Ceux ci sont trés beaux (image du net)
Je n'ai jamais su faire ! Même le plus petit avion ou la plus simple cocotte en papier. Par contre, je me souviens avoir écrit un conte sur une proposition de consigne d'un forum d'écriture (il y a longtemps) dont le thème était origami. Je vous propose de le découvrir Il était une fois dans un pays pas si lointain, un petit garçon,
très pauvre.
La rue était son théâtre, le rêve son jardin.
Un soir, qu’il traversait le square qui longe le canal Saint
Martin, son regard se posa sur une forme vague «oubliée» près
d’un banc. Chiffonnée, déchirée, sans doute un emballage de
paquet cadeau. Peut-être, un autre enfant était venu jouer là,
après avoir fêté son anniversaire lors d’un pique-nique géant
avec ses copains. D’ailleurs, il y avait alentour, quelques restes
épars de nourriture que les pigeons du square se
disputaient.
L’enfant, rêveur, s’assit sur le banc et
songea à ses anniversaires si tristes, sans cadeau, sans personne.
Depuis que maman était à l’hôpital, c’était pire encore. Plus
personne ne se préoccupait de son sort. Après avoir versé quelques
larmes en pensant à elle, il se leva et reprenant son chemin, il
donna un coup de pied rageur dans la forme mal définie qui se
trouvait devant lui.
C’était une feuille de papier vert,
d’une belle largeur.
Elle pouvait lui servir : par exemple à
recouvrir ses livres d’école, ou bien à emballer ses trésors
(bien rares, il est vrai, mais si précieux) ; ou encore il allait
l’utiliser comme parure au cadeau qu’il offrirait à maman, quand
il pourrait enfin lui rendre visite.
Du revers de la main, il
entreprit de défroisser le papier, mais non, il était en bien trop
mauvais état !
Il ne pourrait jamais le récupérer
complètement. Tout juste pourrait- il en confectionner quelque
cocotte ou quel qu’avion en papier, tient comme celui que
l’intrépide Charlotte avait envoyé dans les cheveux de l’horrible
mademoiselle, l’autre jour en classe de géo ! Ah ! La tête de
mademoiselle ! Vous auriez vu ça ! Il fallait la voir rajuster son
chignon ! Et sa colère ! Si personne n’avait osé s’esclaffer
sur le moment, tout le monde avait bien ri à la récré. Elle avait
bien fait Charlotte ! Elle était habile de ses mains, douée pour
tout, n’était-elle pas première de sa classe ? Il aurait bien
voulu faire comme elle, mais n’osait pas.
Il reprit son
papier, le chiffonna à nouveau. Il esquissa une forme, puis une
autre. Déchirant le papier en deux, il fabriqua un cheval, comme
celui qui se trouve dans la vitrine du marchant de jouets tout près
de chez lui. Puis avec l’autre morceau de papier, il essaya une
vache comme celle que maman aimait à dessiner. Maman ! Quelle grande
adoratrice des vaches ! Son enfance en était peuplée, les histoires
qui le berçaient le soir, en s’endormant ne faisaient aucune
allusions ni aux trois ours, ni au petit poucet, encore moins à
Goldoraque et au capitaine Flam ! Non. C’était, Noisette et puis
Charmante, Fauvette ou la Jacade. Un jour il écrira un livre sur les
vaches. Pour sa maman. Ou bien, ce sera elle qui écrira. Quand elle
reviendra.
Bon. Son esquisse n’était pas concluante (une
vache c’est plus difficile qu’un cheval, à dessiner, un peu à
cause des cornes, mais aussi de la tête, et puis du ventre.) Un
cheval ça n’a pas de corne, et s’il leur en poussait une ? Mais
oui. Là, juste sur le front. Il en existe, ce sont des créatures
étranges, comme dans Tintin. Ne portent-elles pas bonheur, en plus ?
Une autre idée lui vint. IL allait faire pousser une corne à
son cheval. Et voilà, la belle Licorne que voici ! Ce sera le cadeau
de maman. Quand elle sera guérie, ils feront un théâtre de
marionnettes, la Licorne en sera la vedette. Ils seront acclamés
dans le monde entier, ils deviendront le porte bonheur de tous les
malheureux, de tous les enfants pauvres. Grâce à eux et à leur
Licorne, tout le monde retrouvera un peu de bonheur dans sa triste
vie.
Postscriptum.
Je ne me vois pas bien écrire un tel texte aujourd'hui !