Pourtant elles étaient belles...

 Mercredi, la journée n'était pas bonne. Triste et grise. Même pas pluvieuse. Puis la pluie est venue. Froide, glacée. Nous sommes partis en vadrouille. Direction chez la grand mère. Nous devions récupérer des chataignes pour dimanche. Quand nous sommes arrivés, elle n'était pas là. Nous en avons profité pour aller faire quelques emplettes au village. Faisant le détour par un site que j'aime bien visiter, et pour cause, à son abord, de magnifiques vaches Simental paissent d'ordinaire dans les verts paturages. C'est aussi là qu’occasionnellement je m'adonne à mon sport favori : les autos tampons. Tampon de poubelles, ce qui m'a valu quelques déboires ce printemps. Il y avait longtemps que je n'étais pas venue. 

Le pré des vaches était désert. Je les cherchais en vain. Des hautes herbes folles avait envahi l'espace. Des balles de foins pourrissaient dans l'un des prés. La stabulation était vide, désertée depuis longtemps. Seul un chat dormait dans un reste de paille. Une vieille voiture abandonnée finissait de rouiller. Pas un bruit. Pas un chant. Pas âme qui vive, où sont passées mes vaches d'antan ? 



Cela m'a rappelé le départ de chacune des miennes, une vache qui s'en va, c'est un souffle de vie qui s'éteint. Une étable qui se vide, c'est un drame. C'est la vie qui s'en va. Je suis triste, infiniment triste.

D'autant que cet été a été dur pour les animaux, autant que pour les hommes. Je n'imagine même pas jusqu'à quel point le désespoir peut être fort pour tous ceux qui aiment, qui vivent aux côtés de  ces Êtres innocents.

Un autre troupeau a été lui aussi sacrifié aux fantaisies humaines cette fois, purement humaines, inhumaine pour être plus juste dans l'expression. 

Je l'aimais bien celui là aussi.



Et je sais qu'un autre est déjà sacrifié, je vous en avais parlé une fois, ici. Eux ils s'accrochent toujours, mais à quel prix ! Il ne fait pas bon être différent.

Pourtant, elles sont belles, toutes.

 Aujourd'hui, c'est la saint Michel, une date fatidique pour le monde paysan. C'est le jour où traditionnellement les seigneurs de l'ancien temps renouvelaient les baux des métayers et des fermiers. Si ceux la n'étaient pas renouvelés, les pauvres gens de la terre devaient chercher ailleurs à se louer. Laissant bêtes et champs, de leur sueur entretenus, c'est en mendiants qu'ils survivaient à la recherche d'un toit pour s'abriter, eux et leurs enfants.


8 commentaires:

  1. Triste ces agriculteurs qui doivent cesser leur activité !
    Nous sommes entourés de lotissements construits dans d'anciens champs !
    Et dernièrement, s'est montée un usine Vuiton à 800m de chez nous, là aussi dans un champ !
    Je t'embrasse ma Délia ♥

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  2. C'est une conception particulière de la préservation de la planète, c'est la leur à tous ces technocratiens idéocrastes et nous devrions nous plier à leurs ordres ? nous peler de froid cet hiver, ne nous laver que quand il pleut ? et leur dire merci par dessus le marché. Comptez sur moi !

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  3. Tu es une tendre à fleur de peau, elles sont belles les vaches que tu prends en photo.

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    1. Comme le chante Franck Mickael : "toutes toutes les vaches sont belles", en tout cas moi je les trouve belles.

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  4. Je comprends ta tristesse, les troupeaux ont vraiment souffert de la sécheresse. Chez moi, même en alpage, les vaches n'avaient pas grand chose à manger, et bien souvent étaient en plein cagnard ! révoltant !
    Je n'ai pas compris : auto tampons... qu'est-ce ? :-)
    Gros bisous ma Delia, mon écorchée vive ! ♥

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    1. autos tamponneuses !
      oui les troupeaux ont soufferts et souffrent toujours. Mais il faut couper les haies, arracher les arbres... ça fait plus de surfaces à exploiter. Tu as vu ce qu'elle leur a répondu la nature ? Allez donc ! c'est moi qui commande, et vos surfaces, on va bien voir comment vous allez les exploiter maintenant ! et toc !

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  5. Cet été tout à souffert, les jardins, les animaux et les hommes, j'aime aussi beaucoup les vaches, chaque fois que j'en vois je ne peux m'empêcher de penser à une réflexion de ma louloutte lorsque que nous étions en Bretagne en vacances, près de chez nous, il y avait un champ avec des vaches et chaque fois que nous passions les vaches venaient vers la clôture et louloutte de s'écrier : " regarde nonna, les vaches elles me regardent au travers"
    Belle journée

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  6. Les vaches sont d'un naturel curieux et familier. Elles aiment les gens qui aiment les vaches.

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