3/52 Patience

Patience et longueur de temps faisant plus que... Combien de fois vous ai je observés, à l'affut d'une de vos proies. Je me suis lassée avant vous, il est vrai que de la patience je n'en ai presque pas. Pourtant, j'en ai supporté des choses à travers vous, guettant à mon tour le prédateur qui vous faisait tant de mal. J'ai fini par le surprendre (en plein vol, c'est une image) plus rapide qu'un faucon, lui qui en est un vrai. Plus rapide qu'une hyène et beaucoup plus méchant.  

Vous étiez bien patients, mais pas assez pour vivre longtemps.  Sauf pour les repas où vous rivalisiez d'agilité pour être servis en premier.

au 1er plan Chaussette, puis Zéphir, Plume et tout au fond Flocon


  
Patience contre laquelle, longueur de temps ne fait plus grand chose, passe l'hiver, passera le printemps. Un mois déjà que tes amis te cherchent inlassablement, mon Flocon blanc.  

semaine 2/52 Savon


 Le mot de la semaine est donc savon. Voilà à quoi me fait penser le mot savon. Quand mes enfants étaient petits, je leur avais offert le kit du fabriquant de bulles. Ils s'adonnèrent donc à cette expérience magique, puis pensant surement qu'il valait mieux rester dans sa bulle plutôt que de prendre un savon, ils passèrent à d'autres jeux et ne manifestèrent guère d'intérêt à voir s'envoler des bulles de toutes les couleurs.  Ils auraient pu se faire mousser, mais ils sont resté discrets et prudents, ne s'aventurant point sur des terrains glissants. Comme ceux que nous avons emprunté ces jours ci avec nos caisses à savon. 

BRRR

 Ce froid dans le dos, aux pieds, partout il y avait longtemps que je ne l'avais pas ressenti. Ce matin neuf heure, double rendez vous de routine chez le doc avec mon mari. Levée de bonne heure, j'ai admiré en route le lever de soleil, magnifique, mais en retard, pas fait de photo. Dommage ! Les routes étaient sèches. En sortant de nos RDV, vu que des intempéries et neige étaient annoncées, nous avons décidé de profiter de la situation pour faire des courses au leclerc d'à côté. Nous avons garni notre caddie, pas de poisson du tout au rayon poissonnerie. Mais en sortant, il neigeait  à gros flocons. La route était glissante, la circulation délicate (il est vrai qu'autant d'empatés avec leur voiture sur des routes enneigés, cela complique l'affaire. 

En rentrant nous avons ouvert la porte à Ti Lion qui s'est empressé de découvrir la neige (sa première neige, depuis qu'il est à la maison, donc depuis 6 ans et demi puisqu'il est arrivé en juin et  que c'était l'été.) Je ne le laisse plus seul dehors quand nous ne sommes pas là.


Il a eu vite fait d'aller jouer comme un fou, galopant comme un jeune poulain, lui qui est presqu'un vieux chat ! 


 

Les poulains, eux, essayaient de trouver l'herbe fraiche sous la fine couche de poudre blanche

et moi au fond du jardin en allant rendre visite à mon autre Flocon, endormi sous un épais manteau d'hiver, 

j'ai même trouvé quelques fruits givrés

 Pas une mésange, pas un pinson, pas un rouge gorge pour en profiter. Peut être sont ils cachés au creux de ce chêne ? 

Neige.


 Cette nuit il a neigé. Oh pas bien ! presque rien. Juste de quoi blanchir un peu le sol, pas plus. Puis le soleil, même froid, a tout effacé. 

Neige éphémère mais froid qui dure, mais où sont les mésanges qui venaient picorer sur le bord de ma fenêtre ? Où sont joyeux merles et gais pinsons ? Et où sont les neiges d'antan ? 

Première semaine du 52 de Virginie, repris par Anne, Ultime

 Je pourrais vous parler de ce loup nommé Loultimo, qui ne croquait pas d'enfant, ni de mère grand. Seulement des pizzas. Il aimait les pizzas au point d'en faire des contes pour enfants et si vous attendez tant lorsque vous commandez une pizza, c'est uniquement de sa faute, car à peine une sort du four qu'il bondit et l'avale illico. Celui là était le dernier d'un lot de trois. L'avant dernier, Croquemarmot, comme son nom l'indique mangeait surtout des enfants. Pas n'importe lesquels, non. Que des pas sages. Sa réputation était telle que du plus loin qu'ils le pouvaient les enfants se tenaient sages à son approche, si bien que Croquemarmot fini par disparaitre de la surface de la terre. On dit qu'il pourrait s'être reconverti sur une autre planète où il cultive un beau jardin. Le premier des trois s'appelait "Jemémachemise. Il jouait à loup y es tu  avec les enfants. Quand il ne jouait pas, je crois qu'il dormait dans un coin tranquille. Je n'ai plus de ses nouvelles, peut-être est il parti dormir ailleurs. Ne restait plus que l'ultime Loultimo. Il fini par disparaitre à son tour. A cause des hommes qui l' ont exterminé, las d'attendre et faire la queue à la pizzéria.  On dit que d'autres loups sont apparus depuis et que partout dans le pays ils mangent des brebis. Les bergers s'en méfient. Les chasseurs les traquent et les écolos les défendent. On dit aussi que partout, les hommes sont pire que les loups , ils se démasquent en sortant du bois. Ils se dévorent entre eux et s'entretuent. Ce que ne font pas les vrais loups. Moi je les aime bien les vrais loups. 


