Je ne suis pas là, je suis à la ville lointaine perdue dans la brume.
ses bords de Vienne
ses vieux quartiers ses quais et ses ponts.
J'y ai travaillé longtemps, dix huit ans je crois. Plus deux avant il y a encore plus longtemps. J'y vais chez mon médecin, j'y vais faire des emplettes, des promenades,, chez la coiffeuse, voir des gens dans la rue, celle où je défile avec mes camarades, quand il faut bien protester.
Plus de 20 ans ont ainsi passé sans que nous ne nous soyons inquiétés de savoir si on aimait ou pas. Nos enfants sont nés là bas. Y ont vécu leurs premières années, y ont fait leurs premiers pas, y ont prononcé leurs premiers mots, y ont lié leurs premières amitiés. C'est important les premiers pas, les premiers mots, les premiers liens. Je n'ai jamais rompu les miens. En moi, ils sont restés bien présents profondément ancrés. Je suis une fille de la campagne, issue d'un milieu plus que modeste. Je ne dirai jamais que je n'aime pas la ville car elle m'a émancipée, faite exister. D'amitiés profondes en découvertes que je n'aurais jamais rencontrées, j'ai pu m'ouvrir aux autres, à la diversité, à la tolérance, à la culture. Je ne sais pas si j'aurais connu tout ça si j'étais restée dans ma campagne. Je l'aime ma campagne. Ceux qui me connaissent un peu ou qui me lisent, même que de temps en temps savent combien je suis attachée à mes racines. Mais une question que je me pose : que peuvent être les racines sans les branches ? J'aime ma campagne, pour sa beauté, pour tout ce qu'elle recèle de bienfaits. J'aime la nature. Mais je crois que j'aime aussi la ville pour l'amour des autres et sa réciprocité.
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