Contrariée.

Qui est elle? que regarde-t- elle ? et que fait elle ?
Elle a l'air inquisiteur de la petite amie délaissée, qui passe pour une demeurée. C'est son premier amour, elle ne sait pas encore  comment sont les hommes, mais...
on peut aussi lui prêter celui de la femme narquoise qui dit a son merle, quand elle l'a vu traverser la chaussée,  qu'il peut toujours chanter car elle n'est pas prête, malgré ses simagrées à tout lui passer.

Elle a aussi celui, inquiet de la mère qui regarde s'éloigner son enfant.
Derrière la fenêtre elle appréhende l'instant fatal où il aura tourné au coin de la rue et disparaitra, échappant à son regard protecteur, pour s'envoler   vers sa propre destinée. Elle ne le verra plus que de temps en temps, entre deux portes, la sienne et celle du nid qu'il vient de quitter.  Seule dans la pénombre, elle comptera les heures, les jours et les semaines, les mois où les années qui vont les séparer.
Là, derrière la vitre, elle esquisse un dernier geste de la main. Mais il ne tourne pas la tête et continue son chemin. A quoi bon ? Mélancolique, dans un soupir à fendre l'âme,  elle repose ses doigts sur la croisée et laisse tomber le fin voilage qu'elle retenait. Maintenant, ses larmes peuvent couler.

12 commentaires:

  1. Bonjour Délia
    on a tous plus ou moins le même ressenti en regardant cette image,
    inquiétude, tristesse, mélancolie,
    en accord avec le temps d'aujourd'hui!
    et en espérant que ce n'est pas ton cas, car je te souhaite une très jolie journée! Gros bisous ♥

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    1. En accord surtout avec l'ambiance d'aujourd'hui où rien n'est serein et où tout acquis devient précaire. Rien n'est jamais acquis à l'homme, disait Aragon, ni sa force ce qui nous renvoie à une dimension modeste de ce que nous sommes, ça c'est moi qui le rajoute, ni sa faiblesse, et là nous avons une notre d'espoir considérable, ce qui veut dire et c'est moi qui le rajoute aussi, que tous les espoirs sont permis. Alors permettons les nous.

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  2. Bon, effectivement elle n'a pas l'air d'être bien gaie cette femme !
    C'est triste de compter le temps qui nous "sépare" de nos enfants !
    S'ils sont heureux, on doit l'être de les avoir au mieux préparés à leur vie d'adultes.

    Bisous Délia

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    1. compter le temps c'est ce que nous faisons toutes à notre façon et le fait que ce temps se dérobe à nos attentes ne nous laisse pas d'autres perspectives que d'attendre la réalisation de nos voeux les plus précieux.

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  3. Plusieurs cas de figure que tu as bien su voir. Bon, elle paraît encore jeune pour que ses enfants quittent déjà le nid mais on fait jeune très longtemps de nos jours ! :-) Comme le dit Fabie, être heureux s'ils le sont.
    Bisous

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  4. Yes! en fait je suis partie de la jeune fille derrière la vitre plaquée par son moins que rien puis la femme mure qui en a vu d'autre m'est apparue pour devenir la femme bien mure au destin accompli telles que nous sommes à nos ages plus avancés dans la philosophie que dans la projection d'un avenir qui déjà est derrière nous.

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  5. oui toutes ces variations de tristesse et de mélancolie et d'amertume sont possibles, en tout cas rien de joyeux :-)

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  6. Ne va pas croire, les garçons puis les hommes puis les pères aussi ont parfois de ces pensées...
    Et on ne sait pas toujours comment faire ni quoi faire.

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  7. Je me suis souvent demandé ! Rien n'ayant permis pour moi de lever le doute. Sans doute ne suis je pas meilleure observatrice pour les image que pour les sentiments.

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  8. On a quitté nos parents parfois sans regret, c'est mon cas, nos enfants nous quittent, c'est la vie qui continue, ils nous manquent mais ils ne le savent pas.

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  9. … Et puis elle pensera qu'elle-même, un jour, elle quitta le cocon parental pour s'en aller vivre sa vie, heureuse et libre. Elle remerciera sa mère, disparue depuis longtemps, de ne pas avoir montré ses larmes afin qu'elle n'ait aucun regret de devenir adulte accomplie.

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Spleen (le jeune)

 Pas bien facile d'écrire en ce moment. La vie qui vient la vie qui va. Souvent la même avec ses enchantements ou pas. Il faut bien dire...