Flocon


Ils ont tué Flocon !   

Il dort dans cette terre où il aimait jouer. Depuis  nous le pleurons. Ses compères le cherchent toujours désespérément. Ti Lion est perdu sans lui. C'était son ami, son complice de jeu et parfois de chamaillerie. Les jours qui ont suivi sa disparition, il pleurait comme un enfant, avec des petite plaintes de douleur dans son miaulement. Faisant des tours et des tours à chaque endroit où il  savait le trouver au par avant. Cherchant une trace, une odeur, un indice puis il venait vers moi avec ce regard suppliant  qu'on peut avoir quand on souffre sans savoir pourquoi.  On peut lire beaucoup dans le regard d'un animal. La souffrance, comme la douleur, comme la reconnaissance et le désespoir aussi. 

Flocon, c'était le chat le plus placide du monde. Gentil, affectueux. Un peu gauche. Un peu pataud. Il louchait, peut être ceci expliquait cela. 
 Arrivé de Dordogne le 29 décembre 2017, il avait rejoint la petite troupe de nos chats. Il s'était trouvé sa place parmi les gros, joueur, il affectionnait particulièrement la petite Plume avec qui il jouait sans fin, jusqu'à la blesser, ne sentant pas sa force, mais au point qu'aprés une luxure de la hanche, elle le fuyait.  Elle le cherche à présent.   Il vient de nous quitter il y a deux semaines dans des circonstances dramatiques alors qu'on ne s'y attendait pas. Nous avons longtemps chercher comment, par qui, pourquoi. On dit toujours que c'est triste un noël sans neige, mais je peux vous dire que le notre fut bien triste sans Flocon.                                                                                                                                           A-t-il été percuté par une voiture ? Quelqu'un l'a-t-il battu,  torturé à mort ? S'en est-il allé mourir plus loin ? Ou l'y -a-t-on déposé aprés l'avoir tué ?   Une chose est sure, il n'est pas mort tout seul. Il allait bien, était heureux de vivre, il avait même une fiancée, qui semble elle aussi le chercher. 

Je pense avoir trouvé une explication ce 2 janvier en fin d'aprés midi, lorsque j'ai vu le voisin sortir de chez lui et bondir comme un furinx sur mon Lionceau qu'il accuse d'avoir mordu son chat. J'étais à ma fenêtre (ouverte) lorsque j'ai vu Ti Lion au milieu du chemin, je m'apprêtais à l'appeler quand je l'ai vu traverser en direction de la maison, c'est alors qu'a surgi l'autre abruti menaçant. A ma réaction, il s'est vivement justifié prétextant un attaque soudaine et argumentant que conduire son chat chez le vétérinaire, c'était pas marrant . Je lui ai juste rétorqué  : "Les enterrer non plus c'est pas marrant".

 Fin de la discussion. 

Je m'attends bien à devoir faire une petite visite au mien de vétérinaire, peut être pour une autopsie, d'ailleurs, puis un trou dans le jardin, le tout aprés avoir fait réparer mes roues de voiture, qui se seront percées inopinément, évidemment !

Petit Lion. 
Prochain sur la liste ?


Bonne Année 2026

 

Qu'elle soit pour vous pleine d'amour, de joie, de paix  et qu'elle vous garde en bonne santé. 

24/12: Histoire

 Comme il est question d'histoire pour ce dernier jour de l'avent, je vous propose une histoire vraie que j'ai transformée en ce qui pourrait être un conte de Noël.

 Cela se passait au siècle dernier. Nous étions enfants dans cette petite chaumière, au creux de la vallée du ruisseau des Enclos. Quel âge avions nous ? Je ne sais plus. Une dizaine d'années peut  être Moins... ? Ma petite soeur 3 de moins et les plus petits bien moins. 

Dans un village voisin, un vieux monsieur, parcourait la campagne, vivant d'errances et de bons ou de mauvais soins  relatifs à son indigence. Nous l'appelions "pépé". Nous avions le notre de pépé, mais celui ci était un peu particulier. Comme un bonus au royaume des pépés. 

