Dés que le printemps est là.

Le printemps est là et bien là. Les autres années, dés que le printemps revient, je pars toujours faire un petit tour de l'autre côté de la montagne et je fais provision de miel, de fromage, de saucissons de chocolat et de pates de fruits. Ah ! les pâtes de fruits de mon enfance ! celles qu'on achetait chez mademoiselle Simone. J'en ai retrouvé le goût dernièrement enfin dernièrement, c'était quand même en 2016, à Besse en Chandesse. Des qui avait au moins 70% de pulpe. Des qui sentait bon les fruits. Des qui vous donne l'envie de redevenir enfant.
 Mais cette année, je vais devoir attendre de longues journées.
 Ici c'était en 2018 au mois d'avril, les gorges de l'Artière avaient leur parure vert tendre
Sur le Plateau de Mirefleur les fruitiers promettaient de bonnes récoltes
Le marché d'Ambert se révéillait.
 L'an dernier en février.

 Pour tous ceux qui ont la nostalgie, voilà floréal dans son écrin.
 Incendie au poulailler, le voisin a encore des tartuelles à faire bruler. Et puis je peux vous dire que ça pue, chez lui pollution et civisme vont de paire.
Mon poirier me fait de belles promesses, c'est un William, pourvu qu'il n'y ait pas de gelées.
Les iris commencent à fleurir.


 Plume prend la pause

Et Petit Lion s'amuse.
 C'était tout à l'heure dans mon jardin. Il fait bon, l'air et doux, le printemps est là et les lilas et glycines bientôt en fleurs. J'ai envie de me promener, les sentiers sont déserts vers chez moi, mais je n'ose car 1 km c'est faire uniquement de la route pour en atteindre un et marcher sur la route j'ai pas envie. Pas aujourd'hui. Ainsi un jour poussant l'autre, on avance à pas de fourmis. Parlant de fourmis, il y a une fourmilière énorme au pied de mon romarin. De grosses fourmis noires. A quoi peuvent bien s'activer toutes ces fourmis ?
Après m'être agacée toute l'aprés midi d'hier pour dénicher un drive , j'ai passé ma première commande en ligne. Je n'ai pas trouvé les produits que je voulais. Pas de carottes par exemple. Mais j'ai pu choisir la litière de mes animaux. Pas de salade non plus, ni de fromage, mais j'ai pu choisir mon pain. Si je ne suis pas satisfaite je ne continuerai pas.  Je saurais ça lundi. Je pouvais être livrée cet aprés midi, mais comme j'ai fais mes provisions de pain, je peux attendre, donc j'ai choisi lundi.
Je suis moins angoissée qu'hier, j'ai eu mon petit monde par SMS et au téléphone. Ils vont assez bien. J'ai craqué tout mon forfait qui venait juste d'être renouvelé. Il va falloir attendre le 20 avril et c'est loin. Mais Orange nous accompagne, enfin c'est ce que je lis en me connectant. Moi je trouve qu'ils me harcèlent. En même temps en 40 ans de carrière chez eux, j'avais pris l'habitude. Pourtant j'ai pas envie de recommencer.
Je n'ai pas écouté la télé, ni lu les informations. Je n'en vois pas l'intérêt et puis je suis confinée et obligée de me préserver.
Je vous souhaite de rester en bonne santé. Passez tous une bonne soirée.


