vous pouvez tous descendre dans la rue, me traquer sur les ronds points, me narguer sur les réseaux, m'alpaguer dans les assemblées, me dénigrer sur vos blogs... je n'en ferai qu'à ma guise, celle qu'en grand duc de la finance, pour laquelle j'ai été choisi. Et son programme, dicté par les richissimes banquiers, par l'Europe à leur service et par les financiers du monde entiers, c'est celui qu'il nous inflige !
Bon ben, alors si c'est comme ça, pas la peine de faire croire aux bougres que nous sommes, qu'on nous écoute puisqu'on ne nous entend pas. Pas la peine de faire tant de discours puisqu'on reste sourd à toute marque de bon sens.
On a bien remarqué que pour tous ceux là, qui n'aspirent qu'à dévorer le festin commun, il y a une certaine confusion entre les intérêts collectifs et leurs intérêts particuliers. Mais à ce point ?
C'en est tellement écoeurant que les trois quart de la planète en crève et nous avec. Désespérant !
Pourtant sous la pression de la rue, il arrive que l'édifice vacille. Que quelques coups bien assénés déstabilisent et qu'afin de préserver un peu plus longtemps ses privilèges, la classe dominante, consente à quelques sacrifices momentanés. Chose qu'à la première occasion elle rattrapera
et bonifiera quand la foule rendormie se calmera.
Tout est question de circonstances. Choisir les bonnes ne s'improvise pas. Déstabiliser ne suffit pas. Pour qu'un édifice s'ébranle, il faut toucher la pierre angulaire. La toute petite pierre qui au coeur du maillage de la construction, entrainera toutes les autres. Et si cette pierre, c'était Bénalla ? Ou autre chose, ou un autre quelqu'un ? N'y a-t-il pas quelque part quelque chose qui fera qu'un jour petit marquis et ses laquais devront rabattre leur caquet ?
Car par Jupiter ou par un autre, il ne serait pas le premier qui droit dans ses bottes aurait dit : " je ne cèderai jamais". D'autres aussi illustres et grands hommes divins se crurent-ils, l'ont dit aussi et qui emportés par la vague déferlante, par la petite porte sont sortis. On peut citer Napoléon, le tsar de Russie, Pétain, Musolini, .... et combien d'autres encore... Dans nos livres d'histoire, chaque page de sang et de larmes écrite nous rappelle que si rien n'est jamais définitivement acquis, c'est vrai pour eux aussi.
C'est pour ça, qu' "au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche, à celle qui, morne et stagnante, désespère."
Parce que ma vie n'est pas finie, parce que j'ai des enfants, parce que d'autres aprés moi viendront et continueront à leur tour de le porter, le chiffon rouge de la liberté, j'y crois encore, moi aux lendemains qui chantent et jusqu'au bout de mes dernières forces, au bout de mon dernier souffle, je continuerai de lutter et surtout d'espérer.
"Au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche, à celle qui, morne et stagnante, désespère."
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Ce début d'année 2019 sera bien dans la veine de l'année précédente. Que dis je ? Des années précédentes. Jupiter en son langage l'a confirmé : cette année on continue : les retraites, la sécu, la réforme de l'état, et bien d'autres choses encore dont je ne vous parle pas... il n'y a pas de raison qu'on arrête, je suis suis là pour appliquer "mon" programme et je le ferai.
Fin de non recevoir.
Gilets jaunes, bonnets phrygiens, chiffons rouges, blousons noirs, chapeaux melon et bottes de cuirs, vous pouvez tous descendre dans la rue, me traquer sur les ronds points, me narguer sur les réseaux, m'alpaguer dans les assemblées, me dénigrer sur vos blogs... je n'en ferai qu'à ma guise, celle qu'en grand duc de la finance, pour laquelle j'ai été choisi. Et son programme, dicté par les richissimes banquiers, par l'Europe à leur service et par les financiers du monde entiers, c'est celui qu'il nous inflige !