Sa maison au village de la Fayolle n'était plus qu'une ruine, partiellement dépourvue de toiture. D'ailleurs, il mourut seul au fond de sa cave, le plancher pourri ayant cédé sous le poids de son corps déjà si meurtri par les douleurs de la vie. 

Les restes de la maison 


 Il  se déplaçait sur les chemins enveloppé dans un vieux manteau gris et mité. Son bâton à la main. Pour se défendre des chiens et sans doute aussi des mauvais gamins, qui écoutant un peu trop les ragots de leurs parents, l'importunaient sans vergogne et sans ménagement. 

A la maison, il entrait, jamais sans y avoir été invité. Pour lui, comme il le faisait souvent pour un ami ou un familier,  mon père dépliait le chanteau (gros morceau de pain bis) lui payait un canon (verre de vin rouge, tiré au tonneau) sortait du placard le fromage et le saucisson et l'invitait à se rassasier, avant de lui offrir un dernier verre et un peu de lard tiré du saloir, qu'il fourrait  dans sa musette lors de son départ.

Voilà donc l'histoire et ... c'est une réal-iction que je vais vous raconter :

Devinez qui vient diner ce soir ?

- Ce soir c’est Noël. Je n’ai rien préparé, se dit la Simone avec tristesse.

Cette année a été une année de misère, comme toutes les autres. Les récoltes et les foins ont pourries avec les pluies de cet été. Les vaches n’ont pas eu beaucoup de lait. Les veaux se sont mal vendus. Les enfants vont encore être déçus. Si ma mère était toujours là, on aurait passé Noël ensemble. Elle aurait tricoté un pull, des chaussettes ou un gilet bien chaud à chacun, pour affronter les durs frimas de l’hiver ! Depuis que les plus grands vont à l’école, il faut les équiper, cela coûte bien cher. S’ils ont perdu leurs illusions, les petits croient encore au père Noël, et il n’y a rien pour leurs petits sabots. Quelle vie que la notre, et quelle épreuve pour une mère, de ne pas pouvoir offrir à ses enfants ne serait-ce qu’une modeste bricole mais qui les satisferait tant ! 

Seul depuis des années, Jean Pradel n’était attendu par personne. L’été dormant à la belle étoile, l’hiver glanant quelques fagots, il jouissait d’une liberté totale. Mendiant son pain, usant ses nippes et trainant ses guenilles, il passait d’une année à l’autre sans se soucier du lendemain.

En ce 24 décembre, n’ayant plus rien à se mettre sous la dent, il prit son chemin en quête d’une âme généreuse qui lui offrirait un quignon de vieux pain rassis et une tranche de vieux lard ranci.

De gros nuages s’amoncelaient dans le ciel, la neige serait au rendez vous pour Noël. Prenant son courage à deux mains, Jean Pradel enfila sa cape trouée, chaussa ses gros sabots cloutés se coiffa de son vieux chapeau feutré puis muni de son bâton de buis, il se mit en chemin.

Il neigeait à présent. De l’étable toute proche, se dégageait une bonne odeur de foin séché. Les vaches ruminaient tranquillement, faisant tinter leur chaîne à chaque mouvement. Tout à l’heure, il faudrait les sortir pour qu’elles s’abreuvent, puis viendrait l’heure de la traite.

Comme ce soir c’est Noël, on mangerait après avoir fini le travail, la veillée serait ainsi plus longue, les enfants en profiteraient pour découvrir leur paquet (un malheureux jouet fabriqué dans un vieux bois à chaque heure de répit de la morte saison). Histoire de fêter quand même Noël.

L’épaisse couche de neige entravait la progression de Jean Pradel. Il ne se déplaçait plus que difficilement, à présent, ne distinguant plus son chemin. A plusieurs reprises, il faillit trébucher. La fatigue et la faim aidant, il s’étala dans la fange du fossé. Trempée, sa lourde cape ne le protégeait guère. Il savait que s’il ne se relevait pas, l’engourdissement ne tarderait pas à le gagner. Ce serait la fin d’une longue vie d’errance et de désillusions…

Tout à coup, il sentit quelque chose de chaud sur son visage. Un souffle si proche de son oreille, le fit tressaillir. Il se releva péniblement. C’était Lorette, le bon chien de berger du Raymond. Il ne devait pas être loin de Lossedat. Le chien lui fit fête, et l’attendait, calquant sa marche sur le pas lourd de Jean.

IL faisait nuit, maintenant, dans le ciel, pas une étoile, seule la neige continuait à tomber. Lorette et Jean Pradel cheminaient de concert jusqu’à la grande maison d’où, par la cheminée, une bonne fumée s’échappait. L’odeur d’une soupe aux choux chatouillait les narines. Un fumet délicat embaumait l’intérieur de la demeure.

