Aux petits bonheurs tout simples (1).

Me revoilà ! Je n'étais pas partie bien loin, juste de l'autre côté. Du côté préféré de mes montagnes ou de mes montagnes préférées, pardi !  Bref, un périple de près de 4 heures pour arriver à destination et les choses peuvent enfin commencer.
Premier bonheur du jour : il fait beau. Une halte près de la petite Zibeline, le temps de faire plein de projets et en route pour  l'aventure ! Non, la toiture.  Car si nous sommes ici, c'est qu'il y a une toiture à refaire. Oui une toiture qui prend l'eau, où ça sent l'humidité, la poussière et le pipi. Une toiture sur une maison qu'il nous revient d'entretenir afin que l'occupant des lieux ait un toit et puisse à l'occasion nous héberger pour une halte ou un séjour un tout petit peu plus long. De passage au pays, par temps d'hiver, de solitude ou d'impossibilité d'aller loger ailleurs. Une maison à laquelle personne n'est vraiment attaché mais que l'on garde par nécessité, avec autour des champs, un jardin, des bois  et des prés et dont tout le monde, ou presque,  souhaite se débarrasser. Le tout en héritage et en indivision où ce sont toujours les mêmes qui se mettent à  contribution. Où ce sont encore les mêmes qui doivent gérer et se préoccuper. De vendre par exemple, entretenir et plus si affinité. Cette maison était celle de mes grands parents maternels. Mon oncle en a hérité. A son départ, elle est revenue à ma mère qui au sien, nous la laissée. Elle y vivait avec mon frère qui est toujours dans les lieux ne sachant et ne pouvant vivre ailleurs. C'est par solidarité familiale que nous la conservons. Nos jeunes s'en encombreront à leur tour et finiront par la céder. Ou bien elle s'écroulera. Deviendra ruine parmi les ruines et plus personne ne s'en souciera. Tel est le sort des vieilles pierres qui résistent au temps plus qu'à l'usure des bâtiments. 
La mauvaise humeur ambiante n'atteint pas notre moral, demain il fera jour et encore beau.
Pendant que tout le monde dort encore et avant que les hommes s'activent sur leur chantier, je chausse mes godillots et hop c'est parti !
Juste derrière la maison de Lossedat, la vache et ses veaux. Le frère et la soeur dorment encore tandis que  leur mère broute l'herbe parfumée de rosée.
Je fais quelques photos et continue ma route. Mon chemin plutôt.
J'entreprends une première sortie autour de mes Enclos. Les champs sont dans la brume.




le Rouvet

Je vais jusqu'au Rouvet, la maison de la Berthe et celle de la Germaine sont illuminées par les premiers rayons du soleil levant.
chez la Berthe




En chemin je cueille quelques trèfles à 4  feuilles. Pour le petit bonheur d'offrir un peu de bonheur. Je vais les offrir aux hommes, cela ne sera pas de trop pour leur chantier !
Quelques coquelicots agrémentent les rocailles devant la maison de l'Adrien.


Je les prends en photo et je rebrousse chemin. A la Lite longue, j'admire le paysage des Enclos à Lospeux, c'est beau soleil levant !
les prés des Enclos, au loin, Lospeux

Le chemin de la Lite longue

le Chemin de la Sagne

la Lite longue
Quand je rentre à la maison, il est 8 heure passé. Je déjeune de pain frais et laisse la journée filer. Les hommes ravis de leur trèfle à 4 feuilles s'en vont pour la matinée. Ravitaillement au menu. Il faut aller chercher bois et matériaux pour commencer ce qui se révèlera un périple interminable et un calvaire pour eux.
Vers les 11 heure, nous repartons ma soeur et moi pour une petite marche autour des bois alentours. La Pinatèle, les Narses et retour à la maison. La vache est toujours là avec ses veaux.
La Pinatèle


Deuxième jour de galère pour les hommes, de balade pour moi. Je commence par la maison de la Francine à l'entrée du village. La vache et ses veaux sont encore là.


