La ronde des souvenirs (1)

Il y a peu, je parcourrais les routes de mon département. J'aurai bien voulu  partager avec vous quelques unes de mes balades variées (euh, pas tant que ça en fait) au fil des jours, mais vous avez vu l'état du réseau ? Et c'est avec ça qu'on veut nous amener le haut débit et  la fibre partout ? Bon d'accord, la fibre, c'est enterré, et là c'en n' est pas loin !
Ici on n'a pas la fibre sensible, et la ficelle est bien un peu grosse !
Bref, la privatisation des services publics entamée depuis le début des années 1990 avec France Télécom a fait son oeuvre. Vous voyez ce qui vous attend avec l'énergie, la santé, les transports, l'éducation, la culture, les finances publiques, l'armée et la police dans quelques temps ? Avec mister "m", au poste de commande et sir édouard à la manoeuvre,  et bien ce sera la même, en pire !
 Je ne dis pas ça pour vous saper le moral, mais être lucide et conscient n'empêche pas d'apprécier les belles choses pour autant, et d'ailleurs, pendant que j'y suis, je vous embarque avec moi pour quelques instants. Le temps de belles balades Auvergnates.
Au col de la Ventouse, le temps d'un arrêt minute, pas pu m'empêcher de respirer à pleins poumons l'air pur de mes montagnes. Le printemps bien en retard n'avait pas mis son habit vert, mais déjà on sentait les premiers brins d'herbe se profiler à l'horizon. L'air était frais, mais le chant des oiseaux nous disait clairement qu'il était temps de quitter les pulls au vert et de respirer pleinement le souffle léger du vent.
Naturellement à peine  descendant de l'auto, dés que j'eus le pied à terre, je commençais l'exploration de mon familier pays. Ses prés, ses champs, ses bois et ses clairières, immuables  avaient pris la marque du temps.

 Les chêne tout rabougri de mon enfance avait un peu grandi. Les rases faites au taille pré, n'étaient plus que lointain souvenir. Les joncs des marais ont envahi ce territoire où la vase à fait son lit.
Le vieux pommier du Charles, où je chipais les pommes au retour de l'école, est toujours là.
 La vieille demeure de la Germaine a trouvé un nouvel éclat. Les bâtiments démolis ont servi à construire des terrasses, des escaliers et des murets.
 Des constructions moderne encerclent le hameau, au loin la chaine des Puys domine, éclatante de lumière elle surveille la plaine éblouie. L'enceinte du château des Enclos a fait place aux jonquilles qui toutes frétillantes ont formé un tapis. Quelques éparses pierres moussues jonchent le sol. De la maison de l'Ernest quelques  pans de murs tiennent encore debout.






Les serves sont garnies d'une eau claire où nagent quelques bois morts parmi les feuilles de châtaigner que le vent à tombées.


 Les villages alentours survivent au rythme des saisons, passant du jour à la nuit sans bruit.
La forêt a perdu quelques branches. Du petit ruisseau où buvaient naguère les troupeaux coule toujours une onde fraiche et claire. J'y trouvais quelques giroles en gardant les vaches.
Je revois maman repriser les chaussettes, assise sous le grand sapin qui borde le champs, protégée du vent par l'immense talus.
Nathalie dépliait son gouter, la Fauvette broutait tranquille à ses pieds.

Quand venait l'été, en notre compagnie, le Charles râtelait le bon foin  en écoutant au transistor  l'épopée des géants du tour que nous tentions tous deux d'apercevoir,  escaladant les pentes abruptes d'un Puy de Dôme qui profilait sa forme ronde dans le lointain paysage d'une brumeuse clarté.



"Tu les vois me demandait le Charles ? Non, que je lui répondais. Regarde mieux me disait il". Et moi gamine, je m'efforçais d'apercevoir la silhouette gracile de l'un des forçats de la route que j'admirais plus que tout.
Quelques année,s après le Charles a quitté cette terre. Sans enfant, sans personne pour lui tenir la main. Son chien à ses côtés. La brave Fauvette , enfermée avec la dépouille de son maitre durant deux longues journées avait commencé de le dévorer. Cruelle fin pour un homme qui avait sacrifié sa jeunesse dans les tranchées de Verdun !
 Bon, je crois que je vous ai gâté pour aujourd'hui, je vais vous laisser savourer cette image à la gloire de ces deux immenses champions et je vous attends pour la suite de vos lectures avec de nouvelles aventures. A très bientôt, les amis.

2 commentaires:

  1. j'aime bien la façon dont tu racontes tout le début mais la fin est assez atroce ! :(

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  2. Et réelle pourtant ! La vie quoi. Merci de ta visite.

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Rire aux larmes

Je l’ai repérée, voire reconnue, tout de suite. Elle m’a évidemment ramené à l’époque où je ne pensais pas à des tas de choses sans intérêt....