semaine6/52 Origami

 Ceux ci sont trés beaux (image du net)

Je n'ai jamais su faire ! Même le plus petit avion ou la plus simple cocotte en papier. Par contre, je me souviens avoir écrit un conte sur une proposition de consigne d'un forum d'écriture (il y a longtemps) dont le thème était origami. Je vous propose de le découvrir 
Il s'intitulait "Le théâtre de la Licorne" 

 Il était une fois dans un pays pas si lointain, un petit garçon, très pauvre.
La rue était son théâtre, le rêve son jardin.
Un soir, qu’il traversait le square qui longe le canal Saint Martin, son regard se posa sur une forme vague «oubliée» près d’un banc. Chiffonnée, déchirée, sans doute un emballage de paquet cadeau. Peut-être, un autre enfant était venu jouer là, après avoir fêté son anniversaire lors d’un pique-nique géant avec ses copains. D’ailleurs, il y avait alentour, quelques restes épars de nourriture que les pigeons du square se disputaient.
L’enfant, rêveur, s’assit sur le banc et songea à ses anniversaires si tristes, sans cadeau, sans personne. Depuis que maman était à l’hôpital, c’était pire encore. Plus personne ne se préoccupait de son sort. Après avoir versé quelques larmes en pensant à elle, il se leva et reprenant son chemin, il donna un coup de pied rageur dans la forme mal définie qui se trouvait devant lui.
C’était une feuille de papier vert, d’une belle largeur.
Elle pouvait lui servir : par exemple à recouvrir ses livres d’école, ou bien à emballer ses trésors (bien rares, il est vrai, mais si précieux) ; ou encore il allait l’utiliser comme parure au cadeau qu’il offrirait à maman, quand il pourrait enfin lui rendre visite.
Du revers de la main, il entreprit de défroisser le papier, mais non, il était en bien trop mauvais état !
Il ne pourrait jamais le récupérer complètement. Tout juste pourrait- il en confectionner quelque cocotte ou quel qu’avion en papier, tient comme celui que l’intrépide Charlotte avait envoyé dans les cheveux de l’horrible mademoiselle, l’autre jour en classe de géo ! Ah ! La tête de mademoiselle ! Vous auriez vu ça ! Il fallait la voir rajuster son chignon ! Et sa colère ! Si personne n’avait osé s’esclaffer sur le moment, tout le monde avait bien ri à la récré. Elle avait bien fait Charlotte ! Elle était habile de ses mains, douée pour tout, n’était-elle pas première de sa classe ? Il aurait bien voulu faire comme elle, mais n’osait pas.
Il reprit son papier, le chiffonna à nouveau. Il esquissa une forme, puis une autre. Déchirant le papier en deux, il fabriqua un cheval, comme celui qui se trouve dans la vitrine du marchant de jouets tout près de chez lui. Puis avec l’autre morceau de papier, il essaya une vache comme celle que maman aimait à dessiner. Maman ! Quelle grande adoratrice des vaches ! Son enfance en était peuplée, les histoires qui le berçaient le soir, en s’endormant ne faisaient aucune allusions ni aux trois ours, ni au petit poucet, encore moins à Goldoraque et au capitaine Flam ! Non. C’était, Noisette et puis Charmante, Fauvette ou la Jacade. Un jour il écrira un livre sur les vaches. Pour sa maman. Ou bien, ce sera elle qui écrira. Quand elle reviendra.
Bon. Son esquisse n’était pas concluante (une vache c’est plus difficile qu’un cheval, à dessiner, un peu à cause des cornes, mais aussi de la tête, et puis du ventre.) Un cheval ça n’a pas de corne, et s’il leur en poussait une ? Mais oui. Là, juste sur le front. Il en existe, ce sont des créatures étranges, comme dans Tintin. Ne portent-elles pas bonheur, en plus ?
Une autre idée lui vint. IL allait faire pousser une corne à son cheval. Et voilà, la belle Licorne que voici ! Ce sera le cadeau de maman. Quand elle sera guérie, ils feront un théâtre de marionnettes, la Licorne en sera la vedette. Ils seront acclamés dans le monde entier, ils deviendront le porte bonheur de tous les malheureux, de tous les enfants pauvres. Grâce à eux et à leur Licorne, tout le monde retrouvera un peu de bonheur dans sa triste vie.

Postscriptum.

Je ne me vois  pas bien écrire un tel texte aujourd'hui !

13 commentaires:

  1. ah oui on évolue et nos écrits aussi :-)
    ton image me rappelle que j'ai des photos d'origamis, en fait, d'un artiste belge ... ce sera pour une autre fois (LOL)

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  2. Ah j’ai quand même su faire les cocottes 😂.
    Belle histoire avec tes vaches si chères à ton cœur ♥️
    Beau dimanche ma Délia 😘

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    1. Merci ma Fabie. Ah ! mes vaches ! toujours aussi chères à mon coeur. Nul ne guérit de son enfance.

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  3. il est magnifique ton texte, très émouvant, et comme j'ai la larme facile en ce moment, je l'ai au bord des yeux !
    Merci pour ce partage, et surtout, bravo pour ce beau texte ! Qu'importe si c'st à un autre moment de ta vie qu'il t'st venu, c'e sont quand même tes mots ! Ils attendaient leur heure !
    Bon dimanche à toi Délia Jolie, gros bisous ♥

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    1. OUi, merci. C'était un autre contexte en effet. Ce qui me manque aujourd'hui pour écrire c'est la motivation, l'inspiration et l'émotion. Je t'embrasse ma belle et sensible soeur d'affection, de partage et de bien d'autres choses aussi, en particulier d'infortune.

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  4. Joli texte, bien écrit ! J'ai toujours fait des pliages de papier, bateau, grenouilles sauteuses, cocotes à choix quand j'étais enfant. Puis des plus compliqués plus grande et adulte. Il y a une histoire pour les enfants on demarre par un chapeau avec une grande feuille de journal, puis, on le transforme en bateau qui essuie une tempête etc ... je n'ai jamais su si c'était quelque chose de connu par les centres aérés ou si c'était mon ex qui l'avait inventée. Tous les ans je la raconte à mes élèves en fin d'année . je vais peut-être la rajouter sur mon article tiens ...

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    1. C'est une bonne idée. J'ai vu chez toi, ces véritables chefs d'oeuvre. Tu ,es trés douée effectivement.

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  5. Ce texte est très Beau et émouvant. D'une écriture naturelle et simple, sans être simpliste ;. L'histoire d'un enfant et d'une feuille aventureuse fait naître l'émotion.
    La maman, quand elle reviendra guéri, si elle revient, cela m'a évoqué une vieille chanson de Berthe Sylva « les roses blanches » chantée par ma propre mère qui me mettait au bord des larmes quand j'étais jeune.
    https://www.youtube.com/watch?v=Zb_wRaRL7_4

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  6. C'était une chanson que ma maman aimait particulièrement aussi. Elle nous la chantait tout le temps. Elle fut reprise en hommage lors de ses obsèques en 2011. J'ai versé beaucoup de larmes sur le destin tragique de ce pauvre enfant, qui m'a certainement (je ne m'en souviens plus) inspiré ce texte. C'était en 2012 pour Kaléïdoplume, je pense que tu te souviens de ce forum qui nous a apporté beaucoup.

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  7. C'est chouette de revenir comme ça sur une vieille histoire.

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  8. oh oui, je me souviens aussi de cette belle chanson de Berthe Sylva, si émouvante. C'est plutôt ma grand-mère (celle qui gardait les vaches quand elle était jeune) qui affectionnait cette chanson ..

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  9. C'est un texte joli et émouvant.

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