Nouvelles d'hier

Je suis sortie faire deux trois courses. Nous n'avions plus de gaz ni de pain. J'en ai profiter pour prendre quelques bricoles à la supérette du coin. Les rayons étaient bien achalandés. Peu de monde à l'heure où je suis allé. Comme je n'avais pas besoin de pâtes, ni d'oeuf, ni de papier absorbant ni de toilette, pas plus que de farine, d'huile ou de sucre, je ne pourrai vous dire s'il y en avait, bien que du sucre, j'ai vu en passant devant le rayon qu'il n'en manquait pas. Par contre des gens dans les rues faisaient leur promenade. Tout comme le fils du voisin qui est venu nettoyer sa voiture. Sa tante était venue les jours d'avant, ramasser des brins d'herbes ou des fourmis, je ne sais pas. Si je vous dis tout ça, c'est pour vous montrer que malgré que le confinement nous soit ennuyeux et pénible, malgré que la solitude des personnes âgées soit lourde, malgré que les soignants et les hôpitaux croulent sous le poids terrible de la crise sanitaire, d'autres vivent bien et continuent de narguer le monde qui s'effondre.
Il ne faut rien attendre du civisme des gens. Il y a des phénomènes identiques ailleurs.
Je me souviens trés bien de l'attitude lors de la tempête de 1999,  de ces mêmes voisins. Le père et la mère de ceux dont je viens de vous entretenir. Cette tempête avait fait des ravages,  le Limousin fut une des régions les plus touchées. La moitié de sa forêt était par terre. Il n'y avait plus ni téléphone, ni électricité pour notre part nous somme resté 3 semaines sans chauffage, nous éclairant à la bougie, chauffant l'eau sur la gazinière dans une grande lessiveuse, nous chauffant à la fortune d'un poèle à mazout  pendant que  ces ladres munis d'un groupe électrogène regardaient la télé le soir et dévalisaient la journée,  la parcelle  qui ne leur appartenait pas, bien entendu !) voisine dont le bois de chêne n'avaient pas résisté.
Nous avons dû jeté tout le contenu de notre congélateur,  les enfants ont vécus comme dans l'ancien temps, à l'époque de leurs arrières grands parents, ce ne fut pas facile pour eux. L'inquiétude du lendemain était présente à chaque instant. A l'école, au collèges ils étaient confrontés à la réaction de certains enseignants peu compréhensifs, de leur camarades parfois, peu ou pas touchés.  De ce temps je garde malgré tout un souvenir d'humanité. Est ce ma nature profonde qui ne me fait garder que le positif ? Est ce mon état d'esprit plutôt optimiste qui me préserve ?  Nous avons rencontré des solidarités extraordinaires. Des collègues nous ont lavé du linge, d'autres nous ont proposé leurs douches, la population s'est trés largement mobilisée pour relever le réseau électrique et téléphonique, pour déblayer les routes, venir en aide aux plus infortunés.  Mais 2 ans plus tard, le front national faisait une percée lors des élections présidentielles. Alors faut - il croire qu'au lendemain de cette crise dite du corona virus, le monde sera plus humain ? Où bien l'avidité  décuplée par la privation et l'individualisme sera -t- elle  pire ? Alors que les déclarations de la caste au pouvoir se multiplient sous forme de bourdes, si ce n'est de provocations   (voir les propos tenus par la porte parole en marche au sujet des enseignants). Alors que l'incompétence et les atermoiements  en matière de gestion de la crise sont mis à nu et que leur responsabilité est lourde,  dans les réformes et restructurations qui ont mis les services publics et de proximité, en particuliers les hôpitaux et services de santé dans l'état que nous voyons,  la côte de popularité du président et de son premier ministre ne cesse (soit disant) de progresser à la vitesse du virus.
Frappé par la crise économique qui va suivre, amplifiée par une régression sociale dont le premier ministre et le gouvernement nous annoncent déjà la couleur, le monde des exploités et des rien du tout que nous sommes va-t-il enfin se réveiller ? Suite au prochain épisode. Le monde est si plein de contradiction.

brèves d'hier suite.