Bon ben, alors si c'est comme ça, pas la peine de faire croire aux bougres que nous sommes, qu'on nous écoute puisqu'on ne nous entend pas. Pas la peine de faire tant de discours puisqu'on reste sourd à toute marque de bon sens.
On a bien remarqué que pour tous ceux là, qui n'aspirent qu'à dévorer le festin commun, il y a une certaine confusion entre les intérêts collectifs et leurs intérêts particuliers. Mais à ce point ?
C'en est tellement écoeurant que les trois quart de la planète en crève et nous avec. Désespérant !
Pourtant sous la pression de la rue, il arrive que l'édifice vacille. Que quelques coups bien assénés déstabilisent et qu'afin de préserver un peu plus longtemps ses privilèges, la classe dominante, consente à quelques sacrifices momentanés. Chose qu'à la première occasion elle rattrapera
et bonifiera quand la foule rendormie se calmera.
Tout est question de circonstances. Choisir les bonnes ne s'improvise pas. Déstabiliser ne suffit pas. Pour qu'un édifice s'ébranle, il faut toucher la pierre angulaire. La toute petite pierre qui au coeur du maillage de la construction, entrainera toutes les autres. Et si cette pierre, c'était Bénalla ? Ou autre chose, ou un autre quelqu'un ? N'y a-t-il pas quelque part quelque chose qui fera qu'un jour petit marquis et ses laquais devront rabattre leur caquet ?
Car par Jupiter ou par un autre, il ne serait pas le premier qui droit dans ses bottes aurait dit : " je ne cèderai jamais". D'autres aussi illustres et grands hommes divins se crurent-ils, l'ont dit aussi et qui emportés par la vague déferlante, par la petite porte sont sortis. On peut citer Napoléon, le tsar de Russie, Pétain, Musolini, .... et combien d'autres encore... Dans nos livres d'histoire, chaque page de sang et de larmes écrite nous rappelle que si rien n'est jamais définitivement acquis, c'est vrai pour eux aussi.
C'est pour ça, qu' "au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche, à celle qui, morne et stagnante, désespère."
Parce que ma vie n'est pas finie, parce que j'ai des enfants, parce que d'autres aprés moi viendront et continueront à leur tour de le porter, le chiffon rouge de la liberté, j'y crois encore, moi aux lendemains qui chantent et jusqu'au bout de mes dernières forces, au bout de mon dernier souffle, je continuerai de lutter et surtout d'espérer.
Je déménage
Je vais donc devoir vivre petitement dans cet espace semi délabré. Un deux pièces cuisine qui donne sur une allée où seuls les pigeons viennent se ravitailler. C'est tout ce que j'ai trouvé pour me loger sans avoir à me ruiner. Naturellement, aucun des meubles que je voulais emmener ne logent dans cet espace étriqué ! Adieu armoire et chambre à coucher. Adieu sofa, meuble télé. Si cuisinière et garde manger passe dans le réduit prévu à cet effet, je suis obligée de caser le frigidaire et la machine à laver ailleurs, car il n'y a pas la place de se tourner. Je mettrai donc le frigidaire, ici dans l'angle prés de la fenêtre, avec un complément d'installation, je devrais me débrouiller pour l'arrivée d'eau et l'évacuation de la machine à laver. Je vais voir si le réduit sur le côté peut servir à stocker quelques produits de première nécessité. Ce qui est certain c'est que je ne peux pas non plus caser la salle à manger. Tout juste une petite table avec deux chaises en formica et encore, on ne dansera pas la samba autour ! ça c'est moi qui vous le dis ! Dire qu'on nous a tant vanté les mérites de la campagne et de sa tranquillité ! Il fallait bien nous appâter pour nous faire accepter de tout quitter ! On nous a promis une vie plus facile, avec moins de commodité, c'est sûr que cela va être simplifié ! Vivement que je redéménage car mes meubles ne vont pas rester à demeure dans le garage de tante Adèle qui a bien voulu me dépanner !
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