Spleen (le jeune)

 Pas bien facile d'écrire en ce moment. La vie qui vient la vie qui va. Souvent la même avec ses enchantements ou pas. Il faut bien dire qu'ils se font rares et que couverts de la monotonie ambiante, ils se font assez discrets pour passer inaperçus.

Les problèmes du monde qui s'ajoutent à ceux plus personnels atteignent vite des sommets qu'il est impossible de gravir tant les pentes en sont raides.

Pas de balade pour cause de trop chaud ou trop d'orages. Pas de balade, pas de photo.

Pas de grain de sable ni de folie. Pas d'histoire à raconter.

Mon ordi, compagnon depuis 2012 a rendu l'âme. Sans prémice, sans crier gare. Sa lenteur ? Mais il l'a toujours été. Pourquoi aurai-je dû m'en inquiéter ?  J'avais procédé il y a peu, trés peu, à une réinitialisation, il était reparti. Puis lors de la dernière mise à jour, pendant la nuit, il s'est éteint. 

Heureusement j'avais sauvegardé l'essentiel. Il ne restait que peu de choses que je n'avais pas pris la peine de copier sur d'autres emplacements, qui eux aussi ont leurs limites. 

Tout ça pour ne rien dire, car il y a bien pire comme désagrément. 

La santé par exemple qui vient causer des troubles et des tracas. Et si ce n'est la mienne, c'est toujours celle d'un autre, d'une autre, moins fortuné que moi. 

L'avenir qui s'annonce compliqué avec plein d'embuches et de déconvenues. Les incertitudes planent et se complaisent à naviguer au dessus de nos têtes. De gros nuages s'amoncellent dans un ciel passablement sombre et menacent éminemment de nous inonder. On ne sait juste pas quand ils vont craquer. 

Malgré tout on avance, même à pas comptés. On regarde un  peu derrière, un peu sur les côtés et on manoeuvre pour éviter de s'embourber. 

Je me souviens quand on fânait, il y avait toujours des zones qu'il fallait éviter. Et bien là c'est pareil. 

Parfois le char se renverssait, ce n'est qu'arrivé une fois et encore, je ne me souviens pas que ce fut chez nous. Je crois que c'était chez la Francine. Nous par contre on était impressionnées.  On faisait attention, on évitait de trop charger. On soutenait avec nos fourches, sur le côté. A trois, bien appuyées nos fourches s'enfonçaient dans le foin et nous de toutes nos forces, maman, Marie Paule et moi on poussait, on poussait jusqu'à ce que la manoeuvre terminée, le convoi s'ébranle sans danger. Mon père sur le tracteur tournait régulièrement la tête pour voir si tout suivait. Avec précaution, il arrivait doucement jusque devant la grange. Ouf, on était sauvé ! on pouvait alors commencer de décharger. J'entends le bruit du déchargeur envahir la cour et maman, fourchée aprés fourchée, envoyait dans la gueule du monstre  le foin qui piquait les jambes pendant qu'à la fenière, papa et Marie Paule tassaient le foin plein de poussière qui leur arrivait par brassées. 


Un dur labeur, une corvée. J'aime l'odeur du foin, mais la sueur qu'il nous coûtait imbibe encore mes pensées. J'ai parfois envie d'en pleurer.


12 commentaires:

  1. Bravo pour le titre !
    Même si sur la fin de ta note, ça fait un peu Pline l'Ancien... ;-)
    Ton ordi, c'était un PC de bureau ou un portable ?
    Parce que si c'était un PC de bureau, tu as dû rater l'épisode qui arrive chez nous une fois par an :
    - L'ouvrir.
    - Retirer le ventilateur du processeur.
    - Sortir le radiateur (bidule à ailettes)
    - Nettoyer à la brosse et au savon le radiateur, généralement plein de poussière.
    - Après avoir nettoyé le dessus du processeur, remettre de la pâte thermique et remonter le radiateur et le ventilateur.
    - Passer l'aspirateur dans l'intérieur du PC (la poussière se précipite dedans comme la pauvreté sur l'ouvrier).
    Et c'est comme ça que nous avons les mêmes PC depuis 2003, hormis la mise à jour des disques pour de plus performants, passer à une carte mère acceptant les dernières versions de Core i-x d'Intel, bref des améliorations tous les six ans à peu près.
    Le mien est tombé en rade ces temps-ci mais en fait c'était dû à Windows, très chatouilleux sur ce qu'on veut faire dans son ordinateur.
    Du coup, la carte-mère nouvelle qui arrive restera dans son carton jusqu'à ce que j'achète un "Core i-7" ou un "Core i-9".

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    1. Merci ! ô grand merci, car tes conseils mis en oeuvre furent d'une utilité efficace puisqu'en direct de cet ordinateur, je viens te répondre. Tu es un maitre en la matière, je n'hésiterai pas à l'avenir à consulter le docteur IT que tu es.
      Quant au spleen, l'ancien voisine beaucoup avec le nouveau en effet. Merci encore, je te souhaite une belle journée.