La grand mère est confinée dans sa maison, loin de tout et de tout le monde. Le facteur qui souvent était sa seule visite ne passera pas avant mercredi prochain (et oui, on en profite à la poste pour mettre en oeuvre ce projet que les organisations syndicales combattent depuis des mois) Comme il y a moins de trafic, on ne distribuera plus qu'une fois par ci par là ! Il faut bien mettre à profit ce pain bénit !
On ne peux pas lui venir en aide, on est confiné trop loin de chez elle, on ne peut que la soutenir moralement et je peux vous dire que ce n'est pas toujours facile ! Alors comment faire ?  Espérer et tenir, mais c'est dur parfois.
Nouvelles règles de confinement depuis ce matin. Nouvelles attestations, à remplir soi même et à chaque sortie, avec modèle à recopier à la virgule prés, sous peine d'invalidité et de sanction donc. Il n'y a bien que ça de strict en ce moment ! Strict pour le personnel soignant mobilisé sur tous les fronts. Strict pour l'employé du commerce tenu de se rendre à son travail tous les jours pour que nous puissions aller dévaliser les rayons du supermarché. Strict pour le salarié qui ne peut pas recourir au télétravail et/ou, dont le patron a refusé de fermer l'entreprise, même si l'activité n'était pas prioritaire en ces temps de crise si particuliers (si si, par chez nous il y en a ! et pas le droit de broncher, ni de faire jouer son droit de retrait !) tiens au passage, où sont les sanctions contre ceux ci ? Pas entendu dire qu'il y en ait. Toujours les mêmes qui doivent payer et se serrer la ceinture, faute de se serrer les coudes.
Sanction pour le pauvre bougre qui n'aura pas internet ni d'imprimante et qui n'aura pas recopier intégral sur papier libre la fameuse attestation.
Sanction pour les pauvre vieux qui n'auront pas bien compris comment utiliser le formulaire, où se le procurer et comment le remplir.
Sanction pour celui qui aura voulu rendre service et se sera trop éloigné de sa zone de confinement et des fois que de quelques mètres.
Sanction pour le pauvre, le démuni, le malade, le faible, le vulnérable alors que ce sont ceux dont il faut prendre le plus soin.
Par contre rien pour celui qui plus malin, plus chanceux aura pris la liberté de contrevenir aux directives et pour qui 135 euros ne représente  pas le quart ni le tiers de ses revenus !
Les injustices se creusent encore plus vite en temps de crise, mais là c'est encore pire, à la détresse morale on ajoute le stress des moindres faits et gestes !
Et pendant se temps là, le virus continue son oeuvre et son chemin.
Moi j'essaie de passer le mien.
Le soleil est là qui nous nargue mais le vent plus froid  va bien encore faire des ravages parmi les fruitiers. Je n'aurais pas de confiture à faire encore cette année (si je réchappe à ce virus).
 En attendant, hier nous a permis de récolter les derniers pieds de cardes, je suis entrain de les mettre en conserve pour plus tard. J'ai deux trois courses à faire, elles attendront de s jours meilleurs et je retarde au maximum le moment où je devrais sortir. Je ne vais plus en balade, je reste confinée.
 Heureusement mes matons ne se privent pas d'escapade et c'est l'occasion de quelques photos une ou deux pour agrémenter ce billet et peindre la journée.



Flocon veut faire la lessive, mais le lavoir est vide !
Bonne journée à vous qui passez me voir. Je viens de faire du thé, ça vous dit ? Alors c'est avec plaisir.

Brèves du jour.

