Retour aux sources

Je vous l'avais bien dit, je vais me ressourcer. Suivant l'humeur, le retour sera ou ne sera pas celui tant attendu. 
Retour ? De quoi au juste ? Du printemps : j'ai vu des pommiers et des cerisiers en fleurs cette semaine. Oh peux nombreuses les fleurs, mais quand même des fleurs printanières en octobre, cela peut être surprenant. Au jardin, l'oranger du Mexique a lui aussi des fleurs, mais pour combien de temps ? Dans la vallée de Chaudefour, les hêtres ont déjà pris leur parure d'hiver tandis qu'en basse altitude, les arbres sont encore verts. Sur les Hautes Chaumes du Forez l'herbe n'est plus que vieux souvenir. Le vent froid y décorne les boeufs. Myrtilles et callunes ne portent plus sève. Les moutons ont déserté les pâturages. Fougères et arbrisseaux déclinent leurs tons de roux, de brun, de jaune ou d'écarlate. Viennent les longues soirées d'automne et les froidures, nous n'entendons déjà plus le gai pinson.


La dent de la Rancune et la crête du coq






Vallée de Chaudefour
Jasserie en ruine

Vallée du Fossat

la Croix du Fossat





les Hautes Chaumes


J'ai retrouvé de mon enfance le goût sauvage des pommes acides, des châtaignes et des noisettes, mais le temps passé, loin s'est enfuit. Quand reverrai - je ma maison ? Je revois la petite fille que j'étais. Qui redoutait les jours d'école. Qui s'ennuyait à mourir de ses Enclos. J'ai retrouvé au milieu d'autres souvenirs le goût terrible de l'abandon.
 Ni la Jacade, ni la Charmante, ni la Roussette, ni la Blonde ne retrouveront le chemin de l'étable, il est fini le temps où rentrant de l'école, il fallait encore aller aux champs.
La Jacade

La Roussette
La Charmante

La Blonde

La pinatèle a perdu quelques arbres. Seules quelques vaches pâturent le pré du Charles. La serve a disparu, c'est dans une ornière qu'elles s'abreuvent, les 4 sabots dans la boue.


le pré du Charles

La Pinatèle


Quand on rentrait de l'école, les soirs d'automne, elles étaient là broutant à loisir une herbe drue parsemée de chardons et de genêts : la Rouge, la Jasse,  la Pige et la Poupée . Si le Charles en avait la force, il venait les chercher avant la nuit tombée. Mais si sa jambe lui faisait mal, il tardait à les récupérer. Parfois, elles ne sortaient pas de quelques jours. On les entendait parfois meugler, impatientes d'être traites qu'elles étaient. On disait en  "riant : "le Charles à la visite de sa cousine, ou son tonton est revenu" !
Que reste-t-il de cette enfance ? Des souvenirs bien furtifs qui disparaissent comme dans un rêve au moment où la mémoire les saisie. 
Dans le soir qui rougeoie parfois, j'essaie de reconstituer le puzzle de chaque page, mais c'est en vain. Tout se faufile et disparait dans les ténèbres de la nuit.



8 commentaires:

  1. Tu as vécu dans un coin magnifique.
    Les photos donnent envie d'aller se ressourcer.

    Touchée aussi part cette poésie des souvenirs d'enfance qui s'enfuit.

    « Le souvenir est le parfum de l’âme », George Sand.

    Heureuse de te retrouver et te lire ma Délia !
    T'embrasse

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    1. Peut être un jour, tu viendras avec moi, mais ne pardes pas trop, le temps passe...

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  2. Superbes photographies,texte empreint d'un peu de nostalgie.Moi aussi je me souviens du nom des vaches,du temps où elles en avaient un! Roussette,Charmante,Bourgeoise,Reine, Valentine,Jambe-longue,Normande,Suisse,Fière,Blanchette,Pomerette et d'autres que j'ai oubliés... Les bœufs s’appelaient Bourgeois et Joli.

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    1. Merci Xoulec. Ainsi tu as comme moi, l'amour des vaches ? Oui, on prenait le temps de nommer chacune, avec le respect de sa particularité, de ce qu'elle nous inspirait. Charmante, ma préférée, mais aussi Noisette, Roussette bien sûr, Fauvette, tous les noms que tu cites évoquent leur personnalité. Je dois dire qu'à part Jambe Longue, les autres étaient courant dans les fermes de chez nous. J'avais écrit un poème que j'avais nommé "ode à mes vaches" dans lequel j’énumérais toutes celles qui avaient peuplé mon enfance ainsi que toutes les races dont j'avais connaissance. Puis-je te demander de quelle région tu es ? Suisse, Normande et Pomerette m'évoquent la Normandie.

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    2. Suisse était une brune des alpes,Normande une vache de Normandie,Pomerette je ne sais plus.Mes parents avaient un cheptel assez varié,Brune des alpes,Normande,limousine,Aubrac,abondance,Montbéliarde ,Tarentaise et d'autres dont je ne me souviens plus,mais pas de Salers,la fameuse vache emblématique du cantal.
      département qui m'a vue naître.
      Ta dix-septième photo avec le puy-de-dôme au loin,que j'ai reconnu,vu que je le vois aussi,mais pas sous le même angle.

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  3. Oui, le Puy de Dôme, on le voit de loin. Sur les Hautes Chaumes où cette photo a été prise on voit par temps clair jusqu'aux Alpes dit on,mais je ne ferais pas l'expérience, cette randonnée est beaucoup trop dure pour moi, je ne la referai pas. Par contre on y a une vue à 360° des monts du Forez à droite, à la Margeride en passant par le Cantal, le Cézalier, les monts Dore et la chaine des Dômes et pour finir les monts de la Madeleine. Ce n'est pourtant pas la balade la plus belle et je préfère de loin celles faites dans les monts Dore. Si tu vois le Puy de Dôme, c'est donc que tu gravites dans son périmètre, même lointain. Tu as une région magnifique sous les yeux. Le Cantal est très beau.
    Par contre c'est étonnant pour les Salers, une vache noble, mais elles le sont toutes. J'adore les Brunes des Alpes pour leur douceur et leur caractère. Pour la petite histoire j'en avais une qui s'appelait Pomponne, ma petite soeur qui avait trois ans à l'époque, s'amusait à la traire. Cette vache ne bougeait pas d'un millimètre, alors qu'avec nous, elle trépignait tout le temps ! Tes parents devaient vraiment les aimer les vaches pour en avoir de chaque races.

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    1. C'était leurs métiers,ils étaient (même) cultivateurs.c'était le terme exacte pour nommer leur profession.Ces vaches avec leurs cornes(d'abondance hi hi hi)étaient très majestueuses et portaient fièrement leurs noms,pas comme toutes les noires et blanches que l'on voit un peu partout,que je ne trouve pas belles sans cornes.
      Les hautes chaumes,à Pierre sur haute,au sommet de la station de ski de Chalmazel,quand le ciel est dégagé, on voit distinctement les alpes et même le mont blanc.
      C'est là où mes enfants ont appris à skier,vu que ce n'est pas très loin de chez moi.

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    2. Tu connais bien le coin, alors. Je vais souvent du côté d'Ambert (je suis native d'un petit village de l'arrondissement). Pour le reste je partage complètement ton point de vue. Les Holstein ? une transformation génétique de l'industrie agroalimentaire productiviste. Ça me fait de la peine de parler d'elles comme ça, c'est quand même des vaches ! Quoique ? Mon beau frère les appelait les usines à lait.

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D'un 21 septembre ...

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