C'est loin l'Amérique ?

Où vont ces deux petites , et ce qu'elles se disent, je n'en sais rien ma foi ! Je vais donc improviser.

Ninette, la blonde aux nattes frisées et sa petite soeur Nina sont en vacances sur la côte Normande, chez leur mamie. Celle ci marche difficilement dans le sable avec sa canne et s’empêtre dans ses cotillons qui sont d'un autre temps. Les deux fillettes qui s'ennuient un peu auprés de l'aïeule, profitent de leur avantage physique pour s'éloigner en chantonnant.

- Ninette ! Regarde là bas, on dirait une montagne,  tu crois qu'elle est aussi grande que nous la montagne ? Tu crois qu'on pourrait aller jusqu'aux rochers ? Tu crois qu'il y a encore des pirates ?
- Oh, je ne sais pas, Nina, Les pirates n'existent que dans les contes pour faire peur aux enfants. Mais tiens bien ton chapeau, le vent souffle si fort !
Dis, Ninette, tu crois que le soleil se cache derrière ces rochers ? On le voit quand le soir tombe, on dirait qu'il se noie.
- Mais non, Nina, le soleil ne se noie pas, voyons ! il plonge dans la mer et va se coucher.
- Ah bon ? Il prend un bain comme nous avant d'aller se coucher ?
- Ce que tu es bête ! on dit qu'il va se coucher, mais en réalité, quand il passe de l'autre côté de la mer, c'est qu'il se lève sur la terre des Amériques.
- C'est aprés les rochers, l'Amérique ?
- Oui, je crois.
- C'est loin ?
- Je ne sais pas !
- Et si on y allait ?
- Bonne idée, allons voir ce qui se passe après les rochers.

Pendant ce temps, la mer monte progressivement. Grand mère a de plus en plus de mal à suivre les deux petites insouciantes qui se mettent en danger. Mais rien n'effraie une jeunesse à qui toutes les audaces sont permises.
Le vent souffle de plus en plus fort. Malgré le ciel encore bleu, une tempête se lève. Grand mère s'époumone à crier leur nom, mais pas un écho ne lui répond. Ninette et Nina continuent leur chemin en direction des rochers noirs.
- Oh, Nina, marche un peu ... ! plus on avance, moins on va vite !
- Mais, Ninette ! j'en peu plus moi ! ils sont loin tes rochers !
- Je te rappelle que c'est toi qui voulait aller voir l'Amérique. On a marché jusque là, on continue. D'ailleurs on ne voit plus grand mère, personne ne nous grondera, si c'est ce qui t'inquiète !
 - Oh, non, je ne crains pas d'être grondée par grand mère ; je sais bien qu'elle ne peut rien nous refuser. On lui expliquera, elle comprendra. Mais j'ai l'impression que le ciel devient bleu foncé !
- T'inquiète ! c'est le soir qui commence à tomber, tu ne marches pas assez vite !
- Bouh hou ... je suis fatiguée, mes jambes sont plus petites que les tiennes  !
- Penses à ce qu'on va trouver là bas. Il y a surement un trésor de caché dans ces  rochers !
- Un trésor ?
- Ben oui, un trésor ! Tu sais, dans un coffre, planqué au creux d'une falaise. On cherchera la clef. Tu imagines, un coffre comme celui du capitaine Crochet, avec des pièces d'or, des bijoux, des livres  et même un parchemin.
- Ah, oui ! Oui ! Oui ! Le livre de Robinson ! avec une vraie histoire et des parchemins, comme ceux qui sont dans le grenier de grand mère ! Grand mère ? Grand mère ! mais où est grand mère ? Ninette, je veux qu'on rentre ! Je veux ma mamie !
Devant l'insistance de sa petite soeur, qui trépigne en pleurnichant, Ninette décide de faire demi tour.  Heureusement assez tôt pour rejoindre leur grand mère, complètement paniquée, car la tempête se lève et des vagues d'écume rugissent en montant. Mais plus de peur que de mal, car la crique débouche sur un chemin côtier qu'il suffit d'emprunter. D'ailleurs, grand mère est là qui attend, le regard perdu au loin, essayant désespérément d'apercevoir un chapeau et des petites nattes qui volent au vent.  Ainsi les petites filles ne sauront jamais (et nous non plus) ce qu'il y a derrière les rocher noirs, mais une catastrophe vient d'être évitée !

6 commentaires:

  1. L'important, elles sont vivantes, un jour où il fera beau, elles iront voir derrière les rochers et elles trouveront peut être une amitié de vacances.

    RépondreSupprimer
  2. Je me suis souvent "moquée" de ma grand-mère, lorsqu'elle avait peur en Vendée, alors que je me baignais dans les grosses vagues.
    J'avoue qu'il m'en faudrait beaucoup moins, maintenant pour avoir peur concernant mes petits enfants...
    Tant que tout se termine bien, ce n'est qu'un souvenir amusant !

    RépondreSupprimer
  3. Ouf, tu m'as tenu en haleine ! je me demandais comment ça allait finir :-)
    Bises

    RépondreSupprimer
  4. Qui sait ? de futures exploratrices ?

    RépondreSupprimer
  5. Quand je pense qu'elle ne lui a même pas répondu « tais-toi et nage » ...
    Elles sont trop mignonnes ces deux petites... ;-)
    Bravo pour ton histoire.
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

    RépondreSupprimer

Spleen (le jeune)

 Pas bien facile d'écrire en ce moment. La vie qui vient la vie qui va. Souvent la même avec ses enchantements ou pas. Il faut bien dire...