Les gendarmes sont partout ! jusque dans ma maison :
Cette éspèce de punaise connue sous le nom de gendarme est loin d'être aussi embêtante que celle dont la Ponette a dû se débarrasser à l'automne dernier. Et beaucoup plus jolie par ailleurs.
Tout à l'heure c'est la Plume qui a envahi la maison, sautant promptement par la fenêtre ouverte (sinon les carreaux auraient encore pris des couleurs !) avec un lézard dans la gueule. Heureusement que nous n'avons pas de pangolin, ici !
J'ai poussé une gueulante et je ne l'ai plus vue. Madame a réapparu un moment après comme si rien ne l'avait perturbée, la voilà qui lisse sa toison sur le lit tranquille avant de revenir dans le jardin.
Où elle fait les yeux doux à son ami Flocon.
Tandis que Ti Lion prend son bain de soleil.
Pendant ce temps le monde continue de tourner pas trés rond. Nous savons tous comment et avec quelles difficultés nos soignants et autres vaillants professionnels se décarcassent pendant qu'impuissants nous sommes cloitrés chez nous ou à prendre des risques à faire l'indispensable pour chercher à se nourrir ou se soigner et que d'autres font n'importe quoi et ne savent pas la chance qu'ils ont.
Pendant que je cherche des mots pour faire mes phrases et des photos afin de vaincre l'ennui et la morosité qui risquent de me gagner, je reçoit un coup de fil, c'est ma soeur : et là  je vais vous parler de quelque chose de grave, car je suis trés en colère !
 Elle est malade, en dépression depuis de nombreuse années, responsable de sa chute en enfer, son employeur, la poste. Elle galère comme pas possible à faire valoir ses quelques droits, en particuliers ceux qui lui permettent de subsister. Seule, personne pour lui venir en aide, elle a recours aux services sociaux de la dite poste. La poste donc qui vient de changer les règles 1) de contact et de formulaire pour accéder à l'espace dédié à ses salariés éloignés du service pour motif de maladie.  2) qui ne prévient personne de ces changement. 3) qui laisse ses services injoignables téléphoniquement. Il faut dire que les décideurs sont bien trop occupés à profiter de la crise du corona virus pour réorganiser les services en particulier la distribution du courrier, rappelons à l'occasion qu'avant la crise de confinement général, la poste avait dans ses tuyaux un plan de réforme visant à supprimer les tournées du samedi et la replanification des tournées la semaine, ne prévoyant plus que des distributions un jour sur deux, voir sur 3 au motif qu'avec internent... les formules papier deviennent  obsolètes donc plus rares. L'aubaine est bien trop bonne, faut pas la laisser passée, alors ma foi profitons de l'occasion, comme pour la régression des droits sociaux de l'ensemble du monde salarié. Haros sur les congés payés, la durée du temps de travail la sécurité qui coute trop chère, la prise en charge et l'indemnisation de ceci et de cela, on n'a pas tout vu et on n'a pas fini d'en voir, il va bien falloir surmonter la crise économique occasionnée en la circonstance.
Mais revenons à nos moutons, ou plus exactement au problème de ma soeur. Elle fait régulièrement des demandes  pour toucher ses indemnités maladies, via sa mutuelle. Mais le formulaire à changé, la case à cocher concernant sa situation n'est plus la même : à la place de cocher la case "faites vous partie des effectifs de la poste" il y a désormais "Etes vous salarié de la poste" et c'est là que ça se corse, car du coup il ne faut plus cocher cette case,mais une autre ! La pauve soeur pensant que ça veut dire la même chose coche donc cette case. Sauf que ce n'est plus la bonne. Sauf que ça génére des tas de complication, en autre la fourniture de documents qu'elle n'a pas. Qu'à cela ne tienne, elle appelle la mutuelle qui ne veut rien savoir, l'avait qu'à pas se tromper la frangine ! elle s'adresse donc à l'assistante sociale qui suit son dossier! Sauf que la personne en question fait preuve d'une remarquable incompétence et d'une désinvolture rare, de même que d'une dose d'inertie comme si elle était tombée dans la marmite le jour de la distribution.  C'est ainsi que messages sur le répondeur aprés messages sur le répondeur toujours laissés sans suite, la situation reste bloquée. Que dire d'une telle situation ? Et bien je ne vois pas !
Comme chez Ducros, il y a ceux qui se décarcassent et les autres ! mais s'il y a un avant et un aprés, pour certains j'ai bien peur que l'après soit pire que l'avant.

De quoi devenir chèvre

Avouez, y a de quoi ! Et bien hier pendant que j'étais confinée chez moi, figurez vous que j'en ai vu deux. Deux jolies, superbe entrain de jouer et de cavaler dans le pré en face ma fenêtre. J'étais occupée à bavarder au téléphone le regard perdu dans le lointain. J'ai changé illico d'appareil, passant du je sais plus quoi au Nikon et vite... mais trop tard, elles avaient disparu dans le brouillard, comme la Marjolaine de la chanson.