chez la Francine

Au pré des Bèzes, les vaches de Dominique broutent tranquillement.
Quand j'arrive au Lavadour, je rencontre un monsieur, aussi matinal que moi, il promène son chien. Nous discutons longuement sur le bord de la route. Premier bonheur du jour. Puis je continue mon chemin jusqu'à Coudeyras. En passant Lospeux, quelques clichés au passage.


la maison du Charles à Lospeux

La maison de mademoiselle Elyse à Lospeux

Lossedat

Le Rouvet
vue sur la chaine des Puys et sur les Verts occasionnellement

Coudeyras

Le soleil illumine les toits d'Echandelys au loin. Une brume de chaleur monte déjà sur les bois. C'est une belle matinée.
Echandelys
Chemin faisant je découvre les sous bois entre Coudeyras et la Foresterie. IL fait frais. Il fait bon marcher.


Après une heure de marche, tout en musardant, j'arrive à La Foresterie. J'admire les belles maisons et le paysage, superbe depuis ce village que je ne connaissais pas.



 Je fais des rencontres inattendues

ÉNORME ! Il est ÉNORME ! De loin je ne distingue pas vraiment, avec la pente du chemin, lui en bas, moi en haut. Je penche d'abord pour un veau, tout petit, venant de naitre. M'approchant un peu, il ne bouge pas, assis sur son derrière, on aurait dit un chien embusqué, prêt à bondir sur une proie. De plus près je reconnais d'abord un lièvre. puis je m’aperçois que c'ést un lapin. Pas un de nos garennes, non, il aurait déguerpi depuis belle lune si cela était le cas ! Mais un domestique, un bon gros domestique en liberté, échappé de son enclos que je vois plus bas. Quand j'arrive à sa portée, il détale en un clin d'oeil et disparait dans les fourrés. Je ne sais ce qu'il adviendra de lui : regagnera-t-il son domicile ? Se fera-t-il fait dévoré par quelque renard ou autre prédateur ? Je ne le sais, mais de cette rencontre, je reste baba.
Le retour se fait doucement. Je regrette de ne pas avoir pris d'argent sur moi, sinon je me serais arrêtée à l'auberge de la fontaine,  sur la place où on dansait jadis du temps des fêtes foraines. J'aurais pris un café ou autre chose, une boisson rafraichissante, par exemple avec de la menthe ! La dernière fois, ils n'en avaient pas.
Je longe le chateau du marquis des Roys et fini au cimetière. C'est là que je veux venir vivre après ma mort.
J'ai encore le temps, si la grande horloge me le permet ! Je traverse rapidement le bourg passe la Maillerie

 et me retrouve sur le pont du chemin des cauchemars.
Oui, c'est ainsi que je l'appelle ! Il me rappelle tant de mauvais souvenirs ! Cela remonte à nos premières années d'école. Outre les sévices et vexations  infligés par la cruelle mère Faye alors institutrice, nous devions aussi supporter la méchanceté des plus grands. Nous avons supporté des années durant une situation qui nous a marquée pendant toute  notre scolarité. Combien de fois la vieille Francine de Coudeyras s'est cachée dans le bois afin de surprendre nos bourreaux ! Combien de fois ma mère a du en faire autant ! Comme par enchantement, les jours où la bande des harceleurs était privée d'un ou deux éléments, tout rentrait dans l'ordre. Nous pouvions alors savourer ces instants de court  répit
Diable ! Que ces années furent pénibles !  Aussi quand je fais un rêve prémonitoire, je devrais dire un cauchemar où des choses terribles se produisent, comme la maladie grave, ou la mort de proches, ce chemin et ce pont y sont toujours associés. Drôle de phénomène que le psyché, finalement.
Combien de rêves brisés sur les bancs d'une mauvaise piste ? Enfin voilà, on n'a pas toujours les chances qu'on aurait mérité.

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