Semaine 8/52 Arbre

 Arbre ? Ou Arbres.

Arbre généalogique. J'ai commencé.... c'est fastidieux, je ne m'y tiens pas.  

Arbre de vie, comme l'eau, l'arbre a une vie. J'aime l'arbre. J'aime l'eau. L'arbre, la vie et l'eau de vie. mais attention ! Pas n'importe lesquels d'arbres de vie  et d'eau de vie. Pour l'eau de vie, celle du Pépé, faite avec du marc de pomme ou de prune. Mais je crois que celle que je préfère, c'est la verveine. Du Velay, il va de soi.  

Si j'étais un arbre, je serais... je ne sais pas, mais je voudrais être un hêtre. Fort,  protecteur, divin, majestueux, tant de choses que je ne suis pas. Offrant un feuillage parfait aux couleurs chatoyantes au printemps,  son  feuillage vert tendre aux pinsons des arbres. Plus foncé en été, donnant l'ombre au faucheurs, aux troupeaux et aux chiens de berger. Déclinant tant de couleurs variées l'automne et ses fènes sucrées que nous chapardions aux écureuil en rentrant de l'école le soir quand le soleil déclinait à l'horizon. 


Sous ses ramures, je cherchais la chanterelle jaune, le pied de mouton où le cèpe de bordeaux. Foulant son tapis de feuilles par les hivers sans neige, je  faisais craquer le givre sous mes pas, revenant par la côte de Coudeyrat, mon cartable à la main et ma couronne de pain  sous l'autre bras. Les dimanches de promenades, parcourant le bois des Barthes, je bordais l'allée allant aux Bordes et revenais par le chemin des Fayes qui remonte serpentant au milieu des prés où je trouvais des mousserons ou des  rosés, jusqu'au tournant des Bès, avant de rentrer.  Les hêtres m'avaient tout du long accompagnée. Oh bien sûr, j'aime les autres arbres, les pommiers au bois noueux, les sorbiers, les aliziers arbres des landes,  s'élançant au milieu des bruyères où pâturaient de modestes troupeaux. Et si j'étais un hêtre, je serais celui des Barthes, ou un de ceux de la vallée de Chaudefour.

lisière du bois des Barthes, allant aux Bordes

vallée de Chaudefour

cascade de Voissière



 mais c'est sûr, je serais Auvergnat.  

semaine7/52 Nature

 Hier couleurs, aujourd'hui nature. Que j'aime tes couleurs, ô Nature bien aimée !

La Creuse, la Vienne, le lavoir et moi,  hors de nous, vous présentons nos meilleurs  prise de vue. ô nature !

 La Creuse, lundi passant par Aubusson, balade impromptue, un merle me frôla en longeant le quai 




 Mais il semble que tu sois bien déchainée en ces temps perturbés. Arbres arrachés,  tempêtes

 incontrôlées et incontrôlables, tornades, tsunami, orages violents,  inondations, phénomènes dévastateurs, régions entières ravagées par les incendies, sècheresse, canicule, spectacles désolants ...  changement climatique vitesse grand V, voilà à quoi nous sommes confrontés. 



Ici la Vienne est hors d'elle. Plusieurs rues sont fermées le long des berges. Le camping a les pieds dans l'eau. Rien de trés grave me direz vous, ici pas de mort à déplorer.

La vienne n'est pas la seule d'ailleurs à être hors d'elle. Je le suis aussi car je sais bien que si les éléments se déchainent ainsi, l'espèce humaine n'y est pas pour rien. Coupes rases, talus arasés, haies arrachées, l'eau s'écoule, elle a besoin de passer, alors elle passe. 

Agriculture intensive, remembrement, déforestation, constructions anarchiques de parkings, d'autoroutes, d'immeubles qui resteront vides sans doute un certain temps, destruction d'espaces naturels, de la faune sauvage qui les entretient, des troupeaux, même !  .... la liste est longue. Coulée de boue, avalanches, éboulements de rochers, de falaises, ruissellements  des eaux de pluie rendus torrentiels qui ravinent puisqu'il n'y a plus rien pour les arrêter et que ni les fossés, ni les lits des rivières, ni les canaux ne sont entretenus, même ils sont pris pour des décharges.  La nature reprend ses droits et nous, nous n'avons toujours rien compris. Et bien continuons, pardi !

 Volcans endormis. La nature les a placé ici. Un jour ils se réveilleront pour de bon. 

Mais nous, nous n'aurons toujours rien compris !


Semaine 6/52 couleurs

  Semaine 6 et première de février. Couleurs, vous êtes des larmes, couleurs vous êtes des pleurs.... Guy Béart le chantait.  Comme il chantait "Allo, allo, tu m'entends, est ce qu'il fait beau temps..." cette nuit entre le 6 et le 7 février, sur notre transistor allumé pour tromper l'angoisse dans notre chambre glacée.  Nous étions en 1965. Cette nuit là, je ne l'ai pas oubliée.  Nous sommes le 8, et pour une nouvelle fois, ma toute  petite soeur a 57 ans à tout jamais. 

Couleur, c'est la blancheur de février. Qui souvent quand il entre comme un lion, sort comme un mouton. 