Bon ça c'est pour avoir autre chose en tête que Bobby Lapointe (merci Alainx). Sinon pour ma Ponette, je suis allé au jardin  cueillir des fleurs, je vous en fait profiter si vous voulez.
Les quelques rescapées parmi les primevères, tulipes et iris.




 l'explosion de prunes en promesse ici un questchier (oui, comme Vanony,  j'ai deux questchiers dans mon jardin )



Quand je suis monté sur le chemin poser mes poubelles, je n'ai pas pu résister à photographier ce superbe cerisier.
A mon retour le coucou gris avait investi le carton de Petit Lion, en même temps ça vous donne une idée de la table d'ado que j'ai dans la salle à manger !
Et puis pour finir, un aperçu de ce qui fut mon décor journalier 5 semaines durant pendant que dehors il pleuvait encore
A quelque choses prés,  voici le décors sous lequel je rayonnais.

Une femme à sa fenêtre.

 Elle est comme nous.
Elle est à sa fenêtre.
Que souhaite-t-elle ?
Que pense-t-elle ?
Comme nous est-elle confinée, prisonnière, recluse ?
Dites lundi ce que vous pensez à partir de cette toile de Salvador Dali.

 

 Debout à la fenêtre, je viens de terminer de faire les carreaux pour la dixième fois depuis hier. la Plume et ses copains sont passé par là !
Que c'est long ces journées où on ne peut rien faire que rester confiné  à regarder la mer, si seulement ils avaient amélioré l'ordinaire à la télé, mais pas de souci à se faire, si on a raté un de ces épisodes de quelque série merdique, ou pas compris, en supposant qu'il y ait quelque chose à comprendre,  on peut revoir en boucle ou presque. Pas un bon film à se mettre sur l'écran. Je lirai bien mais j'ai tout déjà lu, pas possible d'aller en librairie, ni à la bibli, fermées pour cause de ce que vous savez.
Il est drôle le président des riches, lisez, allez au théâtre...non mais il se fou de nous ?
Heureusement j'ai de la musique pour occuper mes heures et j'en profite pour écouter encore une fois des chansons d'avant quand tout allait si pas pour le mieux dans pas meilleur des monde, mais moins mal, comme celles d'Alain Barrière, tiens par exemple.

Et je reste des heure à regarder la mer,
L'air abasourdi, les pensées de travers.
Et je ne comprends rien à ce triste univers.
Tout est couleur de pluie, tout est couleur d'hiver



Comme j'ai du temps devant moi à ne pas savoir qu'en faire, il me prends l'envie subite de parodier le poète et voilà qu'en cadence je fredonne à ma manière une petite composition que j'ai faite ce matin, en passant la serpillère.

Il y ce virus qu'on vit un jour venir
Et qui n'en fini plus de ne plus repartir.
La mer a ses fuyants qui s'enivrent de son air
Depuis qu'ils ont quitté  leur lointaine tanière,
Ils n'auront donc été en ce grand univers
Que vecteur- transmetteurs dans cette sale affaire,
Égoïstes, inciviques, et facteur de misère.
Accroupis sur nos plages, le chapeau de travers
A faire des châteaux, les cheveux en arrière.
Pendant que partout  dans nos tristes chaumières
On pleurent à chaudes larmes tous nos morts mis en bière.
Confinés sans pouvoir que faire des prières.
Nos hôpitaux s'enfoncent dans de sombres ornières
Chaque jour un peu plus que le jour d'hier.
 Mais eux de tout cela ils n'en n'ont rien à faire
 Du moment qu'ils profitent des balades costières.
 Le monde peut crouler dans cette immense vasière
Toujours à la merci des puissances financières.
Ces nantis à l'attitude guerrière
Traverseront tranquilles cette crise sanitaire
Et tireront leur épingle  de cette fourmilière.
Moi je reste des heures dans cette fausse lumière
A chercher une issue à cette souricière.
En attendant demain je regarde la terre
S'enfoncer toute entière dans ce terrible enfer.

