Au pays des feuillardiers

Nouvelle escapade dans un coin de forêt Limousine entre brun des futaies et eaux moirées.





Ici c'est le pays des feuillardiers où les châtaigniers sont rois. Les hommes ont toujours tiré partie  des ressources de ces forêts.
Travaillant les jeunes pousses pour en faire des paniers, des salons en rotin qui feront beau l'hiver devant les cheminées ou sur les terrasses aux beaux jours printaniers. Travaillant les plus beaux spécimens pour les besoins du menuisier, réservant le meilleur pour l'ouvrage le plus recherché.
Ils étaient  laboureurs à leurs heures pour compléter un labeur qui ne leur permettait qu'à peine de manger. Le châtaigner, arbre à pain leur donnait de beaux fruits qu'à l'automne, débarrassés de leur bogue, on cuisinait. A Noël la châtaigne est un fruit  qu'à la dinde on marrie, mais le travail qu'elle donne n'a jamais nourri personne. Alors dans les chaumières, grands et petits, pour s'assurer des jours moins tristes confectionnent des objets de petite vannerie qu'ils revendront sur les marchés.
Mais le travail de feuillardier qui consistait surtout à la fabrication de clisse pour cercler les barriques ou des paniers à crustacés, s'effectuait avant tout dans la forêt. Pour se faire, les feuillardiers construisaient une cabane ouverte et recouverte de barres, de branches et de copeaux de châtaigniers servant de lieu d'ouvrage autant que lieu de vie.

Le métier de Feuillardiers est apparu en Limousin vers les années 1850 quand les forges utilisant le charbon de châtaignier ont périclité. S'il subsiste encore aujourd'hui, la période la plus faste fut de 1880 à 1930.
 Ouvriers de la forêt, issus du monde rural,  ils se reconnaissaient proche des ouvriers porcelainiers, leurs frères. De nombreuses luttes sociales ont émaillées leur histoire.
Qualifiés de rustres et d’illettrés par le  sous préfet de Saint-Yriex la Perche, lors des grèves de 1926, les feuillardiers étaient de vrais artistes développant un savoir faire hors du commun et sachant tirer partie tout en la respectant, d'une nature peu propice à la fortune.
Cela avait bien peu à voir avec l'exploitation forestière de nos jours

exploitation forestière sur la commune de Nexon
bien que sur ces deux derniers clichés ci dessous, nous n'ayons pas affaires à la même pratique que celle des gros forestiers.


exploitation plus raisonnée sur le territoire des "grandes chaumes" commune de Champagnac la Rivière.

6 commentaires:

  1. Tu nous en apprends des choses ! je ne connaissais pas les feuillardiers !
    Quant à l'exploitation forestière par chez moi et bien elle n'est pas raisonnée, oh non ! Ils détruisent tout sur leur passage !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Malheureusement c'est un peu partout comme ça maintenant ! On a du boulot , hein !

      Supprimer
  2. Je ne connaissais pas du tout ce métier. Pas étonnant qu'il se soit développé dans le Limousin,région très boisée. Le châtaignier est aussi utilisé en charpente et une charpente faite de ce bois est exempte de toiles d'araignée.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne savais pas pour les araignées ! Tu as raison, le chataigner est un bois trés prisé en menuiserie et en charpente. Comme le chêne, il fait partie de ces bois dits "nobles"" et c'est un trés beau bois. J'aime bien ses couleurs en automne, différentes de celles du chêne, et au printemps quand naissent les chatons. Son vert tendre nuance les autres verts. Les collines par chez nous offrent leurs plus beaux atouts. Malheureusement lors des reboisements, on a tendance à le remplacer par des bois à croissance rapide, à son détriment.

      Supprimer
    2. Oui, bien sûr, les bois à croissance rapide sont les résineux. En fait, ces bois-là sont plantés surtout pour leurs rapports rapides. Le châtaignier, une fois travaillé en menuiserie, ressemble beaucoup au chêne. Même couleur, même veinage, riche en tanin, plus léger, il est difficile de faire la différence, même avec un œil averti. A manger, les châtaignes sont meilleures que les glands!

      Supprimer
  3. Tu as raison Xoulec. Je vois qu'en homme de la terre, tu connais bien aussi le bois. Pour les gland, ma mère me racontais que pendant la guerre, on en faisait un ersatz de café et que ce n'était pas bon. Par chez nous, on les donnait aux cochons qui étaient bien meilleurs qu'aujourd'hui !
    J'aime beaucoup discuter avec toi, ici et ailleurs.

    RépondreSupprimer

Elle part...

Elle part. Comme on part prendre le train. Tout au bout de la route et de notre chemin Elle part vivre sa vie ma boucle de Sarrasin. El...