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  2. J'ai adoré ton texte Claude.
    La vie qui va, qui coule, tout simplement ... en ce moment, plutôt tristoune finalement ...

    et je n'ai jamais rentré du foin, je n'ai aucune idée de la sensation que ça peut faire!

    Pour ton PC, je compatis. J'espère que tu comprendras mieux que moi les conseils du Goût pour le faire repartir :-)

    Bonne après midi ... si c'est comme ici, c'est sous la pluie ! :-(

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  3. Pluie intermittente ici aussi, pour le spectacle. Pour les conseils du Goût, ils ont été bien suivi et bien compris apparemment tout refonctionne, il faut dire que notre professeur du lundi est aussi un excellent mathématicien, physicien, technicien.... bref non seulement talentueux mais efficace et porté de bon service. Quand il habitera à Montluçon, je ne manquerai pas de lui rendre visite avec une bonne bouteille qu'on boira ensemble, sans oublier le bouquet de pivoines pour la lumière de ses jours.

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  4. Super, le Goût t'a permis de "réparer" ton ordi et de ne pas avoir à tout remettre en ordre dans tes fichiers, c'est toujours ça de pris !
    Je n'ai connu que le ramassage des foins automatisé, puisque je suis arrivée dans la ferme de mon ex mari en 1983, et déjà c'était du boulot bien exténuant pour ceux qui rangeaient les ballots dans les hangars.
    Maintenant mon fils fait des ballots ronds, énormes qu'il est hors de question de manipuler à la main.
    Il a d'ailleurs fini de rentrer sa première coupe, il y a 8 jours.
    Là, il n'avait pas été concerné par les orages de dimanche, j'espère qu'il en est de même par ceux de la nuit dernière...
    Chez nous les blés sont couchés par tant de violence; et notre chienne vient de passer deux nuits dans notre chambre à tenter de monter sur notre lit, tellement elle était terrifiée par les éclairs et coups de tonnerre !
    Je souhaite que les soucis de santé pour ceux que tu aimes s'améliorent !
    Je t'embrasse Délia

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  5. Oui, c'est toujours ça de pris. Mais pour mettre de l'ordre dans mon foutu merdier, c'est pas encore fait et il y a de l'ouvrage. En gros mon ordi ressemble à mon jardin.
    Les animaux sont souvent terrifiés par l'orage. Heureusement ici ils ne sont pas trop violents depuis quelques années. Mais je me souviens combien il était pénible d'avoir à subir ces grondements et éclairs incessants et devoir rassurer nos bêtes par gros orages.
    Pour les soucis de santé, ma fois, l'amélioration ira de pair avec celle de la science, c'est à dire que ce ne sont pas des choses qui s'améliorent seules. En plus un pas en avant deux en arrière.
    Gros bisous Fabinette et bonnes vacances je crois que tu es sur le point de rejoindre ta Vendée si ce n'est déjà fait (passant par Montluçon ?)

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    1. Pas encore partie, la tête dans l'intendance, mais c'est pour très bientôt ;)
      Oui, Clermont-Ferrand, Montluçon,( Le Blanc à l'allée, Guéret au retour) Poitiers, et Vendée :)
      Gros bisous ma Délia

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  6. Clfd dommage que je n'y sois pas ! Guéret, tout prés de chez moi ! Enfin 1 h plus haut quand même ! bonne route et bonnes vacances. re bisous.

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  7. Mes premières vacances en montagne avec mes parents m'ont fait découvrir les foins et les vaches que j'adorais garder avec les copines (j'avais une dizaine d'années). Je vois encore le sourire de mon père sur le tracteur pour aider ses amis à faire les foins. Tu as réveillé un doux souvenir Délia.
    Ce que tu vis, je le vis également ! je résiste mais c'est dur. Je compte sur mon départ en vacances pour me requinquer physiquement et moralement.
    Bonne soirée.

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  8. Bonjour Brigou, je suis contente de te lire. Comment vas tu ? Tu as raison, on fait ce qu'on peut pour résister, mais des fois la vague est trop forte et nos efforts restent vains. Bon courage à toi, bonnes vacances malgré tous les malgré comme dit souvent Ambre. Reposes toi prends de grands bains de mer et de jolis paysages, c'est bon pour le moral. Je t'embrasse.

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  9. Pas folichon non plus à Paris, le temps n'incite pas à la promenade. Montluçon n'est pas loin de Guéret.

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  10. Oui, c'est un peu aussi ce que je ressens en ce moment, les mauvaises nouvelles, la lassitude, les problèmes qui toujours arrivent, la fatigue, le futur plus qu'incertain... C'est pas la joie comme on dit mais on continue tant bien que mal à avancer en louvoyant entre les obstacles.

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