En direct du jardin

Spécial Ambre et tous ceux qui ne l'ont pas.  Gardez le moral !!
Voilà je me suis dit que j'allais vous cueillir un bouquet,
c'est fait, le voici.



signé TI LION
PS merci à celle qui me prête son blog.
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Mon cher Petit Lion,  je ne suis pas sûre que tu n'aies emprunté que mon blog, qui donc a fait les photos ?  Cependant, je te remercie de t'être levé tôt ce matin et d'être parti dans la brume chercher
1) de quoi te sustenter : bientôt les placards seront vides et il faut économiser
2) les fleurs du jardin :  dans quelques jours les fleurs auront fané et nous n'aurons pas pu en profiter. Autre chose : Pensez à vous désinfecter les coussinets, je ne sais si c'est toi ou ta copine la Plume, mais mes carreaux sont encore dégueulasses. Ce n'est pas parce que je ne peux pas sortir que je dois passer mon temps à astiquer et nettoyer vos saletés. La prochaine fois, je vous colle un balai et une lavette entre les pattes, moi vous allez voir !
Encore une chose : quand tu sors comme ça le matin, ne va pas chez l'autre abruti, tu sais qu'il t'enferme , il serait capable de te faire du mal et on en a bien assez ! ne vas pas trop loin, non plus , tu sais que je m’ennuie pour toi aussi, tu es fragile. Ta maladie, on en meurt aussi. Déjà que je ne suis pas sûre de tous vous revoir, il ne manquerait plus que vous ne me revoyez pas tous non plus !
Bon je ne vais pas vous plomber le moral davantage, la vie c'est d'y croire. Hier il y avait sur ARTE une émission documentaire sur Pasteur et  Koch,  les choses n'ont pas été simples pour eux non plus.
Il parait qu'en Chine les choses s'amélioreraient.
Je ne dis pas que ce soit facile et que nous n'avons pas encore tout vu, ni que le pire soit derrière nous.
Prenez soin de vous, protégez vous. Soyez courageux, même virtuelles, les visites sont acceptées.
Le soleil est déjà chaud, ce matin, je suis doublement confinée. Je ne sais pas encore à quoi je vais occuper ma journée, je vais bien trouver. J'ai déjà les carreaux à nettoyer ! Je vous dis à plus tard, car vous allez bien écrire un peu, non ?
Allez, ça va aller !

Quelques mots

Quelques mots, quelques nouvelles. Comme tout le monde je m'interroge. Comme tout le monde je ronge mon frein. Ce matin j'ai tenté une petite sortie, il faut que je marche. Mon jardin n'est pas bien grand, même si j'ai la chance d'en avoir un. Entre ménage et déjeuner,  les  lessives et la vaisselle, on a encore du temps à tuer. J'ai fait quelques photos, pas de trés belles, pas d'exceptionnelles non plus, mais je vais  essayer de vous les partager.
Bravant les interdits, les consignes et le danger, hier la soeur du voisin est venue de la ville. Il faut dire que le civisme, dans cette famille, ils ne sont pas tombé dedans. Elle est revenue tout à l'heure, j'ai cru qu'elle ramassait des fourmis sur son devant de porte.
 Moi j'ai cueilli du persil avant qu'il monte en graine, j'ai planté des rosiers et j'ai lu  vos textes. J'ai ouvert aux chats pour entrer puis pour sortir, puis re-rentrer, rien que des choses banales, il faut dire qu'avec 5 ça m'occupe !
J'ai oublié de vous montrer mes photos de mes dernières balades autorisées.
En bord de Vienne, où avec la Ponette nous nous sommes promenées, mais c'était avant, il y a longtemps, j'ai l'impression que c'était au siècle dernier.
Il faisait beau, les promeneurs insouciants gambadaient. Les canards au bord de l'eau lissaient leurs plumes et pataugeaient. Nous bavardions déjà inquiètes. Le temps  nous défiait et se défilait.


 A notre retour, Michka nous attendait
La veille j'avais fait une belle trouvaille, un pont médiéval perdu au milieu des prés
en allant voir  un château que j'ai l'habitude de photographier.

Et puis nous avons été confinés, je ne suis plus sortie, sauf pour l'indispensable, hier. Mais aujourd'hui levée tôt je me suis risquée autour de chez moi, pas loin. Des gens m’imitaient, plus nombreux qu'à l'accoutumée à pareille heure.