Mais quand mars et avril font leur  apparition, c'est un festival de couleurs nouvelles qui s'offrent à nos yeux. Petites fleurs, jardins  qui n'en finissent plus de nous ravir avec toute une palette de nouvelles leurs



Jusqu'à l'automne, elles s'époumone  du jaune au brun doré elles fusionnent en un arc en ciel de beauté. 

Chaque jour, chaque saison, à chaque heure différentes et tellement belles que c'est un véritable enchantement. 

Quand vous lirez ce texte, je ne serais pas là. Partie chercher d'autres couleurs ailleurs. Celles d'un hiver outre Sancy. Mais dès mon retour, je vous montrerai tous ces trésors dont on est fier  de pouvoir profiter. Merci Nature de nous les dispenser. 

semaine 5/52 Origami

 Ceux ci sont trés beaux (image du net)

Je n'ai jamais su faire ! Même le plus petit avion ou la plus simple cocotte en papier. Par contre, je me souviens avoir écrit un conte sur une proposition de consigne d'un forum d'écriture (il y a longtemps) dont le thème était origami. Je vous propose de le découvrir 
Il s'intitulait "Le théâtre de la Licorne" 

 Il était une fois dans un pays pas si lointain, un petit garçon, très pauvre.
La rue était son théâtre, le rêve son jardin.
Un soir, qu’il traversait le square qui longe le canal Saint Martin, son regard se posa sur une forme vague «oubliée» près d’un banc. Chiffonnée, déchirée, sans doute un emballage de paquet cadeau. Peut-être, un autre enfant était venu jouer là, après avoir fêté son anniversaire lors d’un pique-nique géant avec ses copains. D’ailleurs, il y avait alentour, quelques restes épars de nourriture que les pigeons du square se disputaient.
L’enfant, rêveur, s’assit sur le banc et songea à ses anniversaires si tristes, sans cadeau, sans personne. Depuis que maman était à l’hôpital, c’était pire encore. Plus personne ne se préoccupait de son sort. Après avoir versé quelques larmes en pensant à elle, il se leva et reprenant son chemin, il donna un coup de pied rageur dans la forme mal définie qui se trouvait devant lui.
C’était une feuille de papier vert, d’une belle largeur.
Elle pouvait lui servir : par exemple à recouvrir ses livres d’école, ou bien à emballer ses trésors (bien rares, il est vrai, mais si précieux) ; ou encore il allait l’utiliser comme parure au cadeau qu’il offrirait à maman, quand il pourrait enfin lui rendre visite.
Du revers de la main, il entreprit de défroisser le papier, mais non, il était en bien trop mauvais état !
Il ne pourrait jamais le récupérer complètement. Tout juste pourrait- il en confectionner quelque cocotte ou quel qu’avion en papier, tient comme celui que l’intrépide Charlotte avait envoyé dans les cheveux de l’horrible mademoiselle, l’autre jour en classe de géo ! Ah ! La tête de mademoiselle ! Vous auriez vu ça ! Il fallait la voir rajuster son chignon ! Et sa colère ! Si personne n’avait osé s’esclaffer sur le moment, tout le monde avait bien ri à la récré. Elle avait bien fait Charlotte ! Elle était habile de ses mains, douée pour tout, n’était-elle pas première de sa classe ? Il aurait bien voulu faire comme elle, mais n’osait pas.
Il reprit son papier, le chiffonna à nouveau. Il esquissa une forme, puis une autre. Déchirant le papier en deux, il fabriqua un cheval, comme celui qui se trouve dans la vitrine du marchant de jouets tout près de chez lui. Puis avec l’autre morceau de papier, il essaya une vache comme celle que maman aimait à dessiner. Maman ! Quelle grande adoratrice des vaches ! Son enfance en était peuplée, les histoires qui le berçaient le soir, en s’endormant ne faisaient aucune allusions ni aux trois ours, ni au petit poucet, encore moins à Goldoraque et au capitaine Flam ! Non. C’était, Noisette et puis Charmante, Fauvette ou la Jacade. Un jour il écrira un livre sur les vaches. Pour sa maman. Ou bien, ce sera elle qui écrira. Quand elle reviendra.
Bon. Son esquisse n’était pas concluante (une vache c’est plus difficile qu’un cheval, à dessiner, un peu à cause des cornes, mais aussi de la tête, et puis du ventre.) Un cheval ça n’a pas de corne, et s’il leur en poussait une ? Mais oui. Là, juste sur le front. Il en existe, ce sont des créatures étranges, comme dans Tintin. Ne portent-elles pas bonheur, en plus ?
Une autre idée lui vint. IL allait faire pousser une corne à son cheval. Et voilà, la belle Licorne que voici ! Ce sera le cadeau de maman. Quand elle sera guérie, ils feront un théâtre de marionnettes, la Licorne en sera la vedette. Ils seront acclamés dans le monde entier, ils deviendront le porte bonheur de tous les malheureux, de tous les enfants pauvres. Grâce à eux et à leur Licorne, tout le monde retrouvera un peu de bonheur dans sa triste vie.

Postscriptum.

Je ne me vois  pas bien écrire un tel texte aujourd'hui !

Tous les arbres sont en fleurs