Des racines et des ailes.

Nul ne guérit de son enfance, c'est ce que disait un prêtre, ce matin dans une petite église de province. Nul ne guérit de son enfance. Et c'est bien vrai. Nul ne guérit de son enfance et ils étaient des milliers à l'écouter. Nul ne guérit de son enfance, et nous sommes tous là pour en témoigner.
La mienne à courir dans les champs, pour une fleur, un papillon, mais pareille à la sienne quand faite de sueur et de terre, de sang qui se mélange à la terre par un genou écorché, par une blessure encore mal cicatrisée.  La mienne prés d'un char de foin, ou de bois qu'il fallait charger puis tirer, pareille à la sienne pour le pain si durement gagné. La mienne aux profondes racines, tout comme la sienne à celles qu'il a toujours gardées.
Quand il lui poussa des ailes et qu'il s'envola vers les sommets, je le suivais dans ses échappées belles et de loin je l'admirais. Comme des milliers qui sont venu le saluer, pour son dernier sprint sur sa dernière ligne d'arrivée.
Ce matin dans et autour de la chapelle de Saint Léonard, des fleurs. Des fleurs par dizaines de milliers. Il y pleuvait des larmes, des larmes et des fleurs pour l'accompagner. Si des officiels étaient là pour se faire mousser, tel les ministres, qui peut être, sans doute,  entendaient parler de lui pour la première fois, mais savent par nature, bien se placer au bon endroit et au bon moment,  il y avait surtout la foule qui l'avait si souvent acclamé. Cette foule qu'il ne manquait jamais d'honorer, de gratifier. Cette foule immense venue une dernière fois le saluer.
Ce matin, ses racines une dernière fois ont pris leurs ailes. Ces racines d'homme de la terre, qui ont creusé profond pour ne jamais perdre pied. Nul ne guérit de son enfance, pour savoir d'où l'on vient et savoir qui l'on est,  ça il ne l'a jamais oublié. C'est aussi ce la légende retiendra de sa fabuleuse destinée.

Adieu Poupou, tu resteras dans l'histoire, quand tant d'autres couverts de gloire seront oubliés.



8 commentaires:

  1. Je t'ai dit via un lien pourquoi j'ai pensé à Poupou.
    Tu sais aussi que je n'aime pas particulièrement le cyclisme.
    Mais tu sais aussi qu'avoir du goût pour les gens est important.
    Les voir, les écouter, les comprendre est important.
    Qu'ils soient cyclistes, concierges, ingénieurs, hommes ou femmes, hétéros ou homos n'est pas important.
    L'important c'est que ce sont des gens et qu'ils peuvent tout à fait aimer les autres et être aimés des autres.
    Du moins ça me semble important.
    Et Poupou, que je ne connaissais pas du tout et faisait un métier qui ne me branchait, me paraissait "un type bien".
    Et c'est ce qui me semble important.

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  2. Bonjour Délia, les racines sont très importantes et on ne les oublient pas.
    Poupou est parti retrouver les siens dans les étoiles, on se souviendra encore de lui pendant longtemps. Bonne journée sans stress... Bisous

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    1. Balade aujourd'hui, profiter du soleil puisqu'il me fait l'honneur d'être présent. Bisous, Marie.

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  3. Tu y étais ? A la télé, on a pas vu grand chose, juste quelques témoignages d'anciens coureurs..Parait que Sarko et Hollande y étaient, mais, je ne les ai pas vus. Sarko était un amoureux de la petite reine, donc, il avait sa place..Je me souviens de lui, quand, éjecté sans plus de cérémonie par Hollande sur les marches de l'Elysée, il était parti faire du vélo...Le vélo, comme la marche, comme la course, consolent de biens des maux…
    Oui, on ne guérit jamais de son enfance..Et ceux qui essaient de l'oublier, un jour ou l'autre, ça leur revient en pleine...face..Poupou ne l'a jamais oublié..C'est bien...

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  4. Je ne sais pas si Sarko et Hollande étaient là, je ne les ai pas vu, ils n'ont pas été cités non plus par FR3 qui a fait un excellent reportage.
    Beaucoup d'émotion à la lecture d'un texte de son petit fils, des larmes aussi quand Christian Prudhomme a évoqué avec beaucoup d'humanité, l'homme qu'il était et des fous rires quand Luc Leblanc a évoqué quelques anecdotes au sujet de quelques conseils qu'il lui avait donné. Pour, une fois la télé a fait un bon boulot.

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  5. Oui Monsieur Poulidor était quelqu'un de très sympathique.
    Non, on ne guérit pas de son enfance...
    J'adore cette chanson, comme toutes celles de Ferrat !
    Oui le discours du petit fils était très émouvant, nous avions retrouvé l'électricité pour entendre sa maman...
    Je pense très fort à toi et t'embrasse tout aussi fort Délia

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  6. Merci Fabie, c'est gentil. Corinne est une femme magnifique aussi, en plus elle est trés belle. Je suis contente que tu aies pu voir l'excellent reportage de FR3. Quant à Jean Ferrat évoqué par le prêtre, il était tellement proche de nous aussi . d'ailleurs personne n'a su mieux que lui, parler de nos vie. De nos émotions. M'étonne pas que tu aimes toutes ses chansons. Chez nous, toute la famille aime Jean Ferrat.

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Spleen (le jeune)

 Pas bien facile d'écrire en ce moment. La vie qui vient la vie qui va. Souvent la même avec ses enchantements ou pas. Il faut bien dire...