Trois petits coups grattés à la porte.

- Maman, c’est la Lorette, elle veut rentrer !

- Fais la entrer, les vaches ont fini de boire à présent. Avec cette neige, ce n’est pas un temps à laisser un chien dehors !

- Maman, maman :  avec la Lorette, y a le pépé Jean !

- Où ça, le pépé Jean ?

- Là dehors, il a froid, c’est la Lorette qui est allé le chercher !

- Hum, fais le vite entrer, lui aussi. Bonnes gens !

Tout étonnés, les enfants  accueillirent  le Pépé Jean.

On le fit entrer. Papa lui donna de vieux habits du grand père. Maman ajouta un couvert. La Lorette s’assit près de la cheminée, à ses côtés. Le repas commença dans la joie. Chacun ayant soin d’être attentionné envers cet invité de fortune.

Vêtu de sec, rassasié d’une bonne soupe bien chaude partagée à la chaleur d’un bon feu, bien callé dans le fauteuil du grand-père, Jean Pradel s’endormit. Les cris des enfants, leur joie et leur agitation ne parvenaient pas jusqu’à lui.

Quand les 12 coups de minuit tintèrent à la grosse horloge, poussant une dernière buche dans la cheminée, les enfants entonnèrent une cantate en l’honneur de Jean Pradel.

Qu'importe les sabots garnis d'une simple papillote et d'un Jésus en sucre. Le père en habit rouge avait oublié cette maison, mais Jean Pradel, lui, l'avait garnie de sa présence. 

Ce fut cette année-là, un Noël inoubliable. Un merveilleux Noël.

















 

23/12: Attendre


Attendre, oui, attendre...Attendre sans y croire. 
Il y a tellement de choses qu'on attend. Tout d'abord le grand soir, mais là j'ai bien peur que celui là ne soit pas encore prêt, surtout si on reste les bras croisés, se contentant d'espérer. 
 Sinon, j'attends mon heure. Celle où je pourrais enfin mettre en oeuvre le règlement de compte à mes ennemis de 30 ans. Le temps passe, les choses ne s'arrangent pas, même elle s'aggravent. Ils ne perdent rien pour attendre. Et si justice divine il pouvait y avoir, je ne vous dis pas le prix qu'ils paieraient ni les châtiments qui leurs seraient réservés. On ne peut même pas leur promettre le diable, parce qu'ils le sont personnifiés.  Je souhaite seulement qu'ils soient bien récompensés de tout le mal qu'ils ont fait. 
Là j'attends encore un peu que le temps passe avant d'aller affronter la foule ce qui ne m'émeut pas beaucoup.
Longtemps j'ai attendu les beaux jours pour entreprendre mes plantations. Il va falloir encore un peu de patience.
Je n'attends rien de bon de l'an nouveau. 
Je vous dis à demain pour le dernier billet de l'avent, et puis il  y aura ceux de l'aprés. 
Bonne journée à tous qui me liraient.

22/12: Habitude



A Noël, d'habitude j'ai mes enfants. Belle habitude que celle de découvrir ensemble, perdus au milieu d'un fatras de cartons, de papiers, de brics et de bracs, de cadeaux inattendus ou convoités, ou moches et décevants,  quelques intrus ou intruses qui nous font marrer, rien qu'à les regarder !

Plume fêtait son premier noël à la maison. 7 autres auront suivis avec celui qui vient.

Plume

Venus



D'habitude  Plume joue avec mon fil à tricoter. Elle vient sur mes genoux, attend que la pelote soit à sa patte et emmêle mon fil jusqu'à le faire casser.  
Pour Noël, nous ne réveillons pas la veille. Un repas amélioré pour le lendemain, le meilleurs à partager. Mémé   nous rejoint  nous allons la chercher.  Une occasion pour elle de passer une bonne journée. 
J'ai bien cru que cette année, les habitudes allaient changer, mais finalement, ce sera comme les autres fois. Alors je prépare à l'avance confits et menus qui vont nous régaler.
Pas de sapin non plus. plus de déco. Quand les enfants étaient petits, on décorait les plantes. Il y avait une grand philo dans la pièce à vivre. On l'affublait de guirlandes et de boules brillantes. Les chats grimpaient dedans et souvent faisaient tomber les boules avec lesquelles ils jouaient. Une fois Noël passé, la plante restait décorée, parfois fort tard dans l'année. Les guirlandes faisaient fonction de lampions le 14 juillet. Puis revenait la fin de l'année, La boucle était bouclée. Puis les enfants partis, nous avons pris l'habitude de ne plus rien décorer.  
La maison n'est pas plus triste pour autant. Si cette année, elle le sera,  cela n'a  rien à voir avec la déco.    

3/52 Patience