 J'ai photographié des fleurs avant qu'elles ne soient passées, 


Un château sorti des brumes et mes chères vaches qui commencent sérieusement à me manquer
Puis la journée s'achève pareille à celle d'hier et à celle de demain. Je me dis que c'est le mieux qu'on ait à espérer, que surtout elle ne soit pas pire, et que malgré tout les malgré(s) (qui ne prend jamais de (s) sauf peut être quand il y en a beaucoup. Et puis j'ai fait mon devoir du lundi en écoutant Alain Barrière nous chanter que le temps passe et qu'il faut se rappeler sa vie.
Alors pour le plaisir que voici :

 

Quand les hommes vivront d'amour.

Il n'y aura plus de misère, les soldats seront troubadours et nous nous seront morts mon frère.
Cet chanson me trotte dans la tête depuis ce matin où j'ai lu le texte posté par Fabie, sur son blog. ici 

Je suis effarée par tous vos témoignages, par ce que je constate moi même autour de moi. Ainsi l'homme,  pas la peine de mettre la majuscule à  homme, il ne la mérite pas, en pareilles circonstances. toutes ces incivilités dont vous faites état, tout ce mépris pour les autres, affiché par certains,  tout cet égocentrisme ! que le monde est triste, que nous sommes tombés bas !
 Heureusement d'autres que je veux croire être les plus nombreux, sont plein de bon sens, d'humanité, de générosité. Ils existent puisque nous sommes.  Vous, moi d'autres autour de nous que nous ne connaissons pas parce qu'ils ne font pas de bruit, seulement leur devoir, seulement ce qui tombe sous le sens dans une situation comme celle que nous connaissons aujourd'hui. Ils font preuve de ce que l'on nomme Humanité.
Mais tout ça vous le savez autant que moi, c'était juste pour parler, comme ça, pour donner des nouvelles, voilà.
Donc depuis trois jours je fais comme vous. Je vais survivre. Tout ça c'est un peu comme si on était un petit peu mort et qu'on aille ressusciter. Comme la nature en sommeil, sauf que chez elle quand le soleil se montre, elle renait.
Avec le Patou on profite de notre jardin, on désherbe, on pioche  on plante et déplante, on replante un peu plus loin. Je contemple mes fleurs nouvelles
  pivoines se préparent à déchirer leur corset.
 Le romarin embaume et s'apprête à accueillir les abeilles et les bourdons.
 les narcisses distillent leur parfum entêtant
 Les monardes prennent un air de fête

Et les pruniers ne sont qu'explosion.
De temps en temps un chat montre sa présence et vient minauder autour de nous.
 Petit Lion joue au chat et attrape les souris. Il joue avec comme à la balle qu'il lance en l'air, puis la repose..
Son ami Flocon n'est pas en reste, et ensemble ils jouent à chasse chaton.
Quand à Zéphir, elle repasse derrière nous pour inspecter les travaux.

Puis satisfaite, elle se pavane en élégante avant de retourner dormir dans son coin.
La vie continue avec les mêmes scènes, les mêmes rites comme si rien ne se passait.
Me manque mes balades, Michka et la Ponette. Me manque aussi d'explorer mes coins préférés, comme mon ile aux vaches, mes pâturage où paissent les petits veaux, mes sous bois où chantent les mésanges, les merles et les corbeaux. Qui eut cru que les corbeaux me manqueraient un jour ! Je m'étais dit pourtant qu'après mon purgatoire, je reprendrai la route des montagnes ou de la mer comme j'aurais pu le faire, si... Mais le temps passera, un autre viendra pas meilleurs ou pire peut être, on ne sait pas.  Pour occuper le temps et ne pas penser à tout ça je tricote, je fais et je défais. J'ai dégermé mes pommes de terre. Certaines sont blettes et ne se conserveront pas.
Je cultive mon arbre à la recherche de mes ancêtres. J'imagine la vie qui fut la leur, femmes et gars. Je me dis que leur sort n'était pas enviable au notre. Confinés ils ne l'étaient pas. Mais pas besoin d'y être pour être esclave et trimer tout son temps de vie, sans loisir, sans sortie, à la merci des moindres  intempéries. Pour eux ce n'était pas pâtes et riz pour les repas, c'était le lard les meilleurs jours, la disette les autres fois. Les pommes de terre que les cochons ne mangeaient pas, les légumes étaient du luxe, et la viande n'en parlons pas. Du matin jusqu'au soir pour biner, sarcler labourer et faire pousser. Le dos courbé, les reins broyés, les mains déchirées par les ampoules et les échardes, les yeux brulés par le sel de la sueur qui coulait de leur front. Ils n'avaient  guère le temps de philosopher sur une liberté qu'ils n'avaient pas.
Perdre un enfant ou un aïeul était le lot commun de toute famille, les épidémies et les famines ne les épargnaient pas. Parfois ils s'accordaient de pousser la chansonnette, il fallait que jeunesse vive. Ils dansaient ivres de fatigue une fois la journée terminée. Les solidarités de circonstances  permettaient de survivre, mais elles étaient au coeur de chaque village, de chaque famille, c'est comme ça qu'ils tenaient. Il serait bon qu'on s'en souvienne, nous leurs descendants gâtés. Que l'égoïsme a construit. que l'individualisme a pourri. Nous sommes entrain de tout détruire. Ils ont mis des siècles à améliorer leur sort, nous, nous n'avons rien compris. Nous laissons tout partir à flot. Il ne sert à rien de saluer le courage des personnels de santé, un jour,  quand on les fustige le lendemain. Il ne sert à rien de porter des louanges sur les vertus de services qu'on a détruit ou laisser détruire, comme c'est le cas pour l'hôpital public tout comme les autres services publics dont nous avons tant besoin. L’hypocrisie du langage ne peut pas dédouaner le président ni sa cour des coups portés si fortement au tissus solidaire de notre société, au point de la laisser en état de délabrement. Notre système de santé était envié de beaucoup de monde, capable de faire face aux situations les plus scabreuses, les plus périlleuses, amputé qu'il a été au fil des budgets successifs, sur l'autel de la rentabilité,  est -il encore aujourd'hui en état de fonctionner et de faire face à la catastrophe sanitaire que nous sommes entrain de vivre actuellement ?
 Il serait bon de redonner de l'oxygène et des moyens à nos services publics facteurs de lien social et solidaire. Voilà ce que je voulais dire maintenant.

Ils regardaient la mer.




Ils étaient assis là, à regarder la mer, perdus dans leurs pensées. Le soleil éclairait l'horizon semblable à un fanion. Tournés vers le couchant, ils écoutaient les vagues s'échouer sur le sable. Le temps qui s'égraine n'avait pas d'emprise sur la révélation qu'elle venait de lui faire. Une chose les préoccupait à présent. Comment occuper ces instants qu'il leur reste ? Ne pas penser au mal qui la ronge et bientôt l'éteindra. Ne pas penser à l'heure grave qui les séparera. Ne pas penser à l'aprés, ni à ce qu'elle deviendra. Déjà son corps meurtri se décharne. Ses yeux se cernent et perdent leur éclat. Déjà sa main tremble et son regard s'en va.
Mais il leur reste le souvenir. Celui de leur 20 ans où ils se disaient je t'aime. Celui de leurs ébats ici même entre les roches. Sur le sable mouillé et dans le grand soleil, quand ils s’étreignaient si fort qu'encore ils en tremblent. Quand ils écoutaient la mer qui roulait ses galets. Quand au loin les mouettes chantaient, et que le vent soufflait à travers les rochers.
De ce temps il leur reste l'illusion de n'avoir jamais cessé d'être et de pouvoir encore tout recommencer.
Mais la vie, même forte, est si courte que le livre se ferme à peine a-t-il été ouvert. Que la table se vide à peine a-t-on mis le couvert, sans que l'on ait goûter tous ses mets délicats. Sans que le calice encore plein n'ait été qu'effleuré et quand vient le soir où il fait un peu froid, sans que le feu dans la cheminé ne crépite de son dernier éclat